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Le blog de la souris jaune

... 444

8 Juillet 2016, 09:47am

Publié par LaSourisJOne

"Un poète est un monde enfermé dans un homme"

Victor HUGO

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Au bout du voyage

2 Juillet 2016, 17:52pm

Publié par LaSourisJOne

Au bout du voyage

... Bon, ce livre est bizarre. Lorsque j'étais tentée de me couler dans une histoire qui pouvait avoir son petit piment, son suspense, il y avait de loin en loin des petites choses qui me gênaient. D'abord, l'incohérence de l'âge, quand même, selon moi : l'héroïne, Mila, a 12 ans. Pourquoi lui avoir donné 12 ans ?? Ah oui, parce que le sujet du livre était : l'apprentissage, parfois rude (ça c'est intéressant) du monde adulte par un enfant. En cela, c'est plutôt bien fichu, puisque le livre nous donne à voir qu'il n'est pas si simple de juger, et que donc, dans la posture d'un enfant on peut se retrouver face à des adultes qu'on pourrait vouloir juger très sévèrement, alors qu'ils ont pu, par faiblesse, par lâcheté, par maladresse, se laisser embarquer dans des situations d'erreurs... Ca a le mérite de dire : eh oui, les vies ne sont pas parfaites, on se goure, on fait du mal, et parfois on est encore plus empêtré pour s'en sortir parce qu'on a alors à gérer le cortège de culpabilité, de perte de confiance en soi, etc... Ca c'est plutôt pas mal, surtout qu'on découvre cela au fil de l'histoire au rythme de l'héroïne, Mila, 12 ans, donc. Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est la maturité psychologique de l'enfant, et le décalage entre le père et Mila, justement : on a un père ici très agaçant, très faible d'ailleurs dans sa caratérisation, et j'avoue qu'il m'a beaucoup saoulé, ce père qui va à Etats-Unis avec sa fille donc, parce que c'était prévu comme ça pour un petit voyage : dont le meilleur ami - qu'ils vont voir, là-bas - s'est fait la malle, qui met une mollesse absolue dans toute cette histoire, y compris semble t-il dans les échanges alors même que c'est son meilleur ami, et la femme de son meilleur ami. Et en plus on apprend au fil de l'histoire qu'il avait été prévenu par lui qu'il partait, il ne dit rien à Mila, alors qu'elle se pose énormément de questions quant à cette disparition et qu'elle la prend très à coeur. Je ne comprends pas dans le parti-pris narratif pourquoi il n'a pas été décidé que cette aventure, ils la vivent, mais qu'au moins, il ne la prenne pas pour une conne, avec ce jeu de dupe, où elle cherche, espère, alors que lui, le père, a déjà des éléments de réponse ?

M'ont agacé encore de petites choses ponctuelles, moins gênantes : pourquoi Mila appelle t-elle son père et sa mère, dans la narration par leur prénom ? J'ai eu du mal à m'y faire.

Je trouve en outre qu'en lui donnant 15 ans, le roman aurait tout autant fonctionné, et aurait même été plus crédible.

Je précise encore qu'on reste quand même un peu sur sa faim au niveau de l'histoire, tout cela s'effiloche un peu finalement...

Hormis ces réserves, eh bien on est dans la peau d'une adolescente (euh, d'un âge indéterminé), plutôt observatrice et psychologue, et on traverse des contrées américaines enneigées (on retient surtout la neige, pas de caractérisation de l'Amérique particulière dans ce récit je trouve que ça pourrait finalement se passer n'importe où).

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au bout du voyage, Meg Rosoff, éd. Albin Michel, Wiz, septembre 2014.

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Otages intimes :))

23 Juin 2016, 21:53pm

Publié par LaSourisJOne

Otages intimes :))

Je ne m'étonne pas que ce livre de Jeanne Benameur soit de ceux qui laissent leur empreinte.

C'est l'histoire d'Etienne, photographe de guerre. Retenu otage, lors d'une de ses missions. Le récit intime de son retour à la vie, après sa libération. Tout en nuances, en subtilité. Mais c'est aussi l'histoire d'un trio amical. Etienne était l'ami d'Enzo et de Jofranka. Ils ont grandi ensemble. Enzo a choisi de rester au village et de travailler le bois, avec sa force intérieure ; Jofranka a comme Etienne choisi l'ailleurs, rude, avocate des femmes victimes des guerres. L'histoire de ce trio, soudé par la musique également pendant leur enfance aux liens très forts, se fait écho. Et c'est aussi l'histoire d'Irène, institutrice, la mère d'Etienne, qui a accompagné ces trois-là. On lit les blessures laissées par la vie, laissant leur empreinte dans les orientations de chacun. Et il y a l'attente, de ceux qui restent. Le sens mis sur tout cela, sur les départs et sur les attentes. Les événements qui modifient, changent le cours d'une vie.

