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Le blog de la souris jaune

Et je danse aussi :)))

14 Août 2016, 11:22am

Publié par LaSourisJOne

Et je danse aussi :)))

Roman par lettres (mails).

Evidemment comme c'est un genre de roman dont je raffole, j'avais hâte de le lire celui-ci, écrit par ce duo d'écrivains attachants. D'autant que j'avais lu un Anne-Laure Bondoux et aimé sa sensibilité. Et c'est surtout que tous ceux (celles !) qui m'en parlaient étaient très enthousiastes ! Lorsque j'ai enfin pu l'acheter, trouvé par hasard sur le stand d'une braderie cet été, j'étais aux anges :)

Et le plaisir que j'y ai pris est au delà de mes espérances.

Car il y a tous les bons ingrédients d'un roman par lettres. Evidemment, et en tout premier lieu, il y a, et on le sent dès le départ, l'absence de vacuité, autrement dit la nécessité de cette correspondance. Car rien de pire que ces romans par lettres où il ne se passe rien, et où l'auteur a imaginé des protagonistes qui s'écrivent pour passer le temps, sans que le propos n'ait aucun style, aucune saveur, aucune 'urgence'. Bref. Là, eh bien, les styles (de Pierre-Marie et d'Adeline, qui s'écrivent sans se connaître) se dessinent très vite, et assez vite encore, on sent ces deux-là liés et accrochés l'un à l'autre, trouvant dans leurs confessions un bienfait, affrontant leur solitude respective et différente à leur manière.

Evidemment, sincérité, auto-dérision, humour, absence de concessions ou de complaisance face à soi-même font partie des éléments constitutifs et qui fonctionnent. On sent naître l'attachement progressif, et se transformer petit à petit, on voit évoluer cet attachement et intérêt pour l'autre, et ça c'est très bien fait.

Ce serait déjà pas si mal, mais évidemment, ce n'est pas tout. Une intrigue, va en plus nous tenir en haleine. Pierre-Marie confie le traumatisme qui l'a marqué, la disparition de sa dernière épouse, qu'il aimait follement, et qui a disparu du jour au lendemain sans laisser de traces. Depuis, il vit avec ça. Il nous décrit, et on imagine, ce que cela représente à l'échelle d'un quotidien, mais aussi pour les enfants qui restent, etc. Et puis on vit, au rythme de leurs confidences, la connaissance qu'ils font de l'autre... On découvre en même temps que Pierre-Marie qu'Adeline a menti sur quelques détails, on doute, on s'interroge, et on se prend à imaginer... Le récit, toujours par lettres, nous retourne comme un gant, et vraiment, j'ai adhéré à 150%. J'ai adoré, et franchement, j'ai eu du mal à m'arrêter. Quel plaisir de retrouver des lectures addictives !

. Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, éd. Fleuve, mars 2015 ; sorti en Poche (Pocket) en février 2016

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Arithmétique de la chair :)

7 Août 2016, 09:42am

Publié par LaSourisJOne

Arithmétique de la chair :)

Roman.

Evidemment, ce livre-là, si on ne me l'avait pas mis entre les mains, je ne l'aurais probablement jamais lu. La couverture, le nom... Et cela aurait été dommage.

Car j'ai aimé. Ce livre est singulier, je m'y suis coulée sans freins. Il surprend. Il nous donne à voir une conception du monde radicale, mais intéressante. Entre mathématiques, goût rassurant pour les chiffres qui décrivent le monde sans surprise et permettent de le rendre rassurant, et monde réel, extérieur où l'on peut se perdre. Evidemment, on se dit que les mathématiques qui sauvent pourraient être tout autre chose. Alors ce livre ressemble à une allégorie. Mais il s'y ajoute une dimension supplémentaire : le rapport au corps. De l'aveu de la narratrice parfois pas forcément compris, mais, et c'est là que cela étonne, comme étant souverain. Vivant sa vie au delà de l'esprit... Finalement, quand j'écris cela, je me dis que ça ne manque pas de sens.

En tout cas, cette Bettina est experte en chiffres et donc comptable dans une entreprise. Son corps se caractérise par un fort embompoint, elle vit une vie solitaire, se satisfait de peu, flanquée de ses écrans, et cela ne la gêne pas, elle est sereine. Et son corps se met à enfler, jusqu'à atteindre l'obésité des 96 kg. Elle s'étonne, elle qui mange si peu pour tenter de réguler ce corps... Puis, surviennent les événements qui vont bouleverser ce chemin : elle s'inscrit à un concours de mathématiques, concours télévisé, le remporte, et elle et son corps, elle et sa sérénité vont devenir des espèces d'icônes, parce que ressenties comme 'profondémement authentiques' et uniques dans le paysage actuel. Cela permet au passage à l'auteur de passer un regard largement critique et sans doute manichéen (même si on peut lui reconnaître qu'elle le connaît bien !) le monde de la télévision et des médias. C'est sans doute ce que je reprocherais à ce livre : de se laisser aller à des catégorisations trop rapides et simplistes. De faire entrer certains de ses personnages secondaires dans des 'schémas' (le patron de son entreprise est nécessairement sans qu'aucune chance ne lui soit donnée un petit bourgeois de courte vue gouverné à la maison par sa femme, par exemple ; mais cela sert aussi la finalité de son livre, son propos).

