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Le blog de la souris jaune

La place du diamant :))

12 Mars 2017, 21:39pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est une lecture que je dois à Rosa Montero, une des nombreuses pépites qu'offre sa Folle du Logis, évoquer des auteurs, espagnols, dont on a bien souvent, absolument pas connaissance.

Le récit surprend par sa 'linéarité', par l'absence de mise en perspective des événements. Tout est raconté de manière assez dense visuellement sans hiérarchie, les événements ont la même place, quelque part. Et c'est intéressant, parce qu'en effet, la vie, met tout sur le même plan, c'est lorsqu'on raconte qu'on choisit tel élément ou tel autre à narrer. Elle ne donne pas de 'clé' particulière. C'est sa vie, autant grave que quotidienne. Comment elle se débat avec, juste parce que c'est ainsi, parce qu'il le faut, parce que c'est une vie.

Tout commence pour elle Place du Diamant, avec ce bal joliment décrit où elle rencontre Quimet, qui se met en tête de l'épouser. Elle était fiancée, mais elle va renoncer à son fiancé pour se laisser aller dans la spirale de vie qu'il lui propose ; sans qu'il ne soit question d'amour, formulé, comme une presque évidence. Et on va la voir se débattre avec les conséquences de ses choix, sans jamais le remettre en question ; élever seule ou presque ses, leurs deux enfants, trimer quand lui -elle agit, elle ne l'accable jamais- s'écoute la plupart du temps, où quand il part à la guerre parce que ça semble follement intéressant, et que peut-être aussi il est un révolté contre... 

C'est un joli tourbillon de mots, de vie, de difficultés, de lutte pour survivre quand il n'y a plus rien à manger, et aussi d'abnégation, d'abdication pragmatique. On se dit qu'elle n'est pas aidée, que sa vie a été rude... Mais c'est sa vie. 

Une jolie découverte, où l'on sent l'humilité partout dans le coeur de ce récit.

. La place du diamant, Merce Rodoreda, Gallimard Imaginaire, 1962 (Espagne), 1971 (Gallimard, France).

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Hors service :))

5 Mars 2017, 18:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman. 

Petit bonheur de lecture que ce livre-là. Un week-end dans un local de photocopieuse, ça vous tente ? :) Eva-Lena non plus, à priori... Le personnage principal. Une femme, d'environ quarante ans, trois enfants, un mari. Pivot de cette vie de famille agencée autour de l'énergie qu'elle déploie pour faire tourner tout cela... Energie encore, à n'en plus compter, pour son métier, elle est enseignante de suédois (le livre est suédois). Dans un collège. Un soir, donc, elle se retrouve enfermée, sans pouvoir sortir, à l'intérieur du local de photocopies de son collège... Tout y passe, pendant que les minutes défilent, ses tentatives pour passer le temps, d'abord raisonnées, de rangement, de mesures, en espérant que le temps sera court... Et puis le temps dure. Alors elle passe en revue son quotidien, sa vie. Ses élèves. Sa nouvelle amie, ses rencontres... S'interroge. Et finalement, ce week-end où elle est 'hors service' pour les autres et pour elle, va se retrouver être pour elle révélateur, une bulle de temps pour elle, malgré la faim, la soif, etc. Elle réalise qu'elle doit changer sa vie. Elle prend conscience. Un récit bien agencé où on prend autant plaisir à être avec elle au sein du local à se demander quand elle pourra sortir, que dans la narration de ce qui constitue son quotidien. 

Mille mercis à Delphine pour m'avoir mis ce livre réjouissant entre les mains :).

Bibliothèque d'Evran.

. Hors service, Solja Krapu, éd. Gaïa, juillet 2013.

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La traversée de l'été :))

1 Mars 2017, 08:13am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Cet auteur-là restait pour moi un auteur à découvrir. Un nom qui brille et dont on ne sait pas grand chose. Le 'passage' est venu un vendredi soir de novembre alors que j'étais sur la route d'un week-end, par le biais d'un échange au coeur d'une émission de radio. Je me souviens m'être arretée sur le côté de la route pour m'empresser de noter ces références. J'ai mis un peu de temps à l'avoir entre les mains, et puis je l'ai trouvé ! Ce qui accompagne l'entrée dans un livre conditionne un peu nos dispositions à son égard, j'en suis persuadée.

