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Le blog de la souris jaune

famille

La beauté des jours :)

4 Février 2018, 15:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voila. Je referme enfin ce livre que j'ai lu lentement. Enfin, referme, pas tout à fait, je le laisse un peu ouvert pour en respirer encore les dernières pages. 

J'ai réappris à lire lentement, avec ce livre. Et j'ai fini par en goûter l'atmosphère, moi qui me cabrais au début de sa lecture, par son style dont je ne suis pas vraiment fan. Phrases simples et courtes. Restitution d'une ambiance rurale, qui n'est pas sans évoquer pour moi des souvenirs enfantins. Rythme lent, d'un temps qui coule sans que ne se passe grand chose.

Mais c'est ça qu'elle donne à voir, et plutôt brillamment, si tant est qu'on ne bloque pas sur sa façon d'écrire : de petits vies qui s'écoulent, la beauté de ces vies-là, pour faire en sorte que les choses durent. Pour ne pas déconstruire ce qu'on a construit.

C'est joli, ce cheminement de Jeanne avec elle-même. Ce qu'elle est, ce qu'elle était, et comment elles se retrouvent, ces deux Jeanne, sans s'être jamais complètement perdues. Avec ce lien, ce trait d'union entre cette Jeanne du présent et du passé, Abramovitc. L'artiste, qui la fascine depuis toujours. Qui se livre à des performances extrêmes. Dans son quotidien de cela, elle suit, toujours, l'artualité de son idole. Et cela la maintient connectée avec elle-même. L'autre part d'elle-même, c'est ce qu'elle a créé, Rémy, son mari, si ancré dans son quotidien, l'amour qui en ressort, de ces attachements de leurs vies, et leurs deux filles, grandes, qui commencent à vivre leur propre vie.

Et Martin. Celui dont on ne saura pas vraiment s'il aurait pu être l'autre homme de sa vie, ou qui restera l'autre homme de sa vie, sans que Jeanne ne veuille en tout cas casser ce qu'elle a construit. Alors s'efforcer d'enfouir en soi les espérances, les doutes quand ils arrivent, pour se raccrocher fort, fort, à ce qu'on a construit. 

Martin qui part au Japon sur lîle de Teshima, pour entendre les battements de coeur au sein d'une petite cabane... Il aurait voulu l'y emmener, mais ce n'est pas sa vie.

C'est beau.

Je ne peux que lui rendre hommage, après avoir tant douté, et décrié son écriture.

Delph, nous pourrons enfin en parler, comme je sais que tu l'as lu !

. La beauté des jours, Claudie Gallay, éd. Actes Sud, 2017.

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Le bizarre incident du chien pendant la nuit :)

5 Décembre 2017, 13:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai apprécié ce livre-ci, et dans mon contexte toujours compliqué avec la lecture, ce n'est pas mal, et mieux même ! 

Il m'a plu, parce qu'il nous contraint à nous couler dans la peau d'un jeune ado autiste, nous offrant ainsi un autre point de vue, un autre système de pensée et de fonctionnement que celui auquel on est évidemment habitué. 

Et de ce point de vue-là, c'est plutôt réussi. On rentre dans son histoire tragi-comique, à partir d'un point de départ très anecdotique : dans le jardin d'une voisine, il trouve le chien de celle-ci tué, une fourche planté dans le ventre. Cet événement qui marque le jeune garçon va entraîner un tas d'autres événements, mais pas de l'ordre de l'événement insolite, eux. C'est ça qui est pas mal du tout. Autrement dit, on imagine les conséquences plausibles et absurdes de cela : prenant le chien dans ses bras et ne pouvant s'en détacher, la police va le trouver, et l'interroger ; lui mettre la main sur le bras, et celui-ci ne le supportant pas compte tenu de sa maladie, frapper le policier. Eh ouai ! Et finir au poste. Et ainsi de suite. Avec tout ce fond de scène du roman, familial, autour du couple parental. Bien contraint de faire avec un enfant dont les réactions sont si compliquées à accommoder au quotidien. Exaspération, amour, limites personnelles, tout cela est véritablement très bien perçu, et donné à voir. Avec les terribles erreurs, échecs des parents, et dont on ressent les conséquences terribles pour cet enfant, qui nous les raconte à sa manière, raisonnée, objectivée...Tout cela s'intercale de chapitres où l'enfant réfléchit, pense problèmes de maths, et on sait que c'est destiné à le détendre, on sait alors que la situation est complexe pour lui, ou difficile à comprendre, alors il se calme avec les mathématiques.

Sa relation avec sa professeure, qui lui explique avec patience ce qui pour beaucoup sont des évidences mais ne le sont pas pour lui est également très bien rendue.

Vraiment, j'ai bien aimé ce livre et cette rencontre.

Par un auteur tout à fait inconnu pour moi, grâce à Delphine qui me l'a mis entre les mains. Qu'elle en soit remerciée :)

. Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Mark Haddon, éd. Pocket Jeunesse, 2003 en anglais, 2004 pour sa traduction française.

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Le monde attend derrière la porte :)

14 Octobre 2017, 16:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman ado.

Comme souvent, un roman ado redonne de l'oxygène. Agréable moment que celui-ci.

L'histoire d'une ado, âgée de 15 ans, fille de rigoristes. Nous découvrons donc la façon de vivre de cette religion très particulière, que l'auteure décrit comme : persuadés détenir la vérité, ne vivant qu'entre eux, les autres ne devant pas être fréquentés, soumis aux règles de la communauté, celle-ci primant sur les décisions familiales.

Alors qu'elle va encore dans une école normale et qu'elle se réjouit donc d'avoir des amis qui écoutent de la musique, font du sport (ce qu'elle ne peut pas faire...), elle s'oppose de plus en plus à sa famille qui pensent pouvoir la remettre dans le 'droit chemin'. Plus aride encore va être son destin en durcissant les choses et en la mettant dans une école communautaire, puis, par punition, envoyée en pension six mois, en Ecosse, dans une famille rigoriste sensée redressée les jeunes pousses en révolte...

Seulement, même si elle s'interroge (ses parents pensent que c'est le bon chemin), elle ne peut se résoudre à ne pas vivre avec les autres, dans le monde 'normal' ; alors elle va affirmer ses envies. Quitte à aller à l'affrontement, et à perdre une partie de sa famille. Car comment renoncer à la liberté une fois qu'on l'a subodorée ? 

C'est une belle réflexion sur la famille, l'attachement, les valeurs, les choix de vie. 

Une bien jolie surprise.

. Le monde attend derrière la porte, Pascale Maret, éd. Thierry Magnier, 2009.

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Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour :)))

8 Octobre 2017, 09:01am

Publié par LaSourisJOne

Grosses nouvelles, ou petits romans. 

A la manière de Zweig, exactement, d'ailleurs j'ai trouvé que ces deux auteurs ne manquaient pas de points communs dans l'extraordinaire maîtrise de la narration d'un récit.

Donc, Doris Lessing. Une découverte ! Quel bonheur, de se dire que de telles pépites restent encore inexplorées pour soi. 

J'ai donc pris un profond plaisir à la lecture de ces trois textes.

Pas à pas, elle nous emmène dans les entrelacs d'une histoire intime insoupçonnée, insoupçonnable, et aiguise notre curiosité un peu comme savait le faire Zweig. Etonnant, très étonnant cette focalisation externe sur le héros d'abord, comme si on le découvrait - c'est si logique - d'abord de l'exérieur, comme une caméra verrait une scène sans comprendre, puis on se rapproche et on bascule au plus près d'un personnage. C'est brillant.

Et puis ce qui m'a beaucoup intéressée aussi, c'est sa vision des êtres, sous-tendue par un déterminisme familial, et social ; son idée que nature et culture s'opposent, et l'espèce de regret, de déchirement, de paradoxe qu'il y a entre le besoin de changer de classe en faisant des études, et l'impossibilité de revenir en arrière ensuite, coincé alors dans un entre-deux insoluble ; l'innocence s'oppose à la douleur de savoir. 

Les trois récits sont très, très attachants : autant ce récit autour d'un quatuor étonnament insécable, mères et fils (Les grand-mères) ; que l'histoire de ce soldat rendu éperdument amoureux en quatre jours, et qui ne tournera jamais la page de cet amour (Un enfant de l'amour) que l'histoire de cette jeune fille noire qui a un enfant avec un jeune homme riche ; très intéressante vision des choses d'abord Victoria fuit, se terre, elle a honte, puis elle comprend petit à petit la chance que cela pourrait être pour sa fille ; elle se rapproche alors de cette famille qui ne la rejette pas, au contraire, mais... les choses ne sont pas si simples (Victoria et les Staveney). 

J'ai adoré.

L'auteure a obtenu le Nobel de littérature en 2007.

Merci à Yann S. pour ce cadeau, son goût sûr et cette magnifique découverte.

. Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour, Doris Lessing, J'ai Lu, 2016.

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L'île des oubliés :)))

12 Août 2017, 12:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai véritablement aimé me plonger entre les pages de ce livre, et cotoyer ce tourbillon de personnages, entre 1953 et 2001, qui constituent le passé et l'histoire de l'héroïne, Alexis, jusqu'à son présent...

Une jeune femme à qui la mère n'a jamais rien voulu raconter de son passé : elle sait juste qu'elle a des origines crétoises. Alors comme elle s'y rend avec son petit ami le temps de vacances, elle insiste auprès de sa mère : elle veut savoir. La mère comprend qu'elle lui doit la vérité, les mots : alors elle lui donne l'adresse de son inséparable meilleure amie, là-bas, à Plaka, en Crète, écrit une lettre à celle-ci, et lui demande de tout raconter, tout, à sa fille. On peut se dire que c'est un terrible cadeau à faire à sa meilleure amie !

Mais le fil se déroule, et on n'a pas envie qu'il s'arrête. Car elle va tout livrer, en remontant plusieurs générations.

On s'attache à chaque génération et à chaque destin. Lourds, parfois. Marqués par une terrible maladie : la lèpre. Au delà des préjugés, on va apprendre à la connaître, à découvrir le fléau qu'elle pouvait être, dévastateur, dans la vie de toute une famille. 

Le premier destin qui nous est raconté m'a, je l'avoue, marquée, j'ai été tentée d'avaler les pages vite pour ne pas trop lire de détails (je vous rassure, ce n'est pas le propos du livre) quant à cette maladie et cette femme, bonne, qu'on n'a pas envie de savoir touchée par ce mal. Et par cet exil terrible qui fut le lot des lépreux, dès le diagnostic posé, sur l'île de Spinalonga, en face Plaka. Cette île accueillit en effet les lépreux entre 1903 et 1957...

C'est bouleversant de l'imaginer. Nous allons vivre le quotidien de deux endroits, l'île et Plaka, liés qui plus est par ce passeur qui s'y rend en barque pour apporter le nécessaire et dont la femme est une de ces lépreuses. Magnifiques liens. On prend la mesure de la douleur de cet exil, tout en découvrant les aménagements pragmatiques des exilés... Puisqu'il faut bien vivre ! L'île est une communauté d'aide, où l'on crée des commerces, des boutiques avec goût, où tout est différent, et a du sens... Et puis il a ce médecin tout en retenue, magnifique également, qui laisse sa trace superbe dans ce roman...

Tourments et sceau de la maladie, poids d'une réputation, origine de séparation, de destins brisés, amours... J'ai profondément aimé ce voyage en Crète, ces destins chargés qui nous mènent jusqu'à cette jeune femme, qui découvre ses racines.

Et l'on se dit que, même si c'est lourd, cette narration d'un passé entier est un sacré cadeau, précieux, pour avancer dans la vie...

Un grand merci à Samuel, qui m'a mis ce livre entre les mains.

. L'île des oubliés, Victoria Hislop, Le Livre de Poche ; 2005 (Anglais) ; traduction française, 2012.

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La lionne :))

20 Juin 2017, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une sucrerie, une gourmandise que ce roman !

Aahhh, le bonheur. Une découverte due au hasard, je crois. Mais il faut dire que tous les livres qui mettent en scène des félins m'attirent et me fascinent. Ca partait donc évidemment pas mal.

Et là : j'ai pris beaucoup de plaisir à me couler dans la vie de cette femme, fille de chercheuse pour qui la recherche comptait plus que tout, et qui mourut alors qu'elle cherchait le remède à un virus en Tanzanie.

30 ans plus tard, l'adulte, la fille, revient sur les traces de son passé, de sa mère, pour enterrer tout cela et continuer à vivre. Ca, c'est en théorie, mais on sait bien que dans ces cas-là, ça se passe rarement comme ça.

Se croise au sien le chemin d'une fillette, 7 ans, qui perd sa mère en plein désert, alors qu'elles font la traversée accompagnées de leur chamelle, parce que la mère aussi aide les autres. La fillette se retrouve seule, et j'ai frémi à certaines scènes, lorsque les hyènes arrivent, je l'avoue ! Et la lionne... Dont je ne peux rien vous dire, mais ce cheminement d'Angel (la fillette) est un vrai bonheur, forte et courageuse fillette.

Et évidemment, histoire de rencontre, de coup de foudre, de choix de vie : qu'est ce qu'on veut vraiment, quand cesse-t-on d'être aveugle à son propre bonheur ? 

J'ai adoré ce bouquin, je vous le recommande particulièrement en lecture d'été !

. La lionne, Katherine Scholes, Pocket, 2011 en Australie ; 2013 pour la présente édition française.

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Hors service :))

5 Mars 2017, 18:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman. 

Petit bonheur de lecture que ce livre-là. Un week-end dans un local de photocopieuse, ça vous tente ? :) Eva-Lena non plus, à priori... Le personnage principal. Une femme, d'environ quarante ans, trois enfants, un mari. Pivot de cette vie de famille agencée autour de l'énergie qu'elle déploie pour faire tourner tout cela... Energie encore, à n'en plus compter, pour son métier, elle est enseignante de suédois (le livre est suédois). Dans un collège. Un soir, donc, elle se retrouve enfermée, sans pouvoir sortir, à l'intérieur du local de photocopies de son collège... Tout y passe, pendant que les minutes défilent, ses tentatives pour passer le temps, d'abord raisonnées, de rangement, de mesures, en espérant que le temps sera court... Et puis le temps dure. Alors elle passe en revue son quotidien, sa vie. Ses élèves. Sa nouvelle amie, ses rencontres... S'interroge. Et finalement, ce week-end où elle est 'hors service' pour les autres et pour elle, va se retrouver être pour elle révélateur, une bulle de temps pour elle, malgré la faim, la soif, etc. Elle réalise qu'elle doit changer sa vie. Elle prend conscience. Un récit bien agencé où on prend autant plaisir à être avec elle au sein du local à se demander quand elle pourra sortir, que dans la narration de ce qui constitue son quotidien. 

Mille mercis à Delphine pour m'avoir mis ce livre réjouissant entre les mains :).

Bibliothèque d'Evran.

. Hors service, Solja Krapu, éd. Gaïa, juillet 2013.

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Cassandra au mariage :)

20 Janvier 2017, 19:22pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il est étonnant, ce livre-là. Un roman de l'intériorité double, gemelle, fraternelle, tout autant qui fait écho à toutes les parts d'ombre et de lumière qu'on peut avoir en nous...

Deux soeurs, jumelles, donc, Cassandra, et Judith. Nées à 11 minutes d'intervalle. On les rencontre alors qu'elles ont 25 ans, leur voix nous fait oublier leur âge, d'ailleurs... On lit l'une, Cassandra, d'abord, puis l'autre, Judith. Et leurs deux visions, les deux manières qu'elles ont d'aborder la vie tout en étant, tout en ayant été extrêmement liées. Cassandra reste véritablement 'éprise', irrémédiablement liée à cette soeur pour qui elle respire. Elles ont vécu ensemble, pendant leurs années étudiantes. Et puis on apprend que Judith, partie, va se fiancer. Cassandra rame, avec sa solitude, sa vie, et s'accroche à cette seule idée qu'elle va revoir Judith. Et puis on lit Judith. Qui elle a fait le choix d'aimer l'autre, pour avoir une vie 'normale'. Alors, un fiancé, qu'elle aime, et va épouser. Ce que Cassandra ne peut, d'abord, comprendre. Hors de son entendement. L'histoire commence avec le voyage qu'elle entreprend pour retourner à la maison familiale, pour retrouver JUdith, et sans doute lui faire comprendre qu'elle ne peut épouser personne... 

Huis-clos de la famille, avec le père, et la grand-mère. La mère est morte. Famille lettrée, père philosophe, grand-mère attachée à ce qui se fait... Ils sont attachants ces personnages-là, avec leurs manies, leurs fragilités, leurs certitudes, qu'on nous donne à voir. Ils nous sont rendus attachants, sans doute parce qu'ils nous sont donnés à voir par le prisme du regard de l'une ou l'autre des frangines, et qu'il y a de l'amour, en plus de l'agacement quant à tout ce qu'on connaît si bien de ses 'parents', et qu'il se sent. 

Et puis il y a Cassandra, le geste, lorsqu'elle perd pied. Ceux qui la sauvent ou la veillent. L'abdication. Entre force et fragilité, cette abdication ressemble à celle qu'on n'a d'autre choix d'avoir quand l'être aimé est parti/doit partir.

J'ai aimé ce roman profond, intime, et sa double voix.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Cassandra au mariage, Dorothy Baker, 1962 (Etats-Unis) ; éd. Pavillons poche, Robert Laffont, 2013.

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Dysfonctionnelle :))

30 Juillet 2016, 11:21am

Publié par LaSourisJOne

Dysfonctionnelle :))

Roman, et même roman ado.

Ce livre-là m'a enchantée, m'a apporté un vent de légèreté, de fraîcheur et de joie, précieux moment !

J'ai passé un très bon moment avec cette famille 'tuyau-de-poèle' unique, dont chaque protagoniste a ses particularités. Elle s'appelle Fidèle (Fifi, alias Bouboule !), on va la suivre dans sa vie, son univers, sur son parcours, entendre sa voix très attachante dans notre oreille. Fidèle avance, unique et différente, dans le roman, mais surtout pour nous lecteurs, car c'est un type de personnage qu'on croise peu dans les romans.

Elle va nous raconter de façon aérienne ce qui fait qu'elle est elle, autrement dit, l'histoire de la rencontre de ses parents, pittoresque, légèrement, comme des faits, sans en faire dix chapitres : ainsi, son père, d'origine algérienne, qui tient un bar où se presse une faune attachante, a eu le coup de foudre pour celle qui deviendra sa mère, une jeune femme d'origine étrangère, fragile, qu'il va séduire et aimer passionnément, à sa manière. J'adore ce garçon qu'on imagine derrière son bar, le 'boss' respecté de tous parce que c'est le patron de bar, et qui sort son flingue (non chargé, mais ça, il y a que lui qui le sait !) lorsqu'un mot est déplacé à l'égard de sa femme... Son côté tendrement sanguin m'a fait rire ; de même que toute la fratrie de cette surdouée Fifi : ils sont sept enfants, alors il y a de quoi faire ! J'aime bien la militante qui se bagarre pour toutes les causes, elle m'a fait rire aussi, mais tous contribuent à ce qu'on passe un vrai plaisir de lecture.

On va suivre son chemin, pragmatique, loin du pathos, entre un père qui fait des allers-retours en prison et une mère tellement marquée par des souvenir de guerre qu'elle en perd régulièrement la tête ; Fifi se développe dans cet univers qui est le sien, et on la voit faire une force de ces fragilités. C'est un roman où la sollicitude et l'amour sous toutes ses formes emplissent les interstices et les failles, et ça fait du bien ; un très joli livre, grave parfois mais surtout très drôle.

Je vous le recommande chaleureusement !

Médiathèque de Saint-Malo.

Dysfonctionnelle, Axl Cendres, éd. Sarbacane, 2015.

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Le cercle des femmes :)

25 Juillet 2016, 22:27pm

Publié par LaSourisJOne

Le cercle des femmes :)

Une histoire de femmes. Une histoire de famille. Une histoire avec plusieurs générations de femmes, forcément ça me plaît... Même si j'avoue que la narratrice n'a pas emporté ma totale adhésion, alors, forcément, j'ai plus de réserves que je n'aurais pu en avoir...

Je la trouve trop enfantine, trop crédule, trop...

J'ai aimé, pourtant, me plonger dans leurs histoires, leurs rouages, ce qui a fait leurs personnalités, entre secrets, et chemins, choix de vie, dictés parfois par l'hérédité, par un destin de mère qu'on ne veut pas suivre, ou qui nous modèle...

Alors il y a le décès que personne n'attendait, de l'arrière-grand mère, Alice. Toutes se retrouvent dans la maison de celle-ci. Parlent, évidemment. Rangent, aussi, les affaires. Et découvrent (la plus jeune, qui fouine, la fille) une boîte, qui révèle le secret d'Alice. Elle a tu, toute sa vie (seule sa meilleure amie, qui est là aussi, le savait) la raison de la disparition de son mari. Parti, l'abandonnant, pour une vie simultanée d'abord, puis pour cette autre, ailleurs. Par fierté ? Par honte elle a gardé ce secret ? On imagine que les choix de vie de cette famille, de toutes les femmes de cette famille, eurent pu être changés, le sachant....

Ces femmes qui perdent l'arrière-grand-mère, dont on apprendra petit à petit les secrets, évidemment, cela concerne ; il y a ces silences, parce qu'on ne peut faire autrement, et qui, si l'on s'en était dispensé, auraient marqué différement une vie. On le sait, mais peut-on faire autrement ? Cela concerne, mais à aucun moment ça n'a réussi à me toucher ; c'est sans doute finalement essentiellement ce que je reproche à ce livre-là.

Merci à Luocine pour la découverte.

. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, éd. Juliard, mai 2014.

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