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Le blog de la souris jaune

famille

Le rocher de Tanios :)

25 Juin 2019, 08:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 1993.

Bon, bon, bon. Un "sourire" seulement... Pourtant j'ai aimé le style, la façon dont l'histoire nous est racontée, le suspense des enchâssements... Mais je l'ai trouvé - c'est un point de vue très personnel - trop empêtré dans la politique. Ainsi, l'histoire de ce Tanios s'inscrit trop dans un contexte d'opposition entre les peuples et entre les religions ici, en tout cas c'est ce qui m'a freinée dans mon élan, parce que cela le rend parfois bien compliqué. D'autant qu'on peut s'y perdre un peu, parfois, avec les personnages, les différents peuples, j'avais parfois du mal à m'y retrouver.

L'organisation sociétale faisait penser à une organisation moyennageuse, autour d'un seigneur. L'histoire se passe dans les montagnes libanaises essentiellement.

L'histoire du petit Tanios, et de tout son environnement, un Tanios marqué par une histoire d'amour qu'il ne vivra pas, et les décisions des autres ! Son destin sera emprunt de cela finalement.

Le choix meurtrier de son père, leur exil, et puis la suite.

Il y a ce beau choix qu'il fait, lui, son amour pour l'éducation qu'il reçoit d'un couple Anglais, en dépit de tout.

Cependant, c'est un Tanios qui est marqué par le destin...

Ce livre mériterait sans doute d'être relu, pour être vraiment goûté, je suppose.

Pour lors, je garderai un bon souvenir de l'atmosphère...

. Le rocher de Tanios, Amin Maalouf, Grasset 1993 ; Le Livre de Poche 2014.

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Un barrage contre le Pacifique :))

4 Juin 2019, 20:39pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne me souvenais pas de l'avoir lu. Je ne savais pas si j'aimais Marguerite Duras... J'ai pris beaucoup de plaisir, un plaisir inattendu, à la lecture de ce livre.

Je n'aurais pas su dire ce dont il était question dans ce livre, très très connu, qui a d'ailleurs donné lieu à adaptation cinématographique ; 

c'est rugueux ; c'est du David Vann avant la lettre, et en mode nouveau roman !

L'histoire d'un trio familial. Imbriqué. Interdépendant. Indissociable. Très brillante architecture de leurs imbrications. Donc, la mère (et qui n'a pas d'autre nom que celui-ci), Joseph le fils et Suzanne, la fille. Elle s'est endettée pour changer de vie et construire des barrages contre le Pacifique, dans l'espoir d'avoir son domaine cultivé, et qui rapporte... Or, ce que l'administration lui a vendu est pourri, et s'autodétruit régulièrement. Les rapports avec l'administration, rude, est extrême et noir, mais tellement intéressant, puissant...

On voit la place du garçon, de Joseph, son rôle de pivot, et la place des deux autres mère et fille autour ; et Suzanne qui attend, attend que sa vie change, espère, vie misérable, écrite... Suzanne qui subit un peu l'un et l'autre ; avant de s'émanciper un peu, très peu, et avant même de décider que son salut, pour que l'amour sera la fuite hors de ce lieu, coûte que coûte...

Une très belle découverte.

. Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras, 1950.

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L'aube sera grandiose :))

9 Mai 2019, 20:58pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voici un moment que je rêvais de la lire, ce roman.

Déjà très fan D'Anne-Laure Bondoux (L'autre moitié de moi-même, Et je danse aussi), celui-ci me faisait de l'oeil depuis longtemps. Enfin. Et je ne fus pas déçue, au contraire ! Le suspense est haletant, et pourtant on est dans un roman intime, qui nous raconte la vie d'une famille, entre aujourd'hui et les années 70, par le biais d'un récit de mère à fille et de flash-backs... Non, dit comme ça, ça ne rend pas compte du livre d'A-L Bondoux. Une mère embarque sa fille un soir, destination inconnue. Sa fille de16 ans, le soir du bal du lycée, fulmine, c'est rien de le dire... Elle la mène à une cabane, isolée de tout, familiale, et pendant la nuit qui va s'écouler, lui révèle son histoire familiale... C'est passionnant, haletant, on a envie autant d'être dans le présent que dans le passé, pour tout comprendre, et on aime chaque personnage de cette famille... 

Evidemment, c'est parfois rude, et surprenant, dans le choix de destinée que le narrateur nous trace... Mais en même temps, c'est lumineux d'espoir, de force de vie, de courage, pour chacun de ces quatre personnages de cette famille !

