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Le blog de la souris jaune

Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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... 489

27 Juin 2017, 17:26pm

Publié par LaSourisJOne

"Dès qu'on dit 'moi aussi', pas mal de choses sont possibles. Il faudrait 'moiaussier" au moins une fois par semaine pour tenir le coup, dans cette ville ou dans une autre ; on est tellement à penser la même chose, le seul truc c'est qu'on ne se connaît pas encore tous".

Lola LAFON 

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... 488

25 Juin 2017, 22:30pm

Publié par LaSourisJOne

"On a le droit de faire bouger les montagnes, surtout si elles sont vraiment très pourries".

Lola LAFON

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... 487

25 Juin 2017, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

"Et si je tombe, si je chute (...), il faudra juste fermer les yeux, regarder la peur me faire une sale grimace, la regarder comme ce qu'elle est : une émotion comme les autres. Alors je ressors des profondeurs, je respire, je suis vivante".

Lola LAFON

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La lionne :))

20 Juin 2017, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une sucrerie, une gourmandise que ce roman !

Aahhh, le bonheur. Une découverte due au hasard, je crois. Mais il faut dire que tous les livres qui mettent en scène des félins m'attirent et me fascinent. Ca partait donc évidemment pas mal.

Et là : j'ai pris beaucoup de plaisir à me couler dans la vie de cette femme, fille de chercheuse pour qui la recherche comptait plus que tout, et qui mourut alors qu'elle cherchait le remède à un virus en Tanzanie.

30 ans plus tard, l'adulte, la fille, revient sur les traces de son passé, de sa mère, pour enterrer tout cela et continuer à vivre. Ca, c'est en théorie, mais on sait bien que dans ces cas-là, ça se passe rarement comme ça.

Se croise au sien le chemin d'une fillette, 7 ans, qui perd sa mère en plein désert, alors qu'elles font la traversée accompagnées de leur chamelle, parce que la mère aussi aide les autres. La fillette se retrouve seule, et j'ai frémi à certaines scènes, lorsque les hyènes arrivent, je l'avoue ! Et la lionne... Dont je ne peux rien vous dire, mais ce cheminement d'Angel (la fillette) est un vrai bonheur, forte et courageuse fillette.

Et évidemment, histoire de rencontre, de coup de foudre, de choix de vie : qu'est ce qu'on veut vraiment, quand cesse-t-on d'être aveugle à son propre bonheur ? 

J'ai adoré ce bouquin, je vous le recommande particulièrement en lecture d'été !

. La lionne, Katherine Scholes, Pocket, 2011 en Australie ; 2013 pour la présente édition française.

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Souvenirs d'Etonnants Voyageurs 2017, II

17 Juin 2017, 12:42pm

Publié par LaSourisJOne

Marcus Malte

Le garçon, éditions Zulma.

(Prix Fémina 2016)

Histoire d'un parcours initiatique... 

Ce Garçon inspire ma curiosité... Mais ? Pourquoi y a-t-il un mais ? L'ampleur de la lecture ? 

L'avez-vous lu, chers amis de ce blog ?

 

 

 

 

 

 

Abby Geni

Farallon Islands

(2017)

Un groupe de biologistes mène une étude sur une île reculée...

Là, j'ai eu envie de lire ce livre : de me plonger dans ce monde hostile de la nature... A voir !

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Souvenirs d'Etonnants Voyageurs 2017

17 Juin 2017, 11:34am

Publié par LaSourisJOne

Nicolas BokovNicolas Bokov (photo de gauche). 

Russie (vit en France).

A l'Univers, le temps d'un échange intitulé 'Face à la censure', Nicolas Bokov m'a donné envie de lire sa Tête de Lénine (Editions Noir sur Blanc). 

