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Le blog de la souris jaune

...97

13 Janvier 2012, 21:59pm

Publié par la souris jaune

"Quand quelque chose se termine sans qu'on comprenne pourquoi, il se passe du temps jusqu'à ce qu'on comprenne vraiment".

Katarina MAZETTI

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Un Secret :)

10 Janvier 2012, 23:02pm

Publié par la souris jaune

9782253117186-1-.jpgC’est toujours gênant, d’apposer avant de le lire des visages connus sur les personnages qu’on va découvrir. Vous n'y couperez pas avec Un Secret, de Philippe Grimbert : les visages de Cécile de France et de Patrick Bruel marqueront forcément votre lecture, puisqu'ils sont sur la couverture du livre… Mais que cela ne trouble pas votre élan vers ce livre (élan que je dois personnellement à Jean-Luc, je l'en remercie !), car la découverte est belle ! Un joli roman, qui ne date pas d’hier (2004) pour se remettre tranquillement dans la lecture, en ce début d’année. Quels ravages peuvent créer le poids d’un secret, pour un enfant ? C’est sur ce thème qu’on va parcourir ce récit, qui s’ouvre avec la rencontre d’un enfant, au sommeil perturbé, qui s’invente un frère imaginaire. Imaginaire ? Pas tant que ça… De pages en pages, Patrick Grimbert effeuille les souvenirs d’une famille. Livrés par la voisine, l’amie, la confidente, Louise. C’est par elle qu’arrive enfin la liberté, par elle que la chappe de plomb qu’est le silence se fendille, et que l’enfant devient un adulte. On y croise de jolis personnages, avec en filigrane dans ce roman, l’image de cette femme, et de son enfant, sacrifiés aux Nazis, et dont on découvre quelle part de l’histoire du narrateur ils représentent.
jolies visions et histoires poignantes D'histoires poignantes en jolies visions (en ce qui me concerne, je reste hantée par la figure du plongeon, réccurrente dans le livre, et qui représente si bien et si joliment, trait noir et harmonieux, la mère du héros), le narrateur nous dévoile petites touches par petites touches, l'histoire d'une vie. Et l'on comprend le sens, l'importance de la parole, qui libère, et panse... 

Un Secret, Philippe Grimbert, Le Livre de poche (paru chez Grasset en 2004).

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Ce que le jour doit à la nuit :)

9 Janvier 2012, 18:24pm

Publié par la souris jaune

ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-09.jpgJ'ai d'abord dû m'accrocher, probablement pour les 150 premières pages de ce très beau roman de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit. Mais il est vrai que je suis peu friante des récits d'enfance ou d'adolescence (même écrit par Khadra, ai-je pu constater), or ça commence par ça ! Cela dit, persévérer vaut parfois la peine, comme celle de découvrir un beau roman.

En filigrane, très présente, toute l'histoire de l'Algérie, entre 1930 et 1965, pauvreté, misère, déchirements, guerre... L'histoire se passe à Oran, puis dans un petit village à proximité de la grande ville, Rio Salado. On va suivre le destin de Younès, prisonnier de ses deux identités (n'est-il pas aussi Jonas ?), arraché à ses parents trop tôt, eux si fiers et pourtant ravagés par la misère. 

La période de vie que le narrateur choisit de nous raconter est une période où, pour le héros, les trouées de lumière et de bonheur sont rares ; on voit combien laisser passer sa chance marque au fer rouge, et condamne. « Il n'y a qu'un seul dieu sur terre, et c'est toi. Si le monde ne te convient pas, réinventes-en un autre, et ne laisse aucun chagrin te faire descendre de ton nuage. La vie sourit toujours à celui qui sait lui rendre la monnaie de sa pièce » : pourquoi le héros n'écoute-t-il pas le conseil de son oncle, ne pouvons-nous nous empêcher de nous dire ! Et on bouillonne souvent face au mutisme de ce héros qui se laisse malmener par le destin. Muré dans son silence, rétracté derrière une promesse qu'on lui extorque un jour, il sacrifie son destin, qui lui tend pourtant les mains... Et sa vie est une tragédie, née de ses renoncements contraints. Des renoncements qui ne lui apporteront aucune lumière... 

La fin, belle et touchante, vient donner une dimension supplémentaire au livre : elle impulse toute la relativité des choses, alors même qu'elles ont été si dures, dès lors que le passage du temps instaure du recul, de la distance, et que, à l'aube de la mort, on n'a plus les moyens d'être rancunier... 

C'est un livre qui a du corps, des odeurs, un livre qui vit, nous imprègne et nous habite, et rien que pour cela, ça vaut la peine...

 

Ce que le jour doit à la nuit (paru en 2008), Yasmina Khadra, chez Pocket.

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...96

8 Janvier 2012, 12:30pm

Publié par la souris jaune

"Lorsque deux êtres s'aiment, ils échappent aux contraintes et aux anathèmes ; l'amour apaise les dieux et ne se négocie pas puisque tout arrangement ou concession porterait atteinte à ce qu'il a de plus sacré".

