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Le blog de la souris jaune

La musique des Kerguelen :)

23 Janvier 2017, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai beaucoup aimé ce livre, que je n'ai pas lâché, sur la fin, tenue par l'histoire de ce personnage secondaire qui devient central... Vassili.

Donc : dépaysant, pour qui n'a pas l'habitude des récits maritimes, moi en l'occurence. Parce que soudain vous êtes en mer, En mer, avec le narrateur, même s'il vous entraine par le biais d'un récit de son passé, puisqu'il boucle la boucle avec un concert, fort, et riche de sens une fois qu'on a lu le milieu, le coeur du récit.

Le navire, le Marion Dufresne, sur lequel navigue le narrateur se rend sur l'île de la Réunion. Il a un certain nombre de missions, et on vit avec lui la navigation, la fatigue, les quarts, les responsabilités vis à vis de l'état... Et puis, un navire doit être arraisonné, un navire qu'ils croisent, en plein ocean, et qui a à son bord deux scientifiques, un staff de japonnais, et des marins russes. Et puis une mutinerie, pressentie par une des scientifiques. Des morts. Et le Marion Dufresne doit intervenir, prendre à son bord les survivants. Le narrateur va se prendre d'affection pour l'un des marins russes, Vassili, pour lequel on s'attache de plus en plus en même temps que le narrateur. Et même si l'on apprend qu'il est recherché par les autorités russes... Il y est question d'amitié, de confiance au ressenti. Confiance que lui inspire ce marin russe, petit à petit et de plus en plus. Question de choix, ensuite, de prises de décisions, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques ou si graves... Qu'est ce qu'on peut faire, à son niveau, pour infléchir les choses, le cours des choses, et sauver une vie ? Sans doute beaucoup, sauf si on décide de fermer les yeux. Ou si l'on rivalise de déveine. Ou si l'on se fie à son supérieur hiérarchique...

J'ai été emportée par l'histoire touchante, bouleversante, qui nous est livrée petit à petit, si bien que l'on doute aussi, de Vassili, le marin russe violoniste, aux doigts arrachés... C'est très beau, et très touchant, jusqu'à la fin. Histoires d'amitié, d'amour, de foi...

Un joli récit, qui nous mène aux confins des Kerguelen, et de la musique que le vent fait naître dans la petite chapelle qui constitue un des rares hâves de paix de l'île...

Médiathèque de Saint-Malo.

. La musique des Kerguelen, Olivier Bass, éd. La Découvrance, oct. 2009.

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Cassandra au mariage :)

20 Janvier 2017, 19:22pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il est étonnant, ce livre-là. Un roman de l'intériorité double, gemelle, fraternelle, tout autant qui fait écho à toutes les parts d'ombre et de lumière qu'on peut avoir en nous...

Deux soeurs, jumelles, donc, Cassandra, et Judith. Nées à 11 minutes d'intervalle. On les rencontre alors qu'elles ont 25 ans, leur voix nous fait oublier leur âge, d'ailleurs... On lit l'une, Cassandra, d'abord, puis l'autre, Judith. Et leurs deux visions, les deux manières qu'elles ont d'aborder la vie tout en étant, tout en ayant été extrêmement liées. Cassandra reste véritablement 'éprise', irrémédiablement liée à cette soeur pour qui elle respire. Elles ont vécu ensemble, pendant leurs années étudiantes. Et puis on apprend que Judith, partie, va se fiancer. Cassandra rame, avec sa solitude, sa vie, et s'accroche à cette seule idée qu'elle va revoir Judith. Et puis on lit Judith. Qui elle a fait le choix d'aimer l'autre, pour avoir une vie 'normale'. Alors, un fiancé, qu'elle aime, et va épouser. Ce que Cassandra ne peut, d'abord, comprendre. Hors de son entendement. L'histoire commence avec le voyage qu'elle entreprend pour retourner à la maison familiale, pour retrouver JUdith, et sans doute lui faire comprendre qu'elle ne peut épouser personne... 

Huis-clos de la famille, avec le père, et la grand-mère. La mère est morte. Famille lettrée, père philosophe, grand-mère attachée à ce qui se fait... Ils sont attachants ces personnages-là, avec leurs manies, leurs fragilités, leurs certitudes, qu'on nous donne à voir. Ils nous sont rendus attachants, sans doute parce qu'ils nous sont donnés à voir par le prisme du regard de l'une ou l'autre des frangines, et qu'il y a de l'amour, en plus de l'agacement quant à tout ce qu'on connaît si bien de ses 'parents', et qu'il se sent. 

Et puis il y a Cassandra, le geste, lorsqu'elle perd pied. Ceux qui la sauvent ou la veillent. L'abdication. Entre force et fragilité, cette abdication ressemble à celle qu'on n'a d'autre choix d'avoir quand l'être aimé est parti/doit partir.

