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Le blog de la souris jaune

famille

L'américaine :)))

22 Février 2020, 10:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'attendais ce livre avec une grande impatience, depuis que j'avais eu connaissance de son existence ! La suite des Déracinés... Quelle impatience, quel bonheur ! Je dois avouer que mon rapport aux romans est toujours difficile, comme plus radical, plus exigeant, moins patient... aussi, ceux qui passent à travers les mailles du filet sont rares ! Et donc, ce livre, un bonheur.

Evidemment, joie de retrouver tous ces personnages, comme vivants, laissés derrière la dernière page des Déracinés... J'ai trouvé mon addiction et mon plaisir du même ordre que ceux que m'avaient procuré L'Amie prodigieuse, d'Elena Ferrante... Grande fresque familiale, donc, suite, entre République dominicaine, New-York, Jérusalem... L'Américaine, donc, ou la suite du point de vue de Ruth, la fille cadette d'Almah et Willhem... Sur un temps relativement court, finalement, cinq à six ans, si bien qu'on se prend à souhaiter qu'ici encore, il pourrait y avoir une suite ? 

Je ne trahis rien en disant qu'elle part vivre aux Etats-Unis, dans le cocon de Myriam, la soeur de Willhem... Enfin, entre autres. Elle est touchante, cette Ruth, balottée entre plusieurs désirs, ceux des autres, pour beaucoup, elle mettra du temps à trouver les siens... 

Je n'en dis pas plus... A part que j'ai beaucoup aimé !

Je note ici quelque chose qui n'a rien à voir, mais qui n'est pas anodin : c'est la première fois que je voyais sur un bandeau matérialisée le changement des moeurs, et la féminisation de la langue, avec le "e" à auteure... Les temps ont changé, ça y est ! 

. L'Américaine, Catherine Bardon, éd. Les Escales, Domaine français ; novembre 2019.

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La lucarne :)))

10 Février 2020, 18:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Saramago. Un auteur que j'aime beaucoup. J'avais beaucoup aimé la Lucidité. Ici, on a un peu la sensation de tenir entre ses mains un petit miracle, évidemment, arrivé du passé : ce livre, le portugais José Saramago l'a écrit en 1953, envoyé à une Maison d'édition de Lisbonne qui le refuse. Mais le garde... Et le retrouve 30 ans plus tard dans ses cartons à l'occasion d'un déménagement. Propose à Saramago de l'éditer : il refuse. Il ne veut pas le voir édité de son vivant... Le temps passe, Saramago on le sait sera couronné d'un prix important au Portugal, et du Nobel de littérature... Il décède en 2010. Ce livre est édité en 2013 en France...

C'est toujours dense, Saramago. Ca se lit lentement, on s'en imprègne et c'est pas plus mal... Celui-là n'est pas le plus dense, et j'ai adoré : il nous plonge au coeur du quotidien d'un immeuble... D'une porte à l'autre, ou plutôt derrière les portes, les intimités des vies, des "cellules" familiales, qu'il s'agisse de duos, de trios, de quatuors ou de solos... Des gens simples. Il y a le couple, Marianna et Sylvestre, le cordonnier ; aimants ; depuis trente ans ensemble et bons, l'un pour l'autre. Le cordonnier philosophe... Dures, les fins de mois, à boucler, alors ils cherchent un locataire, ce sera Abel...

Et puis il y a les deux soeurs qui vivent ensemble avec les deux filles de l'une ; le couple malheureux, se maltraitant, dont la fille est décédée ; le couple sans amour avec le petit garçon ; Lidia, qui se laisse entretenir... On s'attache vraiment à ces personnages, avec autant de force et on les retrouve avec un vrai plaisir et une profondeur à chaque chapitre... 

Seul bémol pour moi : je n'ai pas aimé les quelques dernières pages de fin ! J'ai regretté la teneur de l'échange entre les deux hommes, Sylvestre et Abel, devenus très amis... Mais ça n'enlève rien à l'intérêt que j'ai porté à ce livre ! 

. La lucarne, José Saramago, éd. du Seuil, 2013.

