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Le blog de la souris jaune

vie

L'hiver d'un égoïste et le printemps qui suivit :))

25 Novembre 2019, 22:18pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je crois que cet auteur va me devenir particulièrement cher, et que j'aime énormément ce qu'il écrit. Les histoires qu'il raconte, son style. Le détachement feint de ses personnages, leur ironie pour supporter, sa façon de tisser le passé avec les histoires qu'il raconte...

Après Le Maître des paons, donc, dont j'ai raffolé, ce livre, beaucoup plus récent. Et que j'ai encore une fois beaucoup aimé.

Des similitudes...

Le narrateur est un enseignant, Misha Miriaki, passionné par le Japon, ayant grandi dans le sud de la France et vécu au Japon. Il revient s'installer dans sa région d'origine, aux abords de Nîmes, tisse malgré sa distance, des liens avec un voisinage bigarré et attachant, enseigne et tombe amoureux, un amour douloureux...

Là encore, liens familiaux ; là encore une soeur et son frère, constitue l'entourage amoureux du narrateur... Là encore un autre homme, dans le sillage de celle dont il s'entiche.

Je vous recommande vivement cet auteur. Hâte de découvrir ses autres livres.

Médiathèque de Saint-Malo.

. L'hiver d'un égoïste et le printemps qui suivit, Jean-Pierre Milovanoff, éd. Grasset, 2012.

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De l'autre côté de l'été :))

24 Novembre 2019, 09:32am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre se dévore sans qu'on ait envie de le lâcher.

La narratrice a la cinquantaine. Cinquante-huit en réalité. Elle vit avec sa fille, odieuse jeune femme capricieuse... Son mari est pari quelques mois auparavant, un mari qu'elle avait soin de choisir pour que leur histoire ne donne rien de similaire aux histoires de sa mère... Elle déjeune régulièrement avec ses deux amies, comme un rituel désagréable... Voila pour le contexte. Un jour, au restaurant, on ne sait pas bien alors ce qui se passe dans sa tête, mais elle tombe en fascination pour un jeune homme, le serveur. Et... alors que c'est loin d'être dans sa nature... elle va l'aborder et lui demander de venir, moyennant finances passer un an chez elle. !

Je vais essayer de ne pas vous en dire plus, même si c'est évidemment tentant ! C'est bien raconté, et psychologiquement très intéressant. Il y est bien sûr question des âges de la vie, de la séduction, mais aussi je trouve du fait de se trouver un jour, quelque soit la manière, d'être soi.

J'ai dévoré ce livre trouvé par hasard dans une cabane à livres, sans connaître l'autrice.

On s'attache vraiment aux personnages qui pourraient sembler réels tant ils sont véritablement bien campés.

. De l'autre côté de l'été, Audrey Diwan, éd. Flammarion, 2009 ; Livre de Poche.

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Miss Islande :)

17 Novembre 2019, 15:13pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Evidemment, expérimenter sans hésiter le nouveau livre d'Audur Ava Olafsdotir, après le vrai bonheur de Rosa Candida (2010). C'est toujours aussi plaisant que de se plonger entre ses lignes.

On pourrait sans doute parler d'une livre "militant" que celui-là... Pour la cause des femmes, des homosexuels et des Noirs... Elle situe l'action de ce livre en 1963, en Islande.

L'héroïne est une jeune femme qui porte, parce que c'est la passion de son père, le nom d'un volcan. Son meilleur ami, comme un frère pour elle, comme une évidence, est homosexuel. Elle écrit. L'un comme l'autre semblent devoir affronter le carcan d'une société intolérante à ce qui n'est pas dans les moeurs, et rejeté. Elle raconte en disant "je", mais ce qui est troublant, c'est qu'on a jamais ses ressentis. Ainsi, ses actions, ses volontés, ses aspirations, mais pas ce qu'elle ressent. En tout cas, à travers tout cela, sourd sa détermination sans faille...

Il y a aussi la meilleure amie, dont j'ai aussi beaucoup aimé la personnalité, qui forme également la garde rapprochée, indispensable, de l'héroïne. Elle a choisi d'être mère, ses tentatives pour concilier sa part intime de soi avec le rôle qu'elle se choisit bientôt sont belles, touchantes... 

