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Le blog de la souris jaune

vie

Demain à Santa Cécilia :))

8 Août 2019, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je gardais un très très bon souvenir du premier roman de cette auteure, L'Espionne de Tanger. Je m'étais dit qu'un jour j'en tenterais un autre (je crois qu'elle n'en n'a pas écrit tant que cela). Chose faite, et plaisir renouvelé, valeur sûre pour moi, donc, sans doute du même ordre que Victoria Hislop que cette Maria Duenas. 

Ici, une femme de 45 ans, Blanca. Bon, début pour lequel on ravale ses critiques tant il paraît cliché, mais tant pis : Son mari vient de la quitter pour une jeunette de 20 ans. Ses deux fils sont grands. Cette universitaire de très bon niveau ne s'en remet pas. Aussi, quand elle apprend d'un de ses fils insouciant que leur père va avoir un bébé, ce bébé qu'elle aurait elle-même voulu, ni une ni deux, elle ne réfléchit pas et sollicite une mission ailleurs, en lien avec l'université. En une semaine on lui trouve une tâche pour laquelle elle est acceptée puisque sur-qualifiée : elle quitte Madrid et part en Californie, sans trop bien savoir ce qui l'attend là-bas, pour une mission de trois mois.

Commence alors une reconstruction, et à ce titre passionnante, qui fait un peu penser à ce qu'on aime chez Douglas Kennedy. Appartement spartiate, travail qu'elle découvre, relations sociales à recréer, blues à maîtriser... Son travail consiste à faire du tri dans des documents ayant appartenu à un universitaire qui en fit legs il y a trentre ans à l'université en question... Elle va finir par se passionner par la tache, après avoir appris à connaître l'homme (décédé) un peu, à travers ce qu'elle en lit, et ce qu'on lui en raconte.

Par ailleurs, autour d'elle se crée un petit réseau d'amis sûrs... Rebecca, simple mais là, le directeur de l'université Luis Zarate et un certain Daniel Carter... Des relations qui vont se densifier, surprendre, risquer de décevoir, mais donner à comprendre qu'on fait ce qu'on peut avec son passé, pour avancer...

J'ai beaucoup aimé, encore une fois. Un vrai plaisir de lecture.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Demain à Santa Cecilia, Maria Duenas, traduit de l'espagnol. Paru en 2012, "Mission Ovildo", paru en France en 2014, éd. Robert Laffont.

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Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil :))

31 Juillet 2019, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'ai jamais été attirée par la littérature japonaise.

Une fois n'est pas coutume, on m'a donné envie de lire celui-ci.

D'abord, j'aime quand les titres se découvrent petit à petit, au fil de la lecture.

Celui-ci, bien sûr, j'ai apprécié : on découvre la première partie du titre "Au Sud de la frontière", au début du roman. Quand le protagoniste écoute à 12 ans un disque qui se traduit ainsi, avec la fameuse Mashimoto-San, et que le narrateur nous dit qu'il s'est toujours demandé ce qu'il y avait, justement, au sud de la frontière. Et puis la deuxième partie et la phrase entière, à la fin du roman, quand le narrateur et la mystérieuse Mashimoto-San se sont retrouvés, et qu'elle raconte sa vision du monde, en quelque sorte, et on comprend qu'à l'ouest du soleil (pour un paysan sibérien sur le point de devenir fou), il n'y a sans doute rien, rien que le désert.

J'ai aimé lire ce livre, ça oui, mais je n'en aime pas le fond, ni la plupart des personnages. Etrange, j'imagine ? Ainsi, il nous entraine, nous emporte, incontestablement, mais je ne supporte pas cette femme, celle qu'il retrouve et qui ne dit rien. Elle l'entraîne dans ses délires, ne donne rien, disparaît, prend... Je ne l'aime pas du tout, et j'avoue que par moments, j'ai tout imaginé, le pire ! Je l'ai imaginé manipulatrice, et pourquoi pas nuisant à la vie du narrateur en lien avec le beau-père... (Mais ça, ça aurait été dans un Douglas Kennedy !!) ; là, c'est plus l'implacable mécanique de la vie, du temps qui passe, contre laquelle on ne peut pas grand chose qui me glace, je l'avoue.

Cependant, j'ai dévoré ce livre.

Merci à Thomas pour la découverte !

. Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, 1992, éd. Belfond (2002 pour la traduction française).

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L'enfant du lac

30 Juin 2019, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, ce livre-là, j'avais très envie de l'aimer. Symboliquement. 

