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Le blog de la souris jaune

La joie de vivre :)

22 Juillet 2022, 10:26am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, bon, bon. Une pensée pour toi, Luocine, car j'ai ressenti à la lecture de ce livre, les bémols qui tu mets à la lecture d'un Zola ! Oh combien dans celui-ci, et c'est ce qui explique "le" sourire solitaire, pour ce livre-là. Alors que j'avais beaucoup aimé et pas ressenti cela avec Le Ventre de Paris, ni à ce point dans Au Bonheur des dames

Là, le trait est noir, trop noir, excessivement noir dans la peinture de la nature humaine et de la société des abords d'Arromanches : ce petit village de Bonneville, bien qu'au bord de la mer, est peint comme une abomination sociétale : nombreuses sont les familles où l'on se tape dessus, s'abuse sexuellement, boit... On le voit à travers les enfants malheureux, sans le sou, pauvres dont Zola ne nous épargne pas la noirceur du quotidien qui viennent quémander des sous ou des soins chez Pauline chaque samedi.

En outre, tout le petit monde qui gravite autour de Pauline est un poids effrayant de l'existence...

Mais revenons au départ, et à ce qui fait que j'ai aimé tout de même -hormis cette lourdeur, ces bémols qui auraient mérité d'être allégés ! - : 

nous suivons le personnage de Pauline. Alors ce qui fut particulier et attachant dès le départ pour moi, ce fut de découvrir que cette Pauline est la fille des bouchers des Halles, de Lisa la charcutière, qu'on suit dans Le Ventre de Paris. Ses parents (donc Lisa !) sont morts, elle va être adoptée par une famille - parents éloignés - de Bonneville, à côté de Bayeux en Normandie. En même temps, le portrait de cette famille aurait pu être plus caricatural, puisqu'on est chez Zola ! Mais non, en tout cas pas là où on aurait pu le craindre.

Ainsi : on début tout paraît rose. On est contents de l'accueillir, cette petite de 9 ans ; Mme Chanteaux, M, le fils ; un peu moins la bonne, un peu accarîatre. C'est une sorte de huis-clos qui va se vivre, ou plutôt une vie en vase clos, au sein de cette famille, et c'est tout le personnage de Pauline qui sous-tend le roman, très très intéressant, et très très riche psychologiquement. 

Ainsi, c'est à sa force de vie que le roman doit son titre. Et c'est puissamment bien dessiné : pas à pas, on va se rendre compte avec elle que ce qui va compter de plus en plus pour elle c'est le bonheur de son petit monde, alors elle mettra ce qu'elle est en sommeil, et donnera tout pour eux. Son argent d'abord, et c'est d'abord les sentiments complexes que le fait de le donner ou de le prendre fera naître chez Mme Chanteaux notamment qu'il est intéressant de découvrir ; et puis son temps, son sourire, son énergie, ses soins... Ce n'est pas un sacrifice idiot, c'est plus que ça, c'est un don de soi très touchant, qui ne passe pas sans lutte contre soi-même. J'ai trouvé ce personnage extrêmement intéressant à découvrir, et c'est ce qui a valu "le sourire". 

Les autres personnages sont des vrais boulets, disons le ! Ils font rarement preuve de mâturité, souvent égoïstes, ils prennent, même si tout n'est pas si simple, encore une fois ; 

je souligne ici la grande capacité de Zola à dépeindre des caractères, qui, eux, ne sont pas caricaturaux.

. La Joie de vivre, Emile Zola, 1884.

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... 771, abnégation

21 Juillet 2022, 11:04am

Publié par LaSourisJOne

"Le degré suprême dans l'amour des autres : disparaître, donner tout sans croire qu'on donne assez, aimer au point d'être joyeux d'une félicité qu'on n'a pas faite et qu'on ne partagera pas".

Emile ZOLA

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Une machine comme moi :))))

4 Juillet 2022, 12:49pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Que soit bénie France Culture et ses émissions qui chaque fois m'éveillent, me nourrissent, me réjouissent... Je dois donc cette lecture enchanteresse à Entendez-vous l'Eco, une émission passionnante qui étudie chaque aspect y compris littéraire au prisme de la science et de l'économie.

