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Le blog de la souris jaune

La traversée de l'été :))

1 Mars 2017, 08:13am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Cet auteur-là restait pour moi un auteur à découvrir. Un nom qui brille et dont on ne sait pas grand chose. Le 'passage' est venu un vendredi soir de novembre alors que j'étais sur la route d'un week-end, par le biais d'un échange au coeur d'une émission de radio. Je me souviens m'être arretée sur le côté de la route pour m'empresser de noter ces références. J'ai mis un peu de temps à l'avoir entre les mains, et puis je l'ai trouvé ! Ce qui accompagne l'entrée dans un livre conditionne un peu nos dispositions à son égard, j'en suis persuadée.

Mais bref. Roman qui chavire, sur fond de canicule new-yorkaise. La chaleur étouffante y semble être un ingrédient à part entière, que dis-je un ingrédient, un personnage, tant son humanisation effrayante, accablante, est réellement réussie. Elle tisse donc la toile de fond d'un été new-yorkais, où la jeune Grady, 17 ans, décide de rester pendant que ses riches parents et sa soeur vont traverser l'Atlantique raffraîchissante en bateau pour un voyage en France. Grady dispose de l'appartement parental pour se rapprocher de Clyde, le jeune garçon du parking sur lequel elle a flashé. 

J'ai trouvé formidablement prodigieuse la narration de cette histoire. Formidablement peints les personnages, comme par grandes touches de couleur qu'il vient modifier ensuite, et par lesquelles il vient modifier notre vision. Ainsi, le jeune homme Clyde, qu'on met très rapidement dans une case, a plus de profondeur qu'on croit. Un passé familial qui le marquent et qui fait qu'il ne sera plus jamais le même (la perte de sa soeur cadette à laquelle il était tant attaché, le seul de la famille, Anne) ; Grady est touchante, de même que la personnalité de Clyde prend toute sa 'couleur' renforcée par la juxtaposition de celle de Peter, le meilleur ami, épris de Grady. Evidemment, voir les deux fonctionner renforce notre ressenti quant à ces personnages et quant aux choix amoureux, pardon, quant aux amours électives...

Ainsi on a tout lieu de se dire 'ah mon dieu, quelle cruelle roulette russe que l'amour, et surtout, qu'est ce qui fait qu'il nous emporte si sûrement vers les mauvaises personnes alors qu'un regard objectif pourrait nous en dissuader si tant est qu'on en serait pas aveuglé... C'est ce qui se passe ici, mais... les choses ne sont pas si simples ! Le narrateur nous plonge tour à tour au coeur de Grady, puis de Clyde, aussi, on a tout lieu de se rendre compte que les événements ne sont peut-être pas toujours si simples qu'il n'y paraît...

En l'occurence, on a l'impression d'une inexorable chute, qu'il est impossible d'enrayer. 

La différence de classe, aussi, y tient subtilement sa place.

C'est une lecture qui surprend. 

J'ai beaucoup aimé.

Et quand on sait que ce livre qu'on a en main est presque un miracle : c'est un livre posthume. Ses cahiers ressurgis chez Sotheby's que son ami en lien avec la New York Public Librairy s'arrange pour récupérer, lire, et faire le choix d'éditer. La traversée de l'été, émouvant îlot qui n'était pas forcément destiné à venir jusqu'à nous.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La traversée de l'été, Truman Capote, éd. Grasset, 2006 (US) et 2006 (France).

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luocine 02/03/2017 10:50

incroyable! je n'ai toujours pas lu cet auteur et il est plus ou moins à mon programme de cet été , pourquoi es tu toujours en avance sur moi?

LSJ 05/03/2017 10:15

Hi hi :) Parce que tu lis des pavés que je ne lirais jamais ! :)))