On ne peut s'empêcher cependant de se demander si, au vu de cette fin, une suite ne se prépare pas... Ca surprend... Je ne peux rien dire, mais ça surprend ! :)

Bon, j'ai de toute façon beaucoup aimé ce livre. Ses personnages, ses retours dans un passé qui nous est très familier...

Très agréable balade ou road-movie... Merci à Delphine, qui, me connaissant bien, m'en avait fait cadeau il y a quelques mois.

. L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux, éd. Gallimard Jeunesse, sept. 2017 

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Le malentendu

20 Avril 2019, 14:51pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bon, bon, bon. Etre heureuse de découvrir, encore et encore, et là, le théâtre de Camus. Savoir que je n'en suis pas fan... Enfin : je dirais que je pourrais en aimer l'écriture, mais pas les idées, tant pis pour les puristes et amoureux de l'auteur.

Je trouve plus de lumière dans une tragédie d'Anouilh. Et je m'autorise à les rapprocher parce que ces deux pièces ont vu le jour exactement à la même période.

Mais bref, tentons de dire ici ce qu'il en est : 

Une mère, une fille. (Martha est jouée lors de la première représentation, par Maria Casarès, la maîtresse de Camus dans la vraie vie, donc). La mère et la fille tiennent une auberge ; on comprend à travers leurs conversations qu'elles règlent leur compte à certains clients, pour leur prendre leur argent, lorsqu'elles pensent que c'est sans danger ; elles lui font boire un thé empoisonné et ensuite s'en débarassent dans la rivière. La mère en est lasse, la fille veut continuer, parce qu'elle rêve d'ailleurs, du soleil de l'Algérie. Comme une échappatoire, enfin, à leur vie, le fils y ayant eu droit, lui ? 

Et justement, un jour, là, c'est le fils qui revient. Son frère, mais elles ne le reconnaissent pas. Lui veut les aider enfin. Elles vont mener à bien une fois de plus leur dessein sans savoir à temps que cette fois-ci... elles tueront leur fils et frère.

Ce côté inexorable que l'on voit arriver est intéressant ; cependant, je me retrouve très peu dans la noirceur humaine de Camus.

Merci à Delphine, qui m'a permis cette découverte. Mille mercis.

. Le malentendu, Albert Camus, 1944.

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Antigone :))

14 Avril 2019, 21:03pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bonheur que de se replonger dans l'histoire d'Antigone, en grande fan que je suis de l'Antigone d'Anouilh. Celle, originelle, de Sophocle.

Elle est évidemment plus complexe, sans doute "chargée" par les strophes et antistrophes antiques poétiques et lyriques, des chants entre les scènes. Digeste, cependant, en tout cas, là, à cette période de ma vie, c'est ce que je me suis dit.

Alors : la version de Sophocle commence par une entrevue entre les deux frangines. Pas de nourrice ici. Ismène a plus de "solidité" que celle d'Anouilh.

Créon est très rude, "un", indivisible, peu nuancé, tranché, buté ; y compris avec son fils Hémon qui pourtant vient habilement lui parler et précher la raison. Y compris en tentant d'infléchir le père parce que le peuple donne raison à Antigone. Mais Créon ne veut rien entendre.

Chez Sophocle, c'est Tirésias (qui n'existe pas dans la version d'Anouilh), le devin, qui vient parler à Créon, pour lui dire de cesser tout cela, de donner sa sépulture au mort et de sauver Antigone, ou il lui arrivera malheur. Créon s'obstine encore, mais, à l'annonce du malheur, il finit par accepter de plier. Il va sur le corps de Polynice, lui donne un tombeau, va jusqu'à Antigone qu'il a condamnée à mourir sous terre, mais là il est trop tard : Antigone est déjà morte, Hémon est là, tente de l'atteindre, lui, son père, et se retourne alors son épée contre lui-même... Eurydice l'apprenant, se donne la mort à son tour. Et Créon se repend, comprenant ses erreurs ! Pas de repentance chez Anouilh, son Créon a juste le sentiment du devoir accompli...

Cette pièce, émanant des siècles passés, est décidément fascinante : qu'une femme ait pu avoir cette importance-là, il y a 25 siècles, chez Sophocle, et dans ce peuple, m'émeut... 

Parce que c'était il y a 25 siècles......

. Antigone, Sophocle, (440 av JC).

