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Le blog de la souris jaune

... 443

23 Juin 2016, 11:01am

Publié par LaSourisJOne

"Il y a parfois des vérités qui mettent longtemps à nous apparaître. Pourtant elles sont énormes, là, face à nous".

Jeanne BENAMEUR

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... 442

20 Juin 2016, 13:06pm

Publié par LaSourisJOne

Les images, quand on n'en fait rien, pèsent sur chaque millimètre carré de l'esprit".

Jeanne BENAMEUR

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La chimie des larmes

19 Juin 2016, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

La chimie des larmes

... Une fois n'est pas coutume, je vais écrire ici quelques mots de cette Chimie des larmes, au terme de 225 pages, et sans l'avoir terminé. Avant qu'il ne m'éreinte.

J'avais été séduite par la couverture, le titre, et l'histoire : en miroir, à un siècle d'écart, la douleur de la perte non assumée d'un amant, par Catherine, conservatrice-adjointe de musée ; et parallèlement, l'histoire d'Henry Brendling, riche homme d'affaires, qui veut réaliser une folie créatrice pour son fils, malade, comme s'il s'agissait de l'empêcher de mourir. Ces deux histoires qui se font écho, j'aimais bien. Mais je dois bien reconnaître que les bizarreries qui l'émaillent me font l'abandonner. L'histoire d'Henry dans la Forêt noire avec une petite communauté névrosée et étouffante, incohérente, à la lisière du rêve éveillé ou du cauchemar, me saoule. Vous lisez, vous êtes dedans, et vous dérapez dans une strate incompréhensible du récit, à tel point que j'en viens à me demander si la traduction n'aurait pas été responsable des strates bizarres du récit... En tout cas, il a raison de moi. Ces passages autour du cube bleu, du cou du cygne alors qu'un canard est sensé être construit, un canard automate, vraiment, me fatiguent. Quant à cette Catherine, bien qu'accablée par ce deuil qui lui est refusé puisqu'elle est la femme cachée, elle me saoule aussi avec ses excès et ses incohérences. D'un côté elle veut s'accrocher à cette histoire passée, se plonger dans celle-ci et on peut le comprendre, pour oublier son deuil impossible, et en même temps elle a des actes et des réactions incompréhensibles excessives, de défiance, de saccage d'une pièce importante de cette tranche d"histoire, non, vraiment, j'aurais aimé finir l'histoire, mais je me dis que trop, c'est trop, et que ce livre avec ses dérapages perpétuels dans un réel parallèle étrange est vraiment trop pour moi...

A quand un bon roman que je n'aurais plus envie de lacher ?

Médiathèque de Saint-Malo.

La chimie des larmes, Peter Carey, éd. Actes Sud, septembre 2013

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Aral

11 Juin 2016, 17:05pm

Publié par LaSourisJOne

Aral

Me voici confrontée soudain au doute quant à l'appréciation de ce livre : dois-je me fier à mon état d'esprit du moment, qui m'a fait peiner sur ce livre, ou à la qualité certaine de celui-ci, qui devrait me faire rajouter au moins un sourire aux côtés de son titre ?

En tout cas, le début m'a bien emportée, le milieu m'a fait souffrir, la fin m'a confirmée que c'était un bon livre... Mais il faut le traverser, et ce personnage n'est pas toujours très 'aimable' (depuis quand il me faut des personnages 'aimables' pour aimer un roman ?) : disons que ces réactions étonnent, parfois, voire pire, mais on essaie de se raisonner et de le comprendre, il a de sacrées circonstances atténuantes ?

