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Le blog de la souris jaune

femme

De l'autre côté de l'été :))

24 Novembre 2019, 09:32am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre se dévore sans qu'on ait envie de le lâcher.

La narratrice a la cinquantaine. Cinquante-huit en réalité. Elle vit avec sa fille, odieuse jeune femme capricieuse... Son mari est pari quelques mois auparavant, un mari qu'elle avait soin de choisir pour que leur histoire ne donne rien de similaire aux histoires de sa mère... Elle déjeune régulièrement avec ses deux amies, comme un rituel désagréable... Voila pour le contexte. Un jour, au restaurant, on ne sait pas bien alors ce qui se passe dans sa tête, mais elle tombe en fascination pour un jeune homme, le serveur. Et... alors que c'est loin d'être dans sa nature... elle va l'aborder et lui demander de venir, moyennant finances passer un an chez elle. !

Je vais essayer de ne pas vous en dire plus, même si c'est évidemment tentant ! C'est bien raconté, et psychologiquement très intéressant. Il y est bien sûr question des âges de la vie, de la séduction, mais aussi je trouve du fait de se trouver un jour, quelque soit la manière, d'être soi.

J'ai dévoré ce livre trouvé par hasard dans une cabane à livres, sans connaître l'autrice.

On s'attache vraiment aux personnages qui pourraient sembler réels tant ils sont véritablement bien campés.

. De l'autre côté de l'été, Audrey Diwan, éd. Flammarion, 2009 ; Livre de Poche.

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Miss Islande :)

17 Novembre 2019, 15:13pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Evidemment, expérimenter sans hésiter le nouveau livre d'Audur Ava Olafsdotir, après le vrai bonheur de Rosa Candida (2010). C'est toujours aussi plaisant que de se plonger entre ses lignes.

On pourrait sans doute parler d'une livre "militant" que celui-là... Pour la cause des femmes, des homosexuels et des Noirs... Elle situe l'action de ce livre en 1963, en Islande.

L'héroïne est une jeune femme qui porte, parce que c'est la passion de son père, le nom d'un volcan. Son meilleur ami, comme un frère pour elle, comme une évidence, est homosexuel. Elle écrit. L'un comme l'autre semblent devoir affronter le carcan d'une société intolérante à ce qui n'est pas dans les moeurs, et rejeté. Elle raconte en disant "je", mais ce qui est troublant, c'est qu'on a jamais ses ressentis. Ainsi, ses actions, ses volontés, ses aspirations, mais pas ce qu'elle ressent. En tout cas, à travers tout cela, sourd sa détermination sans faille...

Il y a aussi la meilleure amie, dont j'ai aussi beaucoup aimé la personnalité, qui forme également la garde rapprochée, indispensable, de l'héroïne. Elle a choisi d'être mère, ses tentatives pour concilier sa part intime de soi avec le rôle qu'elle se choisit bientôt sont belles, touchantes... 

J'aime beaucoup ces personnages, et le récit qui nous en est fait.

La nature, de son côté est brute, souvent extrême, islandaise ! 

Quant au produit de la nature, lorsqu'il est destiné aux hommes, il nous l'est livré dans sa crudité, brutalement, sans filtre ni couleurs sépias.

J'ai beaucoup aimé.

. Miss Islande, Audur Ava Olafsdottir, éd. Zulma, 2019.

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Le bal des folles :))

11 Novembre 2019, 11:00am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

C'est un premier roman pour la jeune Victoria Mas. A saluer !

Le roman se passe au XIXe siècle, aux alentours de 1885-1890. A la Salpêtrière. Lieu d'emprisonnement (mot approprié), d'internement des femmes à l'époque contre leur volonté, selon les desiderata d'un homme de leur entourage. Qui un père, un mari... Mon Dieu... N'oublions pas le chemin parcouru !

Le roman est passionnant, on s'attache aux personnages tout autant qu'on vit à leurs côtés, apprenant le fonctionnement de cet endroit. On sent que l'autrice s'est véritablement fidèlement documentée. Ainsi cotoie-t-on Charcot, le grand Charcot (père de l'explorateur), son aura avant de le rencontrer vraiment...

