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Le blog de la souris jaune

femme

Chanson de la ville silencieuse :(

26 Mars 2018, 13:07pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est vrai, je n'ai jamais été une grande fan d'Olivier Adam. Cependant, je sais lui reconnaître son talent, le talent de son écriture.

Pourtant, là, je ne l'ai que très peu trouvé. Bien sûr, il sait, et ses descriptions en témoignent, assortir les mots, afin de transfigurer la réalité, lui donner de la densité. Pourtant, je ne suis pas allée à Lisbonne avec lui ! Moi qui y fut réellement il n'y a pas si longtemps. Les lampions, les azulejos, le fado, ok... ça ne m'a pas suffi. J'attendais plus d'Olivier Adam. Alors que Lisbonne avait dans son histoire une place importante, et que la narratrice s'y perd, enfin, est dans une ville étrangère, cela s'y prêtait. 

De la même manière, cette fois, je n'ai pas cru à l'incarnation de ce personnage féminin (la fille d'un chanteur très connu) : pas une fois. Et je me suis souvent demandé pourquoi il avait décidé de camper un personnage féminin, ok, ce n'est pas la même chose, le rapport au père, cependant, j'ai la sensation encore que de ce rapport au père spécial pour une fille, il ne fait pas grand chose. 

J'ai aussi souvent été gênée par ses phrases au couteau, enfin, ses mots plaqués en guise de phrase, et je n'avais pas souvenir que cela caractérisait autant sa façon d'écriture. Cela m'a souvent gênée, d'autant que ça n'apporte rien, on a une histoire languide, une histoire qui se perd dans les limbes, alors le tranchant ma foi est resté incompréhensible pour moi.

Evidemment, quelques passages m'ont plu, mais sans réellement parvenir à m'émouvoir. Même si on imagine le destin terrible de cette jeune femme qui s'en accomode entre deux parents qui ne la désiraient pas et se soucient peu d'elle, prisonniers de la difficulté de leur propre destin. Le sujet était intéressant : être rock star et en vivre en même temps qu'on en "crève", ou plutôt, en même temps qu'on nous vole tout de notre vie.

Mais, j'ai trouvé que ça allait trop vite, et que l'atmosphère aurait mérité qu'on l'installe plus.

Même le titre du livre, je l'ai trouvé inapproprié : emprunté à Dominique A, il est joli évidemment, mais dans ce livre, seules les villes existent, plus que l'héroïne en tout cas, elles sont loin d'être silencieuses, ces villes, notamment Lisbonne qui résonne de ses chanteurs de rue, et Paris...

Bibliothèque d'Evran.

. Chanson de la ville silencieuse, Olivier Adam, éd. Flammarion, janvier 2018.

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L'amie prodigieuse, 4:))

24 Mars 2018, 14:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Alors voila. Je viens de refermer la dernière page du dernier tome de l'Amie prodigieuse. Voila un mois pile que je vis, je respire, je pense Elena Ferrante. Un mois pile, emportée de ligne en ligne, sans intermède, d'un livre à l'autre. J'ai ralenti, la lecture des quelques dernières pages, pour m'en imprégner vraiment, peu désireuse de quitter cette histoire, cette proximité avec Elena, cet univers. J'ai été avalée par ce livre et tout son histoire, ou par ces quatre livres et leur histoire. Avalée, oui, c'est ça. C'est troublant de refermer ce dernier tome en se disant que ces quelques dizaines de vie qu'elle vient de nous raconter, avec toute leur richesse, leur densité, pourrait très bien être sa vie, et de n'en rien savoir. Tellement agréable de se dire qu'on en saura rien, et prier pour que ce mystère demeure, moi ça me va bien.

Donc, dernier volet. Après quarante ans. Je ne peux évidemment pas en dire grand chose, bien entendu, pour tous ceux qui attendent de le lire avec impatience... :) Il y a donc un événement majeur, au coeur de ce livre-là, qui continue de marquer les destins, un destin en particulier, mais tous finalement, tant ils sont intrinsèquement liés.

J'aurais pu me dire que celui-ci bredouillait un peu, comme avec le second, mais si peu. Et c'est tellement proche de la vraie vie et de son rythme. Et puis le temps passe quand même, inexorable, vers le dénouement.

