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Le blog de la souris jaune

... 466

14 Janvier 2017, 19:00pm

Publié par LaSourisJOne

"Acheter une voiture en anticipant ses futures pannes et sa revente relevait d'une conception du plaisir automobile - et plus largement de l'avenir - qui m'échappait totalement".

Emmanuel VILLIN

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La Réserve :)

14 Janvier 2017, 14:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'avais encore jamais lu de Russel Banks, et c'est une belle découverte, par le biais de cette Réserve, en tout cas. 

J'ai craint d'abord d'être entré dans un livre à la Fitzgerald, que je n'aime pas particulièrement pour ce que j'en ai lu, avec une peinture assez classique de la haute société.

Heureusement, Russel Banks nous fait suivre un chemin plein de surprises, et on n'en reste pas à la peinture de société clivée et de surface. 

Ce que je retiens de ce livre-là, c'est la singularité de ce personnage, Vanessa Cole. Et la façon dont l'auteur tisse l'histoire, en mêlant les destins de quatre protagonistes principaux, habilement, inextricablement, et des protagonistes secondaires qui viennent apporter le rouage dans le mécanisme et la formation, en tout cas l'évolution de ces couples improbables. Jordan, le peintre, fier, et Alicia, son épouse, Vanessa, l'indomptable fille riche, la rebelle, à la lisière de la folie, et le guide, d'un autre milieu social, qui va interférer de façon indélébile dans la vie de ces trois-là. Au sein d'une Réserve, celle des Adirondacks aux Etats-Unis. 

J'ai aimé l'idée selon laquelle certains choix de vie peuvent en exclure d'autres, que l'on jugera plus secondaire, pour privilégier et maintenir les premiers ; les rouages de l'amour, loin d'être convenus, plutôt pragmatiques et justes ; j'ai aimé encore l'idée assez intéressante du décalage entre l'image que l'on donne, qui peut induire, dès lors qu'on creuse et qu'on se rapproche de l'intime, une toute autre facette. Illustré de très habile façon ici.

Et puis le fait que l'on ne saura jamais, si le traumatisme que Vanessa s'imagine est réel ou imaginé ; là encore, très proche du réel : ce qui compte ce n'est pas ce qui a été vécu, c'est finalement ce que l'on croit avoir vécu, et ce que l'on en fait. A ce titre, le 'fil' que l'auteur tire de Vanessa et de la croyance qu'elle a vécu avec son père des épisodes enfantins troubles, alors même qu'elle aura peut-être l'occasion de le vérifier (et l'on se dit, jusqu'au bout, on va savoir, si ce qu'elle pense est vrai !), elle décide - alors que cela pourrait la guérir ? - de ne jamais savoir, en enterrant le dossier, au sens propre. Peut-être parce que : si c'est vrai, comment vivre avec ? Et si c'est faux, comment vivre avec cette nouvelle donnée qui fait que tout ce que l'on a toujours pensé ne tient pas ? Alors autant ne pas savoir. 

C'est très intéressant. 

Et évidemment, les épisodes sombres qui arrivent et obligent encore à des choix, donne de l'aspérité à ce livre qui mérite le détour.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La Réserve, Russel Banks, éd. Actes Sud, 2008 (2007 aux Etats-Unis).

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... 465

4 Janvier 2017, 08:46am

Publié par LaSourisJOne

"C'est pour les mêmes raisons qu'on déteste une personne ou qu'on l'aime. Surtout si cette personne se trouve être votre père ou votre mère".

Russel BANKS

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La variante chilienne :))

