Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

theatre

Phèdre

21 Avril 2019, 21:08pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Continuer mon exploration des grandes oeuvres de la littérature.

Etre émue de pouvoir accéder à ces oeuvres qui ont traversé le temps, les siècles, là du XVIIe jusqu'à nous. Joie. 

Bon, mais dire ici, que Racine n'est pas facile à lire.

Pièce en cinq actes, en vers, comme très très souvent au cours de ce siècle.

Inspirée de la mythologie, avec un Racine qui tient au "vraisemblable" ; 

avouer que j'ai détesté non la pièce, mais ce personnage ! Détestable Phèdre, qui fait courir à leur perte tous autour d'elle, juste parce qu'elle aime. 

Pardon, retour au XVIIe, et à la manière sans doute, qu'il convient d'en parler... ? 

Les passions sont condamnables, la vertu doit triompher...

Bon : Phèdre a épousé Thésée, parti (heu, ces fichus héros masculins de la mytholohie qui contournent toujours à leurs engagements intimes en étant loin ! ça c'est dit :) ; seulement... elle croise Hipolythe, le fils de Thésée (et d'une Amazone) et... elle s'éprend de lui. Va le lui confesser. Lui en aime une autre. Thésée d'abord annoncé mort, revient, et pour sauver sa peau, elle accepte la proposition de sa nourrice qui lui dit qu'elle va mentir pour elle en disant que c'est Hipolythe qui a tenté de la séduire... 

Ce qu'elle fait. Mais Phèdre n'assume rien, rend responsable de tout cette nourrice, Hipolythe est renié par son père à cause de Phèdre, et meurt... Phèdre aura beau jeu enfin, de se donner la mort, rongée de honte et de jalousie. Oups, eh bien c'était pas du tout un compte-rendu XVIIe que je vous ai fait là ! Bref, j'l'aime pas, Phèdre. :)

Ah oui :  sur l'image, là, elle ne se bat pas du tout ; elle tient un temps l'épée d'Hipolythe entre ses mains, et leurre son monde dont Thésée avec ça ; mais elle ne se bat pas du tout. J'allais pas vous le laisser croire ! :)

Cependant, je suis très heureuse d'avoir enfin découvert ce morceau légendaire de la littérature française, grâce à Delphine, qui une fois encore me l'a mis entre les mains. Merci !

. Phèdre, Jean Racine, 1677.

Voir les commentaires

Le malentendu

20 Avril 2019, 14:51pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bon, bon, bon. Etre heureuse de découvrir, encore et encore, et là, le théâtre de Camus. Savoir que je n'en suis pas fan... Enfin : je dirais que je pourrais en aimer l'écriture, mais pas les idées, tant pis pour les puristes et amoureux de l'auteur.

Je trouve plus de lumière dans une tragédie d'Anouilh. Et je m'autorise à les rapprocher parce que ces deux pièces ont vu le jour exactement à la même période.

Mais bref, tentons de dire ici ce qu'il en est : 

Une mère, une fille. (Martha est jouée lors de la première représentation, par Maria Casarès, la maîtresse de Camus dans la vraie vie, donc). La mère et la fille tiennent une auberge ; on comprend à travers leurs conversations qu'elles règlent leur compte à certains clients, pour leur prendre leur argent, lorsqu'elles pensent que c'est sans danger ; elles lui font boire un thé empoisonné et ensuite s'en débarassent dans la rivière. La mère en est lasse, la fille veut continuer, parce qu'elle rêve d'ailleurs, du soleil de l'Algérie. Comme une échappatoire, enfin, à leur vie, le fils y ayant eu droit, lui ? 

Et justement, un jour, là, c'est le fils qui revient. Son frère, mais elles ne le reconnaissent pas. Lui veut les aider enfin. Elles vont mener à bien une fois de plus leur dessein sans savoir à temps que cette fois-ci... elles tueront leur fils et frère.

Ce côté inexorable que l'on voit arriver est intéressant ; cependant, je me retrouve très peu dans la noirceur humaine de Camus.

Merci à Delphine, qui m'a permis cette découverte. Mille mercis.