J'aime beaucoup ces personnages, et le récit qui nous en est fait.

La nature, de son côté est brute, souvent extrême, islandaise ! 

Quant au produit de la nature, lorsqu'il est destiné aux hommes, il nous l'est livré dans sa crudité, brutalement, sans filtre ni couleurs sépias.

J'ai beaucoup aimé.

. Miss Islande, Audur Ava Olafsdottir, éd. Zulma, 2019.

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Maïmaï :)

15 Novembre 2019, 09:50am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ma bibliothécaire préférée m'a dit quand elle me l'a vu entre les mains : "je l'ai lu comme un petit bonbon".

C'est vrai que ça coule, que ça se lit très légèrement, agréablement, et avec plaisir, alors même que le livre pourrait, si on le racontait de manière factuelle, être tout sauf léger. C'est assez magique de ce point de vue là, la vie se fait, coule, du point de vue d'une idylle amoureuse, et s'écoule bien différemment à partir, ou autour de cela. 

J'ai été surprise par le style, l'écriture directe et efficace. L'utilisation du présent pour la narration, dont je ne suis pas forcément fan... (Aki Shimazaki vit au Québec et écrit directement en français).

Donc Taro, trente ans, artiste, en couple avec une jeune mannequin comme lui, et sourd-muet. Rien n'est présenté comme extra-ordinaire, dans ce roman là, et là encore je trouve que c'est fortement intéressant : ainsi, de façon factuelle Taro est sourd-muet et mannequin.

Il va découvrir pans après pans, un peu de son passé, et de celui de sa mère, mais, au gré des événements...

J'ai aimé la vie telle qu'elle est donnée à voir, au Japon : les familles unies comme une évidence, les générations imbriquées, la grand-mère qui habite naturellement sous le toit du petit-fils... La vie que se vit avec chaleur. Et puis bien sûr, Taro lui-même, et son histoire d'amour qui se modifie...

On découvre une autre culture, où il est de mise d'être sûr du passé de l'amoureux, ou de l'amoureuse, pour accepter une union.....

Et je découvre que ce livre est le cinquième opus d'une pentalogie. Dingue ! Et qu’apparemment les opus se font écho, éclairent un pan ou un autre, et que tout cela constitue une oeuvre saisissante du point de vue de la construction, ce que je veux bien croire ; mais chaque livre se lit et se comprend en soi, seul, ce que je confirme avec celui-ci. J'irai donc, je pense, déguster les autres "bonbons" du paquet, de loin en loin, je pense, avec plaisir ! 

Merci à Delphine pour la découverte.

. Maïmaï, Aki Shimazaki, éd. Actes Sud, 2018.

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Le Maître des paons :)))

29 Octobre 2019, 09:45am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 1997.

Ce livre est splendide.

On pourrait presque imaginer ce livre autobiographique, livré par un narrateur, Sacha Malinoff, d'un certain âge atteint par une cécité précoce, et qui confie l'écriture de ce roman sous la dictée à une personne qu'il salue au début du livre ; le temps de la narration correspond à 1996-97. 

J'aime les circonvolutions du récit, habiles et élégantes telles celles qui entourent l'ocelle de la plume de paon.

Le récit débute alors que le narrateur était étudiant, à Montpellier, et qu'il rencontre en même temps qu'il est en cours avec un professeur très marquant et non insignifiant dans le récit (le professeur Pontécordo), Cynthia. Autour de Cynthia... il y aura son père, son frère, et cette propriété, le Mas des Paons. Dont le narrateur va nous livrer l'histoire, au fil de sa fascination, de ses recherches et de la logique de son histoire. Ah, que j'ai aimé ces entrelacs ! Rencontrer Salem, Nino, etc. J'ai aimé tout autant l'écriture, les réflexions qui l'accompagnent, le recul sur la vie, une vie qui s'est écoulée... Un amour, une trajectoire.

Le Maître des paons est donc cet homme qui ne quitte plus son domaine et peint des paons, encore, toujours... Mais pourquoi ? Quelle superbe histoire que celle-ci...

Je pense que j'achèterai un jour ce livre que j'ai emprunté, pour pouvoir le relire et le déguster une seconde fois.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le Maître des paons, Jean-Pierre Milovanoff, éd. Juliard, 1997.

