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Le blog de la souris jaune

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25 Septembre 2016, 21:55pm

Publié par LaSourisJOne

"Tout ce qui est vécu n'est plus à vivre".

Emilie FRECHE

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La chaise numéro 14 :))

12 Septembre 2016, 21:59pm

Publié par LaSourisJOne

La chaise numéro 14 :))

Roman.

Un roman sur une période de l'histoire terrible, la libération qui suivit l'occupation par les Allemands, et celle des règlements de compte, des basses et iniques vengeances. La libération de toutes les mauvaises pulsions, et des mauvais instincts. Le sujet de ce livre c'est ça, une femme, tondue. Des moments qui précèdent ce douloureux événement, aux semaines qui suivent, et ce qu'elle en fait. C'est très beau, très fort. J'ai aimé suivre ce personnage et sa détermination, la voie qu'elle emprunte pour laver cet affront qu'on lui a fait. Ce courage qu'elle a d'affirmer qu'elle n'est coupable de rien (elle a aimé un officier allemand, passionément, ils se sont aimés), que l'amour n'est pas une raison suffisante pour induire cette honte qu'on inflige à un être d'être tondue en public et de perdre le symbole de sa féminité. Alors, avec une sourde détermination, elle va établir une liste des personnes qu'elle va vouloir voir 'plier', abdiquer devant elle pour ce qu'ils ont fait. Une liste, un nombre, cinq ; cinq, et l'on retrouve cette fascination du personnage pour les chiffres, dont elle se dit dépendante ; ainsi, le numéro de la chaise, correspond au numéro qu'on donne aux chaises de bistrot alors, chaise numéro 14, parce qu'il faut six pièces de bois et huit vis pour la faire tenir. La chaise de l'auberge tenue par son père, qu'on est allée chercher pour la tondre, en public. Une chaise, qui fait partie d'un rituel, d'une cérémonie qui l'accompagnent pour aller au bout de ce qu'elle s'est fixée ; cette chaise, qui se décolore avec le temps mais qu'elle emporte avec elle, cette robe, blanche, immaculée, celle que sa mère porta avant sa mort, d'un autre temps, qu'elle portait pour être tondue et qu'elle remet chaque fois qu'elle va à la rencontre de l'un des cinq.

Elle ira voir le coiffeur, celui qu'on impulse d'agir, et par la force de son regard, fier, impulse sa demande de pardon ; le maire, les religieuses pétries de mauvaises croyances qui l'ont accablée toute son enfance, les deux GI qui l'ont vue tondre sans rien dire, et Antoine, l'auteur de l'acte... Pour de si mauvaises raisons. L'amoureux éconduit, jaloux, qui se venge par cette blessure qu'il lui inflige. Antoine et son jeune frère. Les personnages sont vraiment joliment campés, on se laisse emporter par ce beau roman, cette voix, cette détermination ; et il y a ce très beau personnage, ce Louis, qui devient son ami bienveillant, qui veille sur elle comme un grand frère ou un père, la soutient. C'est très très beau, bien plus même que ce que j'avais imaginé ; la narration est lumineuse.

Merci à Samuel de l'avoir mis entre mes mains.

. La chaise numéro 14, Fabienne Juhel, éd. du Rouergue, mars 2015.

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11 Septembre 2016, 12:55pm

Publié par LaSourisJOne

"L'amour vient quand tu ne t'y attends pas. Il ne faut pas l'effrayer avec des prières ou des plaintes, il faut sourire à la vie. Alors il vient, happé par ton sourire".

Fabienne JUHEL

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3 Septembre 2016, 08:06am

Publié par LaSourisJOne

"Quand vous avez les mots, vous êtes appaisé de fait".

Magyd CHERFI

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Je vous écris... :)

28 Août 2016, 18:51pm

Publié par LaSourisJOne

Je vous écris... :)

Autobiographie.

Je suis tombée par hasard sur ce livre chez un bouquiniste, j'avais déjà lu quelques uns de ses livres (dont Allons voir plus loin, veux-tu ?), et aimé. J'ai vu ce petit visage, ce titre qui m'intriguait, et l'exergue qui a fini de me convaincre : "Ce livre est dédié à tous ceux dont les cris ne sont pas entendus". Et puis ce 'je' qui nous parle, évoquant la parution de son livre', Le voile noir, que je n'ai pas lu, et l'après...

J'ai aimé cette balade grave et profonde au tréfonds de sa souffrance, depuis la parution de son Voile noir. J'ai découvert le choc, le traumatisme fondamental de sa vie, qu'elle décida de mettre en mots dans le Voile noir : la mort, brutale, par asphyxie au monoxyde de carbonne, dans leur salle de bains, de ses deux parents, alors qu'elle avait neuf ans.

