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Le blog de la souris jaune

vie

Après la pluie

1 Mars 2021, 10:42am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Livre trouvé par hasard. Je me suis laissé tenter par le titre, la couverture évidemment, et l'histoire, qui change, et dépaysante puisque propre à l'Inde... Je ne suis pas conquise.

C'est une double confession, ou une double narration, par le biais de Jiji, la fille, et Baba, le père, anatomiste, dont on lit par bribes le journal avant sa mort. Et justement : je l'ai trouvé très/trop plombé, ce Baba, ce journal, et franchement j'ai essayé de le lire en diagonale... En réalité, si je n'avais eu que les mots de Jiji cela m'aurait convenu, je pense d'ailleurs que c'est pour cela que j'ai lu intégralement ce livre. N'empêche : le rythme est lent, très lent, d'une lenteur que je n'ai pas aimée pour ce livre. Par contre, cela m'a intéressé de lire l'histoire d'une femme, de femmes dont on imagine sans peine qu'il peut être complexe de revendiquer une liberté totale, sous la coupe masculine... Intéressant de voir les différentes "origines" en Inde, et qui changent du tout au tout d'après leur propre point de vue... Cette Jiji qui a tant de mal à vivre sa vie de femme sans qu'on ne tente de l'en empêcher (conduire, apprendre à conduire, prendre un amant alors même qu'elle est veuve...)... Ces empêchements familiaux, c'est l'aspect du livre qui m'a le plus intéressé. Mais le livre est sombre pour moi, trop de par la souffrance du corps et la menace de la mort pour que j'aie envie de le prêter ou de le garder dans ma bibliothèque je crois !

. Après la pluie, Shashi Deshpande, Inde 2004 ; traduction française 2009 ; 2014 Livre de Poche (Picquier Poche).

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Villa des femmes :)

14 Février 2021, 18:23pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Immersion libanaise. Racontée par le chauffeur d'une famille habitant une villa à Beyrouth. Années 1973-1979. Une vie légère, insouciante ou faite des tracas relatifs à la vie, et soudain ces tracas qui disparaissent parce qu'autre chose prend toute la place : la guerre. Les tirs, tout près, une guerre qui appartient à d'autres mais qui font s'interroger sur : est-ce qu'on reste ou est-ce qu'il n'est pas prudent de partir ? Et puis la famille reste. La famille, un couple, et le père décédé, qui gérait les affaires, il reste la femme, la soeur de l'homme de famille une rivalité terrible entre les deux femmes. Que va t-elle devenir, cette rivalité ? Comment la vie va t-elle suivre son cours ? Et puis il y a les enfants. Le fils aîné qui dilapide la fortune, l'autre fils parti voyager et la belle Karine... 

J'ai beaucoup aimé le regard de ce chauffeur, la voix de celui-ci racontant la vie, sa vie avec cette famille, car cette famille c'est sa vie... Sa voix et sa présence sur le perron de la villa. Les paysages, aussi, les odeurs et les saveurs d'ailleurs, les orangers et la lavande...

J'ai beaucoup aimé.

. Villa des femmes, Charif Majdalani, éditions du Seuil, 2015.

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Le secret de la manufacture de chaussettes inusables :)))

10 Février 2021, 21:02pm

Publié par LaSourisJOne

Roman. 

Rien à faire, j'aime décidément les livres de cette auteure : le premier, Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates m'avait déjà totalement conquise. Idem pour celui-ci, dont je viens de dévorer les 650 pages. 

L'histoire lente, digeste, absolument savoureuse, d'une famille. Une famille en Virginie occidentale, dans une toute petite ville où tout le monde se connaît. Deux points de vue : celui de Jottie, l'une des tantes, et surtout celui de Willa, enfant, 12 ans. Enfant mûre, réfléchie... Un été de 1938. Alors que la maison de famille, qui accueille des pensionnaires, accueille pour lors une jeune femme, Melle Beck, expédiée là par son père, le patriarche sénateur, pour lui apprendre ce qu'est le travail parce qu'elle n'a pas voulu épouser l'homme de son choix. Bref : ici l'incendie de l'entreprise locale La Manufacture des chaussettes Inusables en 1920 a laissé ses traces profondes, indélébiles... Les relations familiales se donnent à voir, profondes, entières, parfois douloureuses sur fond de traumatisme, et les personnalités vont s'éclairer, se révéler, notamment celle du frère, le père de Willa (et de Bird, 9 ans), Félix... Bref, tout cela est tout à fait savoureux, ça se déguste avec plaisir, d'autant que l'écriture est enjouée, gaie, et n'hésite pas à nous narrer quelques faits via des lettres que certains protagonistes s'envoient. Bref, quel plaisir total de lecture !