L'histoire d'un pick-pocket qui va voler la tête de Lénine, dérobée dans son tombeau... Publiée en France en 1982, sous le manteau en Russie en 1987 ; republiée cette année par les éditions Noir sur Blanc, avec une préface de l'auteur, ce dont il a pu se réjouir à l'occasion de ces Etonnants voyageurs... La censure ? Elle prend mille et une formes, nous dit l'écrivain... Et si, en France, elle s'appelait "politiquement correct" ?? C'est tellement, probablement, souvent vrai... Merci, Nicolas Bokov !

 

 

Russel Banks (photo, à droite).

Russel Banks ! USA.

J'ai lu et beaucoup aimé La réserve, de cet écrivain américain.

Là, sur le plateau du Palais du Grand Large il nous parle de Trump, bien sûr, parce que c'est là dessus qu'on l'interroge depuis qu'il est arrivé en France. Il dit le dégoût que le nouveau premier homme des Etats-Unis lui inspire. Il dit que pour écrire sur lui, ce qu'il pense que doivent faire les écrivains américains, il cherche une langue à part, des mots laids, une langue laide, et que c'est ce qui constitue la complication : écrire sur quelqu'un qui nous dégoûte... Il dit aussi qu'il pense que ses personnages, ceux qu'il campe dans ses romans, auraient probablement voté pour Trump... 

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Les vies multiples d'Amory Clay :)))

5 Juin 2017, 21:00pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quel vif plaisir de lecture ! Je souhaitais tout à la fois avancer très vite, et que cette lecture ne se finisse jamais. Je n'ai pas lu beaucoup de William Boyd, mais je n'ai jamais été emportée ainsi par un de ses livres. 

La première prouesse réside dans le miracle d'incarnation de ce personnage féminin. On est elle, on est avec elle, et c'est merveilleux, et troublant d'imaginer qu'un homme peut créer cela avec une telle justesse. Ensuite, autre prouesse, on a la sensation que cette femme éxiste vraiment (mais là j'avoue, je n'ai pas vérifié) entre autres parce qu'on a ses photos, en noir et blanc, prises par elle, légendées... Bref, un mystère merveilleux de véracité. Et il me va de ne pas en savoir plus (mais ma curiosité me poussera peut-être, sûrement même, à vérifier si elle a existé ou non réellement). 

Nous voici donc plongés tout à la fois dans le journal, et le quotidien d'Amory Clay, photographe britannique. Aussi, le narrateur nous entraine avec une dextérité impressionnante tout autant dans son âge qu'on peut imaginer, petit à petit, et plus avance le récit, avancé, que dans son tout jeune âge. On va suivre les deux spirales jusqu'à ce qu'elles se lient. Amory est une photographe, une femme, elle va être photographe de guerre ; pourquoi ? Parce que c'est l'intensité qu'elle souhaite pour sa vie ; mais elle vivra tout en même temps ses histoires d'amour, on la suivra au fil de ses amants, ses amours, ses coups de coeur... Une vie de femme, extraordinairement bien racontée. Entre Londres, New-York, Saigon pendant la guerre du Vietnam et Paris, son chemin est souvent celui qui s'impose lorsqu'elle a un amoureux, en fonction de celui-ci ou pour exister ; il mèle l'histoire, la vraie, à l'histoire intime, c'est époustouflant, j'ai adoré. 

Merci, merci à Mélanie qui m'avait chaudement recommandé ce livre, encore une fois elle ne s'était pas trompée.

. Les vies multiples d'Amory Clay, William Boyd, 2015, Le Seuil (Poche).

 

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... 486

4 Juin 2017, 15:55pm

Publié par LaSourisJOne

"Quand vos enfants grandissent et deviennent de petits êtres pensants, il serait absurde de nier que, comme le reste de l'espèce humaine, ils se forgent leur propre personnalité et qu'on n'y peut pas grand chose".

William BOYD

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... 485

2 Juin 2017, 09:00am

Publié par LaSourisJOne

"L'élément principal de notre plaisir mutuel était que chacun appréciait la compagnie de l'autre, ce qui, si banal que cela puisse paraître, est l'explication fondamentale de toute union durable réussie".

William BOYD

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