Dans ce livre, Je vous écris, elle décide de 'rendre' à ses lecteurs ce qu'ils lui ont donné. Après la parution de ce livre témoignage (Le Voile noir), elle reçut énormément de lettres, de confessions, de soutiens, intimes, aimants, respectueux, d'inconnus ; et ce sont ces lettres qui lui ont permis de comprendre et d'avancer sur son chemin de deuil. Y compris par le biais d'une 'clé' par rapport à son drame à laquelle elle n'avais jamais pensé. Avec Je vous écris, elle mèle ces lettres qu'elle nous transmets (sans signatures), avec le récit de son 'après' Voile noir. C'est comme une double thérapie progressive, lente, en train de se vivre sous nos yeux. Ce n'est pas impudique. C'est généreux. Elle ne nous épargne pas les phases de profond désespoir, les marques de sa terrible souffrance physique qui l'envahirent alors qu'elle imaginait pouvoir laisser toute cette histoire derrière elle après l'écriture et la parution du Voile noir , l'emprise de celle-ci sur sa vie, et la manière qu'elle a d'avancer coûte que coûte ; on découvre le long chemin d'après traumatisme, les avancées et les reculs, tellement compréhensibles, et livrés avec tant de capacité à se donner sans détour. J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture 'multiple', ces multiples voix et la sienne, comme autant de partages, et de cadeaux généreux qui se veulent fortifiants pour un être qu'à priori ils ne connaissent pas. Une belle lecture.

. Je vous écris..., Anny Duperey, éd. du Seuil, 1993.

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Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

21 Août 2016, 22:08pm

Publié par LaSourisJOne

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

Roman par lettres.

Eh bien, encore un roman par lettres ! On pourrait croire que la lecture de celui-ci juste après Et je danse aussi aurait souffert du précédent, mais même pas.

Cette histoire-là est un échange de lettres entre deux femmes, à une autre époque, pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Ces deux-là se choisissent un peu au hasard, parce qu'il faut tuer le temps et l'angoisse, en l'absence d'êtres aimés, envoyés à la guerre. Alors, elles se choisissent, par hasard, et l'amitié naît, et croît, solidement. J'ai beaucoup aimé me plonger dans la vie de ces deux protagonistes ; leurs fréquentations, les recettes (de cuisine) qu'elles s'échangent, sur fond de disette, les trucs et astuces pour agrémenter un plat lorsque tout manque et tout est rationné, et puis surtout les conseils, les encouragements, le soutien, l'amour que ces deux-là finissent par se porter, et qui les aide à affronter leur quotidien. Sur fond de conquête des droits des femmes. On voit où on en est, en 1943, alors les femmes n'ont pas par évidence le droit au travail, elles sont en pleine conquête, et j'ai trouvé passionnant de les voir, l'une en particulier, Glory, la plus jeune, issue d'un milieu aisé, découvrir que les discours peuvent faire avancer et changer les mentalités. Et puis, l'attente, de l'être aimé. La craine, de le perdre. Les mots qu'on choisit, qui ont tellement de sens, de poids, alors qu'il est en guerre ; tout prend de la force, et du sens. Il y a celle qui attend son époux, élevant ses deux tout petits, aux côtés du meilleur ami, qu'elle a toujours aimé presque autant que son mari ; alors, évidemment, l'attente, les rapprochements, la dignité malgré tout, la culpabilité ; et puis Rita, la plus âgée, dont le mari et le fils sont mobilisés. Rita qui va découvrir que son fils était amoureux, et avancer sur ce chemin de l'acceptation d'une autre, évoluer, grandir... J'ai vraiment passé un très beau moment, et la rencontre de ces deux-là m'a bouleversée.

Petite anecdote qui ajoute à l'attachement à ce livre-là : les deux auteures qui ont écrit ce livre se sont rencontrées sur un blog, ont pris la décision d'écrire ce livre, et se sont fait l'engagement ne se rencontrer qu'une fois le livre écrit. C'est ce qu'elles ont fait...

. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan, 2013 (US), éd. Belfond, Pocket 2014.

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... 447

21 Août 2016, 12:02pm

Publié par LaSourisJOne

"Etre connu de quelqu'un, profondément, de l'intérieur, c'est ça l'essence de l'amour. Une existence sans amour n'est que l'ombre d'une vie".

Suzanne HAYES et Loretta NYHAN

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Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce :)

21 Août 2016, 08:49am

Publié par LaSourisJOne

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce :)

Roman.

Véritablement conquise par La petite communiste qui ne souriait jamais (2014), j'avais très envie de lire un autre Lola Lafon. J'avais trouvé celui-ci, que j'ai lu pendant mes récentes vacances.