J'ai tant aimé l'histoire de cette amitié, et la toute fin, aussi, qui ne déçoit pas évidemment, puisqu'histoire est conçue en cercle, et qu'elle nous donne à la fin une note mystérieuse qu'on a envie de déguster, en y pensant, en cherchant la clé, sans jamais y parvenir.

. L'amie prodigieuse, IV, L'enfant perdue. Gallimard. Janvier 2018.

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L'amie prodigieuse, 3 :)))

14 Mars 2018, 20:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Troisième et avant-dernier volet de l'Amie prodigieuse, donc, dévoré sans lassitude et avec tout autant de plaisir, d'impatience de me replonger dans sa lecture, et je pourrais dire que j'ai aimé (mais c'est très personnel), ce troisième tome autant que le premier. Sans occulter le second.

J'ai énormément aimé celui-ci pour les choix d'affirmation que fait la narratrice, pour la vision d'un écart entre deux mondes, un lettré, un de l'héritage familial, qui se creuse ; l'immersion dans un contexte politique, historique, et social, surtout social avec des entreprises à la Germinal sur la rude, très rude condition ouvrière : comment fait-on pour s'en sortir quand on a que ça ? qu'est ce qu'on accepte ? Jusqu'à quel point ? Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé voir la narratrice gérer de main affirmée la difficile condition de son amie, dans son usine. 

Bien sûr, on le voit, la dissension se creuse, aussi, entre ces deux-là, mais...

Et puis le choix du coeur (même si on craint le pire), de la narratrice.

Toujours aussi palpitant.

. L'Amie prodigieuse, 3, celle qui fuit et celle qui reste, Folio.

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L'Amie prodigieuse, 2 :))

7 Mars 2018, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai hésité à mettre trois, ou deux sourires. J'ai finalement opté pour deux, tout en me disant pourtant que je m'étais jetée dedans avec tout autant de passion que dans le premier ; je reconnais simplement tout petits patinements, dans la vie de Lila, mais qui à aucun moment ne m'ont donné envie de lâcher le livre bien au contraire. 

On lui reconnaîtra encore une fois ce talent de nous laisser en "suspens", comme à la fin d'un épisode ou saison d'une série : avec la volonté rageuse de savoir, tous les détails de ce qu'elle a amorcé.

C'est d'autant plus époustouflant, qu'on voit bien que ce récit prend toute son architecture comme vie de la narratrice (on ne se hasardera pas à dire vie de l'auteure, mais évidemment, c'est plausible, vu les circonstances), et qu'une fois encore chaque épisode, chaque anecdote nous sont livrés de la même manière : une phrase d'appel nous donne immédiatement envie de savoir ce qu'elle va nous raconter, et même s'il s'agit d'un petit événement, elle nous aspire dans les entrelacs de sa vie, et nous en voulons toujours plus.

C'est en tout cas ce que je ressens à l'issue de ce tome 2, donc, et donc environ 1200 pages plus tard : je suis soulagée parce que la vie de Lila et d'Elena m'attend encore, elle n'est pas terminée, et tout ces personnages que j'ai vu vivre dans ce quartier peu aisé de Naples, je vais les retrouver, sans doute pour le pire, mais aussi tout simplement à l'échelle d'une vie, de vies et de péripéties de vies.

L'amitié s'est évidemment transformée, la dépendance demeure, mais dans ces quelques années de vie, la concurrence, une concurrence souterraine, habite sans doute les deux protagonistes. 

Alors : je leur ai donné 18 ans à la fin du premier tome, elles étaient en réalité plus jeunes, elles avaient 16 ans, on dira que ce tome aborde donc les cinq années suivantes, pas plus.

Ce qui fait encore une fois son charme incomparable, c'est que la narration n'a rien de linéaire, la narratrice (dont on oublie pas qu'elle a 60 ans), nous livre ces deux histoires selon sa logique, sa mise en perspective, son souhait de raconter ces deux vies enchevêtrées par périodes, et à leur manière.

Je suis encore conquise par cette Amie prodigieuse n°2, la dimension sociale prend encore une fois tout son sens, là par rapport au mariage, aux études supérieures, et elle nous donne à voir comment on chemine, à Naples, sur ces problématiques-là, dans les années 60, et dans un quartier pauvre...

Je vais encore une fois me précipiter sur le tome 3...