Ca fait du bien...

Heureusement, il va maintenant être dans ma bibliothèque, puisque c'est encore une miraculeuse bouquinerie qui l'a mis sur mon chemin :)

. Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows, 2015. (10/18).

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Le pain des rêves :))

24 Janvier 2021, 12:12pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

De cet auteur, j'avais déjà lu et apprécié la Maison du Peuple. J'ai aimé celui-ci, l'arpenter lentement, me couler dans ces souvenirs d'une enfance d'antan... L'écriture est belle, fouillée, les descriptions ne manquent pas pour faire naître les images, j'ai pensé aux auteurs du XIXe en le lisant...

C'est le récit d'un narrateur qui nous raconte quelques années de son enfance, probablement lorsqu'il avait 11 et 12 ans. Une enfance pauvre, très pauvre. La famille vit dans une ancienne écurie : le grand-père, la mère, les enfants... Avant d'être hébergés dans un logement de la ville et d'y voir un paradis... J'ai aimé le regard de l'enfant sur tout cela ; un regard imprégné de valeurs non de dénigrement ; et puis oui, les rêves de l'enfant, d'une enfance, qui transcendent le quotidien, ou plutôt l'accompagnent, l'éclairent... des rêves avec un point de départ vécu ou fantasmé, comme les albums photos de la famille, et la mère égrène en les leur montrant des bribes de vies d'ailleurs, de cousins, cousines, et l'enfant rêve à des mondes merveilleux parce qu'ils sont loin de son coeur de vie... 

Ainsi, la Cousine Zabelle avec tous ses excès débarque bientôt, de Toulon, et pendant toute la seconde partie du récit l'histoire est liée à cette cousine Zabelle, autres moeurs autres valeurs... 

Vraiment beaucoup aimé.

. Le pain des rêves, Louis Guilloux, 1942. (Folio)

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La solitude des nombres premiers :))

4 Janvier 2021, 18:18pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre-là, dès le début, dès les premières pages. J'avais envie de retrouver les personnages, de continuer à les côtoyer sans que le livre se termine. Il m'a un peu fait penser à "l'étrangeté" d'un Pour vous, de Dominique Maynard, que j'avais aussi beaucoup aimé, ou encore à un Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro. 

C'est un livre qui ne se laisse pas saisir, qui me semble à ce titre ressembler à la vie imprévisible... Les personnages sont imprévisibles et même ce qui leur arrive ne manque pas de nous surprendre ; c'est comme si une option pouvait être choisie à chaque instant et que tout découlait de cet instant, un instant, et ça change tout... 

J'ai aimé le point de départ, fort, pour chacun des deux protagonistes ; de là, tout découle, bien sûr, mais rien de si évident qu'on aurait pu prévoir... Donc : elle : marquée par un épisode désagréable puis tragique aux sports d'hiver : sa vie marquée par ce traumatisme. Comme Matthia, un traumatisme encore, mais différent : pour lui c'est la perte de sa soeur jumelle... Ca parle de tout ce que l'on s'inflige, face à un traumatisme, ou pour vivre quand même, avec un traumatisme. 

Il y a la souffrance, bien sûr, et la solitude de ces deux-là ; plutôt la façon dont ils vivent, coûte que coûte... Quelle extraordinaire force de vie, c'est ce qui m'a marqué je crois essentiellement dans ce roman, finalement ! Le roman est fort, non conformiste, non attendu ; c'est véritablement une très belle découverte pour moi, et je suis bien contente de l'avoir acheté, par hasard, chez un de mes bouquinistes à Bécherel !

. La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, 2008 ; traduit de l'italien, le Seuil, 2009. 

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La pluie, avant qu'elle tombe :(

31 Décembre 2020, 11:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Mince ! Ce livre-là était prometteur. Plume de Jonathan Coe, déjà ; l'histoire, aussi, qui me donnait envie de découvrir les protagonistes... Et puis, ce livre avec lequel j'avais pas si mal commencé, il a fini par m'ennuyer, m'agacer, je l'ai de moins en moins aimé... Grrrr ! J'ai failli l'abandonner à 20 pages de la fin.

