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Le blog de la souris jaune

femme

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil :))

31 Juillet 2019, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'ai jamais été attirée par la littérature japonaise.

Une fois n'est pas coutume, on m'a donné envie de lire celui-ci.

D'abord, j'aime quand les titres se découvrent petit à petit, au fil de la lecture.

Celui-ci, bien sûr, j'ai apprécié : on découvre la première partie du titre "Au Sud de la frontière", au début du roman. Quand le protagoniste écoute à 12 ans un disque qui se traduit ainsi, avec la fameuse Mashimoto-San, et que le narrateur nous dit qu'il s'est toujours demandé ce qu'il y avait, justement, au sud de la frontière. Et puis la deuxième partie et la phrase entière, à la fin du roman, quand le narrateur et la mystérieuse Mashimoto-San se sont retrouvés, et qu'elle raconte sa vision du monde, en quelque sorte, et on comprend qu'à l'ouest du soleil (pour un paysan sibérien sur le point de devenir fou), il n'y a sans doute rien, rien que le désert.

J'ai aimé lire ce livre, ça oui, mais je n'en aime pas le fond, ni la plupart des personnages. Etrange, j'imagine ? Ainsi, il nous entraine, nous emporte, incontestablement, mais je ne supporte pas cette femme, celle qu'il retrouve et qui ne dit rien. Elle l'entraîne dans ses délires, ne donne rien, disparaît, prend... Je ne l'aime pas du tout, et j'avoue que par moments, j'ai tout imaginé, le pire ! Je l'ai imaginé manipulatrice, et pourquoi pas nuisant à la vie du narrateur en lien avec le beau-père... (Mais ça, ça aurait été dans un Douglas Kennedy !!) ; là, c'est plus l'implacable mécanique de la vie, du temps qui passe, contre laquelle on ne peut pas grand chose qui me glace, je l'avoue.

Cependant, j'ai dévoré ce livre.

Merci à Thomas pour la découverte !

. Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, 1992, éd. Belfond (2002 pour la traduction française).

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Le pays des marées :))

25 Juillet 2019, 21:51pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Eh bien, eh bien, voici longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire un livre !

Gratitude, donc, pour celui-ci, qui me ramène vers les grandes joies de la lecture d'un bon roman.

Ce roman alterne les points de vue.

Il se déroule dans une partie de l'Inde, aux alentours du Bangladesh. C'est une zone rurale, où l'on voit que le fleuve, l'eau, domine et impose sa loi, naturellement. Avec force. On est saisis, souvent, par la peur que peuvent nous inspirer les éléments.

Et surtout, on aime les personnages ! Certains, tellement attachants. J'avoue mon gros coup de coeur pour cette jeune femme, scientifique, qui ne vit de rien parce qu'elle sacrifie tout à sa passion pour l'étude des dauphins. Et puis Fokir, ce pêcheur rencontré par hasard, sans instruction, mais dont la connaissance du fleuve est tellement extraordinaire et charnellement ressentie par Pyia, la scientifique. Ceux-là qui ne parlent pas la même langue sont si proches...

Et puis il y a ceux qui gravitent autour, les très proches, et qui ne les comprennent pas. De possibles obstacles, mais tellement là, tellement proches de ce qui existe dans la vraie vie...

Et puis les éléments, la tempête, le souvenir, l'attachement familial, la transmission, la loyauté... C'est un superbe roman. Proche de la nature brute, sauvage, authentique.

Un superbe roman.

Ah, et puis il y a aussi, bien sûr, toujours, qui nous fait frissonner de frayeur, la menace en filigrane du tigre du Bengale. Celui dont on apprend qu'il tue un nombre d'humains inconsidéré chaque année ; fascinant, effrayant, comme l'histoire d'un peuple, comme un témoignage sensible.

Superbe (et rare) découverte du hasard.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le pays des marées, Amithav GHOSH, éd. Robert Laffont, 2004.

