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Le blog de la souris jaune

... 302

22 Septembre 2014, 21:14pm

Publié par LaSourisJOne

"Nos organes sensoriels adorent nous égarer, et nos yeux sont les plus trompeurs de tous. Nous avons bien trop confiance en eux. Nous croyons voir le monde qui nous entoure et pourtant nous n'en percevons que la surface. Il nous faut apprendre à deviner la vraie nature des choses, leur substance, et à cet égard, les yeux sont plus un obstacle qu'une aide".

Jean-Philippe SENDKER

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Double jeu :)

21 Septembre 2014, 21:51pm

Publié par LaSourisJOne

Double jeu :)

Roman ado.

Encore un cadeau, chaque fois renouvelé, que de lire Blondel ! Je vais me répéter, ceux qui ont l'habitude de me lire sur ce blog le savent, mais vraiment, Blondel ne me déçoit jamais. Là encore, c'est un très joli roman ado, très juste.

Dans la peau de Quentin, ado brillant mais un peu désabusé, après avoir été forcé de changer de monde, en changeant de lycée, en passant d'un lycée de banlieue à un lycée chez 'les bourges'. Il ne cherche pas à s'intégrer, certes on pourrait se dire que malgré ça ça se passe trop bien pour lui, mais quand même. La peinture du couple parental (besogneux, travailleurs, mère qui courbe l'échine, père silencieux et consommateur de télé qui a abdiqué) est chouette, la prof de français, La Fernandez, excessive, évidemment, comme a tous connus une prof de français, est elle aussi belle. Est-ce qu'on peut y croire à ce garçon brillant, qui ne sait pas quelle voie l'attend, mais qui va relever le défi de cette prof, et incarner le rôle principal d'une pièce de théâtre qu'elle lui aura fait lire ? Je ne sais pas. Peu importe. On est bien, dans cette histoire, avec cet ado qui se débat quand même avec ce qu'il a... La relation avec la petite soeur, est là encore touchante. Ces personnages semblent vivants, ils pourraient vivre à côté de nous. Encore un beau plaisir de lecture grâce à Jean-Philippe Blondel.

Double Jeu, Jean-Philippe Blondel, éd. Actes Sud Junior. Sept 2013.

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Baby Jane :)

6 Septembre 2014, 09:33am

Publié par LaSourisJOne

Baby Jane :)

J'ai beaucoup aimé ce livre comme une ballade mélancolique. Mélancolique et forte. Qui vient sonder la marge, ceux ou plutôt celles qu'on ne peut pas comprendre, parce que leurs maux ne sont pas compréhensibles du commun des mortels. C'est rendu avec une vraie sensibilité, une dureté aussi parfois complément en adéquation avec la rudesse de ces vies. Au coeur du récit, Piki, emblématique, rendue charismatique par la narratrice, qui en est amoureuse. Tout le livre est un déchirement. Le déchirement de la narratrice qui voit agir et sombrer cette femme en toute impuissante, sans pouvoir la sauver, jusqu'au sa prise de distance, nécessaire, et jusqu'au naufrage, finalement presque commun par ricochet, qui ne put être que la seule issue de Piki. C'est vrai qu'on garde en mémoire ces deux vies paumées ; Piki souffre de troubles paniques ; elle finit, un jour, après avoir sans doute bravé ses peurs, ses phobies et avoir écumé les bars de nuit dans sa jeunesse, par écouter ses peurs et ne plus sortir de chez elle. Pendant dix ans. On lui fait ses courses, on lui lave son linge, elle ne peut plus affronter le monde extérieur. Perversement entretenue par son ex-petite amie dont on se demande si finalement ce l'est pas une façon de garder cette femme à sa merci ; et au grand désarroi de la narratrice habitée par cette femme, elle aussi souffrant de dépression... C'est beau, souvent poétique. C'est un beau chant d'amour désespéré, qui parle de l'impuissance de ne pas pouvoir sauver l'autre, même l'aimé, malgré soi.

. Baby Jane, Sofi Oksanen, éd. Stock en 2005. Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli. (Publié en Finlande en 2004).

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Un endroit discret :)

30 Août 2014, 22:13pm

Publié par LaSourisJOne

Un endroit discret :)

Moi qui suis loin d'être une fan des auteurs japonais, je dois avouer que celui-ci, en tout cas que cet ouvrage-là, m'a séduite. Je n'ai pas retrouvé l'atmosphère étrange, due à une culture si différente, de bons nombres d'auteurs japonais.

Le Japon y était, et tant mieux, mais pas forcément dans la façon d'écrire : c'est sans doute pour ça que j'ai aimé. Tokyo, les provinces, les paysages de montagnes, les petites rues qui grimpent en pleine ville et les arbres toujours plus ou moins présents dans le paysage, la dévotion des personnages relativement à leur métier, leur administration... Tout cela m'a plu. Et puis cette histoire au plus près d'Asai, cet homme scrupuleux qui perd sa femme, morte d'une crise cardiaque, et qui soudain décide que ce n'est pas normal et d'enquêter sur son décès. Etonnant, déroutant, ce parcours, cette pugnacité dans sa recherche, et les travers de l'homme qui va trop loin, pour se protéger, coûte que coûte. Pour ne pas perdre ce qu'il a construit, acquis. Vraiment très intéressant, sur une certaine nature humaine, et vraiment une belle balade au gré des moeurs japonaises.

. Un endroit discret, Seischo Matsumoto, Actes Sud, octobre 2010.

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Une pollution subie d'Over-blog

30 Août 2014, 22:04pm

Publié par LaSourisJOne

... Vous avez peut-être remarqué ma désertion relative de ce blog. Elle est due tout simplement à un changement de politique d'over-blog, qui héberge mon contenu, et à une décision globale sur tous les blogs à contenus hébergés par leurs soins : la décision de bombarder chaque blog d'espaces publicitaires, sans évidemment aucune concertation avec l'auteur du blog. C'est avec désappointement que je n'ai pu que le constater. Auparavant la publicité n'apparaissait qu'en cas d'inactivité prolongée sur le blog, maintenant elle est systématique, agressive, virulente, et nombreuse. Nombreux sont ceux qui comme moi, s'en désespèrent. En tant qu'usagers de ce blog, je peux comprendre votre énervement à la vue de ces 'pop-up' agressifs qui vantent une marque ou une autre... Sachez que je le déplore amèrement, autant que vous. Que je songe évidemment à migrer vers des cieux plus sereins, dépourvus de toute agression publicitaire, tant il est vrai que le partage de goûts littéraires se marie très mal avec les actions consuméristes des hébergeurs. Mais faute de technique, d'outils, pour l'instant, je ne sais pas faire. Je vous présente mes plus impuissantes excuses, pour ces désagréments, que je subis autant que vous. LA SOURIS JAUNE.

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La femme au carnet rouge

10 Août 2014, 19:41pm

Publié par LaSourisJOne

La femme au carnet rouge

Que dire de ce livre-là ? Il a de cette irréalité, de cet état de suspension qu'ont les contes de fée moderne à la Foenkinos ou à la Van Cauweleart, il scrute la possibilité d'une rencontre et la pare de tous ses joyaux 'romanesques'. C'est plaisant, mais... Je n'en garderai pas un souvenir impérissable. Donc Laure est une jeune femme qu'on rencontre dès le début du livre au moment où elle se fait sauvagement voler son sac... Dénudée soudain (j'aime assez l'impression retraduite ici, suite à ce vol, même si elle est un peu extrême), elle ne trouve pour s'héberger que le solution de l'hôtel en face de chez elle, dont elle n'a plus les clés, puis sombre dans le coma, suite à sa chute violente lors de l'agression. C'est un libraire, Laurent, dont la librairie s'appelle 'Le Cahier rouge', qui va retrouver son sac. Et mener une enquête, jusqu'à retrouver la trace de cette femme, dont il lira le carnet (privé) ; il ira même jusquà trouver son adresse et par un concours de circonstances, se voir confier la responsabilité de garder son chat, tout en ne se privant pas de tout regarder chez cette jeune femme. Y compris d'effacer un message sur le répondeur alors qu'il lui était pourtant destinée. Je n'aime pas du tout ces passages de roman où l'intrusion est telle ; je me souviens avoir ressenti la même gêne avec 'Camarades de Classe' de Daenincks ; utiliser la confiance d'un tiers pour la berner pour satisfaire ses propres besoins me met toujours mal à l'aise dans les romans. Même si, comme ici, c'est au service de l'intrigue... D'autant que la jeune femme, sortant de son coma, intriguée par son bienfaiteur, qui avoue s'étonner que quelqu'un ait pu faire tout ça pour lui rendre son sac et la retrouver, et dont on apprend qu'elle a toujours gardé une grande part d'intimité avec ses anciens compagnons ne va pas du tout s'offenser de cette intrusion véritable dans son intimité, son quotidien, son appartement... Au service de l'intrigue, qui devait être romanesque, donc. Je me semble un peu sévère, mais... je crois pourtant que je l'oublierai vite ce livre-là, même si la lecture en fut agréable !

Merci toutefois à Delphine, pour sa chaude recommandation de celui-ci. :)

. La femme au carnet rouge, Antoine Laurain, éd. Flammarion, 2014.

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Je ne retrouve personne

9 Août 2014, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Je ne retrouve personne

Le postulat de départ est assez classique : Aurélien, la trentaine, parisien, écrivain, retourne dans sa Normandie d'origine le temps de mettre en vente la maison de ses parents, qui se sont exilés à Nice. Et évidemment, arrive la remontée des souvenirs. Cela dit, le style est enlevé, les propos justes, sans 'gras', sans superflu ; la lecture est agréable.

Quant on se tourne vers le passé, qu'on accepte de regarder de près ce qu'on a laissé en plan des années, voire des décennies pour se construire adulte, se réagence, nécessairement. Le temps a passé, et la compréhension des êtres qu'on croyait connaître se peaufine. L'épreuve de la solitude que le narrateur accueille comme une lourde nécessité, contraint à ça. Un bilan passager, à cet instant de vie. Finalement, le personnage principal ne va pas forcément faire beaucoup bouger ses rapports à sa famille (ses parents et leurs préjugés, son grand frère tyranique), davantage son appréhension du monde d'adolescent, ses 'amis', ou fréquentations de l'époque, qu'il avait sans doute approché parce que tout les opposait, et que ces différences (de milieu social plus bas) l'attirait. L'un d'entre eux le touchait malgré lui, après l'avoir exclu et fait souffrir, ce Benoît dont il va s'inspirer comme personnage de roman... Jusqu'à ce qu'il apprenne la part manquante, sur ce garçon, qu'il ne savait pas...

La solitude lui permet aussi de prendre conscience de ses fuites, de ses croyances, et peut-être de cette errreur : Junon l'a quittée parce qu'elle voulait un enfant, et qu'il n'en voulait pas... Cet enfant, elle l'a fait sans lui, et lui, contre toute attente, découvre à quel point il est attaché à cette enfant, qu'il a pourtant choisi de ne pas garder dans sa vie...

On laisse le personnage en cours d'évolution, avec des pistes de réflexion...

Merci à Ronan pour ce cadeau. :)

. Je ne retrouve personne, Arnaud Cathrine, éd. Verticales, août 2013.

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... 301

9 Août 2014, 07:55am

Publié par LaSourisJOne

"On ne trouve pas la solitude, on la fait".

Marguerite DURAS

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.. 300

8 Août 2014, 13:05pm

Publié par LaSourisJOne

"A présent, je deviens sans jamais me perdre de vue. Et c'est long".

Arnaud CATHRINE

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... 299

5 Août 2014, 20:25pm

Publié par LaSourisJOne

"Il n'y a pas de bon vieux temps, il n'y a que du temps révolu".

Arnaud CATHRINE

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