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La vie secrète de Violet Grant :)

21 Octobre 2019, 10:16am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il faut sans doute imaginer un "mix" entre un roman de Maria Duenas, de Victoria Hislop et un roman de chick litt. 

Deux histoires s'entrecroisent, celle de Vivian en 1964 et celle de Violet en 1910. Je pense qu'il y a de l'incrédulité possible quant à ces deux personnages et leur époque ; l'humour de Violet est par ailleurs très piquant, très anticonformiste... Attachant, très attachant, même si cela n'aide pas à rendre crédible le personnage, et c'est, j'imagine, ce qui m'a fait penser à la chick litt. 

Cependant, on plonge quand même, et on décide de ne pas être trop tatillon sur les détails, les rouages, ce qui fait qu'on pourrait y croire...

Bon, cette Vivian fait ses armes dans un gros journal américain, Metropolitan, et reçoit un jour une valise à son domicile qui s'avère être celle.. d'une grand-tante, disparue dans la nature, depuis quelques décennies. C'est un homme magnifique, médecin, qui attend à la poste en même temps qu'elle, qui l'aide à ramener sa valise chez elle... Aussi beau que Paul Newman...

Bon, on découvre petit à petit l'histoire de Violet, cette jeune scientifique timorée, et de son Dr Grant, dans le sillage d'un certain Albert Einstein... 

Je n'en dis pas plus. 

C'est très romanesque, pas forcément très crédible, mais on prend !

. La vie secrète de Violet Grant, Beatriz Williams, 2014 (Etats-Unis) ; 2016 chez Belfond pour la traduction française.

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Les Nuits de laitue :))

3 Octobre 2019, 22:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quelle belle découverte, que ce livre ! 

C'est très plaisant, drôle, touchant, humain. Un "Tom, tout petit Tom Tom" de Barbara Constantine, en quelque sorte. En un peu plus dense ?

Nous voici dans une bourgade où l'on suit les habitants étranges, où chacun a ses petites manies. Autour de ce couple central, Otto et Ada, âgés d'environ 78 ans... On les aime vite... Et tout s'entend, dans cette bourgade ; on aime ce ronchon d'Otto qui nous raconte et voit tous ses voisins ; ils ont tous de quoi être attachants, et leurs vies s'emmèlent, pour notre plus grande joie, on le voit de chapitre en chapitre... Le pharmacien, passionné de natation et d'effets secondaires de médicaments... Le facteur, très mauvais distributeur de courrier, mais chanteur émérite... Térésa et ses trois chiens... Ah, ils sont chouettes, tout ce petit monde ! Ainsi que les liens qu'on voit entre eux. Jusqu'à ce très touchant M. tanegashi, qui a fait la guerre trente ans parce qu'on ne l'a pas démobilisé... 

Vraiment, j'adore...

Je ne vous en dis pas plus, mais c'est vraiment une lecture très plaisante !

Quant aux Nuits de la laitue... C'est touchant, encore... C'est Otto, par le biais duquel on comprend que cela signifie solitude totale et rude...

Très belle découverte.

. Les Nuits de laitue, Vanessa Barbara, édition Zulma, 2013, et traduit du Portugais (Brésil) en 2015 pour la France.

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Retour à Budapest :))

12 Septembre 2019, 12:34pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Découvert par hasard, je ne regrette pas.

C'est un roman léger parfait pour une fin d'été. Enfin, sans doute est-ce ce que j'ai ressenti après la pesanteur du Clou !

Histoire, à l'Est. Avec des retours en arrière réguliers dans le passé, amoureux, de la narratrice.

Astrid a environ 42 ans quand son fiancé du moment, Paul, journaliste radio, l'emmène sur les traces de son passé, qu'il veut connaître. Astrid à contrecoeur voient jaillir les souvenirs. Sans pathos. Dans son histoire en tout cas, un homme : Julius. Elle en est tombée amoureuse à 17 ans, et ils n'ont cessé de se trouver, de se perdre, de se retrouver... Que fait-on d'un amour comme celui-ci, lorsqu'on nous le remet dans les pattes vingt ans après ? Car, là ils vont, Paul et Astrid, ils vont tomber sur Julius et sur son frère, Sasha... 

