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Le blog de la souris jaune

Beaux rivages :(

18 Décembre 2016, 09:31am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je voulais le lire, ce livre. 

Sans doute parce que j'avais vu l'auteure à La Grande Librairie, et que tout ce qui s'y disait me faisait envie. La fin d'un amour, la difficulté de couper une histoire et de faire le deuil compte tenu des réseaux sociaux aujourd'hui, la lumière sensée être dans ce livre, et l'espoir... 

Et puis je voulais donner une autre chance à cette auteure, dont Appelez-moi par mon prénom m'avait laissé... à la lisière. Je sais maintenant que je ne renouvelerai pas l'expérience ! Tout m'a déçu dans ce livre... On ne garde rien de ce qui se passe, là. C'est une rencontre de nombrils... Je n'ai trouvé aucun des personnages sympathiques, aucun, même en cherchant bien ! On ne s'y attache pas du tout, ils sont tellement (juste) bobo... La narratrice nous plonge dans l'engluement de sa déception sentimentale sans nous en sortir vraiment, en fait, on dirait que c'est écrit à chaud, sans recul, et j'avoue être restée sur ma faim. Histoires d'egos... Même ses blessures, dont elle nous dit peu, même son travail psychanalytique nous paraît superficiel, ou en tout cas, n'apporte guère de fermeté à l'ensemble. Le hic, c'est que c'est encore une histoire d'amour qui finit mal, enfin, l'histoire d'une femme quittée par un homme, alors, forcément, on n'a guère envie d'être déçus, parce que quitte à en lire encore une, autant qu'elle apporte au moins du plaisir ?... Même la fin, laisse sur sa faim, ou plutôt agace, parce que finalement, c'est l'homme qui a quitté qui garde son emprise sur elle alors même qu'elle a avancé, travaillé (un peu)... A moins que ce ne soit toujours ça ? On travaille, on avance, mais tout nous ramène toujours au grand amour ? Alors si c'était ça, je n'aime pas la manière hasardeuse dont elle nous y mène et qu'il faille un roman pour y arriver là. 

Quant au titre, je n'aurai pas besoin de pester, cette fois, puisqu'elle nous l'explique, sur la fin du roman : la narratrice invite un jeune homme qui l'aime à ne jamais se fermer aux sentiments, et les compare (les sentiments) à une côte : "Je lui fais promettre de ne jamais craindre les sentiments, ces rivages que l'on accoste sans en mesurer ni le danger ni la beauté". Et en tout cas, dans ce livre, il n'est surtout pas question de beaux rivages, ni même en perspective, puisque même la phrase de fin nous ramène, encore, à l'amoureux perdu. Aussi, ce serait plutôt tout le contraire de ce qui fut annoncé, l'espoir n'est que dans le titre, pas dans le livre...

. Beaux rivages, Nina Bouraoui, éd. JC Lattès, août 2016.

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463

16 Décembre 2016, 19:04pm

Publié par LaSourisJOne

"Qui sait quand un amour est éteint pour toujours et que ses braises sont cendres ?"

Nina BOURAOUI

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462

16 Décembre 2016, 19:00pm

Publié par LaSourisJOne

"L'amour à chaque fois qu'il se perd rejoint le cimetière des amours mortes, et son deuil est impossible à envisager".

Nina BOURAOUI

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Les règles d'usage :))

15 Décembre 2016, 08:53am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

New-York. Sans qu'on le sache - quelle autre pire manière de flinguer son récit et son suspense aurait été que de nous le dire avant ? - on est en 2001. 11 septembre. Mais la date est trop forte, trop submergée d'informations pour être écrite comme telle et dénuée de sens pour écrire une histoire. Alors, c'est un jour comme les autres. Wendy, 13 ans, va au collège. Ses tracas de collégienne. Ses embrouilles avec sa mère... Son attachement à son petit frère, 4 ans, un peu collant. Le chéri de sa mère, chouette, parfait même, mais contre lequel elle ronchonne quand même... En cours. Et puis, soudain, par les fenêtres du collège... Un fracas... Une pluie de cendres... Le collège qu'on boucle sans rien savoir, sans rien comprendre, en attendant que les familles viennent récupérer leur enfant... Ces premières scènes, ces pages dans le quotidien de la jeune fille, alors qu'elle ne sait pas encore... 

Enfin, le compagnon de sa mère arrive, portant Louie (comme Louis Amstrong) dans ses bras. Il lui apprend ce qui s'est passé, ce 11 septembre... Or : sa mère était ce matin-là partie travailler, légère, sa robe et ses sandales à talons rouges, à son bureau, comme chaque jour... dans l'une des deux tours jumelles. 

Commence alors, à la mesure de la personnalité des trois protagonistes, l'attente. Avec ce que chacun y met. L'espoir... longtemps... Et puis Wendy comprend. Son vrai père, celui qui ne l'a pas élevée et dont sa mère, belle et lumineuse, lui traçait le portrait d'un homme vivant pour lui, sans se soucier des autres, arrive un jour, à l'improviste, et veut emmener Wendy... Alors, elle se résout à partir pour la Californie, comme un déchirement au départ... Mais elle part.

