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Le blog de la souris jaune

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//3

29 Mai 2016, 21:57pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//3

... C'est un moment fugace, qui n'appartient qu'à moi. Comme beaucoup ont pu en vivre, sans doute, puisque le salon Etonnants Voyageurs, c'est aussi cela, des auteurs sur les stands de leurs éditeurs, à des horaires qu'il faut capter, le temps de dédicaces.

Alors Rosa Montero.

Pour moi, c'est la confrontation, la première confrontation entre un auteur, que je me suis imaginée entre les lignes d'un roman, et l'être de chair, qui va être devant moi. Parfois, souvent, lorsque je lis, j'aime ne pas mettre de visage définitif sur ces géants accoucheurs de mondes et d'histoires ; mais j'y déroge pour la bonne cause ! En l'occurence, lui dire, maladroitement - comment peut-il en être autrement ? - mon attachement pour le livre que j'ai lu d'elle, L'idée ridicule de ne jamais te revoir, et que j'ai adoré, et l'en remercier. Lui dire, maladroitement encore, en quelques mots pour ne pas l'envahir à quel point cette histoire forte, ce lien du deuil qu'elle tisse dans ce livre m'avait enthousiasmée. Soulagée, de voir qu'elle semble recevoir sincèrement mes mots maladroits, mais non moins sincères, bouleversée que je suis de rencontrer en vrai, quelqu'un qui m'a offert une si belle émotion de lecture. Devant elle, de nombreux livres, que je ne connais pas, et de genres littéraires différents, semble-t-il ; alors je lui demande lequel elle me recommande... Elle me dit : "Vous qui avez aimé L'idée ridicule, alors je pense que celui-là (La Folle du logis) pourrait vous plaire". Un voyage entre vérité et fiction... Elle m'en dit quelques mots que j'ai oubliés, je suis convaincue, et bien sûr je suis son conseil, et je lui demande une dédicace. Je retrouverai ses mots, écrits pour moi, lorsque j'y plongerai pour le lire.

L'être de chair Rosa Montero a sur ses bras, des tatouages qui lui vont bien. Et sur le haut de son dos, ces mots, dans sa langue maternelle : ni pena, ni miedo, qui se traduit littéralement par ni la douleur ni la peur, mais qui d'après l'histoire d'Amérique latine, équivaut au "No shame, no fear"...

. La folle du logis, Rosa Montero, éd. Métailié, 2004.

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//2

29 Mai 2016, 21:39pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//2

Le récit de mon souvenir dans le sillage de Nancy Huston ce dimanche 15 mai 2016 lors d'Etonnants Voyageurs ne serait pas complet sans l'épisode qui suit.

Petit retour en arrière : Nancy Huston, en pénétrant dans la salle comble, reste debout, et nous dit : "je pense à tous ceux qui voulaient entrer et qui n'ont pas pu ; je propose une petite lecture à l'issue de cette rencontre, quelque part, là, dans le hall, par exemple".

Et c'est ce qui s'est passé. Un merveilleux moment de grâce et de générosité.

A l'issue de son intervention, déjà belle, nous avons tous quitté la salle ; une poignée a attendu, avec elle, à ses côtés, que la foule se disperse et pénètre dans la salle pour la conférence suivante. Et puis elle a ouvert son exemplaire du Club des miracles relatifs, et elle nous a emporté dans sa lecture. Elle était debout, nous étions assis, sur des fauteuils faisant cercle autour d'elle, une quinzaine de chanceux pour ce moment improvisé. C'était beau, poignant, parce qu'elle donnait sa voix aux personnages qu'elle avait créés. Elle a lu la rencontre de Varian avec une psychologue ; donnant à la voix de Varian les hésitations troublées que l'on avait pu imaginer dans ce qu'elle nous avait décrit de lui. Un très beau moment poignant.

. Le club des miracles relatifs, Nancy Huston, éd. Actes Sud, 2016.

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//1

29 Mai 2016, 11:27am

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//1

Que restera t-il de ces moments magiques, dans quelques mois, dans un an ? Ces moments forts, faits de rencontres et de partages de mots pendant trois jours à Saint-Malo se dilueront dans l'espace ingrat de notre mémoire... Alors je décide d'en garder trace ici.