 

 

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La mort du roi Tsongor :)))

19 Février 2019, 21:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2002.

Splendide. Vraiment, je suis heureuse de l'avoir acheté, parce que je pense que je le relirai.

Il est fort, il est beau ce livre-là ; il a la force d'une tragédie, où le destin tire inéluctablement les êtres vers ce qu'ils ont cherché... Ou ne sont pas parvenus à éviter.

Ici, les hommes se font la guerre sans se rendre compte que l'orgueil les perd, stupidement, et que c'est leur vie, qu'ils perdent, à ne point vouloir céder ni réfléchir. 

Alors il y a Tsongor, le roi, qui quitta la terre de son père pour construire un royaume plus grand que le sien ; pendant vingt ans il combattit, jusqu'au jour où il en eut assez. Il fit son serviteur un de ses derniers hommes conquis, et ces deux-là échangent un pacte, un pacte de mort... Les années passent, le serviteur prendra la vie de son maître un jour, tel était le pacte. Et le jour arrive ; seulement, les deux hommes sont devenus amis... 

Et puis il y a sa fille, Samilia, que Tsongor promet à un riche époux. Tout va bien, nous sommes à la veille du mariage et tous sont heureux, y compris Samilia, à l'idée de cette union. Mais un voyageur solitaire surgit, sorti du passé, et il rapporte un serment d'enfance que lui et Samilia s'étaient échangés : ils se marieraient, et c'est pour acquérir de la valeur qu'il est parti sur les routes, pour mieux revenir et la mériter... 

Quel dilemne ! Que faire ? Tsongor, refusant de trancher ou pressentant la guerre, décide que le jour de sa mort est arrivé. Il laisse alors derrière lui, des hommes qui vont s'entretuer pendant des années, sans réfléchir, par orgueil, et dont le combat est absurde...

Et il y a le jeune fils de Tsongor, que celui-ci a chargé de construire sept tombeaux pour lui, et que mine de rien, en le condamnant à l'exil, il sauve de ces pêchés d'orgueil, de destruction, de haine, de guerre... 

Entre légendes et mythologies, force des paroles données, force des serments et des attachements, c'est beau, c'est très très beau...

J'ai adoré.

. La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud 2002 ; Le Livre de Poche 2018

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Petit pays :))

17 Février 2019, 09:51am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2016.

Qu'écrire sur ce livre... Les mots arrivent souvent en deça. C'est évidemment le cas ici. Gaby, Gabriel, évoque son retour dans son pays, 20 ans après l'avoir quitté. D'ailleurs il ne l'a pas quitté, il l'a fui, comme il l'explique lui-même. Il nous raconte alors son enfance là-bas avant de partir, ses 10 ans et 11 ans au Burundi, en lisière du Rwanda. Alors que la haine, incompréhensible pour le narrateur, entre les hutu et les tutsi est en train de naître, et dans le cadre de ce génocide... D'abord des anecdotes d'enfant, d'enfant simple, qui vit dans une impasse et retrouve ses copains pour attraper les mangues, à l'aide d'une perche, dans les jardins... Et puis l'irruption de la haine, des gangs, l'incompréhensible obligation de soudain choisir un camp... Et puis il reste sa voisine d'origine grecque, qui lui ouvre sa maison, où il découvre une vaste bibliothèque, et où soudain, son réel si dur se teinte d'imaginaire.

Alors 20 ans plus tard, justement, quand il retourne sur place, il y retourne parce que, décidée, elle lui a légué ses livres... 

Il y a la figure de la mère, terrible figure marquée par le génocide de sa famille, et qui ne s'en sortira plus... Le narrateur a cette comparaison forte du génocide à une marée noire, si on s'en sort on est mazouté à vie. C'est le cas de sa pauvre maman... 

Quand l'innoncence de l'enfance se mèle à l'horreur de la haine et de la guerre, ce livre donne envie d'aimer encore plus ses proches...

Bibliothèque d'Evran.

Merci à Delphine pour ce prêt précieux.

. Petit pays, Gaël Faye, 2016.

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Au pied de la falaise :))

5 Décembre 2018, 16:23pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Quelle tranquille et sereine balade au gré des pages de cette BD ! 

