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Le blog de la souris jaune

russie

Oublier Klara :))

24 Octobre 2022, 08:26am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais entendu parler de ce livre-là, en bien je crois, sans le chercher il m'intriguait, je voulais le regarder de plus près lorsque je tomberais dessus. J'ai fait plus que le regarder de plus près, je l'ai lu et j'ai été aspirée par cette histoire. Rien n'est rose dans ce livre-là, rien ne nous est épargné. Entre destins individuels malmenés par la vie ou destins collectifs malmenés par l'Histoire et la vie, rien, rien, ne nous est épargné. Parfois c'est insoutenable. Pourtant, la structure du livre sans doute nous tient, en arabesques qui nous révèlent pas à pas les pans de l'histoire et quelques explications... 

On peut regretter qu'il n'y ait pas plus de douceur dans ce livre-là... Cependant, il se tient avec force et puissance, dans un contexte loin d'être rose : l'URSS, l'après-guerre, le communisme, le règne de Staline et le Goulag... Les dénonciations pour un oui ou pour un non qui font chanceler un destin... Des vies qui ne peuvent s'appartenir.

Et puis un personnage qui se construit dans son homosexualité, extrêmement martyrisée...

Les êtres se sont construits comme ils ont pu, à partir des carences, des arrachements d'une mère... Parce qu'il faut continuer à avancer...

En quelques mots, c'est donc Youri, le petit-fils de Klara, qui a choisi adulte de vivre loin de ses racines, aux Etats-Unis va être confronté aux creux de son passé, et de sa famille, alors que son père, l'ignoble père violent Rubin est sur son lit d'hôpital à Mourmansk, au nord du cercle polaire, sur le point de mourir... L'enquête commence pour Youri, sur les traces d'une grand-mère disparue et d'une époque qui écrase les êtres... 

J'ai aimé la lumière que nous apporte pourtant non les certitudes du roman mais la presque divagation du père sur son lit d'hôpital, qui livre à son fils sans pouvoir pourtant le savoir des bribes de sa mère qui paraissent nous donner l'espoir d'une femme qui aurait survécu...

. Oublier Klara, Isabelle Autissier, éditions Stock, 2019

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Michel Strogoff

6 Décembre 2020, 10:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Encore une fois les romans contemporains ont fini par me tomber des mains, alors je me suis réfugiée chez Jules Verne. Celui-ci ne sera pas mon préféré ! Il faut aimer beaucoup - et s'y connaître ! - la Russie, et s'intéresser aux faits de guerre, pour ce livre-là, me suis-je dit... Je détesterais dire que c'est un travers de Jules Verne (car comment aller dans le sens de l'appauvrissement !) mais encore une fois, ce livre-là m'a noyée dans les détails de la Russie (descriptions de villes, de moeurs, de costumes...). Il faut aimer. C'est une découverte ! Ce livre-là est quand même aussi souvent le livre des désolations ! Autrement dit, ce n'est guère une partie de plaisir que de traverser la Russie en direction d'Irkoutsk, coûte que coûte, pour un personnage seul en mission, Michel Strogoff, en pleine invasion des tartares ! 

Courrier du tsar (csar), il est mandaté pour aller délivrer une lettre au frère du tsar, le grand-duc, à Irkoutsk... Le vaillant Michel Strogoff compte bien s'acquitter de sa mission coûte que coûte. Sans trop révéler sa couverture. Il va affronter le froid, la faim, les tartares, marcher à pied, courir à cheval, etc, etc... Ignorer sa mère, qu'il aime tant, pour ne pas révéler sa couverture... Subir humiliation et souffrance physique... Ha, on ne rigole pas, avec ce livre-là... Heureusement que les deux journalistes (Alcide, le français), et Harry (l'Anglais), apportent leur touche de légèreté, d'humour - souvent chez Jules Verne on a ainsi des personnages légers qui nous font rire - et qu'il y a Nadia...

Heureuse d'avoir lu ce texte important de la culture française. 

. Michel Strogoff, Jules Verne, 1876.

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Le wagon plombé, 'Le voyage en Russie' :))

17 Décembre 2017, 17:49pm

Publié par LaSourisJOne

Essais.

Trois récits courts, autour de l'âme russe. Le premier 'Le wagon plombé', revient sous l'oeil de Zweig par le départ de Suisse de Lénine, en train, au moment de la révolution russe, et analyse ce fait que sans ce train, la face du monde en eût été changée.

Le Voyage en Russie : savoureux. Avec son superbe sens de l'observation, et de la description, il nous fait franchir la frontière et nous fait pénétrer dans le pays si vaste où le temps et l'espace n'ont plus la même valeur... Nous fait visiter Moscou, mais aussi Saint-Pétersbourg, l'énorme musée de l'Ermitage. Et toucher du doigt que, sans l'âme russe, et l'efficacité de quelques directeurs de musées aux moments les plus rudes, sans le communisme aussi, les plus grands tableaux du monde ne se seraient pas retrouvés à disposition de tous, dans ce lieu qu'est l'Ermitage. Et découvrir qu'il compte tant d'oeuvres de nos plus grands artistes ! Au moins n'ont-ils pas été pour le profit d'un seul :)

Enfin, c'est à Maxime Gorki qu'il consacre son troisième récit. A qui il semble vouer une admiration sans bornes. Mettant en regard son travail de poète et les affres de sa vie, cet homme d'une extraction trop simple, qui voulut mettre fin à ses jours, se rata, et écrivit ensuite, tout en apprivoisant la souffrance. C'est tout à la fois un hymne au courage quotidien du peuple russe qui savent affronter la rudesse de chaque jour qu'il rend hommage.

Comme d'habitude, Zweig éveille, et avec talent.

Merci à Marie-France de m'avoir mis entre les mains un Zweig que je n'avais pas encore lu (et comme j'ai beaucoup de chance, un autre d'aileurs, merci Delph,), m'attend bientôt...

. Le wagon plombé suivi du Voyage en Russie, Stefan Zweig, éd. Payot, classiques ; 2017. 

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