On va la voir, pas à pas, lentement, avancer. A son rythme, avec ses moyens. Les choses qu'elle met en place, le temps qui fait son oeuvre... Les rencontres qu'elle fait, alors qu'elle ne peut plus aller au collège - qui lui paraît alors si vain. Le libraire. Mais aussi cette jeune femme, si jeune, qui a donné la vie à un bébé, alors qu'elle même n'a pas fini de grandir ou presque... 

Les souvenirs affluent, à leur rythme, sans aucune maîtrise. C'est tellement juste, ça paraît tellement proche du réel... Ce passage du temps est véritablement très bien donné à voir. Et puis cette lente, inexorable reconstruction. Juste parce qu'on n'a pas le choix. Sans leçon, sans manuel, parce qu'il n'y en a pas...

Joyce Maynard une fois encore (J'avais vraiment beaucoup aimé L'homme de la montagne, déjà) s'empare d'un fait-divers - et pas des moindres, cette fois-ci, tellement indissociables d'histoires, déjà - et le travaille dans le registre de l'intime. Du point de vue de l'intériorité d'un ou plusieurs personnages.

Merci à Mélanie, pour le partage !

Les règles d'usage, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, septembre 2016

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461

14 Décembre 2016, 14:10pm

Publié par LaSourisJOne

"Comment est-il possible que pour certains, une terrible tragédie puisse se produire et que celle-ci semble seulement les rendre plus forts et plus déterminés à donner un sens à leur vie ? Tandis que pour d'autres, l'épreuve se borne à les broyer. Ils ne s'en remettent jamais. Ils ne sont pas moins bons, c'est juste qu'il leur manque une sorte d'instinct de conservation".

Joyce MAYNARD

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... 460

14 Décembre 2016, 08:05am

Publié par LaSourisJOne

"Si on consacre toute son énergie à rabâcher le passé, qu'est-ce qui reste à investir dans l'avenir, hein ?"

Joyce MAYNARD

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... 459

4 Décembre 2016, 16:19pm

Publié par LaSourisJOne

"Le monde serait meilleur si chacun se sentait assez libre pour arborer un chapeau et une cape de pirate quand ça lui chante".

Joyce MAYNARD

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Continuer :)))

30 Novembre 2016, 07:48am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis entrée doucement, à petits pas, dans ce livre. Un peu déconcertée par l'emploi du présent et les paysages. Et puis plus le récit avançait, plus j'étais prise. Captivée, capturée par cette histoire...

Alors : ce fils de 16 ans qui déraille, qui s'isole, s'emprisonne dans un monde de plus en plus dénué de mots, et amorce une grosse connerie... La mère, qui l'élève, comme elle peut, avec sa volonté, sa force et ses faiblesses humaines, regarde, voit, et décide... La beauté de cette décision qui va tout changer ! La luminosité d'un choix qui porte parce que c'est celui qu'on avait l'impression devoir faire ! La petitesse de ce père qui revient épisodiquement, qui se croit au dessus d'eux, d'elle, et qui est au dessous de tout... Mais rien de trop psychologique, là dedans. Un merveilleux dosage sans pathos non plus. 

Les temporalités du récit s'emmêlent très naturellement et se donnent de la force mutuelle pour éclairer qui le présent (la chevauchée à cheval), qui le passé (du fils, de la mère). Je sais que l'épopée sauvage ne m'aurait pas suffi en elle-même qu'elle est amplifiée par ces morceaux de quotidien d'avant.

Il y a du David Vann dans ce Laurent Mauvignier, dans ce face-à-face entre cette mère et son fils de 16 ans. Rugueux sur l'intériorité de chacun, sans consession, sans faux-semblant jusqu'à l'âpreté. La fragilité, les failles, la grande errance qui est la notre, les tatonnements... 

Ca interroge beaucoup sur ce qu'on fait, et sur cette vigilance que malgré le tourbillon de la vie, il ne faut jamais perdre. C'est touchant, merveilleusement touchant et source d'espoir de voir le progressif retour à la vie de l'adolescent, venu d'une volonté, et du retour à l'essentiel. Ca donne la foi en ce que l'on croit et qui est si souvent mis à mal par beaucoup de choses alentours (les bien-pensants, le temps, la course au temps, ...). C'est une magnifique trouée de lumière, qui donne envie d'y revenir. Je pense d'ailleurs que j'aurai envie de le relire, ce livre.

Un grand merci à Sandrine pour sa transmission :)

Bibliothèque d'Evran.

. Continuer, Laurent Mauvignier, éd. de Minuit, septembre 2016

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... 458

27 Novembre 2016, 18:19pm

Publié par LaSourisJOne

"Rien n'est promis à personne s'il n'y tient pas absolument, le bonheur est à conquérir chaque jour". 

Laurent MAUVIGNIER

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... 457

27 Novembre 2016, 18:16pm

Publié par LaSourisJOne

"Ce qui est dit est dit, même si on essaie de se rattraper en prétendant qu'on s'est laissé emporter par la colère, l'émotion, par ce qu'on voudra, prétendant que les mots ont dépassé la pensée. Les mots qui sont dits sont juste ceux qui ont assumé la vitesse de la pensée".

Laurent MAUVIGNIER

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