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Le blog de la souris jaune

Un amour :)

30 Décembre 2012, 16:29pm

Publié par la souris jaune

un-amour-dino-buzzati-9782221077825-1-.gifAh, le bonheur de retrouver Dino Buzzati, j'avais tellement aimé son Désert des Tartares, ainsi que ses nouvelles, le K ! Le plaisir n'est pas démenti, avec ce livre.

C'est l'histoire d'un presque quinquagénaire (49 ans), architecte, et de sa passion dévorante pour une toute jeune prostituée, Laïde, sur près de deux ans. Passion qui se transforme en obsession, et qui l'asservit, sans qu'il puisse faire appel à sa raison et résister, se redresser, fuir...

"Tu as voulu oublier ton âge ? Tu as défié avec tes seules forces la méchanceté d'une fille qui montait à l'assaut de la vie ? Tu t'es obstiné en un jeu inconnu qui n'était pas fait pour toi ? Tu as cru que tu pourrais redevenir un enfant ?", lui dit en guise de leçon, une autre prostituée, à la fin du livre. Un livre qui nous montre aussi à quel point on est aveugle en "amour" tant qu'on ne veut rien voir !

C'est formidablement décrit. Les tourments d'Antonio, les facéties et la fausse candeur de la jeune femme, le faux cousin Marcello, les mères maquerelles... Et la ville de Milan, fond souvent nocturne du roman, qui a une place si belle aussi dans ce livre, ainsi que la ville de Modène.

On aime, la formidable leçon de l'autre prostituée, à la toute fin du livre ; celle qui lui dit qu'évidemment il se trompe, et que ce qu'il vit n'est pas l'amour ! Ses tourments n'ont rien à voir, et d'ailleurs, que lui donne-t-il lui pour valoir qu'elle l'aime en retour ? Sa suffisance de petit bourgeois, alors même qu'il veut juste la tenir prisonnière, et ne lui propose même pas d'entrer dans son cercle d'amis, familial, ou le mariage ?...

C'est une écriture qui court, qui coule, qui emporte. Dans les tourments de la passion amoureuse, savoureux. Et qui parle de l'illusion qu'on peut préférer alors même qu'elle est terrible, parce qu'elle nous cache ce vers quoi l'on court si sûrement, la mort...

Merci beaucoup Patricia pour cette lecture, c'est à toi que je la dois !!

 

. Un amour, Dino Buzzati, 1963 (Italie), Robert Laffont, 1964.

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La Patience des buffles sous la pluie :)

25 Décembre 2012, 15:46pm

Publié par la souris jaune

la-patience-des-buffles-sous-la-pluie-1-.jpg"Alors, parfois, pour me rassurer et parce que je refuse de me battre inutilement contre ce qui me dépasse, je songe à ces buffles dans ces plaines africaines qui, lorsque l'orage s'abat sur la savane, se maintiennent solidement sur leurs quatre pattes, baissent la tête et attendent, immobiles, que cesse la pluie".

La Patience des buffles sous la pluie est une succession de petits textes très courts, qui font tous mouche.

C'est sans doute le miracle de ce livre : malgré la taille de chacun, souvent courte voire très courte, on y rentre instantanément, et on en goûte la fulgurance. Efficacement, David Thomas va au fond des choses, et nous asperge de temps à autres tantôt de mélancolie, souvent d'approbation. Tout en réussissant miraculeusement à éviter toujours l'étiquette de "donneur de leçon", en cela que chaque texte est donné comme une expérience unique, du quotidien, mais où pourtant beaucoup peuvent se reconnaître.

Les textes sont tour à tour introspectifs, adressés à quelqu'un ; ou sous la forme d'une lettre, de courts dialogues ; tantôt incarnant une femme, tantôt un homme... Prouesse encore que de jamais nous lasser, jamais nous laisser sceptique :

il explore à sa manière, sensible et directe les ressentis et les vécus humains. L'amour qui passe ou le miracle qui fait qu'il demeure, ses mutations obligatoires, les besoins, les manques qui font partie de nos vies...

Merci, Luocine, pour cette très jolie découverte ! C'est grâce à toi si j'ai lu, et aimé ce livre...

 

. La Patience des buffles sous la pluie, David Thomas, éd. Le Livre de Poche, 2011.

