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Le blog de la souris jaune

roman

La femme au carnet rouge

10 Août 2014, 19:41pm

Publié par LaSourisJOne

La femme au carnet rouge

Que dire de ce livre-là ? Il a de cette irréalité, de cet état de suspension qu'ont les contes de fée moderne à la Foenkinos ou à la Van Cauweleart, il scrute la possibilité d'une rencontre et la pare de tous ses joyaux 'romanesques'. C'est plaisant, mais... Je n'en garderai pas un souvenir impérissable. Donc Laure est une jeune femme qu'on rencontre dès le début du livre au moment où elle se fait sauvagement voler son sac... Dénudée soudain (j'aime assez l'impression retraduite ici, suite à ce vol, même si elle est un peu extrême), elle ne trouve pour s'héberger que le solution de l'hôtel en face de chez elle, dont elle n'a plus les clés, puis sombre dans le coma, suite à sa chute violente lors de l'agression. C'est un libraire, Laurent, dont la librairie s'appelle 'Le Cahier rouge', qui va retrouver son sac. Et mener une enquête, jusqu'à retrouver la trace de cette femme, dont il lira le carnet (privé) ; il ira même jusquà trouver son adresse et par un concours de circonstances, se voir confier la responsabilité de garder son chat, tout en ne se privant pas de tout regarder chez cette jeune femme. Y compris d'effacer un message sur le répondeur alors qu'il lui était pourtant destinée. Je n'aime pas du tout ces passages de roman où l'intrusion est telle ; je me souviens avoir ressenti la même gêne avec 'Camarades de Classe' de Daenincks ; utiliser la confiance d'un tiers pour la berner pour satisfaire ses propres besoins me met toujours mal à l'aise dans les romans. Même si, comme ici, c'est au service de l'intrigue... D'autant que la jeune femme, sortant de son coma, intriguée par son bienfaiteur, qui avoue s'étonner que quelqu'un ait pu faire tout ça pour lui rendre son sac et la retrouver, et dont on apprend qu'elle a toujours gardé une grande part d'intimité avec ses anciens compagnons ne va pas du tout s'offenser de cette intrusion véritable dans son intimité, son quotidien, son appartement... Au service de l'intrigue, qui devait être romanesque, donc. Je me semble un peu sévère, mais... je crois pourtant que je l'oublierai vite ce livre-là, même si la lecture en fut agréable !

Merci toutefois à Delphine, pour sa chaude recommandation de celui-ci. :)

. La femme au carnet rouge, Antoine Laurain, éd. Flammarion, 2014.

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Je ne retrouve personne

9 Août 2014, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Je ne retrouve personne

Le postulat de départ est assez classique : Aurélien, la trentaine, parisien, écrivain, retourne dans sa Normandie d'origine le temps de mettre en vente la maison de ses parents, qui se sont exilés à Nice. Et évidemment, arrive la remontée des souvenirs. Cela dit, le style est enlevé, les propos justes, sans 'gras', sans superflu ; la lecture est agréable.

Quant on se tourne vers le passé, qu'on accepte de regarder de près ce qu'on a laissé en plan des années, voire des décennies pour se construire adulte, se réagence, nécessairement. Le temps a passé, et la compréhension des êtres qu'on croyait connaître se peaufine. L'épreuve de la solitude que le narrateur accueille comme une lourde nécessité, contraint à ça. Un bilan passager, à cet instant de vie. Finalement, le personnage principal ne va pas forcément faire beaucoup bouger ses rapports à sa famille (ses parents et leurs préjugés, son grand frère tyranique), davantage son appréhension du monde d'adolescent, ses 'amis', ou fréquentations de l'époque, qu'il avait sans doute approché parce que tout les opposait, et que ces différences (de milieu social plus bas) l'attirait. L'un d'entre eux le touchait malgré lui, après l'avoir exclu et fait souffrir, ce Benoît dont il va s'inspirer comme personnage de roman... Jusqu'à ce qu'il apprenne la part manquante, sur ce garçon, qu'il ne savait pas...