Histoire réaliste d'un amour passé confronté au réel ; 

avec un fond historique, une toile de fond quotidienne : celle de la RDA et de la RFA, la part de liberté individuelle volée par le parti, la non-liberté de circulation à l'époque et avant la chute du mur, le rapport complexe des Allemands de l'Est à leur terre, ou à l'ouest... 

J'ai beaucoup aimé cette part du livre, aussi.

Une balade entre Allemagne et Hongrie très plaisante, digeste, légère...

Bibliothèque de Lanvallay.

. Retour à Budapest, Grégor Sander, éd. Quidam. 2014 édition originale ; traduit de l'allemand, 2019.

 

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Le clou :)

10 Septembre 2019, 11:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire.

Prenez votre souffle vous partez pour 577 pages. D'une littérature dense, extrêmement fouillée psychologiquement ; 

cela m'a fait penser à une version maléfique de l'Amie prodigieuse, d'Elena Ferrante, tant par son propos que par sa densité. Ce n'est pas la même culture, bien entendu, mais je trouve qu'il y a de cela, dans la façon d'écrire au plus près et même au-dedans des protagonistes. Diffile d'en dire beaucoup, je pense que l'écriture, ce flot de mots pour dire deux enfants et leur destinée en Chine contemporaine compte beaucoup. Même si je dois avouer que si j'ai abordé et lu ce livre tranquillement et avec gourmandise pendant les 200 premières pages, j'ai été saisie, mortifiée, presque violentée par ce qui fait que le roman porte ce titre... Il me suffit juste de vous dire que cela ne peut être en rien ce que l'on pense, et que c'est bien pire que tout... Donc, l'histoire c'est ça, l'histoire de deux enfants qui furent proches et qui se retrouvent à 30 ans, autour d'un traumatisme et même de multiples traumatismes familiaux, en cascade, entremêlés, et quelque part, c'est c'est entrelac complexe qui est intéressant.

Sinon, la nature des individus tels que décrits par l'auteure a de quoi heurter, ou rebuter : en tout cas, ils sont avec toute leur noirceur, toutes leurs pulsions, toute leur simplicité aussi, on ne cherche à rien nous cacher, à ne rien enrober. Vision de l'humain désabusée, ou extrêmement marquée par la désespérance. Vision sans concession.

Je pense que c'est une oeuvre riche, une oeuvre littéraire.

Merci à Franck pour son cadeau et pour sa découverte audacieuse.

. Le clou, Zhang YUERAN, éditions Zulma, 2016 ; traduit du chinois en 2019.

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L'or du bout du monde :))

29 Août 2019, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre. Certes, parfois, je me suis laissé perdre dans les entrelacs familiaux du passé, mais cela n'a pas gêné ma lecture.

Ainsi, l'auteur nous entraîne dans la première moitié du XIXe siècle, en Australie. En lien avec la Cornouailles, et la quête de l'or, aux alentours de 1850, qui tourna la tête de beaucoup... Plusieurs histoires se croisent, et on s'attache à toutes. Sur fond d'attachement à une grand-mère du passé, que l'on rencontre et qu'on aime au début du roman...

Il y a Jessie, la jeune fille qui décide d'aller enseigner en plein bush, et dont le chemin se forge, forte de cette décision ; entre le pasteur austère et la gouvernante prévenante... La famille, les deux frères, l'un en Cornouailles, l'autre à Sydney, leurs retrouvailles, et ce qui en naît ; le couple qui part créer leur foyer, leur ferme, et qui rencontre une jeune aborigène, qu'elle décide de prendre sous son aile... Aborigène marquée par la vie, et l'époque : le racisme, le mépris pour ces peuples sont largement donnés à voir aussi, le destin de Kumali à laquelle on s'est attachée tellement poignant... (pour ne pas vous en dire plus)...

Avec l'histoire d'une montre, d'une belle montre en or, qui relie le passé au présent, Tahiti et l'Australie...

Vraiment une très agréable lecture, un roman dans lequel on a plaisir à se plonger, plaisir que je dois à Delph, mille mercis, grande réussite !!

. L'or du bout du monde, Tamara Mc Kinley, 2015.

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