Mais... Il faut reconnaître que je n'ai guère eu la patience de le goûter. Beaucoup trop long et dilué pour moi. Véritablement agaçant, tant l'auteure tourne autour du pot, nous emmène incessamment sur de fausses pistes qui l'en finissent pas d'éclore puis de lentement s'éteindre... Franchement, j'ai fini par déclarer forfait au bout de la 484ème et d'aller lire les deux derniers chapitres. Eh ben franchement, j'ai bien fait ! Je crois que j'aurais pesté, si non, en apprenant où elle nous menait après nous avoir perdus dans toutes les directions plausibles avant...

Donc : ça a l'allure d'un roman policier, mais, peut-on dire que cela en soit un ? Après tout, il est bien question d'enquête ici. Même s'il s'agit d'une enquête 70 ans plus tard... justifiée un peu lourdement par l'éviction passagère de la police de la jeune femme qui mène cette enquête, Sadie Sparrow, et un pseudo-alibi personnel, on l'imagine bien, autour de la perte d'un enfant (Sadie semble avoir été contrainte d'abandonner un enfant à 16 ans, elle va se plonger dans le mystère de la disparition du petit Théo, en 1933, au sein d'une grande et belle maison, famille d'un certain milieu, et jamais élucidée...

Aucune piste ne nous sera épargnée et largement délayée, autour des trois soeurs notamment du petit Théo, Alice Clemmie et Deborah, et du couple parental Eleanor et Anthony... Franchement, je n'ai pas eu assez envie de m'accrocher à ces personnages pour rester avec eux 740 pages....

Merci cependant à Manolo qui a pris le temps de me le choisir et de me l'offrir, merci du fond du coeur...

. L'enfant du lac, Kate Morton, 2015. Edition Pocket. 

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Le rocher de Tanios :)

25 Juin 2019, 08:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 1993.

Bon, bon, bon. Un "sourire" seulement... Pourtant j'ai aimé le style, la façon dont l'histoire nous est racontée, le suspense des enchâssements... Mais je l'ai trouvé - c'est un point de vue très personnel - trop empêtré dans la politique. Ainsi, l'histoire de ce Tanios s'inscrit trop dans un contexte d'opposition entre les peuples et entre les religions ici, en tout cas c'est ce qui m'a freinée dans mon élan, parce que cela le rend parfois bien compliqué. D'autant qu'on peut s'y perdre un peu, parfois, avec les personnages, les différents peuples, j'avais parfois du mal à m'y retrouver.

L'organisation sociétale faisait penser à une organisation moyennageuse, autour d'un seigneur. L'histoire se passe dans les montagnes libanaises essentiellement.

L'histoire du petit Tanios, et de tout son environnement, un Tanios marqué par une histoire d'amour qu'il ne vivra pas, et les décisions des autres ! Son destin sera emprunt de cela finalement.

Le choix meurtrier de son père, leur exil, et puis la suite.

Il y a ce beau choix qu'il fait, lui, son amour pour l'éducation qu'il reçoit d'un couple Anglais, en dépit de tout.

Cependant, c'est un Tanios qui est marqué par le destin...

Ce livre mériterait sans doute d'être relu, pour être vraiment goûté, je suppose.

Pour lors, je garderai un bon souvenir de l'atmosphère...

. Le rocher de Tanios, Amin Maalouf, Grasset 1993 ; Le Livre de Poche 2014.

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Un barrage contre le Pacifique :))

4 Juin 2019, 20:39pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne me souvenais pas de l'avoir lu. Je ne savais pas si j'aimais Marguerite Duras... J'ai pris beaucoup de plaisir, un plaisir inattendu, à la lecture de ce livre.

Je n'aurais pas su dire ce dont il était question dans ce livre, très très connu, qui a d'ailleurs donné lieu à adaptation cinématographique ; 

c'est rugueux ; c'est du David Vann avant la lettre, et en mode nouveau roman !

L'histoire d'un trio familial. Imbriqué. Interdépendant. Indissociable. Très brillante architecture de leurs imbrications. Donc, la mère (et qui n'a pas d'autre nom que celui-ci), Joseph le fils et Suzanne, la fille. Elle s'est endettée pour changer de vie et construire des barrages contre le Pacifique, dans l'espoir d'avoir son domaine cultivé, et qui rapporte... Or, ce que l'administration lui a vendu est pourri, et s'autodétruit régulièrement. Les rapports avec l'administration, rude, est extrême et noir, mais tellement intéressant, puissant...