28 Décembre 2016, 09:42am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Dès le début, je me suis coulée avec plaisir dans le livre de Pierre Raufast. Avec plaisir, jubilation... J'avais envie de revenir à ces trois pieds nickelés de la vie - non, ces deux pieds nickelés et cette adolescente - réunis par le partage. J'allais écrire par les souvenirs, mais ce n'est pas tout à fait ça. Ce qui prévaut ici, c'est plus la générosité, car les récits de souvenirs peuvent être tellement chiants et ennuyeux ! Je suppose que ce qui détermine et change cela, c'est l'intention... Bref. Là, j'ai été conquise par ces deux personnages, le professeur de lycée qui part avec son élève, absolument pas pour une romance, mais pour l'aider à changer d'air. Cachée sous une couverture... Et qui ont loué un gîte dans un endroit paumé, non loin de la maison d'un retraité... Qu'il ne tarderont pas à rencontrer. Un type qui, marqué par un coma, perdit il y a longtemps les émotions. Aussi, comme les souvenirs seraient liés aux émotions, il a gardé de sa vie dans des bocaux des petits cailloux, tous différents les uns des autres, et chacun lui permet de retrouver son souvenir. C'est charmant. Tout aussi charmant et attachant que ces cailloux qui volent en éclat parce qu'ils ont sans doute moins de prix qu'un seul moment présent intense vécu... 

Le principe de ce récit est un vaste enchevêtrement d'histoires, en poupées gigognes... Et pourtant tout se tient, se répond ; on ne se demande même pas si c'est crédible, on s'en fout. Ce qui compte, ce sont ces trois-là, ce qu'ils se donnent ; le monde pourrait avoir disparu. 

Le titre aurait pu me faire peur, il désigne en fait la variante d'un jeu de cartes (d'Amérique du Sud) dont la partie peut durer des heures, ou plusieurs jours, comme notre Florin (le voisin) le raconte, lors d'une savoureuse narration d'une partie épique...

J'ai vraiment adoré.

Bibliothèque d'Evran.

. La variante chilienne, Pierre Raufast, éd. Alma, août 2015.

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... 464

27 Décembre 2016, 17:36pm

Publié par LaSourisJOne

"Le monde se trompe. Vous croyez que c'est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l'a dit. Moi je vous dis que c'est ce que vous donnez qui vous fait riche".

Pierre RAUFAST

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Joyeux Noël à vous !

25 Décembre 2016, 10:55am

Publié par LaSourisJOne

Puisse le Père Noël déposer au pied du sapin pour vous cher lecteur, un monceau de belles lectures, qu'il aura choisi avec soin, pour les dépaysements, les émotions, les évasions qu'elles pourraient vous procurer ! Rien de tel, n'est-ce pas ?

JoYeux NoEl à vous,

et merci de ces échanges par le biais de ce blog qui sont aussi des cadeaux :). 

La Souris Jaune

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Lettre d'une inconnue

25 Décembre 2016, 10:37am

Publié par LaSourisJOne

Période où je relis les Stefan Zweig que j'ai tant aimés.

Celui-ci ne m'a pas conquise. Evidemment, est encore prodigieuse cette histoire, mais là, les personnages m'ont laissé en dehors, même le propos, je l'ai trouvé ressassé, répétitif, ce cher Zweig si génial a bien le droit à ses 'fragilités' me suis-je dit... 

En tout cas, une enfant, 13 ans. Qui vit à Vienne, avec sa mère, une existence austère. Sans doute sans évasion. Son évasion, elle va la trouver tout enière à travers son voisin, dont elle décide de tomber éperdument amoureuse. Et ce jusqu'à sa mort. C'est le récit d'une obsession monomaniaque - ça ne nous étonne pas, Zweig y excelle à les dépeindre - une passion amoureuse exclusive et excessive - là aussi. Conjuguée à une personnalité effacée, qui peut se justifier par la rugosité de son milieu social, du cadre où elle a grandi, cela donne aussi un personnage fier, peu sûr de sa valeur, et qui va sacrifier sa vie à son souvenir. Mythifié, le garçon ne lui apportera jamais d'attention. Même lorsqu'elle le retrouve alors qu'elle a 18 ans, et qu'en séducteur il l'invite à dîner et qu'ils passent la nuit ensemble, même encore 9 ans plus tard alors qu'elle s'est débrouillée pour avoir les faveurs d'un riche amant, et qu'ils élèvent -momentanément, car elle ne veut épouser personne autre que son cher amour - le fis qu'elle a eu de cette union de quelques nuits, de cet homme dont elle s'est épris. 

