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Le blog de la souris jaune

...58

30 Juillet 2011, 18:43pm

Publié par la souris jaune

"Métiers à risques. Pourquoi certains franchissent le pas et d'autres non ? Il y a la nécessité, l'urgence, mais pas seulement. [il y a] en dernier ressort [l'envie d'] aller jusqu'au bout, pour atteindre ce point vers lequel tous les désirs convergent dans leur ambiguïté, ce point central d'où tout part, d'où toute l'énergie primaire est issue. S'en approcher au plus près, sentir son souffle, d'une telle puissance, dont on connaît les effets dévastateurs. Qui a sur les hommes, du moins sur certains hommes, une force d'attraction incomparable".

Elisabeth FILHOL

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...57

30 Juillet 2011, 18:28pm

Publié par la souris jaune

"Un rêve de gosse, rouler la nuit et avoir avec soi, dans un seul mobile, du contenant au contenu, tout ce qu'on possède, ou parmi les choses qu'on possède, celles qui nous sont vraiment utiles et dont on peut se contenter, avec lesquelles on vit très bien et qui finissent par être tout notre bagage. Partir et tout emporter. Ou ne rien laisser derrière soi, ne rien laisser d'autre que la trace de son passage".

Elisabeth FILHOL

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...56

30 Juillet 2011, 17:48pm

Publié par la souris jaune

Certains, quand ils parlent, "c'est un monologue qui n'en finit pas et ne vaut que par le flux continu qui se répand et soulage celui qui parle, et celui qui l'écoute n'a qu'à faire abstinence, quand d'autres font irruption et déversent à vos pieds les tonnes dont ils sont excédentaires, comme devant les grilles de la sous-préfecture, les revendications en moins, quand ils vous parlent et vous pourriez être n'importe quoi de vivant ou non, n'importe quelle surface réfléchissante".

Elisabeth FILHOL

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Une vie pleine

30 Juillet 2011, 13:23pm

Publié par la souris jaune

Une-vie-pleine-Kristin-Kimball-1-.jpgPas mécontente de l'avoir lu, mais surtout pas mécontente de l'avoir fini !

Une femme, citadine, raconte son épopée ou comment elle a rencontré lors d'une interview un agriculteur, dont elle est rapidement tombée amoureuse, et a tout quitté pour créer une ferme avec lui... Le grand écart, en terme de changement de vie, autobiographique. Ce qui déconcerte un peu, c'est que l'histoire est racontée sans mise en perspective des événements, et c'est là qu'on prend conscience que ce n'est généralement pas le cas. Aussi, tout ce qui arrive est raconté sur le même plan, comme si tout avait le même poids, la même importance. C'est un parti-pris qui cela dit peut se comprendre : tous les événements ne sont-ils pas à mettre bout à bout pour constituer un chemin de vie ? Je pense toutefois que cela contribue dans ce cas précis à rendre le récit assez monotone, même si heureusement, elle n'y met pas que des faits, mais aussi de temps à autres des affects, ressentis. Les rares et épais chapitres correspondent aux saisons (l'été, l'hiver, le printemps..), ce qui contribue à l'aspect linéaire du tout. La narratrice se forge en tout cas, et avec une sourde détermination, une seconde nature de fermière, découvrant tout, avide d'apprendre. Et on va assister à la naissance de la ferme à partir de rien : de batiments et de champs à l'état d'abandon, le couple va, à la force de sa volonté, construire, mettre sur pied une exploitation. Avec un challenge en tête : que les membres (qui finiront par être une centaine) payent une certaine somme d'argent à l'avance par an, et que la ferme les fournisse en légumes, mais aussi viande, lait, oeufs...

C'est intéressant, et on voit bien son désir de nous retracer ici l'extrême difficulté du défi ; cela dit, comme elle ne nous épargne rien (configuration des champs, descriptions des machines agraires, des animaux, de la course effrénée pour tout mener à bien en une journée mille fois renouvelée, etc.), ça finit par être fastidieux. Mais tout cela vise à nous montrer que c'est le sens qu'elle a trouvé à sa vie. Face à l'inconsistance et au manque de valeurs du monde moderne ; on sent à travers ce personnage une grande peur face à ce monde, et on comprend que tout cela, malgré (ou à cause de) l'envergure de la tache, l'a rassurée, ancrée sur un socle, tel un refuge. A partir d'une foi indestructible, et aux côtés d'un homme à la personnalité forte, et sûr de sa différence.

Si on aime la démonstration et on admire le chemin, on est pas mécontent d'arriver au bout de la lecture !

 

. Une vie pleine, Kristin Kimball, éditions Fleuve Noir, avril 2011.

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...55

29 Juillet 2011, 22:03pm

Publié par la souris jaune

"La majeure partie du paysage urbain est constituée d'objets à vendre, et il est presque impossible de quitter son appartement sans acheter quelque chose : un journal, un café, un bouquet de fleurs..."

Kristin KIMBALL

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27 Juillet 2011, 13:28pm

Publié par la souris jaune

"Je croyais que la technologie, la mobilité et le travail avaient sonné le glas de l'esprit communautaire. Or dans ce petit village, les voisins se souciaient des autres, le bien-être était un projet de groupe ; je me sentais en sécurité".

Kristin KIMBALL

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La petite cloche au son grêle :)))

25 Juillet 2011, 20:07pm

Publié par la souris jaune

9782848761121-1-.jpgJ'adore ce livre ! Dieu qu'il est beau...