. Le malentendu, Albert Camus, 1944.

Voir les commentaires

Antigone :))

14 Avril 2019, 21:03pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bonheur que de se replonger dans l'histoire d'Antigone, en grande fan que je suis de l'Antigone d'Anouilh. Celle, originelle, de Sophocle.

Elle est évidemment plus complexe, sans doute "chargée" par les strophes et antistrophes antiques poétiques et lyriques, des chants entre les scènes. Digeste, cependant, en tout cas, là, à cette période de ma vie, c'est ce que je me suis dit.

Alors : la version de Sophocle commence par une entrevue entre les deux frangines. Pas de nourrice ici. Ismène a plus de "solidité" que celle d'Anouilh.

Créon est très rude, "un", indivisible, peu nuancé, tranché, buté ; y compris avec son fils Hémon qui pourtant vient habilement lui parler et précher la raison. Y compris en tentant d'infléchir le père parce que le peuple donne raison à Antigone. Mais Créon ne veut rien entendre.

Chez Sophocle, c'est Tirésias (qui n'existe pas dans la version d'Anouilh), le devin, qui vient parler à Créon, pour lui dire de cesser tout cela, de donner sa sépulture au mort et de sauver Antigone, ou il lui arrivera malheur. Créon s'obstine encore, mais, à l'annonce du malheur, il finit par accepter de plier. Il va sur le corps de Polynice, lui donne un tombeau, va jusqu'à Antigone qu'il a condamnée à mourir sous terre, mais là il est trop tard : Antigone est déjà morte, Hémon est là, tente de l'atteindre, lui, son père, et se retourne alors son épée contre lui-même... Eurydice l'apprenant, se donne la mort à son tour. Et Créon se repend, comprenant ses erreurs ! Pas de repentance chez Anouilh, son Créon a juste le sentiment du devoir accompli...

Cette pièce, émanant des siècles passés, est décidément fascinante : qu'une femme ait pu avoir cette importance-là, il y a 25 siècles, chez Sophocle, et dans ce peuple, m'émeut... 

Parce que c'était il y a 25 siècles......

. Antigone, Sophocle, (440 av JC).

 

 

Voir les commentaires

L'intervention :)

6 Avril 2019, 20:33pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Pièce en un acte, cinq scènes (relativement courte).

C'est à Delphine que je dois cette découverte totale, qu'elle en soit remerciée.

Je connais très mal Victor Hugo, et encore moins son théâtre.

Découverte surprenante que celle-ci, je ne m'attendais pas du tout à ce genre de pièce sous sa plume (mais je le répète, je ne connais mal). Donc, pièce sociale et de moeurs. Intime.

Quatre personnages. Deux ouvriers, d'extraction et de vie modeste, deux "parvenus" au sens premier, en tout cas gens aisés. Deux hommes, deux femmes.

Histoires de couples, mis à mal par la tentation incarnée par l'autre milieu social : le baron trouve Marcinelle très attirante avec sa simple robe de toile, l'ouvrier trouve Eurydice très désirable, avec ses très belles robes, idem pour les femmes, tentées par l'autre, l'opposé à sa condition sociale...

Parfois technique, notamment avec le baron et le champ lexical des courses hippiques et surtout des tissus, cependant, attachante découverte...

Merci à Delphine.

. L'Intervention, Victor Hugo, 1866.

Voir les commentaires

L'Alouette :)

23 Août 2018, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Ah, retrouver le théâtre d'Anouilh. Quel plaisir ! 

Retrouver des traits de caractère, des répliques approchantes...

J'aime décidément son théâtre. Sa manière de nous donner l'histoire, en densifiant tellement les dialogues bien au delà du simple instant présent.

J'ai aimé sa mise en scène des personnages dans l'histoire, qu'ils soient en scène pendant que l'histoire se joue, se jouant des temporalités par ce biais qui crée de la dramaturgie.

J'ai souvent souri, j'ai trouvé ça interéressant, drôle, intelligent, cette fresque qui donne à voir l'histoire de Jeanne d'Arc, ces réflexions sur la foi, le pouvoir, le courage, la peur, le rôle des hommes et des femmes sans se départir d'une époque.