 

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J'aimais mieux quand c'était toi

1 Juillet 2019, 21:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Toujours pas d'enthousiasme...

Bof... 

Je comprends mieux le titre, incompréhensible à la lecture du livre, ou alors juste au dernier paragraphe seulement : c'est le titre d'une chanson de Souchon, sur l'amour-passion, écrite en 2005... 

Ici, déception. Quant à l'écriture, quant à l'histoire, quant aux personnages...

Je pense que je vais me tenir à distance de Véronique Olmi, que du reste, je ne me souviens pas d'avoir déjà lu, ce n'est pas bon signe...

L'histoire : elle est comédienne professionnelle. Elle joue une pièce de Pirandello. A deux enfants. Un amoureux, bof. Et puis un soir qu'elle joue, il est là. Paul. Un amour-coup de foudre qu'elle a dû quitter parce qu'ils ne pouvaient pas vivre ensemble ; abdication, mais non-oubli, le coeur n'oublie pas, malgré... Bref, ce soir-là, il est là. Elle est tétanisée.

Là, flou (pourquoi est-il question de 6 mois de coma qui nous perdent ? Alors que vraisemblablement non, il se passe une nuit de flottement pour elle ?) ; ils se retrouvent et parlent, et.

C'est tout, je dirais. 

Restée sur ma faim...

. J'aimais mieux quand c'était toi, Véronique Olmi, 2015.

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L'enfant du lac

30 Juin 2019, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, ce livre-là, j'avais très envie de l'aimer. Symboliquement. 

Mais... Il faut reconnaître que je n'ai guère eu la patience de le goûter. Beaucoup trop long et dilué pour moi. Véritablement agaçant, tant l'auteure tourne autour du pot, nous emmène incessamment sur de fausses pistes qui l'en finissent pas d'éclore puis de lentement s'éteindre... Franchement, j'ai fini par déclarer forfait au bout de la 484ème et d'aller lire les deux derniers chapitres. Eh ben franchement, j'ai bien fait ! Je crois que j'aurais pesté, si non, en apprenant où elle nous menait après nous avoir perdus dans toutes les directions plausibles avant...

Donc : ça a l'allure d'un roman policier, mais, peut-on dire que cela en soit un ? Après tout, il est bien question d'enquête ici. Même s'il s'agit d'une enquête 70 ans plus tard... justifiée un peu lourdement par l'éviction passagère de la police de la jeune femme qui mène cette enquête, Sadie Sparrow, et un pseudo-alibi personnel, on l'imagine bien, autour de la perte d'un enfant (Sadie semble avoir été contrainte d'abandonner un enfant à 16 ans, elle va se plonger dans le mystère de la disparition du petit Théo, en 1933, au sein d'une grande et belle maison, famille d'un certain milieu, et jamais élucidée...

Aucune piste ne nous sera épargnée et largement délayée, autour des trois soeurs notamment du petit Théo, Alice Clemmie et Deborah, et du couple parental Eleanor et Anthony... Franchement, je n'ai pas eu assez envie de m'accrocher à ces personnages pour rester avec eux 740 pages....

Merci cependant à Manolo qui a pris le temps de me le choisir et de me l'offrir, merci du fond du coeur...

. L'enfant du lac, Kate Morton, 2015. Edition Pocket. 

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La cantatrice :)

5 Mai 2019, 22:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis entrée un peu réfractaire dans ce roman, un peu rebutée par le style, l'écriture, au début ; je le trouvais peu habile, pour le moins. Et puis je me suis laissée happer. Je ne sais pas si j'ai pu oublier le style, ou si l'auteur est parvenu à se couler de plus en plus dans l'ambiance de son roman, en tout cas, j'ai fini par me laisser prendre par la galerie de personnages.

Et ça m'a plu.