Et je commence par l'un des moments suspendus de celui-ci, en un lieu où les rencontres sont généralement riches et denses, parce que consacrées à un auteur et à une de ses oeuvres en particulier, loin du survol : au rez-de-chaussée du Nouveau Monde, sur le Sillon.

Ambiance : la file d'attente est très, très largement fournie, et le bénévole qui veille de main de maître, en pivot central de ce purgatoire, s'agite, efficacement, compte et recompte : seules 13 personnes seront élues. Seules 13 personnes auront la chance d'entrer dans la salle N°2 pour écouter Nancy Huston, ce dimanche 15 mai 2016 à 15h. J'aurai ce privilège.

Je m'asseois par terre, j'ai mal au dos, mais j'écoute, et je bois les mots de cette belle femme sensible, de cette belle femme aux yeux d'eau, qui se donne dans ce moment presque intime alors même que nous sommes une centaine, recueillis, à boire ses paroles.

Ecrire

"Ecrire est ma façon de supporter le monde", nous dit-elle. "J'ai l'impression que je regarde la réalité tellement en face qu'elle me blesse plus que l'ordinaire". Troublants échos, en moi. Elle poursuit :

"J'ai toujours été fascinée par les mots, y compris les sons des mots ; si je n'ai pas la radio allumée, c'est que j'ai des voix, des personnages en moi qui me parlent".

Extraits, Nancy Huston :

La tare - pépite. "Souvent, ce qu'on a considéré comme une tare dans l'enfance, c'est ça la pépite, ce qu'ils doivent aller creuser, tous les artistes vous le diront. Si je le couvre, ça ne va pas être intéressant du tout, si j'en parle, ça va être intéressant et pouvoir être partagé".

Complexité de l'humain. "On est des écosystèmes extraordinairement complexes".

Innocence. "Je pense que ce n'est pas bien pour un auteur de comprendre ce qu'il fait, sinon, il ne peut plus le faire".

Liberté et sécurité. "La majeure partie des gens ne sont pas dans une quête de la liberté : c'est la sécurité, la quête. Et on est prêts à sacrifier énormément de liberté au nom de la sécurité".

Son dernier livre, Le club des miracles relatifs :

L'histoire du jeune Varian, issu d'un couple d'amoureux transis. Un Varian hyper-sensible, mis à mal par l'obligation de grandir dans un univers pas à sa mesure. Dans un univers monstrueux.

"Le meilleur engendre le pire, et inversement ; on veut toujours bien faire, les choses se transforment en leur contraire, toutes les mères savent ça...

Je voulais explorer deux formes de 'monstruosités' : "l'une humaine, l'autre inhumaine, les faire se rencontrer, qu'est ce qui se passe ?

"J'ai écrit une fiction : je ne veux pas mélanger militantisme et art

"Qui sommes-nous, les humains, qui avons fait ça ?

Plus on est en contact avec nos écrans, plus nous nous comportons comme des machines"

"Peut-être j'ai écrit ce livre pour répondre à mes propres pulsions de meurtre dans certaines situations" !

. Le club des miracles relatifs, Nancy Huston, Actes Sud, 2016

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Le roman de Louise :)

19 Mai 2016, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

Le roman de Louise :)

Ce roman d'Henri Gougaud nous donne à voir la vie, sous la forme d'un roman, de Louise Michel. Un roman biographique, on s'en doute, où se mèlent sa voix, ses écrits, les faits historiques de l'époque en un livre qui se lit comme un roman.

Décrite comme un beau personnage exalté, entier, viscéralement attaché aux autres, et principalement les plus pauvres, Louise Michel à travers le prisme de cet auteur suscite l'admiration, la fascination : on se demande déjà, en premier lieu, comment elle fit pour traverser une période aussi tumultueuse politiquement, et vivre jusqu'à l'âge de 75 ans, décédant d'une pneumonie ; il y a dans ce personnage une hargne au combat, à la révolution, au delà de toute peur. Seuls ses attachements peuvent la fragiliser (et la fortifier parfois) : celui à sa mère, Marianne, par dessus tout, ou à Théophile Ferré, dont elle est vraisemenblablement éperdument amoureuse, et qui tombera, victime de la révolution, quand elle ne choit pas. Malgré les procès, les emprisonnements nombreux, l'exil forcé à Cayenne... Et ce n'est pas lorsqu'elle est emprisonnée qu'elle semble le plus malheureuse ; elle nous apparaît parfois à la lisière de la folie, mais jamais sans ressources, culturelles, essentiellement. Sa résistance, sa verve provocante, sans jamais se trahir forcent le respect. C'est un beau personnage, et une histoire forte qui nous est livrée là, et qui ne manque pas de résonner aujourd'hui, alors qu'une société bascule, sans qu'on se demande de laquelle on accouchera. Louise Michel l'attendait de ses voeux pour un monde meilleur, au profit égalitaire de tous, cette révolution. Mais y est-on enfin, à la révolution qu'elle escomptait, le meilleur à la portée de tous ? Rien n'est moins sûr...