Donc, il y a dans ce personnage principal et dans son rapport au monde une sincérité, une authenticité, et une indépendance d'esprit qui séduisent. Bien sûr, on peut s'étonner de la suite, mais ce n'est pas pour déplaire, qu'un livre nous étonne : elle va séduire, séduire quelqu'un qu'il devait être impossible de séduire ; et, parce que c'est là sa personnalité, rester accrochée à cet amour qu'elle juge hors dimension, infini. Comme peuvent l'être les chiffres, en oubliant que l'humain est fait de faiblesses, de fragilités, et en refusant qu'il soit aussi fait de renoncements et de recommencements. C'est un être authentique, entier, comme le nombre, mais qui renonce, plutôt que de tenter de reconstruire... J'ai trouvé cette lecture très raffraîchissante.

Merci à Annie et à Delph de me l'avoir permise.

. Arithmétique de la Chair, Macha Méril, éd. Flammarion, mars 2016.

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... 446

6 Août 2016, 10:07am

Publié par LaSourisJOne

"Pour 'être', il faut beaucoup d'insolence de nos jours, beaucoup de désobéissance aussi".

Macha MERIL

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En attendant Bojangles :)))

6 Août 2016, 08:38am

Publié par LaSourisJOne

En attendant Bojangles :)))

Roman.

Ah, quel plaisir j'ai eu, du début jusqu'à la fin, à la lecture de cet En attendant Bojangles ! Il m'avait fait saliver à sa sortie en janvier 2016, j'en avais encore entendu parler il y a quelques mois au moment des prix qu'il a rafllé : prix du roman des étudiants France Culture Télérama 2016, prix France Télévision, et grand prix RTL Lire.

Mais je n'avais pas l'avoir entre les mains.

Enfin, c'est fait. J'ai tout aimé dans ce premier roman d'Olivier Bourdeaut, qui se lit avec le sourire, parce que c'est beau, parce que c'est bien écrit, parce que c'est fin, et raffiné. Ce n'est pas toujours crédible ? Alors là, on s'en fout mais alors comme d'une guigne. C'est d'ailleurs la dernière question qu'on se pose.

Bojangles, vous savez ce que c'est ? Moi je ne le savais pas. Le titre d'une chanson de Nina Simone, M. Bojangles. Or, l'un des trois personnages principaux du livre, la mère, qui écoute des chansons et danse si souvent, a son préféré, et son rituel, avec ce morceau précis. 'En attendant Bojangles', c'est ce qui représente cette femme...

Je vais essayer de vous en parler sans trop en dire : on lit, raconté avec grâce et innoncence par le fils, l'histoire de ses parents. Des parents hors du commun, à la personnalité hors du commun, qui semblent avoir choisi cette voie pour exister, pour défier le quotidien. Alors l'excès est souvent au bout du chemin, un excès raffiné et on aime. On aime la rencontre de ces deux-là ; puis leur vie aux côtés de Mademoiselle Superfetatoire, ce grand échassier qui vit avec eux dans leur appartement, et de l'Ordure, leur ami sénateur. Où l'expression chateau en Espagne est prise au pied de la lettre ! C'est un manuel qui semble militer contre la morosité possible d'une vie, pour la fantaisie, parce qu'on a qu'une vie, et qu'il vaut mieux la rendre belle, pour ce qui nous appartient. Un hymne à l'amour, et la différence. Il y a ce chancellement, au coeur de la mère, jusqu'à un dénouement d'abord épique puis bouleversant, je dois m'arrêter là pour ne rien déflorer, mais ce livre est beau, si beau, et il finit avec une explosion d'émotion qui prolonge la magie de ce livre.

Je pense que je l'achèterai, pour pouvoir le relire.

En attendant, mille mercis à Delphine d'avoir sacrifié une de ses lectures d'été pour me le prêter !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, édition Finitude, janvier 2016.

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Dysfonctionnelle :))

30 Juillet 2016, 11:21am

Publié par LaSourisJOne

Dysfonctionnelle :))

Roman, et même roman ado.