La petite cloche au son grêle, c'est la clochette accrochée à la porte du bar, et qui tinte, à l'entrée d'un client. Et le bar, c'est le cadre de ce livre plus que charmant...

Le narrateur a 13 ans. Il s'adresse à "toi" (sa mère) ou à "vous" (sa mère et son père). Fils de cafetiers, donc. De gens simples qui ne lisent pas, mais découvrent Proust, Marcel, par le biais de leur fils. La mère avec passion et ravissement, et le père, malhabile avec les livres, d'abord avec effroi, découvrant que cet auteur était "pédéraste"... Puis avec dévotion, se plongeant dans Proust pour chercher la trace de l'amour pour son épouse, qui dévorait  cet auteur.

Les personnages sont véritablement touchants, on est sous le charme de cette vie à la campagne, au bord de la nationale... Et puis petit à petit, en même temps que le fils tisse le formidable amour de son père pour sa mère, se dessine, sans que l'on veuille y croire, la menace d'une maladie... on devine qu'une vilaine arraignée s'est emparée du corps de la mère, et celle maladie ne sera évoquée qu'avec pudeur, retenue, délicatesse, toujours.

Et puis il y a les "cadeaux" du père et du fils à la mère et femme aimée. Comme ce magnifique épisode où tous deux décident que pour elle, ils veulent Pierre Arditi, dans leur café, le temps d'une lecture... Puis ils décident encore de monter un spectacle, avec tout le village, où tous jouent comme ils peuvent, La Recherche du Temps perdu.

Et puis il y a le souhait, par dessus tout de la mère, qui voudrait voir son fils devenir écrivain... Et ce livre est le cadeau tardif à celle qui ne le lira jamais.

C'est profondément émouvant, bouleversant. Je vous le recommande chaudement.

 

. La petite cloche au son grêle, Paul Vacca, éd. Philippe Rey, 2009.

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...53

24 Juillet 2011, 20:54pm

Publié par la souris jaune

"Il suffit d'un goût, d'un parfum, d'une sonorité, pour que le passé et les êtres que l'on a aimés se mettent comme par magie à revivre en nous. Les êtres que l'on aime ne meurent pas tant que leur souvenir reste vivant..."

Paul VACCA

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...52

24 Juillet 2011, 20:52pm

Publié par la souris jaune

"Lire, c'est aller vers l'inconnu, c'est chercher à découvrir de nouveaux mondes, à percer de nouvelles énigmes... Sans garantie de succès. D'ailleurs, on ne fait jamais le tour d'un livre, on n'épuise jamais la totalité de son mystère. C'est même peut-être ce qui nous échappe qui est le plus important..."

Paul VACCA

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Le diable vit à Notting Hill :)

24 Juillet 2011, 19:07pm

Publié par la souris jaune

Le-diable-vit-a-Notting-Hill-1-.jpgSi vous aimez "Desperate Housewives" , vous devriez prendre beaucoup de plaisir à lire ce livre.

Best-seller en France et en Angleterre, écrit par la soeur du maire de Londres himself (ce qui rajoute un petit côté croustillant à l'ensemble), ce "Diable vit à Notting Hill" se dévore malgré ses 295 pages, et même, on redemande !

Nous voici donc dans un square privé de Notting Hill, au coeur de Londres. Un square privé ultra-chic, habité par de riches banquiers, des mannequins et un milliardaire célibataire... Où tout le monde est à cheval sur le respect des règles draconiennes du petit microcosme huppé (sauf les Américains !). Les deux narratrices sont Clare (conseillère en design de jardin), et Mimi (pigiste, spécialisée dans les interview d'hommes connus racontant leurs funérailles avant l'heure !), meilleures amies de leur état, sauf quand il s'agit de mecs, ou de propriété, auquel cas tous les coups sont permis (enfin surtout pour Clare).

Loisirs de riches, doubles ou triples maisons secondaires, manies alimentaires et vestimentaires... Comme celle par exemple d'aller manger dans ce restaurant extrêmement cher, "Fresh & Wild", où le personnel a sans doute "été sélectionné pour son incapacité à parler anglais, et qui est de plus en plus lent à mesure que le nombre de clients augmente. La combinaison du service endormi, de la pureté des produits, de la présence de beautiful people traitant leur corps comme un temple n'ayant pourtant pas l'effet calmant qu'on y attendrait : j'ai souvent remarqué que les boutiques exclusives offrant des nourritures hors de prix, soi-disant "pacifiantes" et amies du tube digestif, ont plus de clientes acariâtres que certains magasins de masse comme, par exemple, Ikéa".

Ce qui est fou, c'est qu'on s'attache tant à ces personnages, comme dans Desperate Housewives, alors que dans la vraie vie, ils auraient tout pour être détestables... Et qu'est ce qui compte par dessus tout dans ce monde-là, hormis l'argent bien sûr, et les règles de copropriété à respecter ? Les potins, et peu importent qu'ils puissent être dévastateurs, d'ailleurs ils ne semblent même pas l'être, et juste servir à divertir tous ces riches résidents...

C'est drôle, mordant, bien ficelé... Vraiment un bon moment de détente !

 

. Le diable vit à Notting Hill, Rachel Johnson, éd. de Fallois, février 2010.

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