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Le blog de la souris jaune

Six mois, six jours :)

29 Octobre 2014, 22:19pm

Publié par LaSourisJOne

Six mois, six jours :)

Le narrateur est un personnage d'environ 75 ans, cynique, et d'emblée se plaçant comme quelqu'un d'antipathique, peu conciliant, mysantrope, se revendiquant comme tel ; il faut dire que ses caractéristiques nous sont rapidement explicables par son passé, sa personnalité, ses choix : il a été pendant plus de 40 ans aux services d'une famille richissime, en Allemagne, de riches industriels dont il était l'homme de confiance. Il a fonctionné dans l'ombre de cette famille, sans autre prétention, jusqu'au moment où il en est limogé, sans autre forme de considération ; bien sûr, qu'à travers la constitution de sa personnalité, son intention de 'ne pas leur faire de cadeau' en racontant leurs zones d'ombres, leur histoire, s'entend. Ce portrait dépeint, et une fois qu'on sait très vite que le narrateur est ainsi, il nous livre l'histoire de la fille de l'industriel. Entre autres. Mais de cette fille, belle femme, de 45 ans, mariée, trois enfants, dont la vocation est d'être 'femme et fille d'industriel, en représentation surveillée perpétuelle, qui un jour, succombe au charme d'un homme. Jusqu'à en perdre le sens de la rationnalité ; sacrifiant à son amant la prudence qui lui est coutumière. Leur histoire 'd'amour', est habilement racontée par cet homme qui l'imagine, et la voit tout à la fois, homme de l'ombre silencieux, omniprésent. Et cet amant pour lequel elle succombe... se rêvelera un maître chanteur. Tragique marque de confiance pour cette femme qui ne s'est jamais autorisé celle-ci... La passion de cette femme durera six mois, la narration six jours... Le portrait de cette femme, de cette passion, de cette famille ayant largement collaboré pendant la guerre au régime nazi est très justement donné à voir, par le prisme de cet homme de confiance froid et implacable, et dont la narration ajoute de la dramaturgie à l'ensemble. Un récit qui m'a plu à plus d'un titre, donc...

. Six mois, six jours, Karine Tuil, éditions Grasset, 2010.

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... 311

27 Octobre 2014, 08:32am

Publié par LaSourisJOne

"Le labyrinthe : rien que le monde souterrain, sans forme, que chacun porte en soi, et où il tremble de descendre parce qu'il y fait noir et qu'il a peur, terriblement peur, qu'il y ait en effet, tout au fond, un minotaure. Et chacun tâtonne dans le noir et crie : "Ariane, ma soeur, ton fil, où est ton fil ?".

Philippe BEAUSSANT

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... 310

26 Octobre 2014, 21:56pm

Publié par LaSourisJOne

"A mon âge, on ne quête plus l'approbation sociale et il y a longtemps qu'on est brouillé avec soi-même".

Karine TUIL

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Le peigne de Cléopâtre :)

26 Octobre 2014, 21:39pm

Publié par LaSourisJOne

Le peigne de Cléopâtre :)

... Evidemment, les trois fourchettes tordues de la couverture, avec une pointe qu'on peut imaginer trempées dans le sang, sur une nappe à carreaux qu'on pourrait trouver angélique, c'est le livre... Les apparences ne sont pas celles que l'on croit !

C'est un livre qui nous berne, nous lecteur, et on aime pas beaucoup ça, on préfère être dans la confidence, à l'insu des personnages... Mais là, les personnages en savent plus que nous. Et plus, même que les autres personnages. Mari, Anna et Fredrik, trois amis, aux apparences trompeuses. Un peu comme un ciel clair et lumineux qui soudain se retrouve chargé de nuages. Les personnages nous sont donnés à voir au début du livre à travers ce qui les fait vivre, rayonner, être sur pieds, à travers la complicité qui les lie. Et puis au fur et à mesure que le récit avance (et c'est ça le coup de maître finalement), la médaille se retourne à notre insu. Et l'on voit que tout est loin d'être aussi rose que ça. Y compris dans leur présent, émanation de leur passé familial, ou sentimental. On découvre sans jamais aucune lourdeur les 'racines du mal', via leur histoire familiale, l'air de rien, comme on soulève un caillou... Méfions-nous des apparences. Et l'amour, c'est quoi l'amour ? Peut-on vaincre un passé familial trop chargé ? Pas toujours, Fredrik en la preuve sacrifiée.

Le peigne de Cléopâtre ? C'est le nom que les 3 amis donnent à leur société, destinée à régler les problèmes des gens. Bénéfique à priori, oui, mais jusqu'où ? Ce nom vient de la découverte par Anna dans un musée, de ce fameux peigne de Cléopâtre, qui nourrit la réflexion... Evidemment la question du mal et du bien, parfois sourdement liés, est au coeur du livre. Avec cette question cruciale, taboue, au nom de quoi peut-on supprimer quelqu'un ? Attention, la frontière entre le mal et le bien est parfois ténue...

Découverte de la littérature suédoise, après Katarina Mazetti, cette auteure était la deuxième que je découvrais. Merci à Delphine pour la découverte !

. Le peigne de Cléopâtre, Maria Ernestam, éd. Gaïa. 2007, et 2013 pour la traduction française.

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... 309

26 Octobre 2014, 18:57pm

Publié par LaSourisJOne

"A force d'être admirées par les gens, les choses finissent par être entourées d'un halo de magie alors qu'en fait, dès qu'on est un peu informés, l'auréole disparaît".