. L'Amie prodigieuse 2, Le Nouveau nom, Elena Ferrante, Folio ; 2012 en Italie, 2016 pour la traduction française.

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L'Amie prodigieuse :)))

28 Février 2018, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quand je pars en voyage, j'aime ce moment privilégié de choisir les livres, le livre si c'est un voyage court, qui m'accompagneront(ra). Et quand c'est à l'étranger, ce choix est encore plus précieux, car je sais que je n'aurai pas la solution de me ruer vers une librairie pour en acheter un autre... Alors, pour ce court voyage à Londres, j'avais choisi l'Amie prodigieuse, dont j'avais tant entendu parler, et Elena Ferrante, pour m'accompagner. Que je ne regrette pas ce choix ! Quel bonheur de me dire que ce livre, et ceux qui suivront, me rappeleront mon voyage, et inversement ! Je l'ai donc dévoré. Je le retrouvais comme une gourmandise dans mes temps de pause. Et j'attends avec impatience de me jeter dans le second tome, car l'histoire d'Elena et Lila m'a vraiment capturée. 

Bienvenue à Naples. Quartier populaire. J'appréhendais un récit d'enfance (ça ne vous étonnera pas), c'est bien plus que cela, évidemment. D'autant que la narratrice nous saisit d'emblée, puisqu'elle a quelque soixante ans passés, qu'elle nous dit que celle qu'elle connaît si bien, son amie Lila, a disparu de la circulation, fidèle à son fantasme de le faire un jour, et qu'elle va s'employer à lutter pour qu'elle ne disparaisse pas, et raconter par le menu leurs pas, à elles deux, dans la vie, depuis leurs premiers pas ensemble. C'est à dire depuis qu'elles avaient... 7, 8, 9 ans ? Le premier tome (Delph, je vais penser à toi sur ce coup-là, en ne disant pas jusqu'à quel événement) passe en revue dix ans de leur vie. Autrement dit, jusqu'à leurs 18 ans.

J'ai adoré, comme beaucoup donc semble-t-il, tant ce livre est un phénomène que je comprends maintenant, la vie entremélée de ces deux-là. La riche complexité et à la fois simplicité de leur lien. Le déterminisme de leur milieu, et les actes qu'elles mettent en place, chacune à leur manière, pour s'en dégager. Mais ce livre ne se résume pas, tant la richesse et la densité des liens doit se lire.

Nourrie d'ambivalences. 

C'est superbe et passionnant, et j'attends avec impatience de me plonger dans le second tome pour suivre la suite de leur aventure.

Je rejoins donc Mélanie (pensées pour toi !) qui avait tant aimé ce livre, j'ai mis le temps, mais j'y suis venue au bon moment, je crois :)

. L'amie prodigieuse, Elena Ferrante, Folio, 2011.

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La porte :)

17 Février 2018, 21:08pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne parviens plus à me souvenir où, ou qui m'avait conseillé la lecture de ce livre.

On peut dire qu'il n'est pas n'importe quel livre. Qu'il est loin de passer inaperçu. 

Il m'a donné à découvrir un petit bout de la littérature hongroise.

Après avoir tourné autour du pot, je vais essayer de dire : histoire d'attachement. Histoires d'attachement, sans que l'on se l'explique. Attachement d'ordre maternel, ou filial. Attachement surprenant, qui échappe à toute psychologie. D'ailleurs, l'explication, s'il pouvait en avoir, se rapprochait sans doute davantage de l'Antiquité, de ses mythes, des croyances. 

L'attachement pour cette femme qui pourrait faire fuir, Emerance. Vieille femme, rude, aride, vivant claquemurée avec ses rituels, ses interdits, sa dévotion.

Et la narratrice, lettrée, écrivain, s'attache à elle. Elle devient sa femme de ménage. Dans une relation que l'on explique pas, nous lecteur. Elle ne sera jamais à la hauteur de cet attachement là, comme conditionnée par des choix de femme de lettres, du monde, aux conséquences toujours désastreuse. Un fossé, un éccueil sépare ces deux femmes-là. Pourtant, la lettrée veut...

Et puis il y a le pont : le chien. Le chien de la lettrée, mais véritablement tellement viscéralement attaché à Emerance, que celle-ci baptisera Viola. Ce chien, qui sent tout à l'extrême dès qu'il s'agit d'Emerance. 