On lit tout cela par le biais d'une lettre, qui arrive entre les mains de ce voisin adulé, et alors que Zweig a pris soin de nous ôter tout espoir d'union ou de rapprochement : on sait d'emblée que le fils est mort, et qu'elle va l'être aussi, s'il reçoit sa lettre. Tragique, évidemment. Mais j'avoue que, si d'habitude je me laisse sans aucune hésitation emporter par la fougue et le talent de Zweig, il n'a pas suffi cette fois-ci. Sans doute que c'était trop, cet excès, cette obstination, cette sottise, cet entêtement... Même si en effet elle explique que si elle a préféré ne pas se faire connaître de lui en lui disant qu'elle avait un fils de lui, c'est parce qu'elle ne voulait pas qu'il l'aide à contre-coeur. J'ai été peu séduite par ces deux personnages-là, je l'avoue, et sans doute moins qu'à la première lecture.

. Lettre d'une inconnue, Stefan Zweig, 1922. Ed. Le Livre de Poche. 

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Marilyn, de l'autre côté du miroir :)

24 Décembre 2016, 07:03am

Publié par LaSourisJOne

Roman graphique.

Aperçue par hasard à la médiathèque, je ne pouvais qu'être intriguée, et curieuse : une bande dessinée sur Marilyn Monroe, qui s'appelle De l'autre côté du miroir ? Je prends !

Et j'ai beaucoup aimé. Beaucoup le dessin, et le fait qu'il y ait peu de texte, juste ce qu'il faut pour l'histoire, sans fioritures. Le dessin est assez troublant parfois, entre peinture et photographie. Ce qui est touchant aussi, et très réussi de la part de l'auteur, c'est qu'on a l'impression de voir tous les visages de Marilyn. Tous. D'une image à l'autre, le visage est changeant, on la reconnaît à peine, et puis l'image qui suit c'est l'image qu'on connaît d'elle... C'est particulièrement juste, et on voit que ça repose sur une vraie connaissance de la personnalité et de la vie de Marliyn. Le récit se situe donc en 1959, et l'auteur a choisi de le situer dans cette période de solitude, tout juste après Yves Montand. On voit ses fragilités, sa cassure, il nous la donne comme un personnage lucide et beau. J'aime l'entame de ce récit, déjà : la ville, en 1959, la rue, un bar. Et celui qui raconte ou qui voit est juste à côté d'un homme que notre narrateur reconnaît et qui n'est autre que Truman Capote. Déçu parce qu'une femme brune arrive à sa table et qu'il ne va pas pouvoir lui parler, une certaine Zelda Zonk... Ceux qui connaissent la vie comprennent : ce n'est autre que Marilyn Monroe, déguisée, pour sortir incognito, et prenant un pseudonyme, pour être tranquille. C'est drôle, la manière dont il apprend finalement que c'est Marilyn, ce personnage masculin/narrateur est un homme sensible, intelligent, naïf, authentique. On s'attache autant à ce personnage qu'à Marilyn et à toute cette intrigue dans laquelle il nous emmène, cette petite parenthèse improbable dans la vie de Marliyn, qui l'emmèneront dans un étrange manoir sous la neige... Et pourquoi pas ?!

Une très belle BD, bien documentée qui se lit comme un roman, surtout quand on s'intéresse à la personnalité de Marilyn, une jolie découverte.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Marilyn, De l'autre côté du miroir, Christian de Metter, éd. Casterman, 2009

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Did I Mention I Need You ? :(

23 Décembre 2016, 16:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado (plus de 14 ans)

On le sait, parfois, qu'on ne devrait pas lire le tome 2. Ou une quelconque suite à un bouquin qu'on a aimé, mais dont n'a pas de mal à imaginer que le 'filon' pourrait être tiré... Eh ben voila. Je me suis fait avoir, mais j'aurais dû m'en douter ! J'avais aimé Did I Mention I love you, DIMILY, le premier tome, malgré tous les indicateurs qui pouvaient inciter à s'en méfier. 

Ce second est un délayage raté. Je n'oublie pas que l'auteure est une très jeune femme, mais ça n'excuse rien, cette fois-ci. 