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...185

25 Décembre 2012, 15:12pm

Publié par la souris jaune

"Croire, ce n'est rien d'autre que ça. C'est avoir tout contre toi et miser quand même. C'est oser tordre le destin".

David THOMAS

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...184

23 Décembre 2012, 21:16pm

Publié par la souris jaune

"Un jour qui se lève, aussi merdique soit-il, même en novembre, même par temps de pluie, est toujours plus prometteur qu'un soir de juin qui a tout dit".

David THOMAS

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...183

23 Décembre 2012, 21:13pm

Publié par la souris jaune

"Etre là, un point c'est tout, sans avoir à justifier mon existence par des paroles ou des actes".

David THOMAS

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...182

23 Décembre 2012, 18:08pm

Publié par la souris jaune

"Je me demande souvent qui mène la danse. Si c'est ma vie qui fait de moi ce que je suis ou si c'est moi qui fait de ma vie ce qu'elle est".

David THOMAS

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Nagasaki :))

20 Décembre 2012, 15:28pm

Publié par la souris jaune

9782290034408.jpgCe roman nous plonge dans un univers urbain, et japonais, celui de la ville de Nagasaki. Métro, stations de métro, architecture urbaine mais aussi cigales et chant des cigales habitent et constituent la savoureuse toile de fond de ce livre.

Le personnage principal a quelque 55 ans, une vie calibrée, archi-bien réglée autour de sa vie professionnelle de météorologue. Il est célibataire, et vit seul. Enfin... Jusqu'à ce qu'il se rende compte (lui dont tout semble pesé, même la nourriture !) qu'un peu de son jus de fruit a été bu en son absence dans son frigo. Par qui ?

Commence alors la passionnante traque de ce personnage qui veut savoir ce qui se trame, jusqu'à l'achat et l'installation d'une web-cam, et qu'il voie, de son travail, une silhouette chez lui ! L'autre devient une obsession, et c'est seulement trop tard, alors qu'il a fait en sorte qu'on interpelle l'intruse, qu'il regrette... 

On ne sera pas seulement dans les pensées du personnage masculin, mais on sera aussi au plus prêt de l'intruse, à travers une lettre-confession...

Passionnante réflexion sur le monde moderne, ses solitudes et ses limites ; ainsi que sur l'intimité, la culpabilité. Mais aussi tout un tas de questionnements latents : les lieux que nous investissons peuvent-ils réellement nous appartenir, même si l'on s'acquitte d'un certain pécule financier pour cela ? Quid de ceux qui ont pu y vivre préalablement ? Quel droit à la mémoire des lieux ? Et si l'on peut comprendre que partager un espace, à son insu, alors même qu'on croit en avoir le privilège de la jouissance et l'exclusivité peut représenter une désagréable sensation de viol de son intimité, ne pourrait-on pas imaginer un partage des lieux, souvent sous-investis par leurs propriétaires ou locataires ?

C'est un livre que j'ai vraiment dévoré. Un vrai bonheur de lecture !

 

• Nagasaki, Eric Faye, paru en août 2010. Ed. Poche, J'ai Lu. 

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...181

18 Décembre 2012, 13:41pm

Publié par la souris jaune

"Subitement, la nuit, une porte dérobée s'ouvre pour laisser entrer des personnages honnis, qui se vengent d'avoir été bannis de nos pensées diurnes. Nous croyions les avoir congédiés, or ils attendaient que sonne minuit pour reparaître dans notre théâtre nocturne, descendre du cheval de Troyes et semer la terreur".

Eric FAYE

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...180

18 Décembre 2012, 13:34pm

Publié par la souris jaune

"La Crise rend les hommes un peu plus seuls. Que signifie encore ce nous qui revient à tire-larigot dans les conversations ? Le nous meurt. Au lieu de se regrouper autour d'un feu, les je s'isolent, s'épient. Chacun croit s'en sortir mieux que le voisin et cela aussi, c'est probablement la fin de l'homme".

Eric FAYE

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...179

18 Décembre 2012, 13:28pm

Publié par la souris jaune

"Parce que le système éternue, nous redevenons tremblants et veules, tout petits. Du silence ambiant se détachent des rumeurs, comme si le silence était un mur lépreux qui perdait de lui-même". 

Eric FAYE

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