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Le blog de la souris jaune

... 454

13 Novembre 2016, 09:44am

Publié par LaSourisJOne

"J'avais l'idée que les relations amoureuses avaient un rapport avec la philosophie. Il y était question de vérité et d'illusion".

Nina BOURAOUI

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... 453

13 Novembre 2016, 09:21am

Publié par LaSourisJOne

"Je restais discrète, me protégeant des mots, le langage pouvant lui aussi défaire les vérités".

Nina BOURAOUI

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L'espionne de Tanger :))

6 Novembre 2016, 18:57pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

L'histoire de ce livre se déroule dans les années 30 en Espagne, puis pendant la seconde guerre mondiale en Espagne et dans le protectorat espagnol du Maroc. Autour du personnage principal, une jeune femme, Sira, espagnole, donc. A partir de son histoire d'amour, choix amoureux, point de départ de sa vie telle qu'elle le sera. On voit que ce coup de foudre, laissant alors l'homme avec qui elle s'apprêtait à se marier, va orienter toute sa destinée. 

A partir d'une trahison, Sira va lentement quitter la naïveté. Confrontée au réel brutal. A l'obligation de compenser la trahison pour pouvoir s'en sortir. 

Pas à pas, on va suivre la jeune femme dans la vie qu'elle se trace, avec cette marge de manoeuvre très ténue qui est la sienne. Et s'étonner de la rigidité qu'elle met dans certains choix. Comprendre comment cette femme, pragmatique, va se mettre au service d'un pays, parce que cela correspond à sa croyance d'éviter la guerre. La scène qui l'amène à s'y décider est assez intéressante, elle hésite, et c'est un échange avec sa mère, sobre, qui va la décider. Sa mère qui lui dit : si ton action peut aider l'Espagne à éviter de vivre encore une guerre, alors fais le. Et c'est ainsi que Sira va entrer dans un système de fonctionnement extrêmement contraignant pour elle, avec la conviction jamais remise en cause de servir son pays. J'aime ce journaliste qui croise sa route, on enrage de ne pas la voir tout lacher pour le suivre... On suit tous ces personnages avec bonheur, le récit est dense mais tient en haleine toute la durée de ses 600 pages. 

J'ai beaucoup aimé.

Et c'est à Luocine que je dois cette lecture ! Merci Luocine ! 

L'espionne de Tanger, Maria Duenas, éd. Robert Laffont, 2012 (2009 pour l'édition espagnole).

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Le pacte du silence :))

19 Octobre 2016, 19:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je dois reconnaître que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. L'histoire d'Elisabeth, femme d'environ 57 ans, active, chef d'une entreprise florissante de porcelaine à côté de Limoges. Au coeur de sa vie, marquée par un lourd secret, tu à son fils unique Louis élevé seul au delà de ses six ans, sans que ce fils en connaisse la raison. Adulte, à et à l'occasion d'une 'gaffe' de la grand-mère dont on fête le centenaire, qui mentionne la prison faite par son père, le fils interroge et veut savoir. Et Elisabeth va être obligée de déterrer ce passé qu'elle a tout fait pour enterrer. Tout en ne se donnant pas le droit de reconstruire vraiment une autre vie. En s'astreignant au travail... C'est assez passionnant, tous ces personnages qu'on va découvrir, cette famille dont on va suivre de près les membres, au fil d'une enquête qui va nous tenir jusqu'au bout en haleine, avec envoi de messages anonymes en prime en haleine, sur les traces de la reconstitution de ce qui s'est passé, via un détective privé. Il y a ceux qui ont besoin de la vérité pour continuer à avancer, et ceux qui ont tout intérêt à la cacher, ou qu'elle demeure tue. 

Il y a bien sûr un peu trop de trahisons sur la trajectoire d'Elisabeth, mais son évolution, son cheminement, ses affrontements avec son fils, ses croyances, ses certitudes balayées, tout cela est très intéressant. Ainsi que la reconquête de... Ah non, je vous dis pas. :)

Merci chaleureux à Sophie, pour la découverte !

. Le pacte du silence, Martine Delomme, éd. Calmann-Levy, 2016.

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Marilyn Monroe :))

12 Octobre 2016, 22:00pm

Publié par LaSourisJOne

Marilyn Monroe :))

Biographie.

Cette biographie de Marilyn Monroe se lit comme un roman. Sauf qu'on voit, sans que la lecture en soit alourdie - de nombreuses notes de bas de pages, ou en annexes, référencent précisément les sources - que le récit est largement documenté. Que l'auteur a pris le temps du recul, de l'analyse. Et c'est tout à la fois cela qu'elle nous livre, en même temps que le récit de la jeune star la plus adulée au monde : l'analyse, la perception sensible d'une vie.