Conseil de lecture d'une dernière émission de l'année, celui-ci, que j'ai donc emprunté et dévoré en deux jours ! Quel bonheur de lecture, comme en témoigne donc le nombre de sourires...

Ce récit est palpitant. J'avais déjà lu à plusieurs reprises Ian McEwan ; celui-ci est tout à fait passionnant.

L'histoire se déroule en Angleterre en 1982 ; mais un 1982 du futur : il faut vous imaginer tout le contexte historique de cette année-là (Thatcher, les Falflands, des manifestations...) mais sur fond de modernité totale et même absolue puisqu'il est possible alors d'acheter par exemple un robot humanoïde, pour un montant assez élévé, certes, mais possible. 25 "Adam" et "Eve" sont mis sur le marché, et notre narrateur, passionné par le domaine, et l'anthropologie, ayant amassé une petite fortune grâce à un héritage saute le pas et achète une de ces machines. Un "Adam" puisqu'il ne reste plus de Eve. Il l'accueille dans son appartement, le même en chargement, et partage ce Adam avec sa voisine de dessus, avec qui il noue des liens de plus en plus serrés, d'affection... Va suivre une histoire palpitante autour de la vie de ces deux personnages, de celle du robot, avec l'intrusion du passé de Miranda... Autour de questions évidemment philosophiques : qu'est ce que l'amour ? Quelle place pour la moralité face à l'amour et dans une société ? La vengeance est-elle possible, tolérable, y compris face au pire des méfaits, des crimes ? Que pourrait concevoir, comprendre, percevoir un robot de nos fonctionnements humains, y compris le plus sophistiqué ?

Les imbrications entre les différents actes sont véritablement passionnants.

Je recommande vivement et espère même le relire un jour !

. Une machine comme moi, Ian McEwan, 2019 éd. originale (anglais), 2020, fr.

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... 770, la bonté

26 Juin 2022, 17:13pm

Publié par LaSourisJOne

"La générosité de certains hommes dépasse leur propre volonté. Elle donne une idée du bonheur".

Pierre ADRIAN

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... 769, valeur humaine

26 Juin 2022, 13:44pm

Publié par LaSourisJOne

"Aujourd'hui, ne pas ouvrir sa gueule pour aboyer est un aveu de faiblesse. Certains ont pourtant choisi le silence, et leur parole est précieuse. Quand ils parlent, c'est avec leur coeur".

Pierre ADRIAN

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La Maison des hautes falaises :(

26 Juin 2022, 08:49am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, bon, bon. J'avais oublié que je n'aimais pas cette auteure. J'avais déjà, sans m'en souvenir, detesté Le murmure du vent, alors il faut que je m'en souvienne, quand je verrai dorénavant son nom, un titre alléchant, une couverture alléchante... 

J'avais ce livre dans ma bibliothèque depuis un an. Je me suis beaucoup ennuyée en le lisant !

Ca commence par deux histoires lourdes, gorgées de pathos ; aussi, pas de finesse là-dedans, on nous placarde très vite les traumatismes de nos deux personnages, comme si c'était le postulat du roman. 

Je n'ai pas aimé le personnage féminin, Callista, je le trouve bancale, pas authentique, pas abouti, peu franc... Dommage, peut-être ? Le personnage masculin (Lex) est peut-être un peu plus travaillé. Je n'ai pas aimé du tout non plus l'arrière-plan, l'histoire de la chasse à la baleine, l'histoire de cette famille de baleiniers qui porte le roman et l'accompagne. Ca ne m'a pas intéressée du tout. Les personnages secondaires sont plus intéressants...

Bon : Lex vit un traumatisme avec sa femme autour d'une enfant perdue, alors il quitte Sydney et s'installe dans le bush, en rase campagne, rachetant une maison sur la falaise... Maison chargée d'histoire familiale. Dans ce petit village où tout se sait, Callista vit seule, peint... Elle ment, se ment... Enfin, c'est ce que j'en ai retenu ! Leur rencontre suscite tout de suite de l'attirance, et de nombreux ratés faite du fait qu'ils ne se parleront finalement presque jamais réellément...