Les protagonistes ? Une jeune femme, Eugénie, intelligente et fine. Qui aura le malheur de faire confiance à une personne... (pas facile de ne pas divulgacher ! )... Elle va se retrouver internée... 

Et puis Geneviève, Madame Geneviève, la rigide surveillante, convaincue de sa mission, à la Salpêtrière... Les autres femmes... quelques hommes aussi... Une fois par an se déroule là le bal de la mi-carême, très attendu par les internées... et aussi par le gratin du tout Paris, puisque d'aucuns, devenant voyeurs, participent à ce bal, curieux de voir les "aliénées"...

Nous sommes dans l'agitation de ces préparatifs... C'est palpitant, le suspense est là, pour l'intérêt de lecture...

Ce roman nous fait ressentir la grande injustice de l'enfermement malgré soi ; on ressent une grande révolte à imaginer, à repenser à ce qu'on a décidément fait aux femmes, au fil de l'Histoire, et là... 

C'est un roman qui parle des chemins de vie, de la foi ; du dehors et du dedans... Et bien sûr de la liberté, de cette complexe liberté... Certains sont libres alors qu'ils sont enfermés, pour d'autres sont enfermés par leurs croyances alors même qu'ils ne sont pas contraints de vivre entre quatre murs...

Evoque bien entendu le sujet de La télégraphiste de Chopin (la visitation des défunts), mais j'ai trouvé que cela l'était avec plus de poésie, plus de délicatesse...

. Le bal des folles, Victoria Mas, éd. Albin Michel, 2019.

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Mon année de repos et de détente :)

26 Octobre 2019, 12:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire étrangère.

C'est une prouesse que ce livre-là. Le rendu d'une année où la narratrice, 26 ans, décide de "sortir du monde" ! Elle décide, sans pathos et apitoiement, de se "purifier" en dormant une année, en prenant force médocs pour dormir, dans son appartement. Incongru, certes... Elle ne garde dans sa vie sociale que sa "meilleure amie" Reva, l'envahissante Reva, sans doute plus parce qu'elle force la porte avec tous ses problèmes modernes qu'autre chose, et sa psy, complètement à côté de la plaque, sa psy et ses nombreux chats, sa mauvaise mémoire, ses conseils déterminés mais si peu appropriés qu'on en sourit souvent...

Et jusqu'aux quatre derniers mois, ou, secondée par (ah non, je ne vous spoile pas !)..., elle pousse encore l'expérience de façon encore plus extrême... 

C'est une prouesse que ce roman, parce qu'on ne s'y ennuie pas. Et l'expérience est plutôt existentielle et philosophique... L'intérêt est même relancé régulièrement, notamment par le questionnement qu'on a autour des actions qu'on peut réaliser à son insu, sous l'emprise de cachets ! C'est troublant, on a quelqu'un de raisonné qui nous raconte sa vie, ses choix, et on découvre en même temps qu'elle que pendant qu'elle dormait elle a peut-être fait des choses qu'elle ne se souvient pas avoir fait...

Bon, je ne peux pas vous en raconter beaucoup plus, 

mais ça m'a beaucoup plu.

Récit d'un rejet de vie moderne, d'une vie actuelle, peut-on se nettoyer d'une vie et renaître ?

. Mon année de repos et de détente, Ottessa MOSHFEGH, Fayard, traduit de l'Américain, rentrée littéraire 2019.

 

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La vie secrète de Violet Grant :)

21 Octobre 2019, 10:16am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il faut sans doute imaginer un "mix" entre un roman de Maria Duenas, de Victoria Hislop et un roman de chick litt. 

Deux histoires s'entrecroisent, celle de Vivian en 1964 et celle de Violet en 1910. Je pense qu'il y a de l'incrédulité possible quant à ces deux personnages et leur époque ; l'humour de Violet est par ailleurs très piquant, très anticonformiste... Attachant, très attachant, même si cela n'aide pas à rendre crédible le personnage, et c'est, j'imagine, ce qui m'a fait penser à la chick litt. 

Cependant, on plonge quand même, et on décide de ne pas être trop tatillon sur les détails, les rouages, ce qui fait qu'on pourrait y croire...