Mais bref. Roman qui chavire, sur fond de canicule new-yorkaise. La chaleur étouffante y semble être un ingrédient à part entière, que dis-je un ingrédient, un personnage, tant son humanisation effrayante, accablante, est réellement réussie. Elle tisse donc la toile de fond d'un été new-yorkais, où la jeune Grady, 17 ans, décide de rester pendant que ses riches parents et sa soeur vont traverser l'Atlantique raffraîchissante en bateau pour un voyage en France. Grady dispose de l'appartement parental pour se rapprocher de Clyde, le jeune garçon du parking sur lequel elle a flashé. 

J'ai trouvé formidablement prodigieuse la narration de cette histoire. Formidablement peints les personnages, comme par grandes touches de couleur qu'il vient modifier ensuite, et par lesquelles il vient modifier notre vision. Ainsi, le jeune homme Clyde, qu'on met très rapidement dans une case, a plus de profondeur qu'on croit. Un passé familial qui le marquent et qui fait qu'il ne sera plus jamais le même (la perte de sa soeur cadette à laquelle il était tant attaché, le seul de la famille, Anne) ; Grady est touchante, de même que la personnalité de Clyde prend toute sa 'couleur' renforcée par la juxtaposition de celle de Peter, le meilleur ami, épris de Grady. Evidemment, voir les deux fonctionner renforce notre ressenti quant à ces personnages et quant aux choix amoureux, pardon, quant aux amours électives...

Ainsi on a tout lieu de se dire 'ah mon dieu, quelle cruelle roulette russe que l'amour, et surtout, qu'est ce qui fait qu'il nous emporte si sûrement vers les mauvaises personnes alors qu'un regard objectif pourrait nous en dissuader si tant est qu'on en serait pas aveuglé... C'est ce qui se passe ici, mais... les choses ne sont pas si simples ! Le narrateur nous plonge tour à tour au coeur de Grady, puis de Clyde, aussi, on a tout lieu de se rendre compte que les événements ne sont peut-être pas toujours si simples qu'il n'y paraît...

En l'occurence, on a l'impression d'une inexorable chute, qu'il est impossible d'enrayer. 

La différence de classe, aussi, y tient subtilement sa place.

C'est une lecture qui surprend. 

J'ai beaucoup aimé.

Et quand on sait que ce livre qu'on a en main est presque un miracle : c'est un livre posthume. Ses cahiers ressurgis chez Sotheby's que son ami en lien avec la New York Public Librairy s'arrange pour récupérer, lire, et faire le choix d'éditer. La traversée de l'été, émouvant îlot qui n'était pas forcément destiné à venir jusqu'à nous.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La traversée de l'été, Truman Capote, éd. Grasset, 2006 (US) et 2006 (France).

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La folle du logis :))

27 Février 2017, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman...

Roman, .... C'est une aventure, que cette lecture. 

Au dos du livre, Mario Varga Llosa écrit à son propos que "La Folle du Logis se lit d'une traite, avec un plaisir sans mélange". Je trouve qu'il ne se lit pas d'une traite au contraire, parce qu'il implique une disgestion progressive, lente et délicieuse, de tout ce qu'on y lit. Il est arrivé souvent de relire plusieurs fois certaines phrases, certains paragraphes, pour bien m'en imprégner. De lacher le livre pour digérer cette densité avec l'envie de le reprendre vite. Mais "plaisir sans mélange", oui, complètement.

Entrer dans ce livre fut aussi pour moi un moment particulier, entouré d'une envie nourrie d'appétit et d'une toute petite appréhension : ce livre-là, c'est Rosa Montero elle-même qui me l'a recommandé, après que je lui ai demandé sur le salon Etonnants Voyageurs l'année dernière de m'en conseiller un après avoir adoré L'idée ridicule de ne jamais te revoir. 

Et il est largement à la hauteur de mes attentes !

