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Le blog de la souris jaune

Le renversement des pôles

23 Novembre 2015, 22:49pm

Publié par LaSourisJOne

Le renversement des pôles

Je ne sais pas bien si ce livre sera pour moi victime de cette semaine de 'bruit blanc', pour reprendre l'expression de François Busnel, c'est possible. En tout cas, cette petite histoire de vies ordinaires, modernes, ne m'a pas convaincue. Ouai, bof, j'aurais envie de dire. Mais...

Même si les choses sont assez bien croquées, la vie croisée de ces deux familles, les petits travers modernes, les chemins où l'on se fourvoie parce qu'on s'accroche à des faux-semblants, ou à de faux étendards, telle que le besoin d'avoir toujours plus, ou mieux (une nouvelle voiture, un nouveau téléphone, etc.) pour combler ses manques, la course à l'enrichissement, là encore pour combler une vie pleine de vide, cette vie vaine des adultes qui courent après ce qu'il ne savent pas vraiment, ne m'a évidemment, pas conquise. Et ca restera pour moi un énième bouquin sur les petites insatisfactions de la vie conjugale et de famille, quand on a 40 ans, ou à peu près.

Mais c'était peut-être parce que c'était une semaine de 'bruit blanc', et qu'aucun livre, peut-être ne pouvait me séduire.

Aussi, j'aurais peut-être dû laisser Nathalie Côte et son Renversement des pôles sombrer dans l'oubli sans passer par la case de ce blog...

Médiathèque de Saint-Malo.

Le renversement des pôles, Nathalie Côte, sept 2015; Edition Flammarion.

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... 409

14 Novembre 2015, 13:02pm

Publié par LaSourisJOne

"Nous assistons présentement à l'effondrement d'une civilisation ; depuis de nombreuses années, les lois, les moeurs, la littérature ont concouru à favoriser le développement de l'individualisme. Jamais on n'a autant parlé des droits de l'Homme, mais jamais on ne s'est aussi peu soucié des devoirs qui en sont le corollaire. Cette idolâtrie de l'individu a porté ses fruits inévitables, et on a vu s'épanouir l'égoïsme féroce, l'hypertrophie du moi, le matérialisme obtus".

Eugène MATHON, 1934.

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... 408

13 Novembre 2015, 19:38pm

Publié par LaSourisJOne

"Une simple question sur soi et l'on ne se connaît plus. Dur de passer du connu à l'inconnu, de soi à l'autre, tapi en nous-même comme dans une boîte de Pandore".

Boualem SANSAL

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Le nageur

12 Novembre 2015, 18:38pm

Publié par LaSourisJOne

Le nageur

.. J'aurais bien aimé être enthousiaste pour ce livre. Le fait est qu'il m'a ennuyée, souvent, et qu'il m'a fallu tous les efforts de la raison pour ne pas empêcher mon esprit de divaguer quand je me plongeais dans sa lecture.

Il y avait des ingrédients, pourtant. Mais... Rien, dans le style. Oh, certes, des descriptions, des vues de paysages donnés à voir pour produire des effets, en Grande Bretagne, mais qui ne produisent aucune émotion. Et puis ces trois parties du roman, le hic, c'est que rien ne nous accroche aux personnages, malgré la dureté de leur histoire. Malgré sans doute aussi, la cinglante leçon à l'égard de nos sociétés permissives et intolérantes à l'égard de 'l'autre', incarné ici par un migrant. Sans doute, justement, peut-être rendu indigeste par une trop criante leçon. Je ne sais pas. Le fait est que je n'ai pas été conquise, alors même que l'histoire avait tout pour me plaire.

L'histoire se déroule donc sur une bonne quinzaine d'année, par le prisme de trois personnages. Ria, d'abord. 43 ans, vivant seule, dans sa maison de famille, avec un facho comme frère avec lequel elle s'efforce de garder de courtoises relations de surface ; femme poète, qui tente d'écriture des poèmes, qui se font rares depuis une histoire douloureuse, de dépit amoureux : son mari l'a quittée parce qu'elle ne peut avoir d'enfant. Arrive alors, un été, le lumineux, jeune médecin de 28 ans, nageant dans la rivière. Migrant, ayant quitté son pays le Sri Lanka en guerre, parce qu'il voulait sauver des vies et non en prendre. Et Ria, entre culpabilité et désir, renaît. Finalement, cette partie s'arrête trop vite, sur une terrible injustice qui cueille Ben en plein envol et Ria en pleine renaissance. Puis c'est Anula, qui raconte. On découvre que c'est la mère, au terrible destin, de Ben. Pas gai, pas gai. Enfin, Lydia, 16 ans, qu'on découvre en séance de thérapie, jeune Lydia, adolescente aussi légère qu'elle le peut, mais qui porte le lourd passé de son histoire. Lydia donc, qui n'est autre que la fille... de Ria et de Ben, qui n'aura donc pas connu son père...

Eric, le bel ami, père de substitution de Ria est finalement la belle trouée de lumière de ce roman là, même s'il est laissé au second plan.

Médiathèque de Saint-Malo.

Le nageur, Roma Tearne, ed. Albin Michel, 2015.

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... 407

12 Novembre 2015, 18:11pm

Publié par LaSourisJOne

"La vieillesse n'affaiblit pas les émotions. Ceux qui croient cela n'ont jamais vieilli !".