Bon, cette Vivian fait ses armes dans un gros journal américain, Metropolitan, et reçoit un jour une valise à son domicile qui s'avère être celle.. d'une grand-tante, disparue dans la nature, depuis quelques décennies. C'est un homme magnifique, médecin, qui attend à la poste en même temps qu'elle, qui l'aide à ramener sa valise chez elle... Aussi beau que Paul Newman...

Bon, on découvre petit à petit l'histoire de Violet, cette jeune scientifique timorée, et de son Dr Grant, dans le sillage d'un certain Albert Einstein... 

Je n'en dis pas plus. 

C'est très romanesque, pas forcément très crédible, mais on prend !

. La vie secrète de Violet Grant, Beatriz Williams, 2014 (Etats-Unis) ; 2016 chez Belfond pour la traduction française.

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Un vertige :)

25 Septembre 2019, 22:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne crois pas avoir encore lu Hélène Gestern, pas faute qu'on m'en parle, pourtant. Je n'étais pas encore entrée dans un de ses livres.

Celui-ci m'a plu. 

Il y est question d'une rupture, d'un amour fort, passionnel, et d'un après... La narratrice s'attache à décrypter, à comprendre chaque aspect, chaque affect lié à cette relation.

C'est intime, fouillé, intéressant ; cela fait évidemment penser à Annie Ernaux à ses sujets de prédilection, la littérature du "moi", de soi...

Je n'aime pas toujours cette littérature nombriliste, mais là puisque l'analyse est poussée et qu'on n'est pas seulement dans le descriptif des faits, ça m'a plu.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Un vertige, une séparation, Hélène Gestern, éd. Arléa, 2017.

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A la lumière du petit matin :))

19 Septembre 2019, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Décidemment, je suis toujours aussi fan des romans d'Agnès Martin-Lugand. Cela faisait un moment que je n'en avais pas lu un, je constate que le charme opère toujours, j'ai aimé celui-ci autant que son second, Entre mes doigts le bonheur se faufile.

En fait, il n'y a que ses titres, que je n'aime pas ! Et certains tics de langue, m'enfin, vraiment, sinon, je suis très fan. 

J'ai aimé, là, suivre le personnage d'Hortense, bien en apparence dans sa vie de prof de danse à Paris, à priori attachée à Aymeric, homme marié... Qu'on ne manque pas de trouver très vite odieux. L'auteure parvient très bien à nous le faire ressentir, et cette distorsion avec le ressenti, dupe, d'Hortense... Et puis sa maison familiale, en Provence... Qu'elle a gardée, après le décès traumatisant de ses parents... Une entorse va faire basculer sa vie, au sens premier du terme. Une entorse qui va l'obliger à repenser toute sa vie, et...

Vraiment, vraiment bien.

. A la lumière du petit matin, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon, 2018.

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La femme qui dit non :))

16 Septembre 2019, 12:52pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est sans doute ce titre qui m'a fait emprunter ce livre, par hasard, et finalement c'est ce que j'aime le moins, pour le trouver très très peu approprié à cette histoire.

Histoire que j'ai dévorée.

C'est le récit d'une femme, dont elle nous dit d'elle qu'elle est âgée de plus de 80 ans. Le récit de sa vie, extraordinairement vivant et haut en couleur. C'est enlevé, pour le moins, souvent piquant, provocateur, non conformiste... Tout commence en 1938, où celle-ci, Marge de son prénom, jeune Anglaise alors de 17 ans, arrive avec son père, en bateau, sur l'île aux Moines. Les deux sont deux navigateurs nés. Ils arrivent à l'île aux Moines, et rencontrent deux jeunes gens, Mathias, et Blaise, différents dans leurs genres, mais très proches, et qui vont instantanément faire fondre la narratrice... Elle épousera l'un, mais... l'autre jouera un rôle non moins important dans sa vie. Vie vécue avec beaucoup de pragmatisme, et plus d'appétit, d'envie de vivre que d'état d'âmes. La France sous l'Occupation, la Résistance, la Bretagne, l'attachement à la Bretagne, la politique de 38 à 1970 va être aussi raconté par cette femme qui n'envoie pas dire ce qu'elle a à dire...