Evidemment, ce livre est loin, loin d'être une lecture légère. Mais je crois qu'avoir du temps pour le lire a été une très bonne chose. C'est le deuxième livre de Lola Lafon qui me fait me dire que véritablement, il y a 'quelqu'un' derrière ces pages.

Encore une fois, le rapport au corps, à son corps de femme est au coeur du livre. Toujours un rapport souffrant, contraint, lié à ce que les autres en font. Cette lecture n'est pas facile, mais extrêmement intéressante. Elle interroge beaucoup sur ce que l'on accepte de la société, sur la révolte, sur la trace que laissent des blessures ; sur la proximité entre deux êtres qui ont vécu le même trauma. Sur l'absence de limites, et la frontière, ténue, qui peut décider de faire sauter les limites... Sur la folie et la raison, donc évidemment.

On est dans un récit intime, un voire deux, ou trois d'ailleurs, melés. Des jeunes femmes. Deux se sont rencontrées dans un groupe de parole, le mardi soir, groupe de parole des victimes d'un viol ; avec ses mots à la fois pudiques et trashs, la narratrice va nous livrer la vie de ces femmes fracassées par la prise de force de leur corps. Elle ne s'arrête pas à la surface d'un instant, pour voir le trauma et ses conséquences, là, à un moment de vie ; non, elle fouille en profondeur, et donne à voir comment cet acte peut modifier jusqu'aux fondements. Elle ne s'arrête pas en chemin, et explore, au delà de la plainte qui peut être déposée, au dela de la justice, ce qu'un corps, ce qu'un être pourrait faire, pour vivre après.

Là, on est aux prises avec un quotidien qui doit se vivre, sans appitoiement, à partir d'un événement qui forcément, a tout modifié. Cela c'est ce qu'on se dit, à la lecture. En rien ce n'est formalisé. Il y a ces proximités naissantes, ces amitiés électives entre filles, qui réchauffent et grisent ; et puis il y a la fille qui va loin, qui va très loin dans l'analyse, dans la réflexion, dans les actes et le rejet d'une société peu satisfaisante. Entre dans des actions révolutionnaires, faisant naître un collectif "Les petites filles au bout du chemin". Il y a un peu de Nadja (Breton) dans ce livre-là, et particulièrement dans ce personnage-là. Il y a la fille qui est aux prises avec le réel, garde pied dedans, et celle qui est passée outre. Et la troisième amie, qui elle vit un coma, ce qui permet d'interroger le corps dans un autre de ses aspects, le corps qui s'arrête, quoi, comment, après un coma ?

Là encore, dans ce livre-là, la danse n'est pas loin. La danse, dans sa version 'travail' qui mène à la libération du corps, la danse comme exercice rude, presque maltraitant, mais finalement moins maltraitant que ce qu'un être humain peut faire à un autre en décidant de le 'prendre' sans son consentement... Il y a là encore, des pistes de réflexion extrêmement riches, c'est un travail très impressionnant, même s'il est parfois difficile, et pesant à lire.

. Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, Lola LAFON, Flammarion, 2011 ; puis éd. Babel Actes Sud mai 2014.

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Et je danse aussi :)))

14 Août 2016, 11:22am

Publié par LaSourisJOne

Et je danse aussi :)))

Roman par lettres (mails).

Evidemment comme c'est un genre de roman dont je raffole, j'avais hâte de le lire celui-ci, écrit par ce duo d'écrivains attachants. D'autant que j'avais lu un Anne-Laure Bondoux et aimé sa sensibilité. Et c'est surtout que tous ceux (celles !) qui m'en parlaient étaient très enthousiastes ! Lorsque j'ai enfin pu l'acheter, trouvé par hasard sur le stand d'une braderie cet été, j'étais aux anges :)

Et le plaisir que j'y ai pris est au delà de mes espérances.

Car il y a tous les bons ingrédients d'un roman par lettres. Evidemment, et en tout premier lieu, il y a, et on le sent dès le départ, l'absence de vacuité, autrement dit la nécessité de cette correspondance. Car rien de pire que ces romans par lettres où il ne se passe rien, et où l'auteur a imaginé des protagonistes qui s'écrivent pour passer le temps, sans que le propos n'ait aucun style, aucune saveur, aucune 'urgence'. Bref. Là, eh bien, les styles (de Pierre-Marie et d'Adeline, qui s'écrivent sans se connaître) se dessinent très vite, et assez vite encore, on sent ces deux-là liés et accrochés l'un à l'autre, trouvant dans leurs confessions un bienfait, affrontant leur solitude respective et différente à leur manière.