Voici ici le destin croisé, dans un roman à 'atmosphère' incontestablement, d'un narrateur et de la mer d'Aral. Sourde tragédie parallèle... Dans cette partie du monde, dans un tout petit village de 700 âmes, Alexei est un héros maudit : à l'âge d'une douzaine d'années, il perd l'ouïe... Celui qui est en passe de devenir un grand joueur de violoncelle va vivre ce cruel coup du sort, ainsi que l'espèce de déni que son handicap occasionne chez ses parents... Notre Alexei a un double de coeur, depuis l'enfance : c'est Zena, son amie, son amoureuse à vie... Ces deux chemins sont magistralement donnés à voir, tout cela dans une atmosphère lourde, donc, à laquelle la disparition de la mer d'Aral, terrible désastre écologique, fait écho... L'angoisse de ce personnage, qui subit la plongée dans un monde sans 'bruit', sans paroles, et la disparition de cette source de vie est assez forte et assez insoutenable... Trois volets dans ce livre, et la transformation du héros, l'évolution du héros, après la révolte, la déception, la perte de l'être cher... tout cela lié à une interrogation sur la filiation ; l'orphelinat, qui résonne tant dans le coeur d'Alexei, est un bel aboutissement (je ne peux que rester vague, là, pour ne pas trop en dévoiler)... En filigrane discrète, mais en filigrane quand même, une toile de fond possible politique, avec le fait de subir la mainmise de la Russie responsable des maux de cette contrée, puisque ce sont les décisions de la Russie qui fut responsable de l'assèchement de la mer d'Aral... Sachant que cette histoire mèle deux temporalités à 10 ans d'intervalle, 1975 et 1985...

C'est un livre qui étouffe un peu, mais plutôt bien tenu, d'où la poésie n'est pas absente...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Aral, Cécile LADJALI, éd. Actes Sud, 2012.

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... 441

10 Juin 2016, 21:32pm

Publié par LaSourisJOne

"Il suffit pourtant d'un rayon, d'un doigt posé sur la quenouille des rêves, pour que tous les souvenirs de l'été attachés à la brûlante enfance reviennent vers la conscience de l'homme précocement vieilli et le sauvent".

Cécile LADJALI

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... 440

9 Juin 2016, 21:42pm

Publié par LaSourisJOne

"L'incertitude doit être ce qui épuise le plus. N'importe quelle vérité est bonne à dire à condition que ce soit dans la clarté".

Cécile LADJALI

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//4

4 Juin 2016, 18:30pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//4

Si je n'écris pas un peu de celui-ci, je vais l'oublier. C'est un des aspects ingrats du festival : il va bien vous falloir faire des coupes sombres dans le programme, sacrifier des auteurs que vous auriez bien écouté plus longuement s'il y en avait pas au même moment, un autre qui vous interessait un peu plus... J'ai fait le choix du coeur au profit de Nancy Huston, pourtant, j'aurais bien écouté cet échange entre auteurs de science-fiction et de fantasy autour de la 'création de mondes' et l'imaginaire plus longtemps. D'autant qu'elle se déroulait dans un lieu magique qu'un rai de lumière traversant les vitraux vient souvent éclairer d'un éclat surréel : la chapelle de l'ENSM, Intra-Muros, transformée en Maison de l'Imaginaire. Mais, chut, ne le répétez pas : sans doute parce qu'il faut le mériter, ce lieu, perché dans les hauteurs d'Intra, vous permet généralement d'entrer et de vous asseoir sans que ce soit systématiquement complet...

Donc, autour de la table ce dimanche 15 mai 2016, des créateurs d'univers, expliquant la mécanique de cette création. Ils sont à la lisière de la science, quelque part : ils partent d'un postulat, et les plus habiles vont décliner celui-ci de telle manière que tout l'ensemble demeure crédible, d'un point de vue technique et scientifique... Comme les romanciers, vous me direz, ce sont des démiurges, mais j'imagine qu'ils incorporent aussi, et en plus la donnée qui fait que le livre est science-fiction.

Tel Régis Goddyn (Grand prix de l'imaginaire en 2014) - en photo dans cet article-, qui explique que lorsqu'il écrit et qu'il crée un monde, cela implique de "repenser une société", et pour qui "la contrainte rend libre"...Il est l'auteur du Sang des 7 rois (7 tomes).