Sensible, et beau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Otages intimes, Jeanne BENAMEUR, éd. Actes Sud, 2015.

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... 443

23 Juin 2016, 11:01am

Publié par LaSourisJOne

"Il y a parfois des vérités qui mettent longtemps à nous apparaître. Pourtant elles sont énormes, là, face à nous".

Jeanne BENAMEUR

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... 442

20 Juin 2016, 13:06pm

Publié par LaSourisJOne

Les images, quand on n'en fait rien, pèsent sur chaque millimètre carré de l'esprit".

Jeanne BENAMEUR

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La chimie des larmes

19 Juin 2016, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

La chimie des larmes

... Une fois n'est pas coutume, je vais écrire ici quelques mots de cette Chimie des larmes, au terme de 225 pages, et sans l'avoir terminé. Avant qu'il ne m'éreinte.

J'avais été séduite par la couverture, le titre, et l'histoire : en miroir, à un siècle d'écart, la douleur de la perte non assumée d'un amant, par Catherine, conservatrice-adjointe de musée ; et parallèlement, l'histoire d'Henry Brendling, riche homme d'affaires, qui veut réaliser une folie créatrice pour son fils, malade, comme s'il s'agissait de l'empêcher de mourir. Ces deux histoires qui se font écho, j'aimais bien. Mais je dois bien reconnaître que les bizarreries qui l'émaillent me font l'abandonner. L'histoire d'Henry dans la Forêt noire avec une petite communauté névrosée et étouffante, incohérente, à la lisière du rêve éveillé ou du cauchemar, me saoule. Vous lisez, vous êtes dedans, et vous dérapez dans une strate incompréhensible du récit, à tel point que j'en viens à me demander si la traduction n'aurait pas été responsable des strates bizarres du récit... En tout cas, il a raison de moi. Ces passages autour du cube bleu, du cou du cygne alors qu'un canard est sensé être construit, un canard automate, vraiment, me fatiguent. Quant à cette Catherine, bien qu'accablée par ce deuil qui lui est refusé puisqu'elle est la femme cachée, elle me saoule aussi avec ses excès et ses incohérences. D'un côté elle veut s'accrocher à cette histoire passée, se plonger dans celle-ci et on peut le comprendre, pour oublier son deuil impossible, et en même temps elle a des actes et des réactions incompréhensibles excessives, de défiance, de saccage d'une pièce importante de cette tranche d"histoire, non, vraiment, j'aurais aimé finir l'histoire, mais je me dis que trop, c'est trop, et que ce livre avec ses dérapages perpétuels dans un réel parallèle étrange est vraiment trop pour moi...

A quand un bon roman que je n'aurais plus envie de lacher ?

Médiathèque de Saint-Malo.

La chimie des larmes, Peter Carey, éd. Actes Sud, septembre 2013

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Aral

11 Juin 2016, 17:05pm

Publié par LaSourisJOne

Aral

Me voici confrontée soudain au doute quant à l'appréciation de ce livre : dois-je me fier à mon état d'esprit du moment, qui m'a fait peiner sur ce livre, ou à la qualité certaine de celui-ci, qui devrait me faire rajouter au moins un sourire aux côtés de son titre ?

En tout cas, le début m'a bien emportée, le milieu m'a fait souffrir, la fin m'a confirmée que c'était un bon livre... Mais il faut le traverser, et ce personnage n'est pas toujours très 'aimable' (depuis quand il me faut des personnages 'aimables' pour aimer un roman ?) : disons que ces réactions étonnent, parfois, voire pire, mais on essaie de se raisonner et de le comprendre, il a de sacrées circonstances atténuantes ?