La solitude lui permet aussi de prendre conscience de ses fuites, de ses croyances, et peut-être de cette errreur : Junon l'a quittée parce qu'elle voulait un enfant, et qu'il n'en voulait pas... Cet enfant, elle l'a fait sans lui, et lui, contre toute attente, découvre à quel point il est attaché à cette enfant, qu'il a pourtant choisi de ne pas garder dans sa vie...

On laisse le personnage en cours d'évolution, avec des pistes de réflexion...

Merci à Ronan pour ce cadeau. :)

. Je ne retrouve personne, Arnaud Cathrine, éd. Verticales, août 2013.

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Nebraska song :)

4 Août 2014, 21:45pm

Publié par LaSourisJOne

Nebraska song :)

Voici un roman qui m'a donné beaucoup de plaisir de lecture. Accrochée jusqu'au bout. Nous lisons en parallèle la vie d'une jeune femme, et puis sa vie, 27 ans plus tard... Sans qu'on n'en sache rien au départ. Même si on sait qu'il s'est passé une cassure, un choix, qui nous est revélé petit à petit, chapitre après chapitre. La jeune fille, Judith, vit un amour de jeunesse avant de partir en fac avec Willy, beau jeune homme charpentier. Un bel amour. Lui ne se remet jamais d'elle. Elle, en fac, fait sa vie avec un type plus conventionnel. En a un enfant. Et lorsqu'un jour, elle se demande si son mari la trompe, son univers chancelle, les migraines arrivent, et elle recherche son ancien amour... Qui, loin de là, toujours au Nebraska, l'Etat où elle a grandi, ne l'a pas oubliée. Elle le rejoint dans un endroit qu'il a construit en pensant à elle, même s'il a épousé sa meilleure amie, et eu deux enfants d'elle... Leurs retrouvailles sont belles, saisissantes, touchantes. Il est malade. Les personnages sont dignes, vraiment touchants. Beaucoup de surprises, dans ce roman, qui ne se laisse pas deviner. Qu'est-ce qui fait que l'on fait un choix de vie, plutôt qu'un autre ? Alors même qu'une autre voie nous bouleverse ? C'est un très beau roman d'amour, et de chemin de vie, que celui-ci.

. Nebraska Song, Tom McNeal, éd. Pocket. 2011, et 2012 en France.

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Comme les amours

20 Juillet 2014, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

Comme les amours

Bon, c'est dense. Espagnol. Absolument cérébral. Ca valait le coup de la lecture, parce que c'est intelligent, mais vraiment, vraiment, faut avoir de l'appétit ! Le rythme est extrêmement lent, les phrases très longues, tous les éléments de la narration passés au crible, au scalpel, rien n'est laissé sans analyse... Ouaou. On n'est pas mécontents d'avoir fini.

Alors ça parle de quoi ? Ca commence super bien, on se dit qu'on va le dévorer vite... Une jeune femme, Maria, a l'habitude avant son travail dans une maison d'édition le matin de se rendre dans une petite cafétéria prendre un café ; et tous les jours, elle y croise un couple, qu'elle admire, qu'elle adule, tant il respire la complicité, tant il est beau... Et puis un jour, le couple ne vient plus. Elle met quelques semaines à apprendre qu'en fait, l'homme a été sauvagement assassiné. Elle découvre un article de journal à postériori où sa mort est évoquée, avec une photo sanglante. Touchée, elle entre dans la vie de la femme, brièvement, mais le temps de recontrer le meilleur ami du couple... Et c'est là qu'un second roman dans le roman commence. Elle se prend de passion pour celui-ci, mais elle sait que leur histoire est sans lendemains. Elle le sait épris de l'épouse, et un jour, subrepticement, elle découvre, oh, terreur, qu'il a fait assassiner son meilleur ami... Suivent alors les questions, les interrogations, les réponses à ce propos... Responsabilité, déresponsabilité sont au coeur du récit. Ainsi qu'une vision pragmatique et noire de tous les rouages relationnels : les relations ne sont que nécessités... Belle allégorie de la disparition, puis de la réapparition, autour du Colonel Chabert de Balzac au coeur de ce livre, qui interroge, comme ce livre, sur la mort qu'il faut laisser à sa place : une fois mort, on ne peut plus réapparaître, car quelque soit la durée du deuil, on n'a plus de place ! Et puis on découvre aussi que le titre du livre découle des Trois mousquetaires, et de la qualification de Milady, condamnée à mort par Athos, "belle comme les amours"... C'est complexe, c'est dense, je n'aime pas forcément sa vision des choses, mais c'est plutôt fin. Sans doute un grand auteur, que je ne connaissais pas.