Bref, un auteur à éviter pour moi ! 

. La Maison des hautes falaises, Karen Viggers, éd. originale 2008 (australien), éd Les Escales 2016.

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Le répondeur :)

25 Juin 2022, 20:59pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il faut que je parle de ce livre, plutôt raffraîchissant !

Tant en terme de sujet que d'écriture. Sujet étonnant. Très bien écrit, langue soutenue, ce qui est plutôt plaisant car pas si fréquent.

L'histoire d'une homme dont la profession est d'être imitateur. Il imite, et en fait des spectacles. Mais il imite des personnalités inconnues, méconnues, peu connues du grand public, premier sujet très intéressant, car il ne manque pas de talent, bien au contraire, il est brillant : la problématique de l'art, du talent artistique mais qui reste dans "une niche" dès lors qu'il est loin du grand nombre... Ca prête à sourire, évidemment, de lire les personnalités qu'il imite à la perfection, mais aussi à réfléchir. D'autant qu'on voit aussi la difficulté d'une salle de spectacle parisienne, petite, avec une programmation en marge, évidemment c'est intéressant, comme problématique...

En tout cas : un jour, un romancier connu vient voir son spectacle ; il se trouve que c'est un romancier qu'il admire. Ils se voient à l'issue du spectacle, et le romancier lui fait une demande peu commune et inattendue : il le paie s'il accepte de faire sa voix, de prendre sa place pour décrocher son téléphone, pendant qu'il pourra écrire, enfin, se plonger dans sa création pleinement ! Y compris avec ses proches, dont sa fille, ou son ex-femme... Il lui fournit un gros classeur, des fiches, par interlocuteur, avec des éléments à savoir, pour aider... Et il lui fait confiance. Evidemment l'imitateur est effrayé, d'abord, puis tenté... Il a carte blanche ! 

Alors s'en suivent des péripéties en cascade engendrées par le fait de se mettre dans la peau d'un autre...

C'était intéressant, plaisant, mais je me suis lassée et je n'ai pas été passionnée pendant toute la lecture...

Dommage, je trouve que le roman n'a pas tenu ses promesses sur la longueur , ou alors c'est moi qui me suis lassée vite du procédé malgré une belle écriture (mais des coquilles dans l'édition)...

A découvrir cependant, et un auteur à découvrir.

. Le répondeur, Luc Blainvillain, éd. Quidam, 2020.

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Célestine du Bac :)

18 Juin 2022, 14:32pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre m'a été offert deux fois, en moins d'un mois : par mon fils et mon amie Nolwenn. Il était donc tout à fait inévitable que je le lise un jour ! J'ai donc été doublement impatiente de m'y plonger.

Mon avis aurait pu être beaucoup plus enthousiaste si la deuxième partie du roman avait été autre, je dois l'avouer : car plus le roman avançait, plus j'étais un peu sceptique... 

Cependant, une chose, qui est vraie : je l'ai dévoré, et n'ai eu de cesse de le terminer, tant j'avais plaisir à le retrouver. Ce qu'on appelle un plaisir addictif très très précieux !

Je dois dire ici que l'écriture ne m'a pas convaincue ; est-ce parce que c'est un livre très particulier pour Tatiana de Rosnay, un livre "de jeunesse", qu'elle explique avoir ressorti des cartons 26 ans après (alors il avait été refusé par l'éditeur), l'a trouvé tout à fait digne d'être publié d'où sa parution très récente ! 

Drôle, ça, je trouve... Le fait est cependant que je n'ai pas été convaincue par son écriture. C'est une auteure que je ne "rencontre" pas toujours ; cependant, je me souviens d'une belle lecture avec Le Coeur d'une autre

Je vais avoir du mal à vous parler de ce livre-ci sans trop divulgacher, mais je vais essayer !