Donc : les personnages restent monolithiques, les situations se reproduisent et patinent, pour tourner autour du principal point d'échoppement déjà soulevé dans le premier tome : Eden et Tyler se retrouvent après deux ans de séparation (ou à peu près), elle a essayé de l'oublier, lui a construit sa reconstruction en pensant à elle : mais ils sont demi-frères. Enfin, non, absolument pas, puisqu'ils sont les enfants des deux parents qui se sont mis ensemble ! En clair, ils n'ont évidemment aucun lien de parenté, et ils ont même absolument pas vécu ou grandi ensemble, ils se rencontrent juste un été. Seulement c'est là dessus qu'on fait reposer tout le second tome : on se revoit, finalement on sort ensemble et on découvre qu'on s'aime, mais on devrait pas parce qu'on est demi-frères et soeurs. Ca fait tout le bouquin, alors que nous, on s'agace, on sait bien qu'ils ne le sont pas par le sang, et il y a un moment, va bien falloir qu'ils se le disent, et réagissent ! Bref. Là dessus tout est décliné, le couple incompris, les copines absolument pas compréhensives, les connasses qu'on sait connasses et qui changent pas, et cette cruche d'Eden qui se fait encore avoir par la perfide Tiffany ; on la découvre alors sans personnalité, juste parce que ça arrange l'auteure cette trahison qui est un rouage de son tome 3 à venir, on ne sent bien, et elle est alors naïve, incapable de réfléchir, peu courageuse, dans tout le bouquin, d'ailleurs. Bref. Une déception.

Il faudra que j'évite le tome 3 ! 

. Did I Mention I need you, Estelle Maskame, éd. PKJ, 2016

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Beaux rivages :(

18 Décembre 2016, 09:31am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je voulais le lire, ce livre. 

Sans doute parce que j'avais vu l'auteure à La Grande Librairie, et que tout ce qui s'y disait me faisait envie. La fin d'un amour, la difficulté de couper une histoire et de faire le deuil compte tenu des réseaux sociaux aujourd'hui, la lumière sensée être dans ce livre, et l'espoir... 

Et puis je voulais donner une autre chance à cette auteure, dont Appelez-moi par mon prénom m'avait laissé... à la lisière. Je sais maintenant que je ne renouvelerai pas l'expérience ! Tout m'a déçu dans ce livre... On ne garde rien de ce qui se passe, là. C'est une rencontre de nombrils... Je n'ai trouvé aucun des personnages sympathiques, aucun, même en cherchant bien ! On ne s'y attache pas du tout, ils sont tellement (juste) bobo... La narratrice nous plonge dans l'engluement de sa déception sentimentale sans nous en sortir vraiment, en fait, on dirait que c'est écrit à chaud, sans recul, et j'avoue être restée sur ma faim. Histoires d'egos... Même ses blessures, dont elle nous dit peu, même son travail psychanalytique nous paraît superficiel, ou en tout cas, n'apporte guère de fermeté à l'ensemble. Le hic, c'est que c'est encore une histoire d'amour qui finit mal, enfin, l'histoire d'une femme quittée par un homme, alors, forcément, on n'a guère envie d'être déçus, parce que quitte à en lire encore une, autant qu'elle apporte au moins du plaisir ?... Même la fin, laisse sur sa faim, ou plutôt agace, parce que finalement, c'est l'homme qui a quitté qui garde son emprise sur elle alors même qu'elle a avancé, travaillé (un peu)... A moins que ce ne soit toujours ça ? On travaille, on avance, mais tout nous ramène toujours au grand amour ? Alors si c'était ça, je n'aime pas la manière hasardeuse dont elle nous y mène et qu'il faille un roman pour y arriver là. 

Quant au titre, je n'aurai pas besoin de pester, cette fois, puisqu'elle nous l'explique, sur la fin du roman : la narratrice invite un jeune homme qui l'aime à ne jamais se fermer aux sentiments, et les compare (les sentiments) à une côte : "Je lui fais promettre de ne jamais craindre les sentiments, ces rivages que l'on accoste sans en mesurer ni le danger ni la beauté". Et en tout cas, dans ce livre, il n'est surtout pas question de beaux rivages, ni même en perspective, puisque même la phrase de fin nous ramène, encore, à l'amoureux perdu. Aussi, ce serait plutôt tout le contraire de ce qui fut annoncé, l'espoir n'est que dans le titre, pas dans le livre...

. Beaux rivages, Nina Bouraoui, éd. JC Lattès, août 2016.

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