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Le blog de la souris jaune

... 458

27 Novembre 2016, 18:19pm

Publié par LaSourisJOne

"Rien n'est promis à personne s'il n'y tient pas absolument, le bonheur est à conquérir chaque jour". 

Laurent MAUVIGNIER

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... 457

27 Novembre 2016, 18:16pm

Publié par LaSourisJOne

"Ce qui est dit est dit, même si on essaie de se rattraper en prétendant qu'on s'est laissé emporter par la colère, l'émotion, par ce qu'on voudra, prétendant que les mots ont dépassé la pensée. Les mots qui sont dits sont juste ceux qui ont assumé la vitesse de la pensée".

Laurent MAUVIGNIER

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24 heures de la vie d'une femme :))

23 Novembre 2016, 22:14pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Parfois, revenir aux fondamentaux fait du bien. C'est étonnant toutefois de voir que je garderai encore en tête précisément les scènes, les passages, qui y étaient déjà gravées : celles des mains, fascinantes, au casino, et celle de la balade en fiacre, au long de la corniche, ce moment de partage, serein, suspendu, entre ces deux protagonistes... Le reste se diluait dans ma mémoire, et ma mémoire travaillera de même, je pense avec le reste du texte. Alors, sauver de l'oubli, cette mise en situation, chère à Zweig, d'un début qui fait naître l'histoire, mais qui n'est pas l'histoire ; un début qui évoque au protagoniste une scène de son souvenir, une tranche de son histoire, et qui va nous la livrer. Là, la disparition de Mme Henriette, accusée par certains de s'être envolée en une nuit avec un homme inconnu encore la veille... Le narrateur, ou celui qui écoutera l'histoire de la protagoniste, va encore se révéler dans ce qui est cher à l'auteur : l'absence de jugement. Et c'est ce qui fera venir, naître la confidence, la confession. 

J'avais - comment est-ce possible ! - presque oublié l'excès, qui sourd chez Zweig. L'excès en émotion, sentiment, ressenti, en première fois, en tout... Qui renforce le côté exceptionnel des instants. Et puis il y a la course après le temps, dont je ne me souvenais plus, dans ce livre précis, de l'héroïne, quel suspense, où tout va se jouer, ou se perdre, les minutes qui défilent alors qu'elle doit retrouver le jeune homme pour prendre son train à la gare, et le suivre, alors qu'il ne le sait pas... La vieille tante, qui l'accapare, Zweig a tant fait monter la pression, qu'on est agacé nous même par cette cruche qui va tout faire rater, alors que les minutes défilent, et on est las, comme l'héroïne, alors que le train part... Non, c'est impossible ! Et puis le récit ne s'arrête pas là, bien sûr... Reste encore un rebondissement, et une fin d'histoire qui n'en est pas une, qui pourrait laisser sur sa fin, comme souvent dans la vie... Ce jeune homme qu'elle retrouve, il n'a pas tenu sa promesse, elle essaye de lui faire entendre raison, à chaud il ne l'entend pas, alors déboussolée, alors qu'il ne lui donne que sa colère, elle va fuir, loin, loin... Et nous on se demande (même si on a tort de se le demander) : que se serait-il passé, si elle avait attendu ? Si elle l'avait retrouvé à froid ? Non, c'est stupide, ce qui ne doit pas être ne doit pas être, tout simplement, et Zweig excelle à nous livrer des histoires fortes et tellement proches de l'entendement humain...

Une belle plongée dans un livre aimé.

. 24 heures de la vie d'une femme, Stefan Zweig, 1ère édition 1927. (Ed. Le Livre de poche)

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... 456

23 Novembre 2016, 07:58am

Publié par LaSourisJOne

"Vieillir n'est, au fond, pas autre chose que n'avoir plus peur de son passé".

Stefan ZWEIG

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Ma mère, le crabe et moi :)

20 Novembre 2016, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado.

Bon, Anne Percin, j'en ai de toute façon de bons souvenirs, volatiles, sans doute, mais bons, d'un plaisir certain ! (Comment bien rater ses vacances, 2010 notamment). Alors, ne boudons pas notre plaisir ! Evidemment, celui-là, légère réticence, puisqu'il y était question, je le savais, de cancer, du sein. Et puis me dire, si j'y arrive pas, je m'arrêterai ! Et puis, en fait, même si rien ne nous est épargné, c'est narré avec tellement d'humour, que ça fait du bien. Humour, auto-dérision de l'héroïne, 15 ans, aussi... J'adhère ! Donc, l'ado. Blog gothique, etc. Et puis la mère, avec qui elle vit seule parce que son père l'a larguée pour une pétasse, qui a un cancer du sein. J'aime la manière dont elle commence à s'en méfier, à s'interroger, regrettant, pestant contre sa mère qui fait la brave pour la protéger et tente de le lui dire au dernier moment ; j'ai aimé le côté 'deux pieds dans le plat' volontaire, plein d'humour, de l'ado ; sa façon d'affronter, parce qu'il n'y a pas le choix, parce qu'il faut bien traverser, coûte que coûte... Son soutien impulsif lorsque sa mère a honte de sortir sans cheveux et qu'elle se rase violemment la tête et les sourcils devant sa mère, lui disant mais ça repousse ! Son courage d'affronter son collège, empruntée et de plus en plus forte, avec cette toute nouvelle tête, née de l'impulsion, la complicité qui naît entre la mère et sa fille, sur le mode du rire, le discret soutien, l'affection qui se voit et s'accepte, et puis la volonté alors de l'ado, de se dépasser... Parce qu'on a qu'une vie, parce que pourquoi pas ?