Ce livre-là m'a enchantée, m'a apporté un vent de légèreté, de fraîcheur et de joie, précieux moment !

J'ai passé un très bon moment avec cette famille 'tuyau-de-poèle' unique, dont chaque protagoniste a ses particularités. Elle s'appelle Fidèle (Fifi, alias Bouboule !), on va la suivre dans sa vie, son univers, sur son parcours, entendre sa voix très attachante dans notre oreille. Fidèle avance, unique et différente, dans le roman, mais surtout pour nous lecteurs, car c'est un type de personnage qu'on croise peu dans les romans.

Elle va nous raconter de façon aérienne ce qui fait qu'elle est elle, autrement dit, l'histoire de la rencontre de ses parents, pittoresque, légèrement, comme des faits, sans en faire dix chapitres : ainsi, son père, d'origine algérienne, qui tient un bar où se presse une faune attachante, a eu le coup de foudre pour celle qui deviendra sa mère, une jeune femme d'origine étrangère, fragile, qu'il va séduire et aimer passionnément, à sa manière. J'adore ce garçon qu'on imagine derrière son bar, le 'boss' respecté de tous parce que c'est le patron de bar, et qui sort son flingue (non chargé, mais ça, il y a que lui qui le sait !) lorsqu'un mot est déplacé à l'égard de sa femme... Son côté tendrement sanguin m'a fait rire ; de même que toute la fratrie de cette surdouée Fifi : ils sont sept enfants, alors il y a de quoi faire ! J'aime bien la militante qui se bagarre pour toutes les causes, elle m'a fait rire aussi, mais tous contribuent à ce qu'on passe un vrai plaisir de lecture.

On va suivre son chemin, pragmatique, loin du pathos, entre un père qui fait des allers-retours en prison et une mère tellement marquée par des souvenir de guerre qu'elle en perd régulièrement la tête ; Fifi se développe dans cet univers qui est le sien, et on la voit faire une force de ces fragilités. C'est un roman où la sollicitude et l'amour sous toutes ses formes emplissent les interstices et les failles, et ça fait du bien ; un très joli livre, grave parfois mais surtout très drôle.

Je vous le recommande chaleureusement !

Médiathèque de Saint-Malo.

Dysfonctionnelle, Axl Cendres, éd. Sarbacane, 2015.

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... 445

26 Juillet 2016, 10:46am

Publié par LaSourisJOne

"Nous ne sommes rien. Mais nous sommes beaucoup à l'être, rien, ou à l'avoir été. Certaines encore emmurées vivantes dans des silences polis".

Lola LAFON

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Le cercle des femmes :)

25 Juillet 2016, 22:27pm

Publié par LaSourisJOne

Le cercle des femmes :)

Une histoire de femmes. Une histoire de famille. Une histoire avec plusieurs générations de femmes, forcément ça me plaît... Même si j'avoue que la narratrice n'a pas emporté ma totale adhésion, alors, forcément, j'ai plus de réserves que je n'aurais pu en avoir...

Je la trouve trop enfantine, trop crédule, trop...

J'ai aimé, pourtant, me plonger dans leurs histoires, leurs rouages, ce qui a fait leurs personnalités, entre secrets, et chemins, choix de vie, dictés parfois par l'hérédité, par un destin de mère qu'on ne veut pas suivre, ou qui nous modèle...

Alors il y a le décès que personne n'attendait, de l'arrière-grand mère, Alice. Toutes se retrouvent dans la maison de celle-ci. Parlent, évidemment. Rangent, aussi, les affaires. Et découvrent (la plus jeune, qui fouine, la fille) une boîte, qui révèle le secret d'Alice. Elle a tu, toute sa vie (seule sa meilleure amie, qui est là aussi, le savait) la raison de la disparition de son mari. Parti, l'abandonnant, pour une vie simultanée d'abord, puis pour cette autre, ailleurs. Par fierté ? Par honte elle a gardé ce secret ? On imagine que les choix de vie de cette famille, de toutes les femmes de cette famille, eurent pu être changés, le sachant....

Ces femmes qui perdent l'arrière-grand-mère, dont on apprendra petit à petit les secrets, évidemment, cela concerne ; il y a ces silences, parce qu'on ne peut faire autrement, et qui, si l'on s'en était dispensé, auraient marqué différement une vie. On le sait, mais peut-on faire autrement ? Cela concerne, mais à aucun moment ça n'a réussi à me toucher ; c'est sans doute finalement essentiellement ce que je reproche à ce livre-là.

Merci à Luocine pour la découverte.

. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, éd. Juliard, mai 2014.