Le principe, déjà : il faut que je me rappelle, je pense, que je n'aime pas du tout cela. Une histoire qui naît à partir de photos qu'on nous raconte ! Je crois que ça m'ennuie profondément, et que je n'en aime pas le rythme. En outre, je trouve qu'on s'emmèle vraiment les pinceaux entre les différentes époques, entre les divers personnages de l'histoire, les strates de temps... Et puis je l'ai trouvé tellement triste, et cruel avec l'enfance... Bref.

Trois femmes (Gill et ses deux filles) vont écouter les enregistrements sonores de leur (tiens, voila que je ne sais déjà plus...) tante (pour Gill), décédée des suites d'une longue maladie. Celle-ci a raconté à l'attention d'Imogen, jeune fille aveugle (l'histoire nous racontera qui est cette Imogen et pourquoi elle est aveugle...) son histoire, l'histoire de ses origines à cette fillette. A partir de photos qu'elle lui raconte, une vingtaine de photos. Si bien qu'il y a des trous dans l'histoire, ou les histoires, qu'on perd le fil, enfin bref... 

Point de départ de cette histoire, quand même, un point tout à fait passionnant de l'histoire anglaise : dans les années 40, lorsque les familles se séparaient de leurs enfants, les envoyant à la campagne pour les protéger des bombardements des villes... Des douleurs, des souvenirs, des attachements aussi. Bref, la narratrice est envoyé à la campagne chez une famille éloignée et elle va nouer des liens de dépendance forte à l'égard de Béatrix, sa cousine... Liens qui conditionneront tout le reste de sa vie.

La personnalité de Béatrix, si centrale et qu'on comprend si peu finalement puisqu'elle nous est donnée à voir en focalisation extérieure est assez incompréhensible, et quand même un peu répulsive... A moins que c'est faute d'amour de sa propre mère ? Bon, bref, vraiment pas convaincue par ce livre-là, vous l'aurez compris... Quelqu'un l'a lu ?

Médiathèque de Saint-Malo.

. La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan Coe, Gallimard, 2007.

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En route pour Compostelle :)

17 Décembre 2020, 21:37pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Finir un livre contemporain est toujours un exploit pour moi en cette époque, je le vois, un miracle fragile, dont je me réjouis quand il arrive. Aussi, ce livre-là doit bien receler quelques pépites ! Léger, certes. Mais pas que. Plaisant. Pas ennuyeux. C'est déjà pas mal ! 

Cinq amies, de longue date, qui se réunissent tous les premiers mardis du mois au restaurant, à Cologne. L'une d'elles perd son mari, et décide de suivre sa trace en pélérinage vers Compostelle. Ses amies, coûte que coûte, décident de l'accompagner, malgré leurs contraintes, leur personnalité aux antipodes du défi...

Et évidemment, toutes apprendront plus que ce qu'elles pensaient apprendre en partant, sur elles, mais encore sur les autres, sur leurs amies, sur ce qu'elles croyaient savoir... 

J'ai aimé. Le suspense est assez bien tenu, et nous tient en haleine, notamment autour de la vie d'Arne, le mari défunt... 

Plaisante lecture !

Médiathèque de Saint-Malo.

. En route vers Compostelle, Monika Peetz, 2010 ; Presses de la Cité, traduit de l'Allemand en 2014.

 

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Les amants de la terre sauvage :))

20 Novembre 2020, 13:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce roman m'a convenu parfaitement, idéalement : il m'a propulsée en Afrique, et aussi un peu en Australie, nous plonge au coeur d'un lodge africain et au sein du tournage d'un film... Parfait pour s'éloigner et être ailleurs. En outre, j'avais déjà lu et beaucoup aimé de cette auteure La Lionne, ce fut déjà un grand plaisir de lecture, que demander de plus ?

Mara a épousé un jeune Anglais, organisateur de safari et chasseur en Afrique (elle n'en a pas choisi la fonction...) ; elle vit avec lui au coeur de la brousse, et aime sa vie. Leur lodge rencontre cependant des difficultés financières, il s'est passé quelque chose qui a éloigné les deux Amoureux, et un jour... une opportunité, chez eux, alors que son mari est absent : un tournage... Des Américains, qui peuplent le lieu de vie de Mara pendant quinze jours. Entre jours de tournage et partages, dans un milieu hostile (les animaux sauvages), et... 