C'est donc l'histoire d'un jeune garçon, qui passe son bac, Martin. Un jeune garçon un peu solitaire même s'il a un ami Oscar (euh, cette amitié est d'ailleurs bien étrange, car ils semblent n'avoir aucune proximité et Oscar semble n'être qu'un rouage du récit !). Martin a perdu sa mère il y a 16 ans dans une catastrophe aérienne, son corps n'a jamais été retrouvé... Il vit avec son père, un avocat qui collectionne les conquêtes féminines, sa plaie de coeur étant, on l'a compris, mal ressoudée...

Martin se prend d'affection pour une SDF, Clémentine, qui "campe", rue du Bac. Clémentine du Bac... C'est cette histoire qui est plaisante, attachante, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le No et moi de De Viguan. J'avoue avoir été moins convaincue par la suite de l'histoire, qui entrainera Martin au Maroc sur les traces de... Pourquoi ? Je ne le comprends toujours pas. Pour nous offrir une fable moderne, sans doute, mais que je trouve finalement assez amère, même si Martin, évidemment, en se rendant au Maroc, ne perdra pas son temps...

Bon, j'ai fait ce que j'ai pu pour ne pas trop divulgacher, j'espère que vous n'avez pas trop lu entre les lignes !

Merci tout à fait chaleureux à mon fils et à Nolwenn pour ce cadeau, chacun de leur côté...

. Célestine du Bac, Tatiana de Rosnay, éd. Robert Laffon, mai 2021.

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Au bonheur des dames :))

6 Juin 2022, 19:47pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai éprouvé l'envie de relire ce roman ; ou de lire : je croyais l'avoir lu il y a longtemps et finalement j'ai un doute. C'est en entendant un extrait lu sur l'excellente France Culture dont je suis si fan que j'ai eu envie de ce livre. J'ai beaucoup aimé, même si c'est évidemment très copieux, et qu'on peut parfois friser l'indigestion ! Cependant, ce livre se laisse déguster, et surtout il est inenvisageable de le lire en transversale car l'action est lardée dans les descriptions, bien souvent. 

J'ai admiré son écriture, et je redis à quel point cet auteur est brillant, alors qu'il est bien souvent critiqué ou mis de côté. Vraiment brillant, chaque page est un morceau de bravoure !

Je l'ai trouvé aussi très moderne. Publié en 1883, il retrace la vie d'un grand magasin parisien appelé Au Bonheur des dames. Nous suivons une jeune fille, Denise, arrivée de sa Normandie natale (Valognes) avec ses 2 frères dont elle a la charge, et qui débarque chez son oncle, petit commerçant au "Vieil Elbeuf". Il ne la prend pas, alors elle va bien devoir se débrouiller par elle-même et trouver un emploi... Elle trouvera au "Bonheur des Dames", et elle en rêvait... 

Nous allons suivre son quotidien de travail au milieu des employés, des rivalités, des petites mesquineries, des amours des uns et des autres... les galeries de portraits sont savoureuses. Il est tout un tas de personnages que nous suivons d'un bout à l'autre du roman, entre lutte quotidienne des classes à un moment de l'histoire où cette "frontière" était plus marquée... 

et puis bien sûr Zola nous donne à voir l'agonie des petits commerces, dont on voit la profusion au coeur de Paris face à l'écrasant mastodonte qui naît... Cela dessine ce que le XXe siècle vivra très évidemment jusqu'à il n'y a encore pas si longtemps, et c'est évidemment passionnant de suivre ces commerces, leurs résistances, leurs moyens d'exister... 

Et puis bien sûr, il y a Denise. Un portrait de femme digne, coûte que coûte... Qui lutte même jusque dans l'amour, pour ne pas se perdre, jamais... dont on voit la personnalité se dessiner, évoluer... 

Les personnages sont savoureux. Je m'en suis délectée. Tout juste ai-je été surprise par la toute fin, qui paraît bien abrupte ! On y attendrait une suite... Mais ce fut tout à fait passionnant.

. Au bonheur des dames, Emile Zola, 1883.

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... 768, l'action

6 Juin 2022, 09:05am

Publié par LaSourisJOne

"L'action contient en elle sa récompense. Agir, créer, se battre contre les faits, les vaincre ou être vaincu par eux, toute la joie et toute la santé humaines sont là !"

Emile ZOLA

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