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Le blog de la souris jaune

famille

Par les routes :))

22 Janvier 2020, 11:41am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rencontre avec l'autostoppeur, sa femme Marie et son fils. Raconté par Sacha, ami de l'autostoppeur. Que la vie aura fait se retrouver et vivre dans la même ville de V. un jour, alors justement que l'autostoppeur a fait sa vie avec Marie. Seulement... Petit à petit, celui-ci a besoin de repartir. De plus en plus, de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps... Besoin de ce sel de la vie tel qu'il se l'ait dessinée. De cette adrénaline, de ces rencontres des routes... Tout cela, c'est Sacha qui nous le raconte. Du coup, c'est un regard extérieur et un narrateur externe qui nous le raconte, ce que j'ai beaucoup aimé parce que cela renforce la part de mystère quant à l'autostoppeur. Ou plutôt sa part intime, qui nous est inacessible, car après tout, c'est à chacun d'entre nous et à nous seul qu'appartient notre façon de voir les choses, personne ne peut en parler à notre place... Bref... On cherche à comprendre cet autostoppeur, bien sûr... On vit avec bonheur avec Sacha, dans son petit appartement, au plus près de ses toiles pour lesquelles il cherche le jaune lumière, on vit avec tous ceux qui restent... 

Je n'ai pu m'empêcher de trouver égoïste cet homme, qui choisissait de partir ainsi sans autres mots que ceux de son envie et de son besoin de partir... En laissant ses proches... Surprenant aussi le choix de Sacha... J'ai aimé ce voyage par procuration au plus près d'une communauté improbable d'automobilistes, à travers une France très intéressante et sans doute proche de ce qu'on en voit quand on la traverse... Et oui, j'ai aussi beaucoup aimé la fin (je m'étais tellement interrogée sur ce que serait cette fin, quand ma "passeuse" l'avait raconté ainsi : la fin, extraordinaire, zut, ce ne sont pas ses mots, mais cela voulait dire ça...).

Bref, très très belle lecture, très belle découverte.

Un grand merci à Delphine pour son partage, son coup de coeur partagé...

. Par les routes, Sylvain Prudhomme, éd. L'Arbalète Gallimard. 2019

 

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Maïmaï :)

15 Novembre 2019, 09:50am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ma bibliothécaire préférée m'a dit quand elle me l'a vu entre les mains : "je l'ai lu comme un petit bonbon".

C'est vrai que ça coule, que ça se lit très légèrement, agréablement, et avec plaisir, alors même que le livre pourrait, si on le racontait de manière factuelle, être tout sauf léger. C'est assez magique de ce point de vue là, la vie se fait, coule, du point de vue d'une idylle amoureuse, et s'écoule bien différemment à partir, ou autour de cela. 

J'ai été surprise par le style, l'écriture directe et efficace. L'utilisation du présent pour la narration, dont je ne suis pas forcément fan... (Aki Shimazaki vit au Québec et écrit directement en français).

Donc Taro, trente ans, artiste, en couple avec une jeune mannequin comme lui, et sourd-muet. Rien n'est présenté comme extra-ordinaire, dans ce roman là, et là encore je trouve que c'est fortement intéressant : ainsi, de façon factuelle Taro est sourd-muet et mannequin.

Il va découvrir pans après pans, un peu de son passé, et de celui de sa mère, mais, au gré des événements...

J'ai aimé la vie telle qu'elle est donnée à voir, au Japon : les familles unies comme une évidence, les générations imbriquées, la grand-mère qui habite naturellement sous le toit du petit-fils... La vie que se vit avec chaleur. Et puis bien sûr, Taro lui-même, et son histoire d'amour qui se modifie...

On découvre une autre culture, où il est de mise d'être sûr du passé de l'amoureux, ou de l'amoureuse, pour accepter une union.....

Et je découvre que ce livre est le cinquième opus d'une pentalogie. Dingue ! Et qu’apparemment les opus se font écho, éclairent un pan ou un autre, et que tout cela constitue une oeuvre saisissante du point de vue de la construction, ce que je veux bien croire ; mais chaque livre se lit et se comprend en soi, seul, ce que je confirme avec celui-ci. J'irai donc, je pense, déguster les autres "bonbons" du paquet, de loin en loin, je pense, avec plaisir ! 

