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Le blog de la souris jaune

famille

La tresse :)

7 Août 2018, 14:03pm

Publié par LaSourisJOne

Roman choral.

Voici l'inconvénient d'avoir tant et tant entendu de bien à propos d'un livre, et c'est le paradoxe : on n'est plus complètement vierge en l'abordant, ou l'horizon d'attente est trop grand, alors j'imagine qu'il part avec un handicap... Je concède que je m'étais attendue à autre chose, quelque chose de plus "soutenu", de plus dense. Mais on se fait aussi, parfois, de fausses idées sur des livres, et ça fait aussi partie de la magie de la lecture. 

Bien sûr, impossible ou difficile de ne pas aimer ce livre. Il me fait penser au Prophète, de Khalil Gibran... Un peu un roman à "message" bienheureux, optimiste, chaleureux, universel... 

J'ai mis un peu de temps à entrer dans l'histoire de ces trois personnages, même si (ou justement parce que) le style est très simple. Certains passages m'ont un peu gênée, enfin, j'aurais pu me dire que c'était trop "démonstratif". Cependant, j'y ai trouvé des ingrédients précieux quand même, des personnages féminins qui font face, qui n'abdiquent pas, coûte que coûte, et qui affrontent le poids de leur destinée. Et puis il y a cette structure tressée, sans trop en dire, qui évidemment est chouette et attachante... Les trois histoires sont finalement soutenues par les autres, et c'est un message assez encourageant, une vision du monde qu'on a envie de ne pas occulter.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La tresse, Laeticia Colombani, éd. Grasset, mai 2017.

 

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Une dernière danse :))

7 Juillet 2018, 09:34am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais déjà lu avec un grand bonheur L'île des oubliés, de cette auteure. 

Deuxième coup de coeur pour Victoria Hislop avec ce livre-là, qui est rudement efficace pour faire naître sous nos yeux les personnages d'une famille, les liens d'attachement qui les unissent, et l'absolue injustice d'un sort induit par le contexte, pour les séparer. (La peste, avec l'île des oubliés, la guerre civile ici).

En outre, j'avais déjà lu plusieurs livres autour de la guerre civile en Espagne, lu un certain nombre de choses, apprécié le Guernica de Picasso... Et pourtant, jamais je n'ai compris aussi bien ce qui s'était passé dans ces années-là, avant 1936 et pendant ces trois ans d'horreur où sous l'impulsion de Franco une partie des Espagnols se sont retournés contre les intellectuels de gauche, les ouvriers, les communistes, la danse... Mon Dieu, je n'imaginais pas que cela avait pu être à ce point. Saga d'une famille pendant cette période, dont le père tient un café ; la saga arrive par le biais de photos dans ce bar que la narratrice découvre par hasard lors d'un voyage à Grenade.. Bien sûr, certains "coïncidences" peuvent faire tiquer, bien sûr ; mais ça ne gâche rien au plaisir que j'ai eu d'entrer dans les deux époques, les deux vies celle de Sonia la narratrice, et son gougeat de mari, et la magnifique famille de Mercedes, la jeune danseuse de flamenco... J'adore cette idée que c'est la danse qui sauve, le fait d'exprimer par son corps ses sentiments, et de s'oublier par ce biais, qui préserve de la rudesse de la vie. Et les frères, le torrerro, et puis les deux autres... Et Javier, le beau Javier...

J'ai aussi découvert la force du flamenco. 

Juste, le titre français ne me paraît pas du tout approprié, je trouve que ce roman n'a rien à voir avec "Une dernière danse", bien au contraire, ce serait plutôt "une première danse", en tout cas quelque chose qui ouvre... Le titre anglais The Return était beaucoup plus approprié.

En tout cas vraiment un roman dans lequel se plonger cet été !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Une dernière danse, Victoria Hislop, 2008 ; France, éd. Les Escales mai 2014. 