J'ai aimé l'univers, le dessin, la poésie qui ne cède rien au réel ; en Afrique, un petit village pétri des rituels, traditions, séculaires du peuple ; on va suivre Akou, l'enfant Akou, le fils du chef du village. Le temps d'histoires représentatives d'un événement estimé comme fort. Le temps passe sans qu'on s'en aperçoive, et le temps passe aussi dans la BD, pour Akou. Akou devient grand, prend femme, a des enfants, travaille la terre pour faire vivre sa famille... La sagesse qui se dégage de ces pages fait du bien. De petites phrases très justes se glanent, au fil des "leçons de vie" que le quotidien nous donne, le quotidien auquel se frotte Akou, Akou qui ne manque pas de bonté, d'authenticité et de sagesse...

C'est très beau, à tous points de vue.

Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains pour le meilleur...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au pied de la falaise, ByMöko, éd. Noctambule, mai 2017.

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Danser au bord de l'abîme :))

2 Octobre 2018, 18:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

D'abord il y eut Luc, pour me recommander de lire ce livre, et déjà je m'étais dit qu'il en avait sûrement la peine ; la dernière salve est venue de l'auteur lui-même, racontant l'attachement profond qu'avait 'la première dame' pour ce livre en le dévorant en une nuit... Et il est tombé entre mes mains merveilleusement samedi dernier, dans l'une de mes bibliothèques préférées. 

J'avais aimé, mais sans l'adorer la Liste de mes envies ; c'est sans doute ce qui ne m'avait pas donné envie de m'y précipiter encore. Je sais maintenant que je chercherai rapidement à lire les autres livres de Grégoire Delacourt. 

Celui-là est fabuleux.

Parce qu'il explore sans freins une, des thématiques et ses conséquences... C'est fort. Emma est mariée, pas malheureuse, trois enfants. Un jour, alors qu'elle ne cherche rien, un midi dans une brasserie, elle tombe éperdue d'amour. Une passion naît, nourrie de ce désir, de ses pensées. Ils ne feront que se regarder, et pourtant ce sont tous les possibles qui sont forts... Jusqu'au jour où ils décident, l'un et l'autre, conquis l'un et l'autre, de tout quitter l'un pour l'autre. Sauf que, la tragédie. Elle quitte son époux et ses enfants. Va le retrouver, mais... Puis, vient la maladie de son mari, à nouveau. Il y a quelque chose d'incroyablement puissant dans le fait de choisir de vivre, ce qu'on avait voulu vivre, là, sans limites. Un accomplissement de soi ultime, troublant, même quand... Plus fort que la mort. Plus fort que la maladie. 

C'est véritablement juste, c'est sans concession, c'est beau parce que c'est humain, tellement humain, avec tous les grains de sable, ou les murs qu'on se prend d'une vie.

J'ai adoré.

Et avec cela, la résonnance d'un texte qu'on a oublié depuis si longtemps, venu de l'enfance, et qui prend soudain tout son sens, toute sa dimension : quand enfin, on découvre pour la première fois, grâce à Grégoire Delacourt, La Petite chèvre de Monsieur Seguin. Et qu'on l'aime éperdument.

Bibliothèque de Lanvallay.

. Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt, éd. JC Lattès, 2017.

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Battement d'ailes :)

23 Août 2018, 13:11pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je me suis laissée tenter par ce livre trouvé au hasard sur une braderie. Et finalement j'ai bien fait, cela me permet d'adoucir mon souvenir de l'auteure Milena Agus ! Je n'avais pas du tout adhéré à Mal de pierres

Avec ce livre-là, dans la peau d'une narratrice, jeune, naïve, candide. Une adolescente probablement. Elle raconte sa famille, son grand-père, son père, sa mère dépressive, et la voisine, "Madame", et surtout elle, d'ailleurs. Une femme, seule, qui a choisi d'avoir sa maison d'hôtes, en Sardaigne. Et qui, malgré l'insistance des promoteurs, ne veut pas vendre son domaine pour qu'il soit transformé. On suit la vie en général de ces deux familles, et les choix de chaque membre de ces deux entités. 

Et cette Madame, attachante, avec ses gri-gris, ses robes découpées dans de vieux tissus, ses amours, sa grande solitude ; une femme qui apparaît en transparence plus fragile que la force qu'il faut sans doute pour choisir ce destin. 

Quant au Battement d'ailes, il est associé au père de la narratrice, parti, ou disparu, la condamnant à imaginer... Et lorsque les couvertures se soulèvent dans les airs comme des ailes, elle se projette dans l'idée que c'est son père qui communique avec elle.

. Battement d'ailes, Milena Agus, 2008 pour la traduction française, éd. Liana Levi.

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