La narratrice (rarement, peut-être, ce vocable, n'aura autant d'importance, compte tenu de la teneur même de son propos...) nous entraine dans une réflexion riche, agréable, sur le fait d'écrire, sur l'imagination (La folle du logis), mais aussi sur la biographie, sur l'amour, la vie et ses choix... Une riche balade, alors même que l'on croit au coeur même de sa biographie, dont elle nous sert, à priori, quelques exemples réguliers... Mais... C'est fin et habile : est-ce vraiment son auto-biographie ? Je ne vous révèle rien, mais... En tout cas, sacrée pirouette, étonnante, qui se joue de notre souvenir et de notre mémoire de lecture que cette histoire de M... Qu'il nous semble bien avoir lue sous sa plume une fois... non, non, on a sans douté imaginé... Qu'elle est habile à jouer avec notre esprit, jusqu'à l'exemple ! 

Et sa soeur, Martina... !

Mais je ne peux pas trop en dire... 

Le livre est aussi agréablement truffé de références, de phrases d'auteurs, d'exemples biographiques d'écrivains, etc. ; c'est vraiment vivifiant. C'est un livre qui donne envie de lire, et même donne envie de lire d'autres livres précis (elle nous ouvre le champ de la littérature espagnole, entre autres). 

Un livre véritablement vivifiant. Merci Rosa Montero. Je sais maintenant que je chercherai une troisième expérience avec cette auteure.

. La Folle du logis, Rosa Montero, éd. Métailié, 2004. Traduit de l'espagnol par Bertille Hausberg.

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... 475

27 Février 2017, 15:04pm

Publié par LaSourisJOne

"A quel moment est-on le plus proche de la réalité, dans les angoisses nocturnes ou dans la relative anesthésie des jours ? Il serait bon de se le demander."

Rosa MONTERO

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... 474

27 Février 2017, 14:51pm

Publié par LaSourisJOne

"C'est une des choses que l'on apprend avec l'âge : prendre la vie comme elle vient. Et même lui dire merci."

Rosa MONTERO

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... 473

27 Février 2017, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

"Les histoires d'amour peuvent être parfois franchement extravagantes, de véritables paroxysmes de l'imagination, des mélodrames à l'eau de rose nés de passions confuses".

Rosa MONTERO

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... 472

27 Février 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

"Tous les écrivains nourrissent l'ambition de fixer le temps, de le retenir ne fut-ce qu'un instant grâce à un petit barrage de castor construit avec des mots".

Rosa MONTERO

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... 471

25 Février 2017, 08:58am

Publié par LaSourisJOne

"Ecrire est un exercice de prestigitation. Si on se contente de mentionner une chaise, on évoque un vague concept. Si on ajoute qu'elle est tachée de safran, la chaise apparaît soudain, elle devient visible".

V.S. NAIPAUL

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Quand le diable sortit de la salle de bain :))

19 Février 2017, 21:06pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bénie soit Sophie Divry.

Je commençais à désespérer, j'avais même commencé à me dire que c'en était fini pour moi de la lecture, que j'avais atteint un seuil de satiété, d'intolérance aux livres qui me tombaient tous des mains. Après un récit de marine abandonné, deux Nicholas Spark idem, un complot de femmes lyonnais qui m'est tombé des mains, une biographie de la mère de Proust (on ne sait jamais !) qui décidément ne m'intéressait pas, enfin, un sursaut, le réveil, les commissures des lèvres qui se lèvent pour sourire : merci Sophie Divry ! 

Quelle fraîcheur. J'ai aimé son habilité et son intelligence narrative, balayant les codes et se jouant des polices de caractère comme des niveaux de narration. J'ai aimé ses listes, même si elle en abuse, merveilleusement créatives et jouissives. J'ai aimé son culot (pictural !). Sa façon de créer des verbes en enfilant deux pour faire naître un nouveau, au sens mélangeant celui des deux.

Et je me suis coulée avec plaisir dans la vie de cette écrivaine au bord du gouffre financier, aux prises avec l'argent rare, Pôle Emploi, les factures EDF qui deviennent une tourmente, mais aussi la bonne Bertrande, celle qui aide les plus démunies, ou sa mère, qui intervient régulièrement dans son récit, ou son Hector, son meilleur ami 'monsieur kekette". On est à mille lieues de la mièvrerie, ou de la déprime, on est dans une écriture pleine d'énergie, et drôle. 

Un vrai plaisir, intelligent.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Quand le diable sortit de la salle de bain, Sophie Divry, éd. Noir sur Blanc, Notabilia, 2015.

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