Yasmina KHADRA

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...95

7 Janvier 2012, 13:43pm

Publié par la souris jaune

"Comprendre, c'est remonter aux origines".

Jean D'ORMESSON

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...94

7 Janvier 2012, 11:02am

Publié par la souris jaune

"Les beaux paysages n'ont pas de propriétaires : chacun peut se consoler en les contemplant".

proverbe (japonais ?)

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...93

28 Décembre 2011, 15:26pm

Publié par la souris jaune

"Ce n'est pas notre avidité qui est responsable de la crise, elle était surtout responsable de la croissance qui l'a précédée : ce sont les limites naturelles que la nature met à notre avidité. Et la perception de ce coup d'arrêt comme une crise est précisément le signe que nous n'avons nullement renoncé à notre envie de richesse - sinon, nous n'en souffririons pas".

Blogueur Energie et Climat

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Les mangeurs de pommes de terre

18 Décembre 2011, 11:45am

Publié par la souris jaune

4f52d4b6a9806e1561963cf6b6dd3870-300x300-1-.gifSi je devais n'utiliser qu'un mot pour qualifier ce livre, je dirais : hétéroclite ! Un peu comme un bazar, à l'image du nom de la bourgade où se déroule l'histoire, justement : Bricabratsk. Alors, pour essayer d'y voir clair : d'abord, le titre. Pour ceux qui ne le savent pas, c'est le nom d'un fameux tableau de Van Gogh. Il se trouve que Lidia, le personnage principal est "gardienne de musée". Toute la journée, elle garde les peintres hollandais. Sa vie est à l'image de tout cela, morne et tranquille, et sans doute aussi à l'image de ce qu'elle perçoit des peintres hollandais : elle s'y sent en sécurité. Alors arrive le boulerversement, sous deux formes : une exposition temporaire et exceptionnelle Van Gogh (elle est chargée d'une salle à surveiller), et l'intrusion de Danila, le meilleur ami de son fils dans sa vie. Et tout d'un coup tout est boulerversé. Celle qui vivote découvre la vie... A partir d'une scène réelle d'un repas autour d'un plat de pommes de terre. Il y a dans ce livre un questionnement sous-jacent sur ce qu'apporte l'art ; clairement mis en regard avec ce qu'apporte la vie, et il semble qu'au final, l'un ne vale pas mieux que l'autre ? Les deux transfigurent, parfois, en bien ou en mal...

Ainsi, les deux personnages que sont Danila et l'autre grand blond John à Amsterdam sont clairement des figures qui se correspondent ; et le personnage principal vit des moments de plaisir, d'extase, parce que d'oubli de soi, mais qui ne vont pas sans trahison. L'auteur semble nous dire : on vit à condition d'être trahi ! Le roman qu'on lit là a comme un goût d'un autre temps ; il est pris dans les glaces entre deux époques : il y a le décalage des hommes (qui sont dans la modernité, avec leurs appareils téléphones, et leur réussite sociale) et les hommes qui sont des femmes qui travaillent mais aux prises avec leurs sentiments, leurs déchirements sentimentaux, leur vie de famille peu épanouissante... L'épanouissement est synonyme de trahison et de départ, mais il est de courte durée.

A côté de ça, il y a les passages qui, certes donnent des respirations, mais qui contribuent à l'impression de "bazar" qui sont des pages écrites au km, sur "Ce qui fait plaisir" "Ce qu'on collectionne", etc. qui sont plus des intrusions de l'auteur dans son récit... Avec un style qui lui aussi, est assez hétéroclite...

 

. Les mangeurs de pommes de terre, Dmitri Bavilski, éd. NRF Gallimard. Paru en 2003, traduit du russe en 2004.

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...92

15 Décembre 2011, 21:43pm

Publié par la souris jaune

"Ce qui fait plaisir (ter) : rêver de ce qui vous dépasse, de l'impossible ; être sur le point de se vexer et ne pas se vexer ; arriver à un rendez-vous à temps ou même un peu en avance ; être maître de la situation. Au travail et en général ; ne dépendre de personne ; trouver chez quelqu'un des idées que tu n'as pas encore formulées mais qui vivent profondément en toi ; s'endormir sans s'en rendre compte et comprendre que tu dors".

Dmitri BAVILSKI

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...91

15 Décembre 2011, 21:37pm

Publié par la souris jaune

"Ce qui fait plaisir (bis) : un automne précoce ressemblant à la lumière de midi qui traverse des vitraux poussiéreux ; un avant-goût de crème dans une glace à la crème ; rouler dans la bouche des caramels de mots avant de les coucher sur le papier ; savoir que dans sa profession on peut tout. Ou presque. Que pour soi rien n'a de secret ; porter un anneau en or à l'auriculaire gauche. Savoir que cela intrigue ; écouter des gens parler de personnes qui leur sont proches ou chères. Aimer les personnes qu'ils aiment en même temps qu'eux. Par contumace ; l'auto-ironie à bon escient ; la symétrie née du hasard ; recevoir un grand nombre de mails et les supprimer en bloc sans état d'âme".

Dmitri BAVILSKI

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