Je n'en dis pas plus. Mais cette lecture me fut très plaisante !

J'ai regretté de devoir quitter la Tanzanie et la Tasmanie...

. Les amants de la terre sauvage, Katherine Scholes, Pocket, 2009. 

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La dernière fugitive :)))

11 Novembre 2020, 22:08pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un livre au rythme lent, encore une fois, que j'ai aimé lire et de plus en plus au fur et à mesure que j'avançais dans sa lecture. Un livre que j'avais envie de finir tout en ayant envie qu'il ne finisse jamais, pour rester dans cette atmosphère de 1850 dans l'Ohio, avec ces personnages si attachants. C'est le second livre que je lis de cette auteure, après Prodigieuses créatures que j'avais également beaucoup aimé. 

Avec celui-ci, nous suivons une jeune femme, Honor, quaker, en 1850. Appartenant à cette communauté, un certain nombre de règles lui sont imposées : ne pas mentir, pas de vêtements voyants, pas d'alcool, piété religieuse... Cette jeune femme, abandonnée par son fiancé en Angleterre, décide alors de suivre sa soeur de l'autre côté de l'Atlantique, Grâce, qui a projeté de s'y marier. Seulement... Après une traversée longue et nauséeuse pour la discrète Honor... les choses ne se passeront pas comme prévu, à commencer par un drame, la perte de sa soeur... Comment, vers quoi diriger sa vie alors, dans ce pays inconnu ? On va la suivre pas à pas, elle qui, doucement, humaine, n'entend pas renoncer à ce en quoi elle croit... Notamment sa croyance que tous les êtres sont égaux et que donc, aucun ne peuvent être asservis par d'autres. L'esclavage, et la fuite des esclaves vers le nord, vers le Canada pour trouver la Liberté, est au coeur de ce livre. Les habitants de l'Ohio sont bel et bien obligés de décider s'ils veulent aider ou ne rien faire... Il y aussi cette sourde, fascinante attirance pour Donovan, lui qui incarne le mal, mais pas si simple... Il est dépeint comme pouvant changer... 

La sensibilité de ce récit, l'arrière-plan abolitionniste révélateur d'une partie de l'Histoire des Etats-Unis, les lettres écrites par Honor à sa famille, l'ensemble donne un récit qui avance lentement mais puissant. J'ai vraiment beaucoup aimé.

Acheté chez un bouquiniste en juin dernier. Grand bien m'en prît !

. La dernière fugitive, Tracy Chevalier, éd. Quai Voltaire, 2013. 

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Le Diable à quatre :))

25 Août 2020, 08:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est une surprenante découverte que celle-ci. Un préjugé levé, aussi, quand à ce que j'imaginais ou connaissait de Pierre-Jakez Hélias ! 

C'est un roman puissant, autour d'un personnage féminin fort, qui n'a pas été sans me rappeler La Chaise numéro 14, de Fabienne Juhel, sans doute pour ce personnage, justement. Même si l'histoire et le contexte n'ont rien à voir, et également aussi, un peu, la voix, la narration d'une Carole Martinez...

C'est pour cela, je dois dire que j'ai été déconcertée par cette découverte.

C'est donc l'histoire de Gloria, qu'on rencontre très très jeune, toute petite, nouvelle née, orpheline... qui ne manque pas d'amour, de sa grand-mère, notamment... dont la personnalité forte déjà, d'une combattante simple, pugnace avec les choses qui l'entourent est peut-être une petite part de ce qui est transmis à cette Gloria "La Grande"... Ce serait dommage de vous en dire plus, ou beaucoup plus, vraiment...

Cependant, dire ici le récit en trois temps : le présent, les personnages en présence ; la narration du passé, y compris par le biais d'un témoignage transmis par Gloria, autour d'une rencontre qui va marquer tant de vies ; et puis, et puis... après, après...

C'est vraiment très habilement mené. On aime l'indépendance farouche et touchante de ce personnage solitaire... Et aussi les adjuvants de sa vie, Jean-Louis, l'ami fidèle Célestin....

Une très très belle découverte et un grand plaisir de lecture.

. Le Diable à quatre, Pierre-Jakez Hélias, Editions de Fallois, 1993.

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