Merci à Delphine pour la découverte.

. Maïmaï, Aki Shimazaki, éd. Actes Sud, 2018.

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Le Grand Loin :)

8 Novembre 2019, 10:14am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aurais probablement mis deux sourires sans la fin. J'aurais préféré le doute...

Marc vit une vie d'homme en couple avec Chloé. Il est un peu ailleurs, ou justement tout à fait là, Marc, au moment où on le saisit dans son histoire.. Il a une fille, d'une première union. On l'apprend petit à petit, mais assez vite. Elle a 34 ans, cette fille et, fragile psychologiquement, elle vit en structure psy.

Marc passe la voir, une fois par an.

Et un jour... Il décide qu'il ne comprend plus vraiment sa propre vie. Il n'est jamais allé "Loin"... Ni même à Agen... Va commencer une étrange odyssée entre ces deux êtres, qui finalement, renoueront un lien, comme sans doute jamais, ou il y a très longtemps... Ils emmènent le chat, Boudu... Mais... que se passe t-il réellement dans la tête d'Anne ?

C'est humain, profond. Bien écrit. Mais... la fin, cette fin, pour nous dire une nature, était-elle nécessaire ? Qu'en penser ? Que se dire ? Peut-on impunément soustraire quelqu'un de fragile à l'établissement psychiatrique, même pour son bien, au risque de... ? Et ce lien qui bouge, était-ce nécessaire ? Sans doute est-ce la façon de l'auteur de donner à voir un personnage "sans limites"... 

La fin dérange. Pourtant, c'est un livre qui mérite d'être lu.

. Le Grand Loin, Pascal Garnier, éd. Zulma, 2010

 

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La petite conformiste

7 Novembre 2019, 10:18am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Bon. Je prendrai quelques pincettes pour ce livre-là. Parce que, s'il est autobiographique, il prendrait des aspects touchants. Il en deviendrait par certains aspects, touchant. Maintenant, puisque c'est une fiction, que j'ai entre les mains, je vais vous donner mon point de vue de lectrice de fiction : je suis passée par plusieurs phases, avec celui-ci.

Au début le livre m'a plu. Il y avait dans la narration nous donnant à voir une fillette cherchant la normalité en dépit de parents complexes et différents quelque chose de frais, qui me faisait presque penser à l'Anglais Alan Bennett dans la fausse retenue de l'écriture. Plaisant. Et puis, je me suis ennuyée. Car cette trouvaille était bien sympa, mais elle ronronnait, et je me suis dit alors dans le corps du livre que je ne savais pas où ça allait m'amener, mais que les histoires de famille de celle-ci, pittoresque à souhait cependant, eh bien je m'en fichais. J'ai retrouvé un haussement de sourcil intéressé à dix pages de la fin, quand on en apprend un peu plus sur le père, ce qui tend à nous faire comprendre sa personnalité... et détesté la fin, à mon sens trop hâtive, et culpabilisante pour la fille, autour de la mère...

Intéressant cependant, et subtil au delà des apparences quant à la construction d'un enfant dans son rapport à la famille...

Merci à Delphine pour son partage et cette découverte, j'ai hâte qu'on en discute !

Quelqu'un l'a t-il lu ? J'attends vos avis...

. La petite conformiste, Ingrid Seyman, éd. Philippe Rey, 2019.

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Séduire Isabelle A :))

29 Septembre 2019, 22:15pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Plaisant.

Et moins léger et foutraque qu'il n'y paraît.

Donc Pierre tombe amoureux d'Isabelle, éperdu, mais il comprend que pour aller plus loin il lui faut connaître et apprécier sa famille... Pas une mince affaire, au vu de la première soirée en leur compagnie, puisqu'ils sont tous plus loufoques les uns que les autres...

Evidemment, c'est la question de la normalité, qu'on va être obligé d'aborder, ici, mais pas seulement... Que veut-on ? Ceux-là ont peut-être compris ce qu'était que le véritable attachement ? Aimer sans à priori ? Ils ont peut-être compris le sens de la vie, ou senti le sens de la vie, au sens où il vaut peut-être mieux vivre, vraiment, sans faux-semblants, puisqu'on en a qu'une, de vie ?