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La Maison du Peuple :))

31 Janvier 2020, 09:26am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Plaisir de se plonger dans l'univers simple, tendre et pudique, touchant, de l'écrivain Louis Guilloux ici dans La Maison du Peuple

L'histoire d'une famille, deux filles et un petit garçon, briochine, juste avant la guerre 14. Le père, cordonnier. Raconté par le prisme du petit garçon, grandi sans doute, mais avec le regard tendre et touchant de ce garçonnet tout à la fois adulte. Vision de parents droits, et dignes. Qui avancent sans se plaindre, embrassent la vie. Et de la naissance d'un espoir, d'un parti d'ouvriers (le parti socialiste, il faudrait s'en souvenir...) et des risques qu'on prend alors, pour lui. Pour qu'il puisse sauver tous, et ceux qui viennent, après. Et d'une Maison de peuple, que tous veulent construire, donnant ici un sou, un autre là, pour acheter un terrain et la bâtir de ses mains collectives, parce qu'elle incarne l'espoir, l'espoir de l'éducation pour changer le monde.

Et il y a cette grand-mère, elle encore encore plus durcie : elle habite à trois kilomètres de Saint-Brieuc, du centre, qu'elle fait normalement, comme en ce temps-là... on découvrira plus tard dans quel dénuement, et pourquoi se plaindre, tant que tout va bien ?

De la vie quotidienne simple, plus que simple, tournée vers l'essentiel, mêlée à l'espoir.

Vraiment, une lecture nécessaire...

. La Maison du Peuple, Louis Guilloux, éd. Grasset Les Cahiers rouges, 1953.

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Par les routes :))

22 Janvier 2020, 11:41am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rencontre avec l'autostoppeur, sa femme Marie et son fils. Raconté par Sacha, ami de l'autostoppeur. Que la vie aura fait se retrouver et vivre dans la même ville de V. un jour, alors justement que l'autostoppeur a fait sa vie avec Marie. Seulement... Petit à petit, celui-ci a besoin de repartir. De plus en plus, de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps... Besoin de ce sel de la vie tel qu'il se l'ait dessinée. De cette adrénaline, de ces rencontres des routes... Tout cela, c'est Sacha qui nous le raconte. Du coup, c'est un regard extérieur et un narrateur externe qui nous le raconte, ce que j'ai beaucoup aimé parce que cela renforce la part de mystère quant à l'autostoppeur. Ou plutôt sa part intime, qui nous est inacessible, car après tout, c'est à chacun d'entre nous et à nous seul qu'appartient notre façon de voir les choses, personne ne peut en parler à notre place... Bref... On cherche à comprendre cet autostoppeur, bien sûr... On vit avec bonheur avec Sacha, dans son petit appartement, au plus près de ses toiles pour lesquelles il cherche le jaune lumière, on vit avec tous ceux qui restent... 

Je n'ai pu m'empêcher de trouver égoïste cet homme, qui choisissait de partir ainsi sans autres mots que ceux de son envie et de son besoin de partir... En laissant ses proches... Surprenant aussi le choix de Sacha... J'ai aimé ce voyage par procuration au plus près d'une communauté improbable d'automobilistes, à travers une France très intéressante et sans doute proche de ce qu'on en voit quand on la traverse... Et oui, j'ai aussi beaucoup aimé la fin (je m'étais tellement interrogée sur ce que serait cette fin, quand ma "passeuse" l'avait raconté ainsi : la fin, extraordinaire, zut, ce ne sont pas ses mots, mais cela voulait dire ça...).

Bref, très très belle lecture, très belle découverte.

Un grand merci à Delphine pour son partage, son coup de coeur partagé...

. Par les routes, Sylvain Prudhomme, éd. L'Arbalète Gallimard. 2019

 

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Maïmaï :)

15 Novembre 2019, 09:50am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ma bibliothécaire préférée m'a dit quand elle me l'a vu entre les mains : "je l'ai lu comme un petit bonbon".

C'est vrai que ça coule, que ça se lit très légèrement, agréablement, et avec plaisir, alors même que le livre pourrait, si on le racontait de manière factuelle, être tout sauf léger. C'est assez magique de ce point de vue là, la vie se fait, coule, du point de vue d'une idylle amoureuse, et s'écoule bien différemment à partir, ou autour de cela. 

J'ai été surprise par le style, l'écriture directe et efficace. L'utilisation du présent pour la narration, dont je ne suis pas forcément fan... (Aki Shimazaki vit au Québec et écrit directement en français).

Donc Taro, trente ans, artiste, en couple avec une jeune mannequin comme lui, et sourd-muet. Rien n'est présenté comme extra-ordinaire, dans ce roman là, et là encore je trouve que c'est fortement intéressant : ainsi, de façon factuelle Taro est sourd-muet et mannequin.