Très plaisant !

Médiathèque de Saint-Malo.

Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin, sept 2015. Prix ados 2016-2017 35.

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... 455

19 Novembre 2016, 22:04pm

Publié par LaSourisJOne

"Il y a des choses qu'on n'a pas du tout envie de croire possibles. On les pousse tout au bout de son cerveau, dans un petit coin sombre où on ne les voit plus, comme on planque des trucs sous le lit de sa chambre".

Anne PERCIN

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Appelez-moi par mon prénom

19 Novembre 2016, 17:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu cette auteure, qui est à l'honneur avec un nouveau livre pour la dernière rentrée littéraire. Ce livre-là, acheté lors d'un désherbage de médiathèque, m'en donnait l'occasion.

En tout premier lieu, ce titre restera un mystère : j'avoue que je ne comprends pas vraiment son sens... Et que je n'en vois pas le lien avec le livre, surtout... Alors, en cherchant bien, je pourrais imaginer que... puisqu'elle nous livre (ou semble nous livrer, comment savoir si c'est de la fiction ou si ça n'en est pas ?) son autre versant, celui de la femme derrière l'auteure, ou accrochée à l'auteure, eh bien, il s'agirait de cela ? Mouai... 

En tout cas, c'est l'histoire d'une histoire d'amour provoquée par la volonté qu'elle naisse de l'auteure (ou de la narratrice). Tout découle de son envie de vivre cette histoire. A partir d'une rencontre, dans une librairie, lors d'une dédicace. On ne sait pas bien pourquoi elle va se mettre à fantasmer sur ce très jeune homme de 25 ans, mais c'est ce qui se passe, ou plus à lui construire une réalité, comme on construirait un roman : elle semble romancer sa vie. Elle transforme ce jeune homme en obscession, le cherche par le biais de ce qu'elle peut trouver de lui, un blog notamment. Va suivre une correspondance entre eux (qu'on ne lira pas, mais c'est ce qu'elle nous dit), et la naissance d'un amour véritablement. On ne sait pas bien dans quelle mesure la force avec laquelle elle l'a désiré est l'artisan de cette réussite, mais après tout... En tout cas, ils vont se voir, chez l'une à Paris, chez l'autre à Lyon (ou en Suisse ? je ne sais plus), et finalement tomber amoureux. Mais comme le livre s'arrête à peu près là, on dira que c'est le récit d'un amour fantasmé, puis concrétisé, et donné à voir dans ses prémisses. 

C'est plutôt littéraire, enfin, plutôt une littérature de l'esprit, pas du corps. J'ai fini par m'agacer un peu de ses "J'avais l'idée" que... qui reviennent souvent, et lui servent à lancer un certain nombre de ses réflexions, cela dit, puisque c'est assez bien écrit, et loin d'être creux, on passe... Toutefois, on ne peut pas dire que cette lecture m'ait passionnée !

A tenter à nouveau, par le biais d'un autre livre ? Peut-être...

. Appelez-moi par mon prénom, Nina Bouraoui, éd. Stock, 2008.

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... 454

13 Novembre 2016, 09:44am

Publié par LaSourisJOne

"J'avais l'idée que les relations amoureuses avaient un rapport avec la philosophie. Il y était question de vérité et d'illusion".

Nina BOURAOUI

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... 453

13 Novembre 2016, 09:21am

Publié par LaSourisJOne

"Je restais discrète, me protégeant des mots, le langage pouvant lui aussi défaire les vérités".

Nina BOURAOUI

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L'espionne de Tanger :))

6 Novembre 2016, 18:57pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

L'histoire de ce livre se déroule dans les années 30 en Espagne, puis pendant la seconde guerre mondiale en Espagne et dans le protectorat espagnol du Maroc. Autour du personnage principal, une jeune femme, Sira, espagnole, donc. A partir de son histoire d'amour, choix amoureux, point de départ de sa vie telle qu'elle le sera. On voit que ce coup de foudre, laissant alors l'homme avec qui elle s'apprêtait à se marier, va orienter toute sa destinée. 

A partir d'une trahison, Sira va lentement quitter la naïveté. Confrontée au réel brutal. A l'obligation de compenser la trahison pour pouvoir s'en sortir. 

Pas à pas, on va suivre la jeune femme dans la vie qu'elle se trace, avec cette marge de manoeuvre très ténue qui est la sienne. Et s'étonner de la rigidité qu'elle met dans certains choix. Comprendre comment cette femme, pragmatique, va se mettre au service d'un pays, parce que cela correspond à sa croyance d'éviter la guerre. La scène qui l'amène à s'y décider est assez intéressante, elle hésite, et c'est un échange avec sa mère, sobre, qui va la décider. Sa mère qui lui dit : si ton action peut aider l'Espagne à éviter de vivre encore une guerre, alors fais le. Et c'est ainsi que Sira va entrer dans un système de fonctionnement extrêmement contraignant pour elle, avec la conviction jamais remise en cause de servir son pays. J'aime ce journaliste qui croise sa route, on enrage de ne pas la voir tout lacher pour le suivre... On suit tous ces personnages avec bonheur, le récit est dense mais tient en haleine toute la durée de ses 600 pages. 

J'ai beaucoup aimé.

Et c'est à Luocine que je dois cette lecture ! Merci Luocine ! 

L'espionne de Tanger, Maria Duenas, éd. Robert Laffont, 2012 (2009 pour l'édition espagnole).

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