Evidemment, sincérité, auto-dérision, humour, absence de concessions ou de complaisance face à soi-même font partie des éléments constitutifs et qui fonctionnent. On sent naître l'attachement progressif, et se transformer petit à petit, on voit évoluer cet attachement et intérêt pour l'autre, et ça c'est très bien fait.

Ce serait déjà pas si mal, mais évidemment, ce n'est pas tout. Une intrigue, va en plus nous tenir en haleine. Pierre-Marie confie le traumatisme qui l'a marqué, la disparition de sa dernière épouse, qu'il aimait follement, et qui a disparu du jour au lendemain sans laisser de traces. Depuis, il vit avec ça. Il nous décrit, et on imagine, ce que cela représente à l'échelle d'un quotidien, mais aussi pour les enfants qui restent, etc. Et puis on vit, au rythme de leurs confidences, la connaissance qu'ils font de l'autre... On découvre en même temps que Pierre-Marie qu'Adeline a menti sur quelques détails, on doute, on s'interroge, et on se prend à imaginer... Le récit, toujours par lettres, nous retourne comme un gant, et vraiment, j'ai adhéré à 150%. J'ai adoré, et franchement, j'ai eu du mal à m'arrêter. Quel plaisir de retrouver des lectures addictives !

. Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, éd. Fleuve, mars 2015 ; sorti en Poche (Pocket) en février 2016

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Arithmétique de la chair :)

7 Août 2016, 09:42am

Publié par LaSourisJOne

Arithmétique de la chair :)

Roman.

Evidemment, ce livre-là, si on ne me l'avait pas mis entre les mains, je ne l'aurais probablement jamais lu. La couverture, le nom... Et cela aurait été dommage.

Car j'ai aimé. Ce livre est singulier, je m'y suis coulée sans freins. Il surprend. Il nous donne à voir une conception du monde radicale, mais intéressante. Entre mathématiques, goût rassurant pour les chiffres qui décrivent le monde sans surprise et permettent de le rendre rassurant, et monde réel, extérieur où l'on peut se perdre. Evidemment, on se dit que les mathématiques qui sauvent pourraient être tout autre chose. Alors ce livre ressemble à une allégorie. Mais il s'y ajoute une dimension supplémentaire : le rapport au corps. De l'aveu de la narratrice parfois pas forcément compris, mais, et c'est là que cela étonne, comme étant souverain. Vivant sa vie au delà de l'esprit... Finalement, quand j'écris cela, je me dis que ça ne manque pas de sens.

En tout cas, cette Bettina est experte en chiffres et donc comptable dans une entreprise. Son corps se caractérise par un fort embompoint, elle vit une vie solitaire, se satisfait de peu, flanquée de ses écrans, et cela ne la gêne pas, elle est sereine. Et son corps se met à enfler, jusqu'à atteindre l'obésité des 96 kg. Elle s'étonne, elle qui mange si peu pour tenter de réguler ce corps... Puis, surviennent les événements qui vont bouleverser ce chemin : elle s'inscrit à un concours de mathématiques, concours télévisé, le remporte, et elle et son corps, elle et sa sérénité vont devenir des espèces d'icônes, parce que ressenties comme 'profondémement authentiques' et uniques dans le paysage actuel. Cela permet au passage à l'auteur de passer un regard largement critique et sans doute manichéen (même si on peut lui reconnaître qu'elle le connaît bien !) le monde de la télévision et des médias. C'est sans doute ce que je reprocherais à ce livre : de se laisser aller à des catégorisations trop rapides et simplistes. De faire entrer certains de ses personnages secondaires dans des 'schémas' (le patron de son entreprise est nécessairement sans qu'aucune chance ne lui soit donnée un petit bourgeois de courte vue gouverné à la maison par sa femme, par exemple ; mais cela sert aussi la finalité de son livre, son propos).

Donc, il y a dans ce personnage principal et dans son rapport au monde une sincérité, une authenticité, et une indépendance d'esprit qui séduisent. Bien sûr, on peut s'étonner de la suite, mais ce n'est pas pour déplaire, qu'un livre nous étonne : elle va séduire, séduire quelqu'un qu'il devait être impossible de séduire ; et, parce que c'est là sa personnalité, rester accrochée à cet amour qu'elle juge hors dimension, infini. Comme peuvent l'être les chiffres, en oubliant que l'humain est fait de faiblesses, de fragilités, et en refusant qu'il soit aussi fait de renoncements et de recommencements. C'est un être authentique, entier, comme le nombre, mais qui renonce, plutôt que de tenter de reconstruire... J'ai trouvé cette lecture très raffraîchissante.

Merci à Annie et à Delph de me l'avoir permise.

. Arithmétique de la Chair, Macha Méril, éd. Flammarion, mars 2016.

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