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... 444

8 Juillet 2016, 09:47am

Publié par LaSourisJOne

"Un poète est un monde enfermé dans un homme"

Victor HUGO

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Au bout du voyage

2 Juillet 2016, 17:52pm

Publié par LaSourisJOne

Au bout du voyage

... Bon, ce livre est bizarre. Lorsque j'étais tentée de me couler dans une histoire qui pouvait avoir son petit piment, son suspense, il y avait de loin en loin des petites choses qui me gênaient. D'abord, l'incohérence de l'âge, quand même, selon moi : l'héroïne, Mila, a 12 ans. Pourquoi lui avoir donné 12 ans ?? Ah oui, parce que le sujet du livre était : l'apprentissage, parfois rude (ça c'est intéressant) du monde adulte par un enfant. En cela, c'est plutôt bien fichu, puisque le livre nous donne à voir qu'il n'est pas si simple de juger, et que donc, dans la posture d'un enfant on peut se retrouver face à des adultes qu'on pourrait vouloir juger très sévèrement, alors qu'ils ont pu, par faiblesse, par lâcheté, par maladresse, se laisser embarquer dans des situations d'erreurs... Ca a le mérite de dire : eh oui, les vies ne sont pas parfaites, on se goure, on fait du mal, et parfois on est encore plus empêtré pour s'en sortir parce qu'on a alors à gérer le cortège de culpabilité, de perte de confiance en soi, etc... Ca c'est plutôt pas mal, surtout qu'on découvre cela au fil de l'histoire au rythme de l'héroïne, Mila, 12 ans, donc. Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est la maturité psychologique de l'enfant, et le décalage entre le père et Mila, justement : on a un père ici très agaçant, très faible d'ailleurs dans sa caratérisation, et j'avoue qu'il m'a beaucoup saoulé, ce père qui va à Etats-Unis avec sa fille donc, parce que c'était prévu comme ça pour un petit voyage : dont le meilleur ami - qu'ils vont voir, là-bas - s'est fait la malle, qui met une mollesse absolue dans toute cette histoire, y compris semble t-il dans les échanges alors même que c'est son meilleur ami, et la femme de son meilleur ami. Et en plus on apprend au fil de l'histoire qu'il avait été prévenu par lui qu'il partait, il ne dit rien à Mila, alors qu'elle se pose énormément de questions quant à cette disparition et qu'elle la prend très à coeur. Je ne comprends pas dans le parti-pris narratif pourquoi il n'a pas été décidé que cette aventure, ils la vivent, mais qu'au moins, il ne la prenne pas pour une conne, avec ce jeu de dupe, où elle cherche, espère, alors que lui, le père, a déjà des éléments de réponse ?

M'ont agacé encore de petites choses ponctuelles, moins gênantes : pourquoi Mila appelle t-elle son père et sa mère, dans la narration par leur prénom ? J'ai eu du mal à m'y faire.

Je trouve en outre qu'en lui donnant 15 ans, le roman aurait tout autant fonctionné, et aurait même été plus crédible.

Je précise encore qu'on reste quand même un peu sur sa faim au niveau de l'histoire, tout cela s'effiloche un peu finalement...

Hormis ces réserves, eh bien on est dans la peau d'une adolescente (euh, d'un âge indéterminé), plutôt observatrice et psychologue, et on traverse des contrées américaines enneigées (on retient surtout la neige, pas de caractérisation de l'Amérique particulière dans ce récit je trouve que ça pourrait finalement se passer n'importe où).

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au bout du voyage, Meg Rosoff, éd. Albin Michel, Wiz, septembre 2014.

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Otages intimes :))

23 Juin 2016, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Otages intimes :))

Je ne m'étonne pas que ce livre de Jeanne Benameur soit de ceux qui laissent leur empreinte.

C'est l'histoire d'Etienne, photographe de guerre. Retenu otage, lors d'une de ses missions. Le récit intime de son retour à la vie, après sa libération. Tout en nuances, en subtilité. Mais c'est aussi l'histoire d'un trio amical. Etienne était l'ami d'Enzo et de Jofranka. Ils ont grandi ensemble. Enzo a choisi de rester au village et de travailler le bois, avec sa force intérieure ; Jofranka a comme Etienne choisi l'ailleurs, rude, avocate des femmes victimes des guerres. L'histoire de ce trio, soudé par la musique également pendant leur enfance aux liens très forts, se fait écho. Et c'est aussi l'histoire d'Irène, institutrice, la mère d'Etienne, qui a accompagné ces trois-là. On lit les blessures laissées par la vie, laissant leur empreinte dans les orientations de chacun. Et il y a l'attente, de ceux qui restent. Le sens mis sur tout cela, sur les départs et sur les attentes. Les événements qui modifient, changent le cours d'une vie.

Sensible, et beau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Otages intimes, Jeanne BENAMEUR, éd. Actes Sud, 2015.

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