. Comme les amours, Javier Marias, éd. Gallimard, août 2013.

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Pierre et Jean

17 Juin 2014, 14:42pm

Publié par LaSourisJOne

Pierre et Jean

Depuis le temps que j'entendais parler de ce 'Pierre et Jean'. Même dans La dernière Grande Librairie avant l'été, c'était un des livres recommandé pour ses lectures d'été. Alors, ça y est, j'ai comblé ma lacune !

Alors il s'agit de deux frères, aussi différents qu'il est possible. Jusqu'à leur aspect physique, puisque Jean est aussi blond que Pierre est brun... Deux frères, dont j'avais toujours entendu dire qu'ils s'aimaient et qu'un héritage vient déchirer. Mais il n'en est rien ! Ces deux-là ne s'aiment pas, et n'ont aucune sympathie dès le départ l'un pour l'autre ! Puis l'héritage... Eh bien non, ce n'est pas l'héritage, qui fait tout chambouler ; c'est plutôt la faiblesse de la mère qui n'assume rien ! Elle est détestable de faiblesse, et on a bien du mal à la comprendre à et l'aimer. Oh, pauvre chérie qui n'a pas de chance et qui a épousé un sot ! Oh, elle ne put que tromper son mari. Et c'est elle, qui se confie à Jean, mais n'ose rien dire à Pierre (son fils et celui du mari), qui se ronge de douleur, et qu'elle laisse se ronger de douleur, et de doute... C'est lui qui finit par trouver par sa solution et partir.

Evidemment, c'est du Maupassant, alors forcément, l'écriture, les tableaux qu'il fait naître sous sa plume sont savoureux... Savoureux de vieillerie, de ruralité, d'un autre temps. Je n'ai pas aimé du tout ces personnages, les codes bourgeois qui constituent leur univers ; cela dit, j'imagine que cela constitue un témoignage historique et littéraire d'une certaine époque !

. Pierre et Jean, Guy de Maupassant, Le Livre de Poche. 1887.

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La lettre à Helga

3 Juin 2014, 15:15pm

Publié par LaSourisJOne

La lettre à Helga

La force de la nature, et de la terre : c'est ce que je retiens de ce que je connais de la littérature nordique. Ici, encore. Il y a les forces à l'état brut, et l'on n'a pas oublié que l'homme n'est qu'une petite parcelle dans un grand tout. Mais bref. Ici, c'est donc la lettre d'un vieillard, 90 ans, à Helga. Une femme pour laquelle il a ressenti un puissant appel sexuel, sensuel, chtonien... Il écrit à cette femme, et son récit ne manque pas d'humour, de sincérité ; il lui écrit combien elle a marqué sa vie, tant par sa présence distante que dans l'absence, véritablement - et bien que marié - obsédé par elle, par ses formes pleines surtout. C'est en cela que c'est un récit du corps, bien plus que de l'esprit. L'amour ici est une puissante vague bien plus qu'un état d'âme. A ses aveux, il mèle ses souvenirs de fermier d'Islande, mais aussi de nombreuses références littéraires, orales ou écrites, et l'on découvre une terre où l'écrit, le récit, fait partie d'un quotidien (il est vrai que l'écriveur se souvient d'une époque aux alentours de 1945)... Il est aussi un formidable plaidoyer pour le respect de soi : au nom de l'amour, ou du désir, on ne peut renoncer à soi et à ses valeurs... Et c'est ce qu'il explique également longuement à Helga, la raison pour laquelle il n'est pas parti avec elle en ville, tout simplement parce que la ville l'aurait tué, émoussé, toute son âme étant à la campagne. Il y a ces raisons conscientes ; et puis il y a sans doute aussi l'inconscient, qui là encore n'est pas occulté : ainsi, il sent aussi que s'il n'est pas parti, même au prix de souffrances, c'est aussi parce que cela lui permettait de rêver l'objet de son désir... Et c'est à la fin de la lettre que par une pirouette, on découvre que la destinataire de la lettre ne la lira jamais, ultime pirouette du narrateur : Helga n'est plus... Pour autant, on a aimé (sans excès !) les confessions de ce vieux fou, qui ne mégottent pas sur le langage, et parle franc, tout autant que poétique.

La lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson, littérature étrangère. Islande : 2010 ; éd. Zulma, 2013.

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Cette nuit, je l'ai vue :))

1 Juin 2014, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Cette nuit, je l'ai vue :))

Très très belle découverte que ce livre, et cet auteur slovène. Ici se succèdent les voix, autour de la disparition d'un couple bourgeois, Véronika et Léo. Surtout autour de ce personnage, Veronika, haut en couleurs, gai, plein de vie, insouciant, écoutant ses envies et les partageant... Pendant la guerre, entre 1942 et 1944. D'abord, la voix du militaire, chargé de cavalerie, sérieux, investi dans sa mission de militaire... A qui de plus hauts gradés confient une mission qui ne l'inspirent guère : initier une femme, Véronika, à l'art de monter à cheval... A lui, le militaire, d'abord il se cabre, puis s'installe une forte complicité entre le duo improbable. Et ce premier chapitre est touchant, sensible, beau, on y lit l'amour naissant pour cette femme, amour finalement partagé ; elle va alors quitter son mari pour aller vivre son aventure, avant de retrouver son mari pour une existence plus opulente, et plus riches de découvertes et de partages. Le militaire nous laisse donc sur sa trace à elle, qu'il a perdue, et qu'il regrette... Puis, les voix se succèdent encore toujours aussi belles et troublantes, chacune révélant un pan de l'histoire, par petites touches... La mère de Véronika, qui l'attend, les yeux rivés à la fenêtre, depuis le soir où elle a disparu ; le médecin allemand, lui aussi touché par la grâce de Véronika, et dont la présence malgré lui aux côtés du couple marqua le destin de celui-ci ; la jeune femme, travaillant au Manoir, et aimant sa maîtresse, touchante de dévotion, et d'impuissance ; et puis Jéranek, celui par qui tout arrive, le garçon de ferme... Leur issue est troublante de force, irrévocable et tellement révoltante, tellement proche sans doute de ce qui se passa sans doute si souvent, dans le sillage de la guerre... entrainant son lot d'injustices, d'approximations, de vengeances pour de 'mauvaises' raisons... C'est un très beau récit que celui-ci que j'ai vraiment vraiment beaucoup aimé.

L'auteur sera présent au salon Etonants Voyageurs, à Saint-Malo, le week-end prochain...

. Cette nuit, je l'ai vue, Drago Jancar, Phébus, littérature étrangère. 2014.

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Juste avant le bonheur

24 Avril 2014, 22:00pm

Publié par LaSourisJOne

Juste avant le bonheur

Ce livre se lit bien, comme un léger intermède entre deux lectures nourrissantes. Mais il est quand même pétri de bons sentiments, pavé de clichés, de tournures faciles, aïe, je réalise que je suis sévère, mais c'est ce que je n'ai pas pu m'empêcher de me dire à sa lecture... Un peu à la Gavalda ou à la Constantine, même si je ne déteste pas Constantine... Cela dit, la mort de l'enfant dans cette histoire est quelque chose de fort et de touchant ; je crois que je n'ai pas été convaincue par le style.

Une caissière qui galère dans sa vie de mère célibataire, et qui n'a d'autre choix que de courber l'échine et d'endosser son destin de caissière, avec un chef abruti, et qui abuse de ses petits pouvoirs... Comme on en imagine... Et puis, le conte de fée, ou presque, un type passe à sa caisse, plein aux as, et s'ennuie dans sa vie ; il est touché par la jeune femme, ouf, ce n'est pas une histoire d'amour, la tarte à la crème aurait été trop indigeste... Donc, une histoire d'amitié. Avec les résistances de la jeune femme, qui finissent par céder, et tout un petit monde qui finit par s'allier au delà de la détresse, et reprendre goût à la vie. Trop évidemment, on a envie de dire, même si on ne nous épargne pas ses difficultés à elle... Car il y a le choc, le cauchemar, certes fort et inattendu... Le mort de l'enfant, suite à un accident de voiture...