Il y a les conditions de vie qu'on se choisit, qui peut-être doivent être respectés coûte que coûte... 

Qui induit le questionnement autour de l'âge, de la faculté de s'occuper de soi... Doit-on trahir ce souhait, même s'il s'agit de sauver une vie ? La question se pose. La question reste posée, même si la narratrice a fait le choix de sauver cette vie, qui, estimant avoir tout perdu, se laissera mourir.

C'est rude, aride, pudique, fort, extrêmement intéressant.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La porte, Magda Szabo, éditions Viviane Hamy. 1987 en Hongrie. 

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La beauté des jours :)

4 Février 2018, 15:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voila. Je referme enfin ce livre que j'ai lu lentement. Enfin, referme, pas tout à fait, je le laisse un peu ouvert pour en respirer encore les dernières pages. 

J'ai réappris à lire lentement, avec ce livre. Et j'ai fini par en goûter l'atmosphère, moi qui me cabrais au début de sa lecture, par son style dont je ne suis pas vraiment fan. Phrases simples et courtes. Restitution d'une ambiance rurale, qui n'est pas sans évoquer pour moi des souvenirs enfantins. Rythme lent, d'un temps qui coule sans que ne se passe grand chose.

Mais c'est ça qu'elle donne à voir, et plutôt brillamment, si tant est qu'on ne bloque pas sur sa façon d'écrire : de petits vies qui s'écoulent, la beauté de ces vies-là, pour faire en sorte que les choses durent. Pour ne pas déconstruire ce qu'on a construit.

C'est joli, ce cheminement de Jeanne avec elle-même. Ce qu'elle est, ce qu'elle était, et comment elles se retrouvent, ces deux Jeanne, sans s'être jamais complètement perdues. Avec ce lien, ce trait d'union entre cette Jeanne du présent et du passé, Abramovitc. L'artiste, qui la fascine depuis toujours. Qui se livre à des performances extrêmes. Dans son quotidien de cela, elle suit, toujours, l'artualité de son idole. Et cela la maintient connectée avec elle-même. L'autre part d'elle-même, c'est ce qu'elle a créé, Rémy, son mari, si ancré dans son quotidien, l'amour qui en ressort, de ces attachements de leurs vies, et leurs deux filles, grandes, qui commencent à vivre leur propre vie.

Et Martin. Celui dont on ne saura pas vraiment s'il aurait pu être l'autre homme de sa vie, ou qui restera l'autre homme de sa vie, sans que Jeanne ne veuille en tout cas casser ce qu'elle a construit. Alors s'efforcer d'enfouir en soi les espérances, les doutes quand ils arrivent, pour se raccrocher fort, fort, à ce qu'on a construit. 

Martin qui part au Japon sur lîle de Teshima, pour entendre les battements de coeur au sein d'une petite cabane... Il aurait voulu l'y emmener, mais ce n'est pas sa vie.

C'est beau.

Je ne peux que lui rendre hommage, après avoir tant douté, et décrié son écriture.

Delph, nous pourrons enfin en parler, comme je sais que tu l'as lu !

. La beauté des jours, Claudie Gallay, éd. Actes Sud, 2017.

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Le club de la petite librairie

8 Janvier 2018, 20:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aurais dû davantage me méfier.

C'était prometteur, mais peut-être un peu trop. L'idée de cette jeune femme qui découvre une nouvelle famille à travers les bénévoles d'une petite librairie d'occasion en plein New-York... Bon, en fait, elle m'a agacée, cette fille ! Ce qu'elle finit par accepter à la fin du livre, on le sait depuis le début (même s'il oscille, il oscille) : le type dont elle s'est entichée, le très beau Mitchell est un fieffé con ! Et ça m'a agacé de voir toutes les concessions qu'elle accepte de faire, juste pour le garder, alors que c'est un imbécile, et qui ne l'aime pas une seule seconde, qui veut juste sauver les apparences... Alors soit, ça arrive. Mais encore un livre où on nous montre une ravissante intello, sous la coupe d'un fieffé idiot, beau et plein d'argent, mais qui n'a pas l'once d'un sentiment... Pffff. 

on le sait depuis le début, que ses vraies valeurs, sur lesquelles elle ne doit pas concéder, elles se trouvent au sein de la petite librairie. Mais elle est agaçante, avec son gel hygiénique et sa trop grande candeur.