Laurent Gennefort, l'auteur d'Arago (Grand prix de l'imaginaire en 1995), connu pour son livre et univers Omale (2001), explique que s'il crée un monde qui ne serait pas rond, mais plat (son postulat de départ), il lui faut réfléchir à la façon de faire les 'jours', nuits, puisque le principe lié à la rondeur de la terre n'est plus valable...

Je ne dis pas que je n'essaierai pas, un jour, de découvrir l'un ou l'autre de leurs univers, pour découvrir leur talent de 'faiseur' de monde(s)...

. Le Sang des 7 rois, Régis Goddyn (en photo), Le Bélial

. Lum'en, Laurent Gennefort, (2015)

. Omale, Laurent Gennefort, (2001)

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//3

29 Mai 2016, 21:57pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//3

... C'est un moment fugace, qui n'appartient qu'à moi. Comme beaucoup ont pu en vivre, sans doute, puisque le salon Etonnants Voyageurs, c'est aussi cela, des auteurs sur les stands de leurs éditeurs, à des horaires qu'il faut capter, le temps de dédicaces.

Alors Rosa Montero.

Pour moi, c'est la confrontation, la première confrontation entre un auteur, que je me suis imaginée entre les lignes d'un roman, et l'être de chair, qui va être devant moi. Parfois, souvent, lorsque je lis, j'aime ne pas mettre de visage définitif sur ces géants accoucheurs de mondes et d'histoires ; mais j'y déroge pour la bonne cause ! En l'occurence, lui dire, maladroitement - comment peut-il en être autrement ? - mon attachement pour le livre que j'ai lu d'elle, L'idée ridicule de ne jamais te revoir, et que j'ai adoré, et l'en remercier. Lui dire, maladroitement encore, en quelques mots pour ne pas l'envahir à quel point cette histoire forte, ce lien du deuil qu'elle tisse dans ce livre m'avait enthousiasmée. Soulagée, de voir qu'elle semble recevoir sincèrement mes mots maladroits, mais non moins sincères, bouleversée que je suis de rencontrer en vrai, quelqu'un qui m'a offert une si belle émotion de lecture. Devant elle, de nombreux livres, que je ne connais pas, et de genres littéraires différents, semble-t-il ; alors je lui demande lequel elle me recommande... Elle me dit : "Vous qui avez aimé L'idée ridicule, alors je pense que celui-là (La Folle du logis) pourrait vous plaire". Un voyage entre vérité et fiction... Elle m'en dit quelques mots que j'ai oubliés, je suis convaincue, et bien sûr je suis son conseil, et je lui demande une dédicace. Je retrouverai ses mots, écrits pour moi, lorsque j'y plongerai pour le lire.

L'être de chair Rosa Montero a sur ses bras, des tatouages qui lui vont bien. Et sur le haut de son dos, ces mots, dans sa langue maternelle : ni pena, ni miedo, qui se traduit littéralement par ni la douleur ni la peur, mais qui d'après l'histoire d'Amérique latine, équivaut au "No shame, no fear"...

. La folle du logis, Rosa Montero, éd. Métailié, 2004.

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//2

29 Mai 2016, 21:39pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//2

Le récit de mon souvenir dans le sillage de Nancy Huston ce dimanche 15 mai 2016 lors d'Etonnants Voyageurs ne serait pas complet sans l'épisode qui suit.

Petit retour en arrière : Nancy Huston, en pénétrant dans la salle comble, reste debout, et nous dit : "je pense à tous ceux qui voulaient entrer et qui n'ont pas pu ; je propose une petite lecture à l'issue de cette rencontre, quelque part, là, dans le hall, par exemple".

Et c'est ce qui s'est passé. Un merveilleux moment de grâce et de générosité.