Cela ressemble à la leçon de ce livre, avec tous les excès, qu'on aime, finalement, même s'ils font parfois sourire ou peuvent fatiguer, de ce livre...

J'ai aimé...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac, éd. JC Lattès, 2016.

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J'aimais mieux quand c'était toi

1 Juillet 2019, 21:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Toujours pas d'enthousiasme...

Bof... 

Je comprends mieux le titre, incompréhensible à la lecture du livre, ou alors juste au dernier paragraphe seulement : c'est le titre d'une chanson de Souchon, sur l'amour-passion, écrite en 2005... 

Ici, déception. Quant à l'écriture, quant à l'histoire, quant aux personnages...

Je pense que je vais me tenir à distance de Véronique Olmi, que du reste, je ne me souviens pas d'avoir déjà lu, ce n'est pas bon signe...

L'histoire : elle est comédienne professionnelle. Elle joue une pièce de Pirandello. A deux enfants. Un amoureux, bof. Et puis un soir qu'elle joue, il est là. Paul. Un amour-coup de foudre qu'elle a dû quitter parce qu'ils ne pouvaient pas vivre ensemble ; abdication, mais non-oubli, le coeur n'oublie pas, malgré... Bref, ce soir-là, il est là. Elle est tétanisée.

Là, flou (pourquoi est-il question de 6 mois de coma qui nous perdent ? Alors que vraisemblablement non, il se passe une nuit de flottement pour elle ?) ; ils se retrouvent et parlent, et.

C'est tout, je dirais. 

Restée sur ma faim...

. J'aimais mieux quand c'était toi, Véronique Olmi, 2015.

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L'enfant du lac

30 Juin 2019, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, ce livre-là, j'avais très envie de l'aimer. Symboliquement. 

Mais... Il faut reconnaître que je n'ai guère eu la patience de le goûter. Beaucoup trop long et dilué pour moi. Véritablement agaçant, tant l'auteure tourne autour du pot, nous emmène incessamment sur de fausses pistes qui l'en finissent pas d'éclore puis de lentement s'éteindre... Franchement, j'ai fini par déclarer forfait au bout de la 484ème et d'aller lire les deux derniers chapitres. Eh ben franchement, j'ai bien fait ! Je crois que j'aurais pesté, si non, en apprenant où elle nous menait après nous avoir perdus dans toutes les directions plausibles avant...

Donc : ça a l'allure d'un roman policier, mais, peut-on dire que cela en soit un ? Après tout, il est bien question d'enquête ici. Même s'il s'agit d'une enquête 70 ans plus tard... justifiée un peu lourdement par l'éviction passagère de la police de la jeune femme qui mène cette enquête, Sadie Sparrow, et un pseudo-alibi personnel, on l'imagine bien, autour de la perte d'un enfant (Sadie semble avoir été contrainte d'abandonner un enfant à 16 ans, elle va se plonger dans le mystère de la disparition du petit Théo, en 1933, au sein d'une grande et belle maison, famille d'un certain milieu, et jamais élucidée...

Aucune piste ne nous sera épargnée et largement délayée, autour des trois soeurs notamment du petit Théo, Alice Clemmie et Deborah, et du couple parental Eleanor et Anthony... Franchement, je n'ai pas eu assez envie de m'accrocher à ces personnages pour rester avec eux 740 pages....

Merci cependant à Manolo qui a pris le temps de me le choisir et de me l'offrir, merci du fond du coeur...

. L'enfant du lac, Kate Morton, 2015. Edition Pocket. 

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Le rocher de Tanios :)

25 Juin 2019, 08:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 1993.

Bon, bon, bon. Un "sourire" seulement... Pourtant j'ai aimé le style, la façon dont l'histoire nous est racontée, le suspense des enchâssements... Mais je l'ai trouvé - c'est un point de vue très personnel - trop empêtré dans la politique. Ainsi, l'histoire de ce Tanios s'inscrit trop dans un contexte d'opposition entre les peuples et entre les religions ici, en tout cas c'est ce qui m'a freinée dans mon élan, parce que cela le rend parfois bien compliqué. D'autant qu'on peut s'y perdre un peu, parfois, avec les personnages, les différents peuples, j'avais parfois du mal à m'y retrouver.