Elle nous raconte son enfance, et va y chercher les prémisses d'une existence profondément douloureuse. J'avais déjà lu une biographie beaucoup plus factuelle de l'icone américaine blonde, là, j'ai l'impression d'avoir ressenti les tourments qu'elle a pu vivre tout au long de son existence. Les tourments, les joies, les humiliations, les attentes, les désillusions. Son lourd passé familial n'est pas aidant, et on a l'impression qu'elle l'a trainé toute sa vie. Y compris dans sa quête d'amour et de reconnaissance perpétuelles. L'envers du décor, les tournages de ses films (de véritables chemins de croix pour les équipes, compte tenu du manque de confiance en elle qui la fait arriver des heures en retard pour chaque tournage), leur perception par le public et la souffrance qu'elle met pour y arriver est touchant. Les hommes de sa vie, ceux qu'elle a aimé, et pourquoi ; victime des passions de ceux qui l'entourent la plupart du temps éblouis par ce qu'elle donne à voir, elle traverse la vie comme en sursis. La liste des films qu'on lui propose la meurtrit, dépitée qu'elle sera éternellement de n'être que cette femme-objet, rôle dans lequel on la cantonne, elle tout à la fois à l'origine de cette image, et profondément victime de celle-ci. Anne Plantagenet nous donne à voir une femme fragile, au corps adulé par la planète, et qui l'utilisera pour exister... L'auteur a la grâce qu'aurait attendu Marilyn de ne pas nous livrer sa mort en pâture, de cesser son récit en nous expliquant que oui, des parts d'ombre subsistent autour de sa mort, ce 4 août 1962, avec les autopsies multiples et l'acharnement qu'on a pu mettre à scruter chaque parcelle de son corps comme de son vivant, mais justement, elle se refuse à se livrer à la même manoeuvre qui causa sa destruction.

Di Maggio le cogneur qui fit livrer chaque jour pendant 20 ans une rose rouge sur sa tombe, Arthur Miller l'intellectuel qu'elle voulut tant, les Kennedy, plongée au plus près d'un mythe rendu à sa nature de femme fragile au destin douloureux derrière les éclats.

J'ai beaucoup aimé.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Marilyn Monroe, Anne Plantagenet, Editions Gallimard, 2007. Folio biographies, 2012.

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... 452

9 Octobre 2016, 17:34pm

Publié par LaSourisJOne

"Une vie se construit aussi - essentiellement ? - sur des mensonges, des non-dits, des mystères."

Anne PLANTAGENET

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Bugaled Breizh, 37 secondes :)

8 Octobre 2016, 11:38am

Publié par LaSourisJOne

Bugaled Breizh, 37 secondes :)

BD.

Je sais que je ne lis que très rarement des bandes dessinées. Mais j'ai eu envie de me plonger dans l'histoire tragique de ces marins disparus en mer du Bugaled Breizh. Et j'ai beaucoup aimé. Evidemment, c'est un formidable hommage, engagement, de la part de deux artistes pour ces familles endeuillées, comme un cadeau témoignage qui grave dans l'histoire les cinq marins et leur bateau mystérieusement enseveli par les eaux un certain jour de 2004 ; je trouve déjà la démarche puissamment touchante.

Après m'être étonnée que cette bande dessinée soit en noir et blanc, j'avoue m'être laissée emporter par l'histoire et les dessins. La bande dessinée ne manque pas de rythme, je trouve les dessins très habiles, justes, non verbeux, efficaces ; de même pour le texte. Lorsque des BDs me tombent des mains c'est qu'une image, ou une bulle sont inutiles, lorsqu'une bulle fait la paraphrase du dessin par exemple (autant ne rien écrire dans la bulle !!). Ici, on est loin de cela, c'est percutant, et jamais inutile. Parfois technique pour les non-marins, cela dit, c'est un aspect absolument nécessaire compte tenu du propos, et on le comprend aisément.

Evidemment, le parti-pris de la personnalité du journaliste-enquêteur (souvent adoptée pour incarner des enquêteurs !) revenu de tout, en deuil éperdu de sa femme et donc s'alcoolisant, n'aurait pas manqué de m'agacer si la BD ne m'avait pas complètement séduite. Donc, fi du cliché.

Je n'ai pas non plus été très fan de la fin, oh, juste la dernière page avec le bateau en papier et l'enfant, comme s'il n'était pas facile de trouver une chute à une histoire comme celle-là, et ma foi, on peut vraiment l'imaginer. Ce sont cependant les rares minuscules bémols, car j'ai été convaincue par les images et les textes efficacement mariés. Je trouve aussi le titre '37 secondes' très fort et absolument bien trouvé : 37 secondes, c'est si court, et pourtant, dans la vie de cinq familles, ces 37 secondes-là, elles sont si cruelles...

. Bugaled Breizh, 37 secondes, Pascal Bresson et Erwan Le Saëc, éd. Locus Solus. Octobre 2016.

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Le naufragé de la méduse :)

2 Octobre 2016, 12:12pm

Publié par LaSourisJOne

Le naufragé de la méduse :)

Roman ado (A partir de 13 ans).