Roma TEARNE

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... 406

12 Novembre 2015, 13:27pm

Publié par LaSourisJOne

"Ce dont on ne peut discuter ne peut se guérir".

Roma TEARNE

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... 405

12 Novembre 2015, 13:24pm

Publié par LaSourisJOne

"Il y a des choses que les meilleures intentions du monde ne peuvent empêcher. Au contraire".

Roma TEARNE

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Portrait de l'écrivain en animal domestique :)

3 Novembre 2015, 18:01pm

Publié par LaSourisJOne

Portrait de l'écrivain en animal domestique :)

Lydie Salvayre aime les pirouettes. C'en est incontestablement une, une virevolte, qu'elle mène et qu'elle retourne. Pour confronter deux inconciliables, à priori, deux opposés, qui n'ont aucune chance de se comprendre : le roi du hamburger, le roi planétaire du hamburger, et un écrivain, ou plutôt une écrivaine. Trempé dans une dérision et autodérision qu'elle affectionne, le récit nous balade pendant six mois, et plus, où ces deux-là vont cohabiter. Plus, parce qu'elle nous livre un récit à postériori (deux ans plus tard), alibi qui tient d'ailleurs moyennement, mais a le mérite de tenir et de prolonger le récit au delà de l'expérience. Evidemment, le récit tient tout en soi par le style, les pirouettes de styles, les hardiesses, la richesse du vocabulaire qui nous cueille aux moments où on l'attend le moins. Le postulat tient pour cela, sans doute. Le postulat ? Comment vivre avec ce qu'on abhorre le plus ? Eh bien, en oubliant un peu ses principes, en jouissant de la fortune du premier (le roi du hamburger), et surtout, sans doute, en étant fasciné par ce qui n'est pas soi. La narratrice se retrouve dans cette position, face à ce type sur-puissant, arrogant à l'extrême, vulgaire, n'ayant peur de rien : et c'est cette extrêmité qui fait sans doute tenir l'édifice. Parallèlement à une forme de doux, bientôt alangui et proportionnel mépris d'elle-même, dans l'oubli de ce qui nous a constitué. Et un peu de la douceur reposante de s'oublier soi-même. Avec une parabole, qu'on peut avoir envie de voir : la satisfaction de ses plaisirs sans raffinement, à l'image du concept de Mac Donald's, gave, mais ne nourrit pas. Si bien qu'à la fin, quelque part dieu merci, on finit, et même le roi du hamburger par se dire : à quoi bon ? Pas de morale, évidemment, dans ce livre, ce serait trop simple. Ou alors ce serait simplement : on court après ce qu'on peut. Peu importe quoi ? Hum...

L'exercice de voltige se lit agréablement, en tout cas, et j'ai retrouvé avec plaisir Lydie Salvayre, après Pas pleurer.

Portrait de l'écrivain en animal domestique, Lydie Salvayre, éd. Points Seuil. 2007

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... 404

1 Novembre 2015, 13:22pm

Publié par LaSourisJOne

"Un mot malencontreux et je me fane. Une mine fâchée, et je m'étiole. Un méchant qui s'amène, et je flétris sur pied. Quand aux images télévisées de la misère humaine, elles m'attristent continuement".

Lydie SALVAYRE

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Notes de service, 1944-1967

1 Novembre 2015, 09:43am

Publié par LaSourisJOne

Notes de service, 1944-1967

A moins d'une passion pour Jean Vilar, ou évidemment d'une implication théâtrale et curiosité pour son travail, on imagine difficilement l'intérêt de lire ce livre.

Ces 'Notes de service de 1944 à 1967, sont une succession de lettres aux acteurs et autres textes (courriers d'autres interlocuteurs, qui donnent l'impression d'un fourre-tout de tout ce qu'on aura pu trouver du style autour de Jean Vilar). Elles sont agencées chronologiquement, n'ayant pas la prétention de raconter une histoire, ne serait-ce que l'histoire de la gestation des pièces ; aucun appareil didactique ou documentaire, si ce n'est quelques maigres notes de bas ne vient agrémenter ces échanges d'informations sur les dites pièces, dont il est fait mention. Parmi ces courriers uniquement quelques documents : photos, de Jean Vilar à l'époque et copies de quelques lettres elles-mêmes.

Je dirai que la publication brute de ces lettres manque de quelque chose.

Cependant, on découvre un peu du fonctionnement d'un homme qui marqua le théâtre au XXème siècle, est le père du festival d'Avignon, et du TNP. Que tout soit formalisé n'étonne guère, on imagine que pour faire tourner de grosses machines comme les siennes, de nombreux échanges de courriers doivent être nécessaires, et presque ça rassure : eh oui, on travaille avec du matériau humain, et derrière 'l'agencement d'une pièce réussie', il y aura eu des comédiens qui n'arrivent pas à l'heure, des comédiens qui ne rangent pas leur costume, etc, etc. Lettres d'encouragements, lettres de mise au point, efficaces et toujours allant dans le sens du projet constituent donc cet ouvrage. Les courriers avec le personnel technique des théâtre sont évidemment beaucoup moins intéressants.

Médiathèque de Saint-Malo.

Notes de service, Jean Vilar. Editions Actes Sud, Le Temps du théâtre, 2014.

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