J'ai vraiment adoré tant l'histoire que les personnages, ainsi que la manière dont nous est livrée cette histoire. Tellement loin de l'ennui !

Bibliothèque de Lanvallay.

. La femme qui dit non, Gilles MARTIN-CHAUFFIER, éd. Grasset. 2014.

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Retour à Budapest :))

12 Septembre 2019, 12:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Découvert par hasard, je ne regrette pas.

C'est un roman léger parfait pour une fin d'été. Enfin, sans doute est-ce ce que j'ai ressenti après la pesanteur du Clou !

Histoire, à l'Est. Avec des retours en arrière réguliers dans le passé, amoureux, de la narratrice.

Astrid a environ 42 ans quand son fiancé du moment, Paul, journaliste radio, l'emmène sur les traces de son passé, qu'il veut connaître. Astrid à contrecoeur voient jaillir les souvenirs. Sans pathos. Dans son histoire en tout cas, un homme : Julius. Elle en est tombée amoureuse à 17 ans, et ils n'ont cessé de se trouver, de se perdre, de se retrouver... Que fait-on d'un amour comme celui-ci, lorsqu'on nous le remet dans les pattes vingt ans après ? Car, là ils vont, Paul et Astrid, ils vont tomber sur Julius et sur son frère, Sasha... 

Histoire réaliste d'un amour passé confronté au réel ; 

avec un fond historique, une toile de fond quotidienne : celle de la RDA et de la RFA, la part de liberté individuelle volée par le parti, la non-liberté de circulation à l'époque et avant la chute du mur, le rapport complexe des Allemands de l'Est à leur terre, ou à l'ouest... 

J'ai beaucoup aimé cette part du livre, aussi.

Une balade entre Allemagne et Hongrie très plaisante, digeste, légère...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Retour à Budapest, Grégor Sander, éd. Quidam. 2014 édition originale ; traduit de l'allemand, 2019.

 

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Demain à Santa Cécilia :))

8 Août 2019, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je gardais un très très bon souvenir du premier roman de cette auteure, L'Espionne de Tanger. Je m'étais dit qu'un jour j'en tenterais un autre (je crois qu'elle n'en n'a pas écrit tant que cela). Chose faite, et plaisir renouvelé, valeur sûre pour moi, donc, sans doute du même ordre que Victoria Hislop que cette Maria Duenas. 

Ici, une femme de 45 ans, Blanca. Bon, début pour lequel on ravale ses critiques tant il paraît cliché, mais tant pis : Son mari vient de la quitter pour une jeunette de 20 ans. Ses deux fils sont grands. Cette universitaire de très bon niveau ne s'en remet pas. Aussi, quand elle apprend d'un de ses fils insouciant que leur père va avoir un bébé, ce bébé qu'elle aurait elle-même voulu, ni une ni deux, elle ne réfléchit pas et sollicite une mission ailleurs, en lien avec l'université. En une semaine on lui trouve une tâche pour laquelle elle est acceptée puisque sur-qualifiée : elle quitte Madrid et part en Californie, sans trop bien savoir ce qui l'attend là-bas, pour une mission de trois mois.

Commence alors une reconstruction, et à ce titre passionnante, qui fait un peu penser à ce qu'on aime chez Douglas Kennedy. Appartement spartiate, travail qu'elle découvre, relations sociales à recréer, blues à maîtriser... Son travail consiste à faire du tri dans des documents ayant appartenu à un universitaire qui en fit legs il y a trentre ans à l'université en question... Elle va finir par se passionner par la tache, après avoir appris à connaître l'homme (décédé) un peu, à travers ce qu'elle en lit, et ce qu'on lui en raconte.

Par ailleurs, autour d'elle se crée un petit réseau d'amis sûrs... Rebecca, simple mais là, le directeur de l'université Luis Zarate et un certain Daniel Carter... Des relations qui vont se densifier, surprendre, risquer de décevoir, mais donner à comprendre qu'on fait ce qu'on peut avec son passé, pour avancer...

J'ai beaucoup aimé, encore une fois. Un vrai plaisir de lecture.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Demain à Santa Cecilia, Maria Duenas, traduit de l'espagnol. Paru en 2012, "Mission Ovildo", paru en France en 2014, éd. Robert Laffont.

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