Ce roman de Catherine Cuenca nous plonge, entre fiction et réalité, dans le cercle proche du peintre Géricault, fameux peintre du XIXème à l'origine de Scène de naufrage (titre originel réel du tableau), ou plutôt du célèbre Radeau de la Méduse. On va suivre, par le prisme d'une jeune fille qui est la fille de la concierge de Géricault, amoureuse de l'apprenti-peintre Jamar du grand maître, toutes les péripéties autour de la genèse de ce tableau (romancées), et aussi, l'histoire passionnante du naufrage de la Méduse, survenu en 1816. Et si dans tous les esprits de l'époque ce fait-divers terrible, autour d'un mauvais choix monarchique d'un commandant qui n'avait pas navigué depuis 20 ans, le naufrage était toujours bien présent, sans le tableau de Géricault, qui sait ce que l'Histoire en aurait véritablement gardé ?

On est donc entrainés au coeur de la genèse (imaginée) du tableau, avec des enjeux de vie et de mort, car il n'est pas du goût de tous de laisser parler un tableau... En outre, Géricault a pris le parti-pris de représenter sur sa toile des hommes blancs et des hommes noirs se donnant la main, ce qui était clairement à contre-courant à l'époque, puisque l'esclavage était encore au coeur de l'économie, qu'il ne fut aboli qu'en 1848...

Ce n'est pas merveilleusement écrit, on n'évite pas certains clichés de caractères, mais l'histoire est efficacement menée, le suspense très bien ménagé, les issues irrémédiablement cruelles, parfois ! Dur de nous donner l'espoir, et de nous le retirer aussi vite, vous comprendrez si vous lisez le livre, on vit exactement - et même plus, d'ailleurs - ce que peut ressentir l'héroïne), dont j'ai oublié de vous dire que le père est l'un des marins portés disparus en mer sur ce fameux radeau de la Méduse... Quinze naufragés auraient survécu à ce naufrage, avec des version discordantes, c'est ce qui sans doute a accentué la fascination pour cette histoire...

Cela donne envie de se précipiter au Louvre et de contempler longuement ce Radeau de la Méduse, merveilleux témoin, à sa manière, d'une tranche du passé.

En cela l'objectif est formidablement atteint !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le naufragé de la Méduse, Catherine CUENCA, éd. Bulles de Savon, février 2016.

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... 451

28 Septembre 2016, 23:14pm

Publié par LaSourisJOne

"Celui qui, appelé à conduire un Etat, ne s'en tient pas toujours au bon parti et qui demeure bouche close par crainte de qui que ce soit, celui-là, aujourd'hui et toujours, est pour moi le dernier des hommes".

SOPHOCLE

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Un homme dangereux :)

26 Septembre 2016, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

Un homme dangereux :)

Roman.

C'est un livre sur lequel il n'est pas facile d'écrire. Un livre en miroir, en loupe, qui pourrait aussi bien être un roman qu'une autobiographie, avec scrutation de son propre passé, et mise en lumière de sa propre vie de manière fulgurante et déconcertante si l'on y pense par ce passé.

C'est donc l'histoire d'Emilie, mariée, deux enfants, écrivain (ça pourrait être l'auteure ?), insérée dans un milieu artistique parisien, auteur de films, et de livres pour lutter contre l'antisémitisme, et la haine primaire. Située clairement dans un présent qui nous est trop familier, si bien qu'aucune distorsion ne peut véritablement s'opérer. Mariée à un médecin depuis longtemps, le couple vit ensemble, sans plus se toucher. L'un à côté de l'autre. Elle a un amant qui ne porte pas à conséquence. Et puis elle rencontre un type, de son milieu littéraire, qui lui est présenté par une connaissance commune, et qui est en tous points odieux. Décrit fidèlement, sans concession, on ne peut que se demander ce qui fait qu'elle s'accroche, et fantasme sur ce type. Il est beaucoup plus vieux qu'elle, il est moche, il est désagréable. On suppose qu'il exerce par le verbe une certaine fascination sur elle. Toujours est-il qu'elle va commencer par attendre des signes de lui, entretenir une espèce de flamme, recevoir du mal de ce type, et pourtant continuer. Lorsqu'elle voudra échapper à ses griffes, avec l'aide de son mari, elle ne se relèvera guère. Il lui faudra écrire, écrire sur cela, pour finalement plonger dans ses racines familiales, l'histoire de sa grand-mère, aiguillée par ce type odieux qui se comporte avec elle de manière antisémite et humiliante qui plus est, pour découvrir que, comme sa grand-mère, elle n'échappera pas au mal engendré par un type machiavélique qui la détruira...

Et en cela elle compare ces destins individuels à ceux que la France réserve à ses juifs... C'est difficile à comprendre, difficile tant il y a de mal et de perversité, mais c'est un ressenti qui ne peut être contesté, car face à la haine de soi distillée par l'autre, comment réagir ? Comment ne pas intérioriser, si l'on est fragile, la haine de soi ?

On se sauve en écrivant, mais on s'y perd aussi...

. Un homme dangereux, Emilie Frèche, éd. Stock, septembre 2015 ; J'ai Lu, juillet 2016.

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