Maria ERNESTAM

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Sous la piscine :(

26 Octobre 2014, 14:43pm

Publié par LaSourisJOne

Sous la piscine :(

Roman ado (enfin, classé roman ado, mais que je ne recommande pas en tant que tel).

Que voici un livre étrange... qui veut nous dire quoi ?? Avec quel message ??

C'est un roman pour ados que je ne recommanderais pas, en tout cas. Message positif, guère !

Donc, Wolfgang a 16 ans, et cet été-là, dans une ville appelée 'New Lourdes' à cause de sa piscine réputée miraculeuse, en Australie, Wofgang, donc, travaille donc à cette piscine comme guichetier.

Sous les poivriers, chaque jour ou presque, une jeune aveugle se rend, avec son chien. Loin de se baigner, ou de se méler aux autres, victime de sa différence. Bref. Les deux ados vont échanger quelques mots, attirés par leur solitude respective ; il ne la trouve pas spécialement jolie, il ne l'est pas non plus, trop grand et souffrant d'un bec de lièvre recousu (c'est lui qui le dit), et se rapprocher, passer un peu de temps 'trainer' ensemble... Ils tuent leurs solitudes et croient qu'ils s'aiment au prétexte que leurs solitudes s'imbriquent, qu'ils se sont embrassés, et qu'ils 'trainent ensemble'. L'auteur ne nous aide pas à penser autrement. Suicide, incompréhension des êtres différents qui feraient mieux de retourner d'où ils viennent, ce livre est étonnant dans le mauvais sens, ce livre est assez moche. Il y a cette passion des papillons du jeune homme qui aurait pu être quelque chose de chouette, mais qui semble encore servir cette cause que parfois, on naît, et on perd. Berk. Pas de morale positive. Un livre sur le deuil, on oublie quand le temps passe ? Je ne vois rien qui soit à mettre entre les mains d'ados. Ce n'est pas parce que les personnages principaux en sont que c'est un roman pour ceux-ci ! Et là, on est, à mon sens, en plein dedans...

. Sous la piscine, Justin d'Ath, Actes Sud Junior, 2007, 2010 pour la traduction française.

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L'amour et les forêts :))

26 Octobre 2014, 12:27pm

Publié par LaSourisJOne

L'amour et les forêts :))

Il ne faut pas s’attendre à de la demi-mesure avec Eric Reinhardt. Déjà son Système Victoria (août 2011) mettait en scène la perversité de rapports entre une femme, directrice des ressources humaines d’une grosse entreprise, et un homme, responsable de travaux. Ici, Eric Reinhard ne nous recrache pas avant de nous avoir détaillé par le menu les affres quotidiennes d’une certaine Bénédicte Ombredanne,’écrasée’par son mari. Et il va loin, Eric Reinhardt, très loin.

L’auteur lui-même commence par se mettre en scène et introduire cette lectrice, qui lui écrit, et qu’il va rencontrer à deux reprises. Et qui va lui raconter sa vie matrimoniale, l’objet même de ce livre. C’est majestueusement bien écrit. On s’attache à ce personnage, on s’offusque, on souffre avec elle de la voir tellement sous la coupe de son mari. Eric Reinhardt nous livre cette spirale machiavélique, vénéneuse qui se noue, s’enroule, avec toutes ses complexités, autour de Bénédicte Ombredanne, professeur de lettres agrégée. Prisonnière du harcèlement incessant de son mari, et alors même qu’elle aurait pu sauver sa peau, s’offrant une incroyable parenthèse magique, la jeune femme ne parvient pas à s’extraire de cette vie qui la détruit. Il y a une force, une puissance qui nous retient nous aussi captif, dans ce qu’il relate, notamment cette alchimie entre culpabilité et la part de ce qu’on s’autorise.

Le récit nous tient en haleine jusqu’au bout ; les frères et sœurs d’âmes rencontrés dans la maison de repos sont criants et touchants de justesse, d’autant qu’ils viennent renforcer par contraste l’extrême aridité de la vie affective de Bénédicte. Le témoignage de la sœur, dans la dernière partie du livre pousse le récit jusqu’aux limites de l’insoutenable, mais reste toujours d’une superbe sensibilité. Ce texte est beau, ciselé comme le bijou, la bague d’un autre temps que l’héroïne aime tant à porter dans les grandes occasions.

L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, éd. NRF Gallimard. Août 2014.

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... 308

26 Octobre 2014, 12:25pm

Publié par LaSourisJOne

"Il y a des moments de l'Histoire où tout le monde est jeune, et d'autres qui ne sont peuplés que de vieillards, et où les événements se mettent à bégayer et à radoter".

Philippe BEAUSSANT

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... 307

13 Octobre 2014, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

"L'amour, cette fiction millénaire, se nourrit des obstacles qu'il s'oppose à lui-même, se déplace en trébuchant à force de bâtons qu'il place dans ses propres roueries, bute sur tous les possibles et se suicide à grandes lampées de cigüe imaginaire auxquelles on finit, bizarrement, perversement, par prendre goût".

Stéphane ZAGDANSKI

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... 306

11 Octobre 2014, 10:48am

Publié par LaSourisJOne

"Je ne suis jamais autant moi-même et dans mon être, et dans ma vérité, qu'à travers les mots, les phrases, les livres, les grands auteurs et leur génie de la verbale et tranchante fulgurance".

Eric REINHARDT

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