Voici ici le destin croisé, dans un roman à 'atmosphère' incontestablement, d'un narrateur et de la mer d'Aral. Sourde tragédie parallèle... Dans cette partie du monde, dans un tout petit village de 700 âmes, Alexei est un héros maudit : à l'âge d'une douzaine d'années, il perd l'ouïe... Celui qui est en passe de devenir un grand joueur de violoncelle va vivre ce cruel coup du sort, ainsi que l'espèce de déni que son handicap occasionne chez ses parents... Notre Alexei a un double de coeur, depuis l'enfance : c'est Zena, son amie, son amoureuse à vie... Ces deux chemins sont magistralement donnés à voir, tout cela dans une atmosphère lourde, donc, à laquelle la disparition de la mer d'Aral, terrible désastre écologique, fait écho... L'angoisse de ce personnage, qui subit la plongée dans un monde sans 'bruit', sans paroles, et la disparition de cette source de vie est assez forte et assez insoutenable... Trois volets dans ce livre, et la transformation du héros, l'évolution du héros, après la révolte, la déception, la perte de l'être cher... tout cela lié à une interrogation sur la filiation ; l'orphelinat, qui résonne tant dans le coeur d'Alexei, est un bel aboutissement (je ne peux que rester vague, là, pour ne pas trop en dévoiler)... En filigrane discrète, mais en filigrane quand même, une toile de fond possible politique, avec le fait de subir la mainmise de la Russie responsable des maux de cette contrée, puisque ce sont les décisions de la Russie qui fut responsable de l'assèchement de la mer d'Aral... Sachant que cette histoire mèle deux temporalités à 10 ans d'intervalle, 1975 et 1985...

C'est un livre qui étouffe un peu, mais plutôt bien tenu, d'où la poésie n'est pas absente...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Aral, Cécile LADJALI, éd. Actes Sud, 2012.

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... 441

10 Juin 2016, 21:32pm

Publié par LaSourisJOne

"Il suffit pourtant d'un rayon, d'un doigt posé sur la quenouille des rêves, pour que tous les souvenirs de l'été attachés à la brûlante enfance reviennent vers la conscience de l'homme précocement vieilli et le sauvent".

Cécile LADJALI

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... 440

9 Juin 2016, 21:42pm

Publié par LaSourisJOne

"L'incertitude doit être ce qui épuise le plus. N'importe quelle vérité est bonne à dire à condition que ce soit dans la clarté".

Cécile LADJALI

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//4

4 Juin 2016, 18:30pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//4

Si je n'écris pas un peu de celui-ci, je vais l'oublier. C'est un des aspects ingrats du festival : il va bien vous falloir faire des coupes sombres dans le programme, sacrifier des auteurs que vous auriez bien écouté plus longuement s'il y en avait pas au même moment, un autre qui vous interessait un peu plus... J'ai fait le choix du coeur au profit de Nancy Huston, pourtant, j'aurais bien écouté cet échange entre auteurs de science-fiction et de fantasy autour de la 'création de mondes' et l'imaginaire plus longtemps. D'autant qu'elle se déroulait dans un lieu magique qu'un rai de lumière traversant les vitraux vient souvent éclairer d'un éclat surréel : la chapelle de l'ENSM, Intra-Muros, transformée en Maison de l'Imaginaire. Mais, chut, ne le répétez pas : sans doute parce qu'il faut le mériter, ce lieu, perché dans les hauteurs d'Intra, vous permet généralement d'entrer et de vous asseoir sans que ce soit systématiquement complet...

Donc, autour de la table ce dimanche 15 mai 2016, des créateurs d'univers, expliquant la mécanique de cette création. Ils sont à la lisière de la science, quelque part : ils partent d'un postulat, et les plus habiles vont décliner celui-ci de telle manière que tout l'ensemble demeure crédible, d'un point de vue technique et scientifique... Comme les romanciers, vous me direz, ce sont des démiurges, mais j'imagine qu'ils incorporent aussi, et en plus la donnée qui fait que le livre est science-fiction.

Tel Régis Goddyn (Grand prix de l'imaginaire en 2014) - en photo dans cet article-, qui explique que lorsqu'il écrit et qu'il crée un monde, cela implique de "repenser une société", et pour qui "la contrainte rend libre"...Il est l'auteur du Sang des 7 rois (7 tomes).

Laurent Gennefort, l'auteur d'Arago (Grand prix de l'imaginaire en 1995), connu pour son livre et univers Omale (2001), explique que s'il crée un monde qui ne serait pas rond, mais plat (son postulat de départ), il lui faut réfléchir à la façon de faire les 'jours', nuits, puisque le principe lié à la rondeur de la terre n'est plus valable...

Je ne dis pas que je n'essaierai pas, un jour, de découvrir l'un ou l'autre de leurs univers, pour découvrir leur talent de 'faiseur' de monde(s)...

. Le Sang des 7 rois, Régis Goddyn (en photo), Le Bélial

. Lum'en, Laurent Gennefort, (2015)

. Omale, Laurent Gennefort, (2001)

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