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This is not a love song :)

10 Juin 2018, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Retrouver Jean-Philippe Blondel. Se couler avec toujours autant de plaisir dans son écriture, dans ses récits sensibles, qui nous font ressentir ce qu'ils veulent nous faire ressentir. 

Il est parvenu avec celui-ci à densifier de manière très inattendue et totale la phrase, dans une conversation mondaine et apparemment superficielle : "ah j'ai vu un reportage sur les SDS, c'est terrible". Evidemment, convenu. Et c'est ce qu'on se dit de celle qui la prononce. Et soudain, le récit se poursuit et les personnages sont éclairés d'un jour nouveau, vif et cru, brut très intéressant. Ces personnages qu'on croyait connaître et avoir rangé dans des cases, il faut bien les en sortir, et les redessiner, tous ou presque. Au moins le frère du narrateur, et la belle-soeur. Pas si simple, de ne pas les aimer. Finalement...

Histoire d'attaches familiales, de famille qu'on quitte pour survivre, et se reconstruire ailleurs. En l'occurence en Angleterre pour le narrateur. Histoire d'un passé qui nous rattrappe quand on retourne au plus près de son passé, parce que peut-être on ne peut rester installé dans le déni toujours. Alors savoir, souffrir. Souffrir, vivre avec et accepter, puis reprendre son chemin, en sachant, plus tout à fait le même. Mais en ayant aggloméré son passé recomposé.

. This is not a love song, Jean-PHilippe Blondel, Pocket. 2007.

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La petite fille de Monsieur Linh :))

2 Juin 2018, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Qu'il est beau, simple, pur, ce roman ! Un petit bonheur.

Empreint d'une mélancolie lumineuse, d'une candeur forte. Profondément humain. 

C'est l'histoire d'un vieil homme, tragiquement condamné à l'exil, ou plutôt qui choisit l'exil, parce qu'il a perdu son fils et sa belle-fille dans la guerre, et qu'il ne lui reste que le bébé de ceux-ci à sauver. Alors il prend le bateau, le bébé de quelques jours serrés contre lui, et l'amour qu'il lui porte est beau et touchant. C'est la bouée à laquelle il s'accroche, il trouve les forces pour continuer, pour elle. Elle, Sang Diu. Pour affronter ce monde nouveau, froid, inconnu d'un nouveau pays, dont il ne comprend pas les codes, la langue, les moeurs...

Le voir vivre, avancer simplement est touchant. Puis, il y a ce banc, où il va s'asseoir, toujours avec sa petite-fille. Et où il rencontre un autre homme, seul, lui aussi, gentil, qui lui cause, dans sa langue qu'il ne comprend pas. Pourtant, les deux hommes se comprennent si bien...

C'est beau, beau, beau... Puissant, sur ce qui compte vraiment, le sens des liens, qui peut suffire à continuer à vivre.

Sans jamais être mièvre, au contraire.

Une très belle découverte, que je dois à Eric L. Merci, Eric.

. La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel, Editions Stock, 2005.

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Miss cyclone :))

15 Avril 2018, 17:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ayant vraiment pris beaucoup de plaisir à la lecture de La Drôle de vie de Zelda Zonk, j'ai eu envie de tenter ma chance à nouveau, et de m'essayer à un autre livre de cette auteure. Chance : il y en avait un à la médiathèque. 

Quelle réussite ! Conquise, encore une fois.

Ses personnages sont véritablement attachants.

Histoire de deux amies, qui vivent à une quarantaine de km de New-York, des amies qui ne se ressemblent guère, Angela et June. Mais indissociables. La belle force d'Angela, qui accepte son destin avec détermination et optimisme est attachante. 

De la même manière que l'importance qu'elle accorde aux liens, aux êtres.

Alors elle suit son destin, et Nick. Belle vie que la leur. Les coups de canifs du destin dans leur parcours n'entachera rien, et cette histoire demeurera lumineuse.

Malgré les trahisons. 

Et la perte. 

En arrière plan du roman, le parc d'attraction du père de Nick, et les événements tragiques du 11 septembre 2001. 

Un grand plaisir de lecture.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Miss cyclone, Laurence Peyrin. Ed Calmann-Lévy, 2017.

 

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Rêves oubliés :))

1 Avril 2018, 13:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voila donc plusieurs mois que j'entendais, en bien, parler de cette auteure sans la connaître.

Je serai donc entrée dans son oeuvre par le biais de ce beau roman, Rêves oubliés.

C'est délicat, l'écriture est douce pour raconter la vie, la dureté de vies et le quotidien. 

L'histoire commence en 1936, dans une petite ville espagnole. Sur fond de lutte intestine, de guerre civile, d'installation d'un dictateur. Avec le danger qui jaillit dans la vie d'une famille. Alors il faut fuir, parce que pour des idées, on veut s'en prendre à eux. La famille est séparée, puis se retrouve, dans le pays basque français, d'abord ; le père, la mère, les trois enfants, les grand-parents, et puis les oncles, puis il y aura les cousins...

Il faut continuer à vivre, recommencer, sans savoir, combien de temps, en espérant retourner là-bas, dans son pays ; le temps passe... 

C'est beau ; ce couple, Aïta et Ama sont un beau couple aimant, d'un amour pur et fort. D'un amour touchant. Les enfants, leur royaume mental, chacun d'une personnalité différente, sans excès de mots elle trouve ceux qu'il faut pour dire, et donner à voir.

Les mots d'un carnet d'Ama émaillent aussi le roman, donnent un point de vue plus intérieur à ce qui nous a parfois été donné à voir à travers la narration.

C'est vraiment une belle découverte.

Merci aux lectrices fan de Leonor de Recondo qui me l'ont fait découvrir, notamment Patricia.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Rêves oubliés, Leonor de Recondo, éd. Sabine Wespieser, 2012.

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L'amie prodigieuse, 4:))

24 Mars 2018, 14:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Alors voila. Je viens de refermer la dernière page du dernier tome de l'Amie prodigieuse. Voila un mois pile que je vis, je respire, je pense Elena Ferrante. Un mois pile, emportée de ligne en ligne, sans intermède, d'un livre à l'autre. J'ai ralenti, la lecture des quelques dernières pages, pour m'en imprégner vraiment, peu désireuse de quitter cette histoire, cette proximité avec Elena, cet univers. J'ai été avalée par ce livre et tout son histoire, ou par ces quatre livres et leur histoire. Avalée, oui, c'est ça. C'est troublant de refermer ce dernier tome en se disant que ces quelques dizaines de vie qu'elle vient de nous raconter, avec toute leur richesse, leur densité, pourrait très bien être sa vie, et de n'en rien savoir. Tellement agréable de se dire qu'on en saura rien, et prier pour que ce mystère demeure, moi ça me va bien.

Donc, dernier volet. Après quarante ans. Je ne peux évidemment pas en dire grand chose, bien entendu, pour tous ceux qui attendent de le lire avec impatience... :) Il y a donc un événement majeur, au coeur de ce livre-là, qui continue de marquer les destins, un destin en particulier, mais tous finalement, tant ils sont intrinsèquement liés.

J'aurais pu me dire que celui-ci bredouillait un peu, comme avec le second, mais si peu. Et c'est tellement proche de la vraie vie et de son rythme. Et puis le temps passe quand même, inexorable, vers le dénouement.

J'ai tant aimé l'histoire de cette amitié, et la toute fin, aussi, qui ne déçoit pas évidemment, puisqu'histoire est conçue en cercle, et qu'elle nous donne à la fin une note mystérieuse qu'on a envie de déguster, en y pensant, en cherchant la clé, sans jamais y parvenir.

. L'amie prodigieuse, IV, L'enfant perdue. Gallimard. Janvier 2018.

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L'amie prodigieuse, 3 :)))

14 Mars 2018, 20:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Troisième et avant-dernier volet de l'Amie prodigieuse, donc, dévoré sans lassitude et avec tout autant de plaisir, d'impatience de me replonger dans sa lecture, et je pourrais dire que j'ai aimé (mais c'est très personnel), ce troisième tome autant que le premier. Sans occulter le second.

J'ai énormément aimé celui-ci pour les choix d'affirmation que fait la narratrice, pour la vision d'un écart entre deux mondes, un lettré, un de l'héritage familial, qui se creuse ; l'immersion dans un contexte politique, historique, et social, surtout social avec des entreprises à la Germinal sur la rude, très rude condition ouvrière : comment fait-on pour s'en sortir quand on a que ça ? qu'est ce qu'on accepte ? Jusqu'à quel point ? Et j'avoue que j'ai beaucoup aimé voir la narratrice gérer de main affirmée la difficile condition de son amie, dans son usine. 

Bien sûr, on le voit, la dissension se creuse, aussi, entre ces deux-là, mais...

Et puis le choix du coeur (même si on craint le pire), de la narratrice.

Toujours aussi palpitant.

. L'Amie prodigieuse, 3, celle qui fuit et celle qui reste, Folio.

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... 532, dans les gênes ?

1 Mars 2018, 18:48pm

Publié par LaSourisJOne

"Etait-il possible que les parents ne meurent jamais et que chaque enfant les couve en soi, de manière inéluctable ?"

Elena FERRANTE

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L'Amie prodigieuse :)))

28 Février 2018, 21:27pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quand je pars en voyage, j'aime ce moment privilégié de choisir les livres, le livre si c'est un voyage court, qui m'accompagneront(ra). Et quand c'est à l'étranger, ce choix est encore plus précieux, car je sais que je n'aurai pas la solution de me ruer vers une librairie pour en acheter un autre... Alors, pour ce court voyage à Londres, j'avais choisi l'Amie prodigieuse, dont j'avais tant entendu parler, et Elena Ferrante, pour m'accompagner. Que je ne regrette pas ce choix ! Quel bonheur de me dire que ce livre, et ceux qui suivront, me rappeleront mon voyage, et inversement ! Je l'ai donc dévoré. Je le retrouvais comme une gourmandise dans mes temps de pause. Et j'attends avec impatience de me jeter dans le second tome, car l'histoire d'Elena et Lila m'a vraiment capturée. 

Bienvenue à Naples. Quartier populaire. J'appréhendais un récit d'enfance (ça ne vous étonnera pas), c'est bien plus que cela, évidemment. D'autant que la narratrice nous saisit d'emblée, puisqu'elle a quelque soixante ans passés, qu'elle nous dit que celle qu'elle connaît si bien, son amie Lila, a disparu de la circulation, fidèle à son fantasme de le faire un jour, et qu'elle va s'employer à lutter pour qu'elle ne disparaisse pas, et raconter par le menu leurs pas, à elles deux, dans la vie, depuis leurs premiers pas ensemble. C'est à dire depuis qu'elles avaient... 7, 8, 9 ans ? Le premier tome (Delph, je vais penser à toi sur ce coup-là, en ne disant pas jusqu'à quel événement) passe en revue dix ans de leur vie. Autrement dit, jusqu'à leurs 18 ans.

J'ai adoré, comme beaucoup donc semble-t-il, tant ce livre est un phénomène que je comprends maintenant, la vie entremélée de ces deux-là. La riche complexité et à la fois simplicité de leur lien. Le déterminisme de leur milieu, et les actes qu'elles mettent en place, chacune à leur manière, pour s'en dégager. Mais ce livre ne se résume pas, tant la richesse et la densité des liens doit se lire.

Nourrie d'ambivalences. 

C'est superbe et passionnant, et j'attends avec impatience de me plonger dans le second tome pour suivre la suite de leur aventure.

Je rejoins donc Mélanie (pensées pour toi !) qui avait tant aimé ce livre, j'ai mis le temps, mais j'y suis venue au bon moment, je crois :)

. L'amie prodigieuse, Elena Ferrante, Folio, 2011.

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