Les dialogues ne sont jamais vains.

C'est un théâtre profond et sensé que le théâtre d'Anouilh. A lire et à relire.

. L'Alouette, Jean Anouilh, Folio Livre de Poche. 1953.

Voir les commentaires

Notes de service, 1944-1967

1 Novembre 2015, 09:43am

Publié par LaSourisJOne

Notes de service, 1944-1967

A moins d'une passion pour Jean Vilar, ou évidemment d'une implication théâtrale et curiosité pour son travail, on imagine difficilement l'intérêt de lire ce livre.

Ces 'Notes de service de 1944 à 1967, sont une succession de lettres aux acteurs et autres textes (courriers d'autres interlocuteurs, qui donnent l'impression d'un fourre-tout de tout ce qu'on aura pu trouver du style autour de Jean Vilar). Elles sont agencées chronologiquement, n'ayant pas la prétention de raconter une histoire, ne serait-ce que l'histoire de la gestation des pièces ; aucun appareil didactique ou documentaire, si ce n'est quelques maigres notes de bas ne vient agrémenter ces échanges d'informations sur les dites pièces, dont il est fait mention. Parmi ces courriers uniquement quelques documents : photos, de Jean Vilar à l'époque et copies de quelques lettres elles-mêmes.

Je dirai que la publication brute de ces lettres manque de quelque chose.

Cependant, on découvre un peu du fonctionnement d'un homme qui marqua le théâtre au XXème siècle, est le père du festival d'Avignon, et du TNP. Que tout soit formalisé n'étonne guère, on imagine que pour faire tourner de grosses machines comme les siennes, de nombreux échanges de courriers doivent être nécessaires, et presque ça rassure : eh oui, on travaille avec du matériau humain, et derrière 'l'agencement d'une pièce réussie', il y aura eu des comédiens qui n'arrivent pas à l'heure, des comédiens qui ne rangent pas leur costume, etc, etc. Lettres d'encouragements, lettres de mise au point, efficaces et toujours allant dans le sens du projet constituent donc cet ouvrage. Les courriers avec le personnel technique des théâtre sont évidemment beaucoup moins intéressants.

Médiathèque de Saint-Malo.

Notes de service, Jean Vilar. Editions Actes Sud, Le Temps du théâtre, 2014.

Voir les commentaires

Double jeu :)

21 Septembre 2014, 21:51pm

Publié par LaSourisJOne

Double jeu :)

Roman ado.

Encore un cadeau, chaque fois renouvelé, que de lire Blondel ! Je vais me répéter, ceux qui ont l'habitude de me lire sur ce blog le savent, mais vraiment, Blondel ne me déçoit jamais. Là encore, c'est un très joli roman ado, très juste.

Dans la peau de Quentin, ado brillant mais un peu désabusé, après avoir été forcé de changer de monde, en changeant de lycée, en passant d'un lycée de banlieue à un lycée chez 'les bourges'. Il ne cherche pas à s'intégrer, certes on pourrait se dire que malgré ça ça se passe trop bien pour lui, mais quand même. La peinture du couple parental (besogneux, travailleurs, mère qui courbe l'échine, père silencieux et consommateur de télé qui a abdiqué) est chouette, la prof de français, La Fernandez, excessive, évidemment, comme a tous connus une prof de français, est elle aussi belle. Est-ce qu'on peut y croire à ce garçon brillant, qui ne sait pas quelle voie l'attend, mais qui va relever le défi de cette prof, et incarner le rôle principal d'une pièce de théâtre qu'elle lui aura fait lire ? Je ne sais pas. Peu importe. On est bien, dans cette histoire, avec cet ado qui se débat quand même avec ce qu'il a... La relation avec la petite soeur, est là encore touchante. Ces personnages semblent vivants, ils pourraient vivre à côté de nous. Encore un beau plaisir de lecture grâce à Jean-Philippe Blondel.

Double Jeu, Jean-Philippe Blondel, éd. Actes Sud Junior. Sept 2013.

Voir les commentaires