J'ai aimé ce roman profond, intime, et sa double voix.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Cassandra au mariage, Dorothy Baker, 1962 (Etats-Unis) ; éd. Pavillons poche, Robert Laffont, 2013.

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... 467

20 Janvier 2017, 19:18pm

Publié par LaSourisJOne

"La vie ne nous offre jamais rien qui ne puisse être considéré aussi bien comme un point de départ que comme une fin".

André GIDE

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... 466

14 Janvier 2017, 19:00pm

Publié par LaSourisJOne

"Acheter une voiture en anticipant ses futures pannes et sa revente relevait d'une conception du plaisir automobile - et plus largement de l'avenir - qui m'échappait totalement".

Emmanuel VILLIN

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La Réserve :)

14 Janvier 2017, 14:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu de Russel Banks, et c'est une belle découverte, par le biais de cette Réserve, en tout cas. 

J'ai craint d'abord d'être entré dans un livre à la Fitzgerald, que je n'aime pas particulièrement pour ce que j'en ai lu, avec une peinture assez classique de la haute société.

Heureusement, Russel Banks nous fait suivre un chemin plein de surprises, et on n'en reste pas à la peinture de société clivée et de surface. 

Ce que je retiens de ce livre-là, c'est la singularité de ce personnage, Vanessa Cole. Et la façon dont l'auteur tisse l'histoire, en mêlant les destins de quatre protagonistes principaux, habilement, inextricablement, et des protagonistes secondaires qui viennent apporter le rouage dans le mécanisme et la formation, en tout cas l'évolution de ces couples improbables. Jordan, le peintre, fier, et Alicia, son épouse, Vanessa, l'indomptable fille riche, la rebelle, à la lisière de la folie, et le guide, d'un autre milieu social, qui va interférer de façon indélébile dans la vie de ces trois-là. Au sein d'une Réserve, celle des Adirondacks aux Etats-Unis. 

J'ai aimé l'idée selon laquelle certains choix de vie peuvent en exclure d'autres, que l'on jugera plus secondaire, pour privilégier et maintenir les premiers ; les rouages de l'amour, loin d'être convenus, plutôt pragmatiques et justes ; j'ai aimé encore l'idée assez intéressante du décalage entre l'image que l'on donne, qui peut induire, dès lors qu'on creuse et qu'on se rapproche de l'intime, une toute autre facette. Illustré de très habile façon ici.

Et puis le fait que l'on ne saura jamais, si le traumatisme que Vanessa s'imagine est réel ou imaginé ; là encore, très proche du réel : ce qui compte ce n'est pas ce qui a été vécu, c'est finalement ce que l'on croit avoir vécu, et ce que l'on en fait. A ce titre, le 'fil' que l'auteur tire de Vanessa et de la croyance qu'elle a vécu avec son père des épisodes enfantins troubles, alors même qu'elle aura peut-être l'occasion de le vérifier (et l'on se dit, jusqu'au bout, on va savoir, si ce qu'elle pense est vrai !), elle décide - alors que cela pourrait la guérir ? - de ne jamais savoir, en enterrant le dossier, au sens propre. Peut-être parce que : si c'est vrai, comment vivre avec ? Et si c'est faux, comment vivre avec cette nouvelle donnée qui fait que tout ce que l'on a toujours pensé ne tient pas ? Alors autant ne pas savoir. 

C'est très intéressant. 

Et évidemment, les épisodes sombres qui arrivent et obligent encore à des choix, donne de l'aspérité à ce livre qui mérite le détour.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La Réserve, Russel Banks, éd. Actes Sud, 2008 (2007 aux Etats-Unis).

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... 465

4 Janvier 2017, 08:46am

Publié par LaSourisJOne

"C'est pour les mêmes raisons qu'on déteste une personne ou qu'on l'aime. Surtout si cette personne se trouve être votre père ou votre mère".

Russel BANKS

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La variante chilienne :))

28 Décembre 2016, 09:42am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Dès le début, je me suis coulée avec plaisir dans le livre de Pierre Raufast. Avec plaisir, jubilation... J'avais envie de revenir à ces trois pieds nickelés de la vie - non, ces deux pieds nickelés et cette adolescente - réunis par le partage. J'allais écrire par les souvenirs, mais ce n'est pas tout à fait ça. Ce qui prévaut ici, c'est plus la générosité, car les récits de souvenirs peuvent être tellement chiants et ennuyeux ! Je suppose que ce qui détermine et change cela, c'est l'intention... Bref. Là, j'ai été conquise par ces deux personnages, le professeur de lycée qui part avec son élève, absolument pas pour une romance, mais pour l'aider à changer d'air. Cachée sous une couverture... Et qui ont loué un gîte dans un endroit paumé, non loin de la maison d'un retraité... Qu'il ne tarderont pas à rencontrer. Un type qui, marqué par un coma, perdit il y a longtemps les émotions. Aussi, comme les souvenirs seraient liés aux émotions, il a gardé de sa vie dans des bocaux des petits cailloux, tous différents les uns des autres, et chacun lui permet de retrouver son souvenir. C'est charmant. Tout aussi charmant et attachant que ces cailloux qui volent en éclat parce qu'ils ont sans doute moins de prix qu'un seul moment présent intense vécu... 