L'organisation sociétale faisait penser à une organisation moyennageuse, autour d'un seigneur. L'histoire se passe dans les montagnes libanaises essentiellement.

L'histoire du petit Tanios, et de tout son environnement, un Tanios marqué par une histoire d'amour qu'il ne vivra pas, et les décisions des autres ! Son destin sera emprunt de cela finalement.

Le choix meurtrier de son père, leur exil, et puis la suite.

Il y a ce beau choix qu'il fait, lui, son amour pour l'éducation qu'il reçoit d'un couple Anglais, en dépit de tout.

Cependant, c'est un Tanios qui est marqué par le destin...

Ce livre mériterait sans doute d'être relu, pour être vraiment goûté, je suppose.

Pour lors, je garderai un bon souvenir de l'atmosphère...

. Le rocher de Tanios, Amin Maalouf, Grasset 1993 ; Le Livre de Poche 2014.

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Un barrage contre le Pacifique :))

4 Juin 2019, 20:39pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne me souvenais pas de l'avoir lu. Je ne savais pas si j'aimais Marguerite Duras... J'ai pris beaucoup de plaisir, un plaisir inattendu, à la lecture de ce livre.

Je n'aurais pas su dire ce dont il était question dans ce livre, très très connu, qui a d'ailleurs donné lieu à adaptation cinématographique ; 

c'est rugueux ; c'est du David Vann avant la lettre, et en mode nouveau roman !

L'histoire d'un trio familial. Imbriqué. Interdépendant. Indissociable. Très brillante architecture de leurs imbrications. Donc, la mère (et qui n'a pas d'autre nom que celui-ci), Joseph le fils et Suzanne, la fille. Elle s'est endettée pour changer de vie et construire des barrages contre le Pacifique, dans l'espoir d'avoir son domaine cultivé, et qui rapporte... Or, ce que l'administration lui a vendu est pourri, et s'autodétruit régulièrement. Les rapports avec l'administration, rude, est extrême et noir, mais tellement intéressant, puissant...

On voit la place du garçon, de Joseph, son rôle de pivot, et la place des deux autres mère et fille autour ; et Suzanne qui attend, attend que sa vie change, espère, vie misérable, écrite... Suzanne qui subit un peu l'un et l'autre ; avant de s'émanciper un peu, très peu, et avant même de décider que son salut, pour que l'amour sera la fuite hors de ce lieu, coûte que coûte...

Une très belle découverte.

. Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras, 1950.

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L'aube sera grandiose :))

9 Mai 2019, 20:58pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voici un moment que je rêvais de la lire, ce roman.

Déjà très fan D'Anne-Laure Bondoux (L'autre moitié de moi-même, Et je danse aussi), celui-ci me faisait de l'oeil depuis longtemps. Enfin. Et je ne fus pas déçue, au contraire ! Le suspense est haletant, et pourtant on est dans un roman intime, qui nous raconte la vie d'une famille, entre aujourd'hui et les années 70, par le biais d'un récit de mère à fille et de flash-backs... Non, dit comme ça, ça ne rend pas compte du livre d'A-L Bondoux. Une mère embarque sa fille un soir, destination inconnue. Sa fille de16 ans, le soir du bal du lycée, fulmine, c'est rien de le dire... Elle la mène à une cabane, isolée de tout, familiale, et pendant la nuit qui va s'écouler, lui révèle son histoire familiale... C'est passionnant, haletant, on a envie autant d'être dans le présent que dans le passé, pour tout comprendre, et on aime chaque personnage de cette famille... 

Evidemment, c'est parfois rude, et surprenant, dans le choix de destinée que le narrateur nous trace... Mais en même temps, c'est lumineux d'espoir, de force de vie, de courage, pour chacun de ces quatre personnages de cette famille !

On ne peut s'empêcher cependant de se demander si, au vu de cette fin, une suite ne se prépare pas... Ca surprend... Je ne peux rien dire, mais ça surprend ! :)

Bon, j'ai de toute façon beaucoup aimé ce livre. Ses personnages, ses retours dans un passé qui nous est très familier...

Très agréable balade ou road-movie... Merci à Delphine, qui, me connaissant bien, m'en avait fait cadeau il y a quelques mois.

. L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux, éd. Gallimard Jeunesse, sept. 2017 

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