Et comme c'est pas mer-veil-leu-se-ment écrit, on s'embête un peu, quand même, souvent... 

Bref, j'ai pas été convaincue ! 

. Le club de la petite librairie, Déborah Meyler, février 2014, City Edition.

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Agatha Raisin, La quiche fatale

12 Décembre 2017, 14:14pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Roman, ou roman ado ? Les deux, peut-être... Y a un peu de tout dans ce livre-là, mais je n'ai pas été convaincue, emportée. Le personnage pourrait pourtant être attachant, en nuances, avec son caractère bien trempé, mais aussi ses hésitations et ses doutes (euh, pas vraiment existentiels, quand même). Mais j'ai trouvé le récit foutraque, et trainant en longueur, se ressassant pas mal. 

Une quinquagénaire (Agatha Raisin) a eu une vie trépidante à Londres, dans le monde des affaires et de la communication, et choisit de se retirer dans un petit village. Pour s'intégrer à la petite communauté, elle participe à un concours culinaire de... quiches, et elle triche. Elle ne gagne pas, mais celui qui la mange passe l'arme à gauche, empoisonné.! Agatha Raisin est furieusement tentée de mener l'enquête, quand tous voudraient bien ne pas la mener. Circonvolutions, petites péripéties, galerie de personnages ne suffisent pas, à mon sens, à emporter le récit dans un scénario que j'ai trouvé assez faible. il y avait pourtant un petit potentiel, le côté 'trash' et non-politiquement correct d'Agatha avaient leur potentiel...

La couverture du livre me laisse elle-aussi très sceptique : elle tend à brouiller les lignes, le livre n'ayant rien d'enfantin. 

Médiathèque de Saint-Malo.

Agatha Raisin, la quiche fatale, M.C Beaton, éd. Albin Michel. Juin 2016.

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Mercy, Mary, Patty :)

11 Septembre 2017, 22:00pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Les livres de Lola Lafon (La petite communiste qui ne souriait jamais) laissent son lecteur sonné, abasourdi, comme après le passage d'une énorme vague. Alors, encore, avec celui-ci. Ils échappent à la classification traditionnelle, au 'J'aime, j'aime pas', plus que jamais hors de propos.

Parce qu'ils font réfléchir, ils entraînent, ils cueillent, ils dérangent. Celui-là n'échappe pas à la règle, sans doute pour des raisons un peu différentes. Certes, il y a le style, inégalé, unique, propre à elle. 

Mais il y a l'enchassement des voix ; ce vous, étrange de bout en bout, ce récit en poupées gigognes, pour dire l'analyse d'un fait-divers qui marqua l'année 1974 en Amérique. Essentiellement celui-là. L'enlèvement de Patricia Hearth. Les bandes sons, les articles de journaux, tout cela passé au crible irrationnel, sans cesse sur le fil, de la narratrice. Dont la voix se confond avec, une chose est sûre, c'est que toutes celles qui parlent ont été marquées par cette histoire hors norme de cette jeune fille de milliardaires, enlevées par un groupuscule d'extrême-gauche, dont le dessein est de venir en aide aux pauvres, à ceux que le milliardaire asservit, en tanguant toujours. Fuyant. Et pourtant marquant, marqué, prononcé. Une voix que l'on n'oublie pas. Le livre ne se résume pas, il enchasse, il interroge, il tient en haleine... 

En savez-vous assez sur Patty, alias Tania ? Non, sans doute pas, mais, le livre vous laisse cette part d'inassouvi que laissa sans doute la véritable histoire : on ne peut juger, on ne peut comprendre, on ne peut caractériser, ce serait si simple... Tania est tout à la fois celle qui se rebelle et choisit la cause des combattants que la jeune opprimée par ses parents et son fiancé, dont le pouvoir est l'argent. Et puis il y a les autres, esquissées, mais les autres, quand même, celles qui furent enlevées aussi plus loin dans le temps, et qui refusèrent de revenir dans le giron familial. Parce qu'elles trouvèrent un destin, un sens, une place, plus qu'en l'autre monde, celui où l'on se croit libres. Troublant. 

. Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon, éd. Actes Sud, sept 2017.

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