Il va découvrir pans après pans, un peu de son passé, et de celui de sa mère, mais, au gré des événements...

J'ai aimé la vie telle qu'elle est donnée à voir, au Japon : les familles unies comme une évidence, les générations imbriquées, la grand-mère qui habite naturellement sous le toit du petit-fils... La vie que se vit avec chaleur. Et puis bien sûr, Taro lui-même, et son histoire d'amour qui se modifie...

On découvre une autre culture, où il est de mise d'être sûr du passé de l'amoureux, ou de l'amoureuse, pour accepter une union.....

Et je découvre que ce livre est le cinquième opus d'une pentalogie. Dingue ! Et qu’apparemment les opus se font écho, éclairent un pan ou un autre, et que tout cela constitue une oeuvre saisissante du point de vue de la construction, ce que je veux bien croire ; mais chaque livre se lit et se comprend en soi, seul, ce que je confirme avec celui-ci. J'irai donc, je pense, déguster les autres "bonbons" du paquet, de loin en loin, je pense, avec plaisir ! 

Merci à Delphine pour la découverte.

. Maïmaï, Aki Shimazaki, éd. Actes Sud, 2018.

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Le Grand Loin :)

8 Novembre 2019, 10:14am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aurais probablement mis deux sourires sans la fin. J'aurais préféré le doute...

Marc vit une vie d'homme en couple avec Chloé. Il est un peu ailleurs, ou justement tout à fait là, Marc, au moment où on le saisit dans son histoire.. Il a une fille, d'une première union. On l'apprend petit à petit, mais assez vite. Elle a 34 ans, cette fille et, fragile psychologiquement, elle vit en structure psy.

Marc passe la voir, une fois par an.

Et un jour... Il décide qu'il ne comprend plus vraiment sa propre vie. Il n'est jamais allé "Loin"... Ni même à Agen... Va commencer une étrange odyssée entre ces deux êtres, qui finalement, renoueront un lien, comme sans doute jamais, ou il y a très longtemps... Ils emmènent le chat, Boudu... Mais... que se passe t-il réellement dans la tête d'Anne ?

C'est humain, profond. Bien écrit. Mais... la fin, cette fin, pour nous dire une nature, était-elle nécessaire ? Qu'en penser ? Que se dire ? Peut-on impunément soustraire quelqu'un de fragile à l'établissement psychiatrique, même pour son bien, au risque de... ? Et ce lien qui bouge, était-ce nécessaire ? Sans doute est-ce la façon de l'auteur de donner à voir un personnage "sans limites"... 

La fin dérange. Pourtant, c'est un livre qui mérite d'être lu.

. Le Grand Loin, Pascal Garnier, éd. Zulma, 2010

 

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La petite conformiste

7 Novembre 2019, 10:18am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Bon. Je prendrai quelques pincettes pour ce livre-là. Parce que, s'il est autobiographique, il prendrait des aspects touchants. Il en deviendrait par certains aspects, touchant. Maintenant, puisque c'est une fiction, que j'ai entre les mains, je vais vous donner mon point de vue de lectrice de fiction : je suis passée par plusieurs phases, avec celui-ci.

Au début le livre m'a plu. Il y avait dans la narration nous donnant à voir une fillette cherchant la normalité en dépit de parents complexes et différents quelque chose de frais, qui me faisait presque penser à l'Anglais Alan Bennett dans la fausse retenue de l'écriture. Plaisant. Et puis, je me suis ennuyée. Car cette trouvaille était bien sympa, mais elle ronronnait, et je me suis dit alors dans le corps du livre que je ne savais pas où ça allait m'amener, mais que les histoires de famille de celle-ci, pittoresque à souhait cependant, eh bien je m'en fichais. J'ai retrouvé un haussement de sourcil intéressé à dix pages de la fin, quand on en apprend un peu plus sur le père, ce qui tend à nous faire comprendre sa personnalité... et détesté la fin, à mon sens trop hâtive, et culpabilisante pour la fille, autour de la mère...

Intéressant cependant, et subtil au delà des apparences quant à la construction d'un enfant dans son rapport à la famille...

Merci à Delphine pour son partage et cette découverte, j'ai hâte qu'on en discute !

Quelqu'un l'a t-il lu ? J'attends vos avis...

. La petite conformiste, Ingrid Seyman, éd. Philippe Rey, 2019.