Le principe de ce récit est un vaste enchevêtrement d'histoires, en poupées gigognes... Et pourtant tout se tient, se répond ; on ne se demande même pas si c'est crédible, on s'en fout. Ce qui compte, ce sont ces trois-là, ce qu'ils se donnent ; le monde pourrait avoir disparu. 

Le titre aurait pu me faire peur, il désigne en fait la variante d'un jeu de cartes (d'Amérique du Sud) dont la partie peut durer des heures, ou plusieurs jours, comme notre Florin (le voisin) le raconte, lors d'une savoureuse narration d'une partie épique...

J'ai vraiment adoré.

Bibliothèque d'Evran.

. La variante chilienne, Pierre Raufast, éd. Alma, août 2015.

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... 464

27 Décembre 2016, 17:36pm

Publié par LaSourisJOne

"Le monde se trompe. Vous croyez que c'est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l'a dit. Moi je vous dis que c'est ce que vous donnez qui vous fait riche".

Pierre RAUFAST

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Joyeux Noël à vous !

25 Décembre 2016, 10:55am

Publié par LaSourisJOne

Puisse le Père Noël déposer au pied du sapin pour vous cher lecteur, un monceau de belles lectures, qu'il aura choisi avec soin, pour les dépaysements, les émotions, les évasions qu'elles pourraient vous procurer ! Rien de tel, n'est-ce pas ?

JoYeux NoEl à vous,

et merci de ces échanges par le biais de ce blog qui sont aussi des cadeaux :). 

La Souris Jaune

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Lettre d'une inconnue

25 Décembre 2016, 10:37am

Publié par LaSourisJOne

Période où je relis les Stefan Zweig que j'ai tant aimés.

Celui-ci ne m'a pas conquise. Evidemment, est encore prodigieuse cette histoire, mais là, les personnages m'ont laissé en dehors, même le propos, je l'ai trouvé ressassé, répétitif, ce cher Zweig si génial a bien le droit à ses 'fragilités' me suis-je dit... 

En tout cas, une enfant, 13 ans. Qui vit à Vienne, avec sa mère, une existence austère. Sans doute sans évasion. Son évasion, elle va la trouver tout enière à travers son voisin, dont elle décide de tomber éperdument amoureuse. Et ce jusqu'à sa mort. C'est le récit d'une obsession monomaniaque - ça ne nous étonne pas, Zweig y excelle à les dépeindre - une passion amoureuse exclusive et excessive - là aussi. Conjuguée à une personnalité effacée, qui peut se justifier par la rugosité de son milieu social, du cadre où elle a grandi, cela donne aussi un personnage fier, peu sûr de sa valeur, et qui va sacrifier sa vie à son souvenir. Mythifié, le garçon ne lui apportera jamais d'attention. Même lorsqu'elle le retrouve alors qu'elle a 18 ans, et qu'en séducteur il l'invite à dîner et qu'ils passent la nuit ensemble, même encore 9 ans plus tard alors qu'elle s'est débrouillée pour avoir les faveurs d'un riche amant, et qu'ils élèvent -momentanément, car elle ne veut épouser personne autre que son cher amour - le fis qu'elle a eu de cette union de quelques nuits, de cet homme dont elle s'est épris. 

On lit tout cela par le biais d'une lettre, qui arrive entre les mains de ce voisin adulé, et alors que Zweig a pris soin de nous ôter tout espoir d'union ou de rapprochement : on sait d'emblée que le fils est mort, et qu'elle va l'être aussi, s'il reçoit sa lettre. Tragique, évidemment. Mais j'avoue que, si d'habitude je me laisse sans aucune hésitation emporter par la fougue et le talent de Zweig, il n'a pas suffi cette fois-ci. Sans doute que c'était trop, cet excès, cette obstination, cette sottise, cet entêtement... Même si en effet elle explique que si elle a préféré ne pas se faire connaître de lui en lui disant qu'elle avait un fils de lui, c'est parce qu'elle ne voulait pas qu'il l'aide à contre-coeur. J'ai été peu séduite par ces deux personnages-là, je l'avoue, et sans doute moins qu'à la première lecture.

. Lettre d'une inconnue, Stefan Zweig, 1922. Ed. Le Livre de Poche. 

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