Institutrice, elle met son énergie à éduquer parce que c'est la valeur en laquelle elle croit, apporter la culture à tous ; de même qu'elle est toujours avide d'apprendre, de partages, d'écoute, comme avec le peuple canaque autour de Nouméa lorsqu'elle est exilée à Cayenne.

Une belle page d'Histoire même romancée, une leçon de courage et d'abnégation.

Médiathèque de Saint-Malo.

Le roman de Louise, Henri Gougaud, éd. Albin Michel, 2014.

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... 439

17 Mai 2016, 22:01pm

Publié par LaSourisJOne

"La poésie seule sait braver le mal et la mort. Elle est semblable au vent qui use peu à peu la dureté du monde".

Louise MICHEL

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... 438

17 Mai 2016, 21:58pm

Publié par LaSourisJOne

"Le chant des hommes est un mystère. Il garde allumée la lumière au fond des gouffres les plus noirs. Sa force apparaît dérisoire face à la tyrannie des chagrins, des douleurs, et pourtant elle est invincible, comme l'est le désir de vie".

Henri GOUGAUD

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... 437

12 Mai 2016, 19:07pm

Publié par LaSourisJOne

"L'être humain a tant de ressources, de forces, de pouvoir d'invention, de foi, même s'il ne s'en doute pas !"

Henri GOUGAUD

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... 436

12 Mai 2016, 19:06pm

Publié par LaSourisJOne

"Quand l'esclave aura découvert qu'il n'y a pas de fatalité à vivre soumis à son maître, le pas décisif sera fait".

Henri GOUGAUD

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Figurante :)

10 Mai 2016, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Figurante :)

Roman.

J'ai bien aimé ce livre. Jolie balade, au gré d'une solitude, joliment écrit.

Une jeune femme vit en Province, et travaille dans un hôtel, en tant que femme de chambres, et serveuse. Elle partage sa vie avec Marc. Un jour à l'hôtel, une équipe de tournage s'est installée, et un vieux monsieur lui demande des croissants, à une heure où le service est passé. N'écoutant que son coeur, elle lui apporte les croissants. Ce monsieur se révèle être un réalisateur, et il voit en elle, une jeune femme avec un regard, une jeune femme qui pourrait être actrice, le premier rôle dans son prochain film... A partir de là, sa vie chancelle. Ou plutôt, celle qui vivotait, s'ennuyait, subissait, va interroger le sens des événements, et avec pragmatisme, pousser l'exploration jusqu'à savoir, comprendre... Le tout parallèlement à ses histoires de famille en pleine cristallisation, puisque son père est en train de mourir, et qu'elle n'a jamais connu sa mère. Elle va fouiller chez son père et découvrir un peu qui était sa mère... avant de tout quitter pour partir explorer son destin, quitte à revenir, sereine, après avoir vu.

J'aime bien, ce cheminement. Elle voit. Elle vivote, elle découvre qu'elle n'est pas heureuse, elle va chercher autre chose et comprendre que ce qu'elle trouve n'est pas pour elle, pour lui donner envie de sa vie d'avant ; je trouve que ça a beaucoup de sens. J'aime beaucoup ce personnage qui tatonne, la manière dont c'est écrit, décrit, avec poésie parfois.

C'est un joli livre sur les vies simples, les espoirs, les choix de vie.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Figurante, Dominique Pascaud, éd. La Martinière, 2015.

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... 435

10 Mai 2016, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

"Le wagon vole et la ville, château de cartes, dominos de sucre, vient à elle comme les lueurs des étoiles sur la peau de l'oiseau qui sommeille".

Dominique PASCAUD

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