A l'issue de son intervention, déjà belle, nous avons tous quitté la salle ; une poignée a attendu, avec elle, à ses côtés, que la foule se disperse et pénètre dans la salle pour la conférence suivante. Et puis elle a ouvert son exemplaire du Club des miracles relatifs, et elle nous a emporté dans sa lecture. Elle était debout, nous étions assis, sur des fauteuils faisant cercle autour d'elle, une quinzaine de chanceux pour ce moment improvisé. C'était beau, poignant, parce qu'elle donnait sa voix aux personnages qu'elle avait créés. Elle a lu la rencontre de Varian avec une psychologue ; donnant à la voix de Varian les hésitations troublées que l'on avait pu imaginer dans ce qu'elle nous avait décrit de lui. Un très beau moment poignant.

. Le club des miracles relatifs, Nancy Huston, éd. Actes Sud, 2016.

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//1

29 Mai 2016, 11:27am

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//1

Que restera t-il de ces moments magiques, dans quelques mois, dans un an ? Ces moments forts, faits de rencontres et de partages de mots pendant trois jours à Saint-Malo se dilueront dans l'espace ingrat de notre mémoire... Alors je décide d'en garder trace ici.

Et je commence par l'un des moments suspendus de celui-ci, en un lieu où les rencontres sont généralement riches et denses, parce que consacrées à un auteur et à une de ses oeuvres en particulier, loin du survol : au rez-de-chaussée du Nouveau Monde, sur le Sillon.

Ambiance : la file d'attente est très, très largement fournie, et le bénévole qui veille de main de maître, en pivot central de ce purgatoire, s'agite, efficacement, compte et recompte : seules 13 personnes seront élues. Seules 13 personnes auront la chance d'entrer dans la salle N°2 pour écouter Nancy Huston, ce dimanche 15 mai 2016 à 15h. J'aurai ce privilège.

Je m'asseois par terre, j'ai mal au dos, mais j'écoute, et je bois les mots de cette belle femme sensible, de cette belle femme aux yeux d'eau, qui se donne dans ce moment presque intime alors même que nous sommes une centaine, recueillis, à boire ses paroles.

Ecrire

"Ecrire est ma façon de supporter le monde", nous dit-elle. "J'ai l'impression que je regarde la réalité tellement en face qu'elle me blesse plus que l'ordinaire". Troublants échos, en moi. Elle poursuit :

"J'ai toujours été fascinée par les mots, y compris les sons des mots ; si je n'ai pas la radio allumée, c'est que j'ai des voix, des personnages en moi qui me parlent".

Extraits, Nancy Huston :

La tare - pépite. "Souvent, ce qu'on a considéré comme une tare dans l'enfance, c'est ça la pépite, ce qu'ils doivent aller creuser, tous les artistes vous le diront. Si je le couvre, ça ne va pas être intéressant du tout, si j'en parle, ça va être intéressant et pouvoir être partagé".

Complexité de l'humain. "On est des écosystèmes extraordinairement complexes".

Innocence. "Je pense que ce n'est pas bien pour un auteur de comprendre ce qu'il fait, sinon, il ne peut plus le faire".

Liberté et sécurité. "La majeure partie des gens ne sont pas dans une quête de la liberté : c'est la sécurité, la quête. Et on est prêts à sacrifier énormément de liberté au nom de la sécurité".

Son dernier livre, Le club des miracles relatifs :

L'histoire du jeune Varian, issu d'un couple d'amoureux transis. Un Varian hyper-sensible, mis à mal par l'obligation de grandir dans un univers pas à sa mesure. Dans un univers monstrueux.

"Le meilleur engendre le pire, et inversement ; on veut toujours bien faire, les choses se transforment en leur contraire, toutes les mères savent ça...

Je voulais explorer deux formes de 'monstruosités' : "l'une humaine, l'autre inhumaine, les faire se rencontrer, qu'est ce qui se passe ?

"J'ai écrit une fiction : je ne veux pas mélanger militantisme et art

"Qui sommes-nous, les humains, qui avons fait ça ?

Plus on est en contact avec nos écrans, plus nous nous comportons comme des machines"

"Peut-être j'ai écrit ce livre pour répondre à mes propres pulsions de meurtre dans certaines situations" !

. Le club des miracles relatifs, Nancy Huston, Actes Sud, 2016

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