Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

vie

Trois femmes puissantes :))

13 Février 2019, 12:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 2009.

Depuis que j'ai ouvert ce livre, et tout au long de sa lecture, je songe à ce titre... Ce titre qui résiste, et c'est très bien comme ça, il ajoute de la densité, même s'il n'en manquait pas. Alors parfait. Je réfléchirai encore longtemps, à ce titre, à ce choix... Car il n'est pas évident que les récits mettent au coeur un personnage féminin, déjà ; quant à les dire puissantes... C'est très très intéressant, d'autant plus, finalement. 

En première partie au coeur du livre le père, le père destructeur, dont la personnalité écrase fille, garçon, jusqu'à son paroxysme, mais toujours, pour qu'on puisse toujours possiblement en douter... Et puis sa fille, (la femme puissante ?), avocate, qui n'aura d'autre choix que de voler au secours de son frère pour le tirer de prison, elle qui aime tant son jeune frère, victime du père ; elle qui est à la merci de son trop gentil chéri... Le point de vue de la narration est extrêmement important, il change tout... 

Puis, après un simple mot "contrepoint", on bascule dans une autre histoire, celle de Fanta, femme soumise... ? Mais c'est son mari qui raconte... Un mari aux prises avec son métier de vendeur de cuisines chez Manille, la chaleur, ses hémorroïdes, sa paranoa quant à sa femme et l'amour de sa femme...

Et puis la troisième histoire, non moins choc, celle de Khady : son mari mort l'a laissée à la merci de la famille de celui-ci. Qui finit par se débarasser d'elle, mais : elle se sentira libre, vivante, jusqu'au bout, et jusque dans tous les recoins de son dur parcours souffrant, de femme migrant... 

A cela, ajouter que les trois tableaux sont tous aussi palpitants les uns que les autres ; on s'y plonge avec autant d'intérêt pour chacune des histoires ; les tableaux sont reliés par un fil ténu, éloigné, une même ville, une parente... Peu importe, mais cela ajoute du sel à l'ensemble, on se demande, on repasse en revue chacune des histoires pour vérifier qu'on n'y a pas croisé le nouveau personnage...

Et puis il y a le motif de l'oiseau. Qui lie aussi les trois histoires, en y introduisant la dimension non rationnelle de l'étrange, de ce qui ne s'étiquette pas facilement, de ce qui ne rentre pas dans une case... Car, comment ne pas songer à l'oiseau, quand elle nous parle du père dans la première histoire, lui qui passe toutes ses nuits dans le flamboyant (l'arbre) ? Et puis il y a la buse, l'obstinée, celle qui harcèle le second personnage, le vendeur de cuisines, et qu'il s'imagine être sa femme ; et puis enfin le corbeau, dans l'histoire de Khady, le corbeau c'est Lamine, l'ami qui trahit... 

Ce livre résiste aux étiquettes et on ne l'en aime que plus.

Il est fort, une vraie belle découverte littéraire.

. Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye, éd. Gallimard NRF, 2009.

Voir les commentaires

Au pied de la falaise :))

5 Décembre 2018, 16:23pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Quelle tranquille et sereine balade au gré des pages de cette BD ! 

J'ai aimé l'univers, le dessin, la poésie qui ne cède rien au réel ; en Afrique, un petit village pétri des rituels, traditions, séculaires du peuple ; on va suivre Akou, l'enfant Akou, le fils du chef du village. Le temps d'histoires représentatives d'un événement estimé comme fort. Le temps passe sans qu'on s'en aperçoive, et le temps passe aussi dans la BD, pour Akou. Akou devient grand, prend femme, a des enfants, travaille la terre pour faire vivre sa famille... La sagesse qui se dégage de ces pages fait du bien. De petites phrases très justes se glanent, au fil des "leçons de vie" que le quotidien nous donne, le quotidien auquel se frotte Akou, Akou qui ne manque pas de bonté, d'authenticité et de sagesse...

C'est très beau, à tous points de vue.

Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains pour le meilleur...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au pied de la falaise, ByMöko, éd. Noctambule, mai 2017.

Voir les commentaires

Danser au bord de l'abîme :))

2 Octobre 2018, 18:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

D'abord il y eut Luc, pour me recommander de lire ce livre, et déjà je m'étais dit qu'il en avait sûrement la peine ; la dernière salve est venue de l'auteur lui-même, racontant l'attachement profond qu'avait 'la première dame' pour ce livre en le dévorant en une nuit... Et il est tombé entre mes mains merveilleusement samedi dernier, dans l'une de mes bibliothèques préférées. 

J'avais aimé, mais sans l'adorer la Liste de mes envies ; c'est sans doute ce qui ne m'avait pas donné envie de m'y précipiter encore. Je sais maintenant que je chercherai rapidement à lire les autres livres de Grégoire Delacourt. 

Celui-là est fabuleux.

Parce qu'il explore sans freins une, des thématiques et ses conséquences... C'est fort. Emma est mariée, pas malheureuse, trois enfants. Un jour, alors qu'elle ne cherche rien, un midi dans une brasserie, elle tombe éperdue d'amour. Une passion naît, nourrie de ce désir, de ses pensées. Ils ne feront que se regarder, et pourtant ce sont tous les possibles qui sont forts... Jusqu'au jour où ils décident, l'un et l'autre, conquis l'un et l'autre, de tout quitter l'un pour l'autre. Sauf que, la tragédie. Elle quitte son époux et ses enfants. Va le retrouver, mais... Puis, vient la maladie de son mari, à nouveau. Il y a quelque chose d'incroyablement puissant dans le fait de choisir de vivre, ce qu'on avait voulu vivre, là, sans limites. Un accomplissement de soi ultime, troublant, même quand... Plus fort que la mort. Plus fort que la maladie. 

C'est véritablement juste, c'est sans concession, c'est beau parce que c'est humain, tellement humain, avec tous les grains de sable, ou les murs qu'on se prend d'une vie.

J'ai adoré.

Et avec cela, la résonnance d'un texte qu'on a oublié depuis si longtemps, venu de l'enfance, et qui prend soudain tout son sens, toute sa dimension : quand enfin, on découvre pour la première fois, grâce à Grégoire Delacourt, La Petite chèvre de Monsieur Seguin. Et qu'on l'aime éperdument.

Bibliothèque de Lanvallay.

. Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt, éd. JC Lattès, 2017.

Voir les commentaires

Et rester vivant

29 Septembre 2018, 21:42pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

... Comment écrire sur ce livre-là ?

Ca résonne comme un testament intime. Qu'il est, sans doute. En toute pudeur, à l'image de cet auteur que j'aime tant, qu'est Jean-Philippe Blondel. Se dire qu'il reste le doute, se dire que je ne savais pas, ce drame intime, et sur lequel il écrit peut-être... Sa mère et son frère, fauchés dans un accident de voiture ; son père, quatre ans plus de tard, de même. Alors, ses pas, pudiques, au garçon de 22 ans, pour s'en sortir. Aux prises avec la mort. Son épopée choisie aux Etats-Unis, avec ses deux meilleurs amis, Laure et Samuel. Sur les traces d'une chanson. Un périple qui s'intercale avec des souvenirs, passés, de ses êtres perdus. Réapprendre à vivre, un peu, dans la douleur, en frontale avec la vie. 

Blondel, toujours aussi juste, et jusque dans ce récit intime, ou qui semble intime.

. Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel, 2011, éd. Buchet-Chatel.

Voir les commentaires

La délicatesse du homard :)

16 Août 2018, 21:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Agréable lecture d'été !

Un roman choral, deux voix, plaisant.

Il aurait pu me sembler un peu long, mais j'ai pris plaisir à le lire.

Axelle échoue sur une plage et un homme à cheval la reccueille. Elle est mal en point psychologiquement, il vit seul et refuse les attaches... Ils vont apprendre à vivre ensemble, et à dépasser le pragmatisme d'un partage du quotidien.