On voit la place du garçon, de Joseph, son rôle de pivot, et la place des deux autres mère et fille autour ; et Suzanne qui attend, attend que sa vie change, espère, vie misérable, écrite... Suzanne qui subit un peu l'un et l'autre ; avant de s'émanciper un peu, très peu, et avant même de décider que son salut, pour que l'amour sera la fuite hors de ce lieu, coûte que coûte...

Une très belle découverte.

. Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras, 1950.

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L'aube sera grandiose :))

9 Mai 2019, 20:58pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voici un moment que je rêvais de la lire, ce roman.

Déjà très fan D'Anne-Laure Bondoux (L'autre moitié de moi-même, Et je danse aussi), celui-ci me faisait de l'oeil depuis longtemps. Enfin. Et je ne fus pas déçue, au contraire ! Le suspense est haletant, et pourtant on est dans un roman intime, qui nous raconte la vie d'une famille, entre aujourd'hui et les années 70, par le biais d'un récit de mère à fille et de flash-backs... Non, dit comme ça, ça ne rend pas compte du livre d'A-L Bondoux. Une mère embarque sa fille un soir, destination inconnue. Sa fille de16 ans, le soir du bal du lycée, fulmine, c'est rien de le dire... Elle la mène à une cabane, isolée de tout, familiale, et pendant la nuit qui va s'écouler, lui révèle son histoire familiale... C'est passionnant, haletant, on a envie autant d'être dans le présent que dans le passé, pour tout comprendre, et on aime chaque personnage de cette famille... 

Evidemment, c'est parfois rude, et surprenant, dans le choix de destinée que le narrateur nous trace... Mais en même temps, c'est lumineux d'espoir, de force de vie, de courage, pour chacun de ces quatre personnages de cette famille !

On ne peut s'empêcher cependant de se demander si, au vu de cette fin, une suite ne se prépare pas... Ca surprend... Je ne peux rien dire, mais ça surprend ! :)

Bon, j'ai de toute façon beaucoup aimé ce livre. Ses personnages, ses retours dans un passé qui nous est très familier...

Très agréable balade ou road-movie... Merci à Delphine, qui, me connaissant bien, m'en avait fait cadeau il y a quelques mois.

. L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux, éd. Gallimard Jeunesse, sept. 2017 

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Tristan :)))

28 Avril 2019, 15:31pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Trois sourires. Je sais, c'est beaucoup. Mais c'est à la hauteur de la joie que j'ai eu de m'avancer en lecture contemporaine, et de retrouver le bonheur de ne plus lâcher un livre. Alors oui, ce sont trois sourires contextuels, mais trois sourires quand même.

Je l'ai lu d'une traite ou presque sans avoir envie de le quitter, sans avoir envie qu'il se termine. Il m'a rappelé des univers : celui d'Abby Geni en moins hostile et son Farallon Island, un peu celui de Catherine Poulain et le choix solitaire de sa narratrice dans Le grand marin... Mais en plus lumineux, en moins désespéré quand même... Oui, c'est ça, parce que dans ce livre-là, il y a quand même, toujours, la lumière de l'espoir... 

J'ai donc beaucoup aimé cette promenade d'Ida à la rencontre naïve et inattendue, de soi... Faut-il se perdre un peu pour se trouver ou se retrouver ? En tout cas, ce cheminement d'Ida, simple, acceptant, accueillant, fait du bien. Partie sur un confetti d'île, loin, très loin, il ne restait plus qu'une place à bord, son chéri et elle ont tiré au sort, c'est tombé sur elle, alors c'est elle qui est partie... Vie aux côtés des îliens, rencontres, et une rencontre...

Superbe.

Merci à Delphine, je lui dois ce partage de coup de coeur ; merci !!

Bibliothèque de Lanvallay.

. Tristan, Clarence Boulay, éd. Sabine Wespieser, 2018.

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Le malentendu

20 Avril 2019, 14:51pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bon, bon, bon. Etre heureuse de découvrir, encore et encore, et là, le théâtre de Camus. Savoir que je n'en suis pas fan... Enfin : je dirais que je pourrais en aimer l'écriture, mais pas les idées, tant pis pour les puristes et amoureux de l'auteur.

Je trouve plus de lumière dans une tragédie d'Anouilh. Et je m'autorise à les rapprocher parce que ces deux pièces ont vu le jour exactement à la même période.