. Juste avant le bonheur, Agnès Ledig, Albin Michel, éd. 2013.

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Chambre 2 :))

16 Avril 2014, 10:44am

Publié par LaSourisJOne

Chambre 2 :))

Oua. Ce livre est fort. Loin de l'eau de rose et des clichés qu'on distille sur le fait d'être femme, et surtout la maternité. Cash. Brut. Authentique. Et tellement plus proche de la vérité...

"J'imagine que quand elle pensera à son enfant, plus tard, elle lui enverra mentalement une liste de questions qui n'obtiendront jamais de réponses, lancées à l'aveugle dans la galaxie de l'amour maternel. Est-ce que tu aimes le jambon ? Est-ce que tu as froid ? Si cette dame fait bien ce qu'on lui dit,elle sera une bonne mère".

Ce livre est vraiment beau et sensible. Il croise deux périodes de vie d'une femme, devenue auxiliaire de puériculture dans un hôpital, qui voit et vit la douleur, les joies, les accouchements et les naissances, qui les accompagne, à sa manière pragmatique, parce que plus serait mentir. Après avoir connu une vie contraire, colorée, bigarée, marquée par l'amour... Avec Gabor, son amour, le violoniste tzigane, Pierre et Pierre le duo homme-femme, elle dansait nue et ils avaient une belle vie de nomade. Deux enfants sont nés dans l'amour ; puis Pierre et Pierre sont mort, et comme l'hiver entoure de sa froideur, la vie est devenue rude... L'union s'est disloquée... Et l'héroïne a endossé la blouse rose. Il y a le contraste, entre ces deux mondes, l'un plein de vie, l'autre au cadre blanc et froid... C'est aussi un livre sur l'hôpital, et ses réalités, assez juste encore, le temps après lequel on court, la difficulté d'être soi, au travail, entier, avec ses émotions...

Vraiment un bon livre.

. Chambre 2, Julie Bonnie, éd. Belfond, 2013.

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En cas de forte chaleur :)

8 Avril 2014, 15:50pm

Publié par LaSourisJOne

En cas de forte chaleur :)

Je ne pensais pas trouver un peu de David Vann chez Maggie O'Farrel ! Et pourtant, il y a de ça. En moins trash, bien sûr. Mais regarder à la loupe une famille, en vase-clos, et regarder comment elle se comporte quand tout bouge, il y a un peu de ça.

Tout commence au sein d'un couple dont les habitudes façonnent le quotidien, Gretta et Robert, 30 ans de vie commune. Un jour, Robert sort acheter son journal, comme chaque jour, et... il ne revient pas. C'est ce "petit" grain de sable qui va tout chambouler, et nous amener à entrer dans la vie de leurs trois enfants adultes, aux personnalités bien différentes. Aux passés imbriqués. Aux fonctionnements liés à leur connaissance des autres. Tout cela est particulièrement réussi, dans ce livre. Je me suis particulièrement attachée à la "petite" dernière, Aoife, celle qui part vivre à New-York pour pouvoir respirer, loin de sa famille, touchante à travers ses failles... Notamment celle qu'elle ne parvient à avouer à personne (sauf enfin, une fois, par amour !) : elle ne sait pas lire, elle a un rapport particulier aux lettres qui vivent leur vie sous ses yeux et qu'elle ne parvient jamais à identifier comme des mots riches de sens... Tous ces personnages, avec leurs dysfonctionnement, leur pudeur, sont vraiment attachants, en fait. Et on les voit, Maggie O'Farrel les fait vraiment exister sous nos yeux. J'ai beaucoup aimé ce livre, beaucoup plus que Cette main qui a pris la mienne, dont j'avais été très peu fan.

En cas de forte chaleur, Maggie O'Farrel, éd. Belfond. Mars 2014.

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