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Séduire Isabelle A :))

29 Septembre 2019, 22:15pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Plaisant.

Et moins léger et foutraque qu'il n'y paraît.

Donc Pierre tombe amoureux d'Isabelle, éperdu, mais il comprend que pour aller plus loin il lui faut connaître et apprécier sa famille... Pas une mince affaire, au vu de la première soirée en leur compagnie, puisqu'ils sont tous plus loufoques les uns que les autres...

Evidemment, c'est la question de la normalité, qu'on va être obligé d'aborder, ici, mais pas seulement... Que veut-on ? Ceux-là ont peut-être compris ce qu'était que le véritable attachement ? Aimer sans à priori ? Ils ont peut-être compris le sens de la vie, ou senti le sens de la vie, au sens où il vaut peut-être mieux vivre, vraiment, sans faux-semblants, puisqu'on en a qu'une, de vie ?

Cela ressemble à la leçon de ce livre, avec tous les excès, qu'on aime, finalement, même s'ils font parfois sourire ou peuvent fatiguer, de ce livre...

J'ai aimé...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac, éd. JC Lattès, 2016.

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J'aimais mieux quand c'était toi

1 Juillet 2019, 21:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Toujours pas d'enthousiasme...

Bof... 

Je comprends mieux le titre, incompréhensible à la lecture du livre, ou alors juste au dernier paragraphe seulement : c'est le titre d'une chanson de Souchon, sur l'amour-passion, écrite en 2005... 

Ici, déception. Quant à l'écriture, quant à l'histoire, quant aux personnages...

Je pense que je vais me tenir à distance de Véronique Olmi, que du reste, je ne me souviens pas d'avoir déjà lu, ce n'est pas bon signe...

L'histoire : elle est comédienne professionnelle. Elle joue une pièce de Pirandello. A deux enfants. Un amoureux, bof. Et puis un soir qu'elle joue, il est là. Paul. Un amour-coup de foudre qu'elle a dû quitter parce qu'ils ne pouvaient pas vivre ensemble ; abdication, mais non-oubli, le coeur n'oublie pas, malgré... Bref, ce soir-là, il est là. Elle est tétanisée.

Là, flou (pourquoi est-il question de 6 mois de coma qui nous perdent ? Alors que vraisemblablement non, il se passe une nuit de flottement pour elle ?) ; ils se retrouvent et parlent, et.

C'est tout, je dirais. 

Restée sur ma faim...

. J'aimais mieux quand c'était toi, Véronique Olmi, 2015.

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L'enfant du lac

30 Juin 2019, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, ce livre-là, j'avais très envie de l'aimer. Symboliquement. 

Mais... Il faut reconnaître que je n'ai guère eu la patience de le goûter. Beaucoup trop long et dilué pour moi. Véritablement agaçant, tant l'auteure tourne autour du pot, nous emmène incessamment sur de fausses pistes qui l'en finissent pas d'éclore puis de lentement s'éteindre... Franchement, j'ai fini par déclarer forfait au bout de la 484ème et d'aller lire les deux derniers chapitres. Eh ben franchement, j'ai bien fait ! Je crois que j'aurais pesté, si non, en apprenant où elle nous menait après nous avoir perdus dans toutes les directions plausibles avant...

Donc : ça a l'allure d'un roman policier, mais, peut-on dire que cela en soit un ? Après tout, il est bien question d'enquête ici. Même s'il s'agit d'une enquête 70 ans plus tard... justifiée un peu lourdement par l'éviction passagère de la police de la jeune femme qui mène cette enquête, Sadie Sparrow, et un pseudo-alibi personnel, on l'imagine bien, autour de la perte d'un enfant (Sadie semble avoir été contrainte d'abandonner un enfant à 16 ans, elle va se plonger dans le mystère de la disparition du petit Théo, en 1933, au sein d'une grande et belle maison, famille d'un certain milieu, et jamais élucidée...

Aucune piste ne nous sera épargnée et largement délayée, autour des trois soeurs notamment du petit Théo, Alice Clemmie et Deborah, et du couple parental Eleanor et Anthony... Franchement, je n'ai pas eu assez envie de m'accrocher à ces personnages pour rester avec eux 740 pages....

Merci cependant à Manolo qui a pris le temps de me le choisir et de me l'offrir, merci du fond du coeur...

. L'enfant du lac, Kate Morton, 2015. Edition Pocket. 

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