Mais bref, tentons de dire ici ce qu'il en est : 

Une mère, une fille. (Martha est jouée lors de la première représentation, par Maria Casarès, la maîtresse de Camus dans la vraie vie, donc). La mère et la fille tiennent une auberge ; on comprend à travers leurs conversations qu'elles règlent leur compte à certains clients, pour leur prendre leur argent, lorsqu'elles pensent que c'est sans danger ; elles lui font boire un thé empoisonné et ensuite s'en débarassent dans la rivière. La mère en est lasse, la fille veut continuer, parce qu'elle rêve d'ailleurs, du soleil de l'Algérie. Comme une échappatoire, enfin, à leur vie, le fils y ayant eu droit, lui ? 

Et justement, un jour, là, c'est le fils qui revient. Son frère, mais elles ne le reconnaissent pas. Lui veut les aider enfin. Elles vont mener à bien une fois de plus leur dessein sans savoir à temps que cette fois-ci... elles tueront leur fils et frère.

Ce côté inexorable que l'on voit arriver est intéressant ; cependant, je me retrouve très peu dans la noirceur humaine de Camus.

Merci à Delphine, qui m'a permis cette découverte. Mille mercis.

. Le malentendu, Albert Camus, 1944.

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Mémoires d'un fou :)

1 Avril 2019, 20:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Contrairement à ce que son titre n'indique pas, c'est présenté comme un roman, mais des mémoires tout à la fois.

Autre paradoxe, c'est le premier écrit de Flaubert, à 17 ans... Et un écrit qu'on n'imagine pas ! On aurait pu imaginer cela sous la plume d'un Baudelaire, mais pas d'un Flaubert, auteur de Madame Bovary !

A 17 ans, on a un jeune homme déjà brillant par son écriture, mais : à fond dans son siècle ! Complètement Romantique, et donc, complètement exalté, et complètement déprimé ! Ca frise donc la névrose, par moments, mais on aime... on retrouve la fougue et l'excès de la jeunesse... 

Ses expériences douloureuses du collège, son premier amour, et aussi beaucoup l'expression de son spleen, donc, en tant qu'être humain sur terre...

Etonnant, pour ce que ça nous dit de l'auteur.

. Mémoires d'un fou, Gustave Flaubert, 1838.

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La mort du roi Tsongor :)))

19 Février 2019, 21:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2002.

Splendide. Vraiment, je suis heureuse de l'avoir acheté, parce que je pense que je le relirai.

Il est fort, il est beau ce livre-là ; il a la force d'une tragédie, où le destin tire inéluctablement les êtres vers ce qu'ils ont cherché... Ou ne sont pas parvenus à éviter.

Ici, les hommes se font la guerre sans se rendre compte que l'orgueil les perd, stupidement, et que c'est leur vie, qu'ils perdent, à ne point vouloir céder ni réfléchir. 

Alors il y a Tsongor, le roi, qui quitta la terre de son père pour construire un royaume plus grand que le sien ; pendant vingt ans il combattit, jusqu'au jour où il en eut assez. Il fit son serviteur un de ses derniers hommes conquis, et ces deux-là échangent un pacte, un pacte de mort... Les années passent, le serviteur prendra la vie de son maître un jour, tel était le pacte. Et le jour arrive ; seulement, les deux hommes sont devenus amis... 

Et puis il y a sa fille, Samilia, que Tsongor promet à un riche époux. Tout va bien, nous sommes à la veille du mariage et tous sont heureux, y compris Samilia, à l'idée de cette union. Mais un voyageur solitaire surgit, sorti du passé, et il rapporte un serment d'enfance que lui et Samilia s'étaient échangés : ils se marieraient, et c'est pour acquérir de la valeur qu'il est parti sur les routes, pour mieux revenir et la mériter... 

Quel dilemne ! Que faire ? Tsongor, refusant de trancher ou pressentant la guerre, décide que le jour de sa mort est arrivé. Il laisse alors derrière lui, des hommes qui vont s'entretuer pendant des années, sans réfléchir, par orgueil, et dont le combat est absurde...

Et il y a le jeune fils de Tsongor, que celui-ci a chargé de construire sept tombeaux pour lui, et que mine de rien, en le condamnant à l'exil, il sauve de ces pêchés d'orgueil, de destruction, de haine, de guerre... 

Entre légendes et mythologies, force des paroles données, force des serments et des attachements, c'est beau, c'est très très beau...

J'ai adoré.

. La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud 2002 ; Le Livre de Poche 2018

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