Donc, roman de moeurs, rurales. Dans le Bourbonnais. Il nous asseoit quelques portraits, qu'il cisèle de plus en plus ; on rencontre d'abord un couple, Paule et Hanry, leurs petits sadismes l'un envers l'autre, leur coexistence ; ils s'installent parce qu'ils le décident chez la soeur de Paule, à son grand déplaisir à elle, et sa mesquinerie s'accentuera, il s'éloignera d'elle via l'élément central du livre : la cantatrice ! Elle a grandi là, et elle revient sur ses vieux jours, s'installer au chateau du village. Rapports de la grande dame (qui est pourtant simple) avec ce petit village, on voit de près l'économie sociale de tous ces habitants, c'est plutôt très bien senti, perçu, et rendu...

Il a dû s'amuser à prendre chacun de ses personnages et à les faire bouger, sortir de leurs rails... jusqu'au dérèglement final ! J'ai vraiment aimé, finalement. Je regrette juste "la chute" : puisqu'il nous distille un "nous" au fil du récit qui laisse imaginer que celui qui raconte a pris part à cette petite communauté, ça aurait été vraiment renversant de nous révéler à la dernière ligne qu'il était l'un d'entre eux, pourquoi pas ?

Du coup, j'ai trouvé la dernière page abrupte, je trouve que cela aurait été plus approprié, un peu à la manière de La Planète des Singes.... :)

M'enfin, belle découverte !

. La cantatrice, Christophe Mercier, éd. Joëlle Losfeld, 2006.

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Tristan :)))

28 Avril 2019, 15:31pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Trois sourires. Je sais, c'est beaucoup. Mais c'est à la hauteur de la joie que j'ai eu de m'avancer en lecture contemporaine, et de retrouver le bonheur de ne plus lâcher un livre. Alors oui, ce sont trois sourires contextuels, mais trois sourires quand même.

Je l'ai lu d'une traite ou presque sans avoir envie de le quitter, sans avoir envie qu'il se termine. Il m'a rappelé des univers : celui d'Abby Geni en moins hostile et son Farallon Island, un peu celui de Catherine Poulain et le choix solitaire de sa narratrice dans Le grand marin... Mais en plus lumineux, en moins désespéré quand même... Oui, c'est ça, parce que dans ce livre-là, il y a quand même, toujours, la lumière de l'espoir... 

J'ai donc beaucoup aimé cette promenade d'Ida à la rencontre naïve et inattendue, de soi... Faut-il se perdre un peu pour se trouver ou se retrouver ? En tout cas, ce cheminement d'Ida, simple, acceptant, accueillant, fait du bien. Partie sur un confetti d'île, loin, très loin, il ne restait plus qu'une place à bord, son chéri et elle ont tiré au sort, c'est tombé sur elle, alors c'est elle qui est partie... Vie aux côtés des îliens, rencontres, et une rencontre...

Superbe.

Merci à Delphine, je lui dois ce partage de coup de coeur ; merci !!

Bibliothèque de Lanvallay.

. Tristan, Clarence Boulay, éd. Sabine Wespieser, 2018.

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Phèdre

21 Avril 2019, 21:08pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Continuer mon exploration des grandes oeuvres de la littérature.

Etre émue de pouvoir accéder à ces oeuvres qui ont traversé le temps, les siècles, là du XVIIe jusqu'à nous. Joie. 

Bon, mais dire ici, que Racine n'est pas facile à lire.

Pièce en cinq actes, en vers, comme très très souvent au cours de ce siècle.

Inspirée de la mythologie, avec un Racine qui tient au "vraisemblable" ; 

avouer que j'ai détesté non la pièce, mais ce personnage ! Détestable Phèdre, qui fait courir à leur perte tous autour d'elle, juste parce qu'elle aime. 

Pardon, retour au XVIIe, et à la manière sans doute, qu'il convient d'en parler... ? 

Les passions sont condamnables, la vertu doit triompher...

Bon : Phèdre a épousé Thésée, parti (heu, ces fichus héros masculins de la mytholohie qui contournent toujours à leurs engagements intimes en étant loin ! ça c'est dit :) ; seulement... elle croise Hipolythe, le fils de Thésée (et d'une Amazone) et... elle s'éprend de lui. Va le lui confesser. Lui en aime une autre. Thésée d'abord annoncé mort, revient, et pour sauver sa peau, elle accepte la proposition de sa nourrice qui lui dit qu'elle va mentir pour elle en disant que c'est Hipolythe qui a tenté de la séduire... 

Ce qu'elle fait. Mais Phèdre n'assume rien, rend responsable de tout cette nourrice, Hipolythe est renié par son père à cause de Phèdre, et meurt... Phèdre aura beau jeu enfin, de se donner la mort, rongée de honte et de jalousie. Oups, eh bien c'était pas du tout un compte-rendu XVIIe que je vous ai fait là ! Bref, j'l'aime pas, Phèdre. :)

Ah oui :  sur l'image, là, elle ne se bat pas du tout ; elle tient un temps l'épée d'Hipolythe entre ses mains, et leurre son monde dont Thésée avec ça ; mais elle ne se bat pas du tout. J'allais pas vous le laisser croire ! :)

Cependant, je suis très heureuse d'avoir enfin découvert ce morceau légendaire de la littérature française, grâce à Delphine, qui une fois encore me l'a mis entre les mains. Merci !

. Phèdre, Jean Racine, 1677.

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Antigone :))

14 Avril 2019, 21:03pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bonheur que de se replonger dans l'histoire d'Antigone, en grande fan que je suis de l'Antigone d'Anouilh. Celle, originelle, de Sophocle.

Elle est évidemment plus complexe, sans doute "chargée" par les strophes et antistrophes antiques poétiques et lyriques, des chants entre les scènes. Digeste, cependant, en tout cas, là, à cette période de ma vie, c'est ce que je me suis dit.

Alors : la version de Sophocle commence par une entrevue entre les deux frangines. Pas de nourrice ici. Ismène a plus de "solidité" que celle d'Anouilh.

Créon est très rude, "un", indivisible, peu nuancé, tranché, buté ; y compris avec son fils Hémon qui pourtant vient habilement lui parler et précher la raison. Y compris en tentant d'infléchir le père parce que le peuple donne raison à Antigone. Mais Créon ne veut rien entendre.

Chez Sophocle, c'est Tirésias (qui n'existe pas dans la version d'Anouilh), le devin, qui vient parler à Créon, pour lui dire de cesser tout cela, de donner sa sépulture au mort et de sauver Antigone, ou il lui arrivera malheur. Créon s'obstine encore, mais, à l'annonce du malheur, il finit par accepter de plier. Il va sur le corps de Polynice, lui donne un tombeau, va jusqu'à Antigone qu'il a condamnée à mourir sous terre, mais là il est trop tard : Antigone est déjà morte, Hémon est là, tente de l'atteindre, lui, son père, et se retourne alors son épée contre lui-même... Eurydice l'apprenant, se donne la mort à son tour. Et Créon se repend, comprenant ses erreurs ! Pas de repentance chez Anouilh, son Créon a juste le sentiment du devoir accompli...

Cette pièce, émanant des siècles passés, est décidément fascinante : qu'une femme ait pu avoir cette importance-là, il y a 25 siècles, chez Sophocle, et dans ce peuple, m'émeut... 

Parce que c'était il y a 25 siècles......

. Antigone, Sophocle, (440 av JC).

 

 

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Carmen :))

28 Décembre 2018, 15:19pm

Publié par LaSourisJOne

Nouvelle.

J'avais fait l'impasse, encore, sur ce texte-là. Belle découverte que celle-ci, parue en 1847. L'histoire est située en 1830. Au début, racontée par un narrateur qui se rend à Munda, en Andalousie, dans le cadre de recherches historiques et paléontologiques. Et puis il rencontre par hasard un homme, à qui il offre un cigare, avec qui il partage une "couche" et un bon repas à l'auberge. Il déduit assez rapidement que cet homme est sans doute un bandit de grand chemin recherché, mais cela lui est égal. Alors que son domestique, lui, va pour le dénoncer en allant chercher des militaires, le narrateur réveille l'homme et le lui informe. Celui-là s'enfuit alors ; on sent qu'un pacte se noue entre ces deux-là, en tout cas, que celui qui s'enfuit n'oubliera pas le geste de l'autre.

Plus tard... le narrateur apprend que l'homme, Don José, est emprisonné. Il lui rend visite, et celui-ci lui raconte son histoire, le mandant de se rendre chez une vieille femme (probablement sa mère), dans le pays basque, alors qu'il va mourir... L'histoire qu'il lui livre est celle de sa rencontre avec Carmen, une bohémienne... Il était alors militaire, elle travaillait à la manufacture de tabac, elle jette brièvement son dévolu (et une fleur !) sur lui, il s'entiche, obscessionnellement. A tel point qu'il va l'aider à fuir quand on l'arrêtera alors qu'elle a blessé une collègue au travail, et par la force des choses adopter son style de vie à elle... Sur les routes, vivant de menus ou plus conséquents vols de diligences le plus souvent... Devenant de plus en plus possessif et jaloux à l'égard de Carmen qui se joue de la vie, de l'amour... 

Elle mène son monde, en femme libre et peu respectueuse de quoi que ce soit.

Il finira par la tuer, alors qu'elle le sait, par jalousie, et comme elle lui dit qu'elle ne l'aime plus et qu'elle ne veut pas vivre avec lui...

Et puis le quatrième chapitre rejoint le premier en un enchassement "sérieux", scientifique en quelque sorte, et nous livre quelques pages d'analyse de la nature des bohémiens...

Un plaisir de lecture.

. Carmen, Prosper Mérimée, 1847.

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Danser au bord de l'abîme :))

2 Octobre 2018, 18:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

D'abord il y eut Luc, pour me recommander de lire ce livre, et déjà je m'étais dit qu'il en avait sûrement la peine ; la dernière salve est venue de l'auteur lui-même, racontant l'attachement profond qu'avait 'la première dame' pour ce livre en le dévorant en une nuit... Et il est tombé entre mes mains merveilleusement samedi dernier, dans l'une de mes bibliothèques préférées. 

J'avais aimé, mais sans l'adorer la Liste de mes envies ; c'est sans doute ce qui ne m'avait pas donné envie de m'y précipiter encore. Je sais maintenant que je chercherai rapidement à lire les autres livres de Grégoire Delacourt. 

Celui-là est fabuleux.

Parce qu'il explore sans freins une, des thématiques et ses conséquences... C'est fort. Emma est mariée, pas malheureuse, trois enfants. Un jour, alors qu'elle ne cherche rien, un midi dans une brasserie, elle tombe éperdue d'amour. Une passion naît, nourrie de ce désir, de ses pensées. Ils ne feront que se regarder, et pourtant ce sont tous les possibles qui sont forts... Jusqu'au jour où ils décident, l'un et l'autre, conquis l'un et l'autre, de tout quitter l'un pour l'autre. Sauf que, la tragédie. Elle quitte son époux et ses enfants. Va le retrouver, mais... Puis, vient la maladie de son mari, à nouveau. Il y a quelque chose d'incroyablement puissant dans le fait de choisir de vivre, ce qu'on avait voulu vivre, là, sans limites. Un accomplissement de soi ultime, troublant, même quand... Plus fort que la mort. Plus fort que la maladie. 

C'est véritablement juste, c'est sans concession, c'est beau parce que c'est humain, tellement humain, avec tous les grains de sable, ou les murs qu'on se prend d'une vie.

J'ai adoré.

Et avec cela, la résonnance d'un texte qu'on a oublié depuis si longtemps, venu de l'enfance, et qui prend soudain tout son sens, toute sa dimension : quand enfin, on découvre pour la première fois, grâce à Grégoire Delacourt, La Petite chèvre de Monsieur Seguin. Et qu'on l'aime éperdument.

Bibliothèque de Lanvallay.

. Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt, éd. JC Lattès, 2017.

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