Reconstructions à deux, qui font du bien.

Ce n'est pas qu'une histoire de reconstruction de l'amour de soi et de l'autre, mais aussi pour Axelle une reconstruction plus profonde, plutôt bien sentie et donnée à voir, sensible, quant à un parcours traumatique lié à l'enfance et des parents très maladroits (pour le moins). A ce niveau-là aussi, son parcours est très crédible et plutôt intéressant, et le cheminement de sa résilience aussi.

Merci à Nolwenn pour la découverte et le plaisir de lecture, 

. La délicatesse du homard, Laure Manel, éd. Michel Lafon, décembre 2016.

Voir les commentaires

La tresse :)

7 Août 2018, 14:03pm

Publié par LaSourisJOne

Roman choral.

Voici l'inconvénient d'avoir tant et tant entendu de bien à propos d'un livre, et c'est le paradoxe : on n'est plus complètement vierge en l'abordant, ou l'horizon d'attente est trop grand, alors j'imagine qu'il part avec un handicap... Je concède que je m'étais attendue à autre chose, quelque chose de plus "soutenu", de plus dense. Mais on se fait aussi, parfois, de fausses idées sur des livres, et ça fait aussi partie de la magie de la lecture. 

Bien sûr, impossible ou difficile de ne pas aimer ce livre. Il me fait penser au Prophète, de Khalil Gibran... Un peu un roman à "message" bienheureux, optimiste, chaleureux, universel... 

J'ai mis un peu de temps à entrer dans l'histoire de ces trois personnages, même si (ou justement parce que) le style est très simple. Certains passages m'ont un peu gênée, enfin, j'aurais pu me dire que c'était trop "démonstratif". Cependant, j'y ai trouvé des ingrédients précieux quand même, des personnages féminins qui font face, qui n'abdiquent pas, coûte que coûte, et qui affrontent le poids de leur destinée. Et puis il y a cette structure tressée, sans trop en dire, qui évidemment est chouette et attachante... Les trois histoires sont finalement soutenues par les autres, et c'est un message assez encourageant, une vision du monde qu'on a envie de ne pas occulter.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La tresse, Laeticia Colombani, éd. Grasset, mai 2017.

 

Voir les commentaires

Le canapé rouge :))

4 Août 2018, 15:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Oh, c'est magnifique. 

Une magnifique balade, toute douce et puissante en même temps. Un chant intérieur qui vaut pour baume et tentative de guérison, entre vie et mort, mais toujours plus proche de la vie.

Entre quête d'une page qu'on tourne, et nostalgie d'une autre qui se referme, lié par un voyage, ainsi que de belles figures féminines, des mots d'écrivains, et un canapé rouge...

C'est superbe.

Et évidemment, il aura résonné pour moi de façon toute partculière, faisant étonnamment écho pour moi en ce moment...

La narratrice entreprend donc un voyage en train, qui a vocation à retrouver la trace d'un ancien amour perdu, Gil, dont elle sait qu'il est dans une ville de Russie. Il y a ce temps du voyage, des rencontres fugitives et des introspections, jusqu'au point de chute, et l'entreprise de guérison... Et puis il y a son présent, ou son tout juste passé, sa vie partagée avec sa voisine, une femme âgée de qui elle s'est rapprochée et avec qui elle partage de si beaux moments, à papoter, sur un canapé rouge... Voisine qu'elle a quittée pour son voyage, et qu'elle s'empresse de chercher à retrouver, après celui-ci, mais...

Roman-hymne à la vie, quoi qu'il arrive, et coûte que coûte quels que soient les cailloux qui s'en mêlent...

Une très très belle découverte, que je dois à Luocine, qui m'a donné envie de le lire. Mille mercis, Luocine, mille mercis !!

. Le canapé rouge, Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser, 2007.

Voir les commentaires

Une dernière danse :))

7 Juillet 2018, 09:34am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais déjà lu avec un grand bonheur L'île des oubliés, de cette auteure. 

Deuxième coup de coeur pour Victoria Hislop avec ce livre-là, qui est rudement efficace pour faire naître sous nos yeux les personnages d'une famille, les liens d'attachement qui les unissent, et l'absolue injustice d'un sort induit par le contexte, pour les séparer. (La peste, avec l'île des oubliés, la guerre civile ici).

En outre, j'avais déjà lu plusieurs livres autour de la guerre civile en Espagne, lu un certain nombre de choses, apprécié le Guernica de Picasso... Et pourtant, jamais je n'ai compris aussi bien ce qui s'était passé dans ces années-là, avant 1936 et pendant ces trois ans d'horreur où sous l'impulsion de Franco une partie des Espagnols se sont retournés contre les intellectuels de gauche, les ouvriers, les communistes, la danse... Mon Dieu, je n'imaginais pas que cela avait pu être à ce point. Saga d'une famille pendant cette période, dont le père tient un café ; la saga arrive par le biais de photos dans ce bar que la narratrice découvre par hasard lors d'un voyage à Grenade.. Bien sûr, certains "coïncidences" peuvent faire tiquer, bien sûr ; mais ça ne gâche rien au plaisir que j'ai eu d'entrer dans les deux époques, les deux vies celle de Sonia la narratrice, et son gougeat de mari, et la magnifique famille de Mercedes, la jeune danseuse de flamenco... J'adore cette idée que c'est la danse qui sauve, le fait d'exprimer par son corps ses sentiments, et de s'oublier par ce biais, qui préserve de la rudesse de la vie. Et les frères, le torrerro, et puis les deux autres... Et Javier, le beau Javier...

J'ai aussi découvert la force du flamenco. 

Juste, le titre français ne me paraît pas du tout approprié, je trouve que ce roman n'a rien à voir avec "Une dernière danse", bien au contraire, ce serait plutôt "une première danse", en tout cas quelque chose qui ouvre... Le titre anglais The Return était beaucoup plus approprié.

En tout cas vraiment un roman dans lequel se plonger cet été !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Une dernière danse, Victoria Hislop, 2008 ; France, éd. Les Escales mai 2014. 

Voir les commentaires

... 553, l'impatience

24 Juin 2018, 08:38am

Publié par LaSourisJOne

"L'impatience, c'est une marchandise qui se paie cher".

Thomas SAVAGE

Voir les commentaires

La petite fille de Monsieur Linh :))

2 Juin 2018, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Qu'il est beau, simple, pur, ce roman ! Un petit bonheur.

Empreint d'une mélancolie lumineuse, d'une candeur forte. Profondément humain. 

C'est l'histoire d'un vieil homme, tragiquement condamné à l'exil, ou plutôt qui choisit l'exil, parce qu'il a perdu son fils et sa belle-fille dans la guerre, et qu'il ne lui reste que le bébé de ceux-ci à sauver. Alors il prend le bateau, le bébé de quelques jours serrés contre lui, et l'amour qu'il lui porte est beau et touchant. C'est la bouée à laquelle il s'accroche, il trouve les forces pour continuer, pour elle. Elle, Sang Diu. Pour affronter ce monde nouveau, froid, inconnu d'un nouveau pays, dont il ne comprend pas les codes, la langue, les moeurs...

Le voir vivre, avancer simplement est touchant. Puis, il y a ce banc, où il va s'asseoir, toujours avec sa petite-fille. Et où il rencontre un autre homme, seul, lui aussi, gentil, qui lui cause, dans sa langue qu'il ne comprend pas. Pourtant, les deux hommes se comprennent si bien...

C'est beau, beau, beau... Puissant, sur ce qui compte vraiment, le sens des liens, qui peut suffire à continuer à vivre.

Sans jamais être mièvre, au contraire.

Une très belle découverte, que je dois à Eric L. Merci, Eric.

. La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel, Editions Stock, 2005.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>