Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

Articles avec #roman par lettres

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

21 Août 2016, 22:08pm

Publié par LaSourisJOne

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles :))

Roman par lettres.

Eh bien, encore un roman par lettres ! On pourrait croire que la lecture de celui-ci juste après Et je danse aussi aurait souffert du précédent, mais même pas.

Cette histoire-là est un échange de lettres entre deux femmes, à une autre époque, pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Ces deux-là se choisissent un peu au hasard, parce qu'il faut tuer le temps et l'angoisse, en l'absence d'êtres aimés, envoyés à la guerre. Alors, elles se choisissent, par hasard, et l'amitié naît, et croît, solidement. J'ai beaucoup aimé me plonger dans la vie de ces deux protagonistes ; leurs fréquentations, les recettes (de cuisine) qu'elles s'échangent, sur fond de disette, