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Le blog de la souris jaune

... 452

9 Octobre 2016, 17:34pm

Publié par LaSourisJOne

"Une vie se construit aussi - essentiellement ? - sur des mensonges, des non-dits, des mystères."

Anne PLANTAGENET

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Bugaled Breizh, 37 secondes :)

8 Octobre 2016, 11:38am

Publié par LaSourisJOne

Bugaled Breizh, 37 secondes :)

BD.

Je sais que je ne lis que très rarement des bandes dessinées. Mais j'ai eu envie de me plonger dans l'histoire tragique de ces marins disparus en mer du Bugaled Breizh. Et j'ai beaucoup aimé. Evidemment, c'est un formidable hommage, engagement, de la part de deux artistes pour ces familles endeuillées, comme un cadeau témoignage qui grave dans l'histoire les cinq marins et leur bateau mystérieusement enseveli par les eaux un certain jour de 2004 ; je trouve déjà la démarche puissamment touchante.

Après m'être étonnée que cette bande dessinée soit en noir et blanc, j'avoue m'être laissée emporter par l'histoire et les dessins. La bande dessinée ne manque pas de rythme, je trouve les dessins très habiles, justes, non verbeux, efficaces ; de même pour le texte. Lorsque des BDs me tombent des mains c'est qu'une image, ou une bulle sont inutiles, lorsqu'une bulle fait la paraphrase du dessin par exemple (autant ne rien écrire dans la bulle !!). Ici, on est loin de cela, c'est percutant, et jamais inutile. Parfois technique pour les non-marins, cela dit, c'est un aspect absolument nécessaire compte tenu du propos, et on le comprend aisément.

Evidemment, le parti-pris de la personnalité du journaliste-enquêteur (souvent adoptée pour incarner des enquêteurs !) revenu de tout, en deuil éperdu de sa femme et donc s'alcoolisant, n'aurait pas manqué de m'agacer si la BD ne m'avait pas complètement séduite. Donc, fi du cliché.

Je n'ai pas non plus été très fan de la fin, oh, juste la dernière page avec le bateau en papier et l'enfant, comme s'il n'était pas facile de trouver une chute à une histoire comme celle-là, et ma foi, on peut vraiment l'imaginer. Ce sont cependant les rares minuscules bémols, car j'ai été convaincue par les images et les textes efficacement mariés. Je trouve aussi le titre '37 secondes' très fort et absolument bien trouvé : 37 secondes, c'est si court, et pourtant, dans la vie de cinq familles, ces 37 secondes-là, elles sont si cruelles...

. Bugaled Breizh, 37 secondes, Pascal Bresson et Erwan Le Saëc, éd. Locus Solus. Octobre 2016.

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Le naufragé de la méduse :)

2 Octobre 2016, 12:12pm

Publié par LaSourisJOne

Le naufragé de la méduse :)

Roman ado (A partir de 13 ans).

Ce roman de Catherine Cuenca nous plonge, entre fiction et réalité, dans le cercle proche du peintre Géricault, fameux peintre du XIXème à l'origine de Scène de naufrage (titre originel réel du tableau), ou plutôt du célèbre Radeau de la Méduse. On va suivre, par le prisme d'une jeune fille qui est la fille de la concierge de Géricault, amoureuse de l'apprenti-peintre Jamar du grand maître, toutes les péripéties autour de la genèse de ce tableau (romancées), et aussi, l'histoire passionnante du naufrage de la Méduse, survenu en 1816. Et si dans tous les esprits de l'époque ce fait-divers terrible, autour d'un mauvais choix monarchique d'un commandant qui n'avait pas navigué depuis 20 ans, le naufrage était toujours bien présent, sans le tableau de Géricault, qui sait ce que l'Histoire en aurait véritablement gardé ?

On est donc entrainés au coeur de la genèse (imaginée) du tableau, avec des enjeux de vie et de mort, car il n'est pas du goût de tous de laisser parler un tableau... En outre, Géricault a pris le parti-pris de représenter sur sa toile des hommes blancs et des hommes noirs se donnant la main, ce qui était clairement à contre-courant à l'époque, puisque l'esclavage était encore au coeur de l'économie, qu'il ne fut aboli qu'en 1848...

Ce n'est pas merveilleusement écrit, on n'évite pas certains clichés de caractères, mais l'histoire est efficacement menée, le suspense très bien ménagé, les issues irrémédiablement cruelles, parfois ! Dur de nous donner l'espoir, et de nous le retirer aussi vite, vous comprendrez si vous lisez le livre, on vit exactement - et même plus, d'ailleurs - ce que peut ressentir l'héroïne), dont j'ai oublié de vous dire que le père est l'un des marins portés disparus en mer sur ce fameux radeau de la Méduse... Quinze naufragés auraient survécu à ce naufrage, avec des version discordantes, c'est ce qui sans doute a accentué la fascination pour cette histoire...

Cela donne envie de se précipiter au Louvre et de contempler longuement ce Radeau de la Méduse, merveilleux témoin, à sa manière, d'une tranche du passé.

En cela l'objectif est formidablement atteint !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le naufragé de la Méduse, Catherine CUENCA, éd. Bulles de Savon, février 2016.

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... 451

28 Septembre 2016, 23:14pm

Publié par LaSourisJOne

"Celui qui, appelé à conduire un Etat, ne s'en tient pas toujours au bon parti et qui demeure bouche close par crainte de qui que ce soit, celui-là, aujourd'hui et toujours, est pour moi le dernier des hommes".

SOPHOCLE

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Un homme dangereux :)

26 Septembre 2016, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

Un homme dangereux :)

Roman.

C'est un livre sur lequel il n'est pas facile d'écrire. Un livre en miroir, en loupe, qui pourrait aussi bien être un roman qu'une autobiographie, avec scrutation de son propre passé, et mise en lumière de sa propre vie de manière fulgurante et déconcertante si l'on y pense par ce passé.

C'est donc l'histoire d'Emilie, mariée, deux enfants, écrivain (ça pourrait être l'auteure ?), insérée dans un milieu artistique parisien, auteur de films, et de livres pour lutter contre l'antisémitisme, et la haine primaire. Située clairement dans un présent qui nous est trop familier, si bien qu'aucune distorsion ne peut véritablement s'opérer. Mariée à un médecin depuis longtemps, le couple vit ensemble, sans plus se toucher. L'un à côté de l'autre. Elle a un amant qui ne porte pas à conséquence. Et puis elle rencontre un type, de son milieu littéraire, qui lui est présenté par une connaissance commune, et qui est en tous points odieux. Décrit fidèlement, sans concession, on ne peut que se demander ce qui fait qu'elle s'accroche, et fantasme sur ce type. Il est beaucoup plus vieux qu'elle, il est moche, il est désagréable. On suppose qu'il exerce par le verbe une certaine fascination sur elle. Toujours est-il qu'elle va commencer par attendre des signes de lui, entretenir une espèce de flamme, recevoir du mal de ce type, et pourtant continuer. Lorsqu'elle voudra échapper à ses griffes, avec l'aide de son mari, elle ne se relèvera guère. Il lui faudra écrire, écrire sur cela, pour finalement plonger dans ses racines familiales, l'histoire de sa grand-mère, aiguillée par ce type odieux qui se comporte avec elle de manière antisémite et humiliante qui plus est, pour découvrir que, comme sa grand-mère, elle n'échappera pas au mal engendré par un type machiavélique qui la détruira...

Et en cela elle compare ces destins individuels à ceux que la France réserve à ses juifs... C'est difficile à comprendre, difficile tant il y a de mal et de perversité, mais c'est un ressenti qui ne peut être contesté, car face à la haine de soi distillée par l'autre, comment réagir ? Comment ne pas intérioriser, si l'on est fragile, la haine de soi ?

On se sauve en écrivant, mais on s'y perd aussi...

. Un homme dangereux, Emilie Frèche, éd. Stock, septembre 2015 ; J'ai Lu, juillet 2016.

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... 450

25 Septembre 2016, 21:55pm

Publié par LaSourisJOne

"Tout ce qui est vécu n'est plus à vivre".

Emilie FRECHE

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La chaise numéro 14 :))

12 Septembre 2016, 21:59pm

Publié par LaSourisJOne

La chaise numéro 14 :))

Roman.

Un roman sur une période de l'histoire terrible, la libération qui suivit l'occupation par les Allemands, et celle des règlements de compte, des basses et iniques vengeances. La libération de toutes les mauvaises pulsions, et des mauvais instincts. Le sujet de ce livre c'est ça, une femme, tondue. Des moments qui précèdent ce douloureux événement, aux semaines qui suivent, et ce qu'elle en fait. C'est très beau, très fort. J'ai aimé suivre ce personnage et sa détermination, la voie qu'elle emprunte pour laver cet affront qu'on lui a fait. Ce courage qu'elle a d'affirmer qu'elle n'est coupable de rien (elle a aimé un officier allemand, passionément, ils se sont aimés), que l'amour n'est pas une raison suffisante pour induire cette honte qu'on inflige à un être d'être tondue en public et de perdre le symbole de sa féminité. Alors, avec une sourde détermination, elle va établir une liste des personnes qu'elle va vouloir voir 'plier', abdiquer devant elle pour ce qu'ils ont fait. Une liste, un nombre, cinq ; cinq, et l'on retrouve cette fascination du personnage pour les chiffres, dont elle se dit dépendante ; ainsi, le numéro de la chaise, correspond au numéro qu'on donne aux chaises de bistrot alors, chaise numéro 14, parce qu'il faut six pièces de bois et huit vis pour la faire tenir. La chaise de l'auberge tenue par son père, qu'on est allée chercher pour la tondre, en public. Une chaise, qui fait partie d'un rituel, d'une cérémonie qui l'accompagnent pour aller au bout de ce qu'elle s'est fixée ; cette chaise, qui se décolore avec le temps mais qu'elle emporte avec elle, cette robe, blanche, immaculée, celle que sa mère porta avant sa mort, d'un autre temps, qu'elle portait pour être tondue et qu'elle remet chaque fois qu'elle va à la rencontre de l'un des cinq.

Elle ira voir le coiffeur, celui qu'on impulse d'agir, et par la force de son regard, fier, impulse sa demande de pardon ; le maire, les religieuses pétries de mauvaises croyances qui l'ont accablée toute son enfance, les deux GI qui l'ont vue tondre sans rien dire, et Antoine, l'auteur de l'acte... Pour de si mauvaises raisons. L'amoureux éconduit, jaloux, qui se venge par cette blessure qu'il lui inflige. Antoine et son jeune frère. Les personnages sont vraiment joliment campés, on se laisse emporter par ce beau roman, cette voix, cette détermination ; et il y a ce très beau personnage, ce Louis, qui devient son ami bienveillant, qui veille sur elle comme un grand frère ou un père, la soutient. C'est très très beau, bien plus même que ce que j'avais imaginé ; la narration est lumineuse.

Merci à Samuel de l'avoir mis entre mes mains.

. La chaise numéro 14, Fabienne Juhel, éd. du Rouergue, mars 2015.

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... 449

11 Septembre 2016, 12:55pm

Publié par LaSourisJOne

"L'amour vient quand tu ne t'y attends pas. Il ne faut pas l'effrayer avec des prières ou des plaintes, il faut sourire à la vie. Alors il vient, happé par ton sourire".

Fabienne JUHEL

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... 448

3 Septembre 2016, 08:06am

Publié par LaSourisJOne

"Quand vous avez les mots, vous êtes appaisé de fait".

Magyd CHERFI

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Je vous écris... :)

28 Août 2016, 18:51pm

Publié par LaSourisJOne

Je vous écris... :)

Autobiographie.

Je suis tombée par hasard sur ce livre chez un bouquiniste, j'avais déjà lu quelques uns de ses livres (dont Allons voir plus loin, veux-tu ?), et aimé. J'ai vu ce petit visage, ce titre qui m'intriguait, et l'exergue qui a fini de me convaincre : "Ce livre est dédié à tous ceux dont les cris ne sont pas entendus". Et puis ce 'je' qui nous parle, évoquant la parution de son livre', Le voile noir, que je n'ai pas lu, et l'après...

J'ai aimé cette balade grave et profonde au tréfonds de sa souffrance, depuis la parution de son Voile noir. J'ai découvert le choc, le traumatisme fondamental de sa vie, qu'elle décida de mettre en mots dans le Voile noir : la mort, brutale, par asphyxie au monoxyde de carbonne, dans leur salle de bains, de ses deux parents, alors qu'elle avait neuf ans.

Dans ce livre, Je vous écris, elle décide de 'rendre' à ses lecteurs ce qu'ils lui ont donné. Après la parution de ce livre témoignage (Le Voile noir), elle reçut énormément de lettres, de confessions, de soutiens, intimes, aimants, respectueux, d'inconnus ; et ce sont ces lettres qui lui ont permis de comprendre et d'avancer sur son chemin de deuil. Y compris par le biais d'une 'clé' par rapport à son drame à laquelle elle n'avais jamais pensé. Avec Je vous écris, elle mèle ces lettres qu'elle nous transmets (sans signatures), avec le récit de son 'après' Voile noir. C'est comme une double thérapie progressive, lente, en train de se vivre sous nos yeux. Ce n'est pas impudique. C'est généreux. Elle ne nous épargne pas les phases de profond désespoir, les marques de sa terrible souffrance physique qui l'envahirent alors qu'elle imaginait pouvoir laisser toute cette histoire derrière elle après l'écriture et la parution du Voile noir , l'emprise de celle-ci sur sa vie, et la manière qu'elle a d'avancer coûte que coûte ; on découvre le long chemin d'après traumatisme, les avancées et les reculs, tellement compréhensibles, et livrés avec tant de capacité à se donner sans détour. J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture 'multiple', ces multiples voix et la sienne, comme autant de partages, et de cadeaux généreux qui se veulent fortifiants pour un être qu'à priori ils ne connaissent pas. Une belle lecture.

. Je vous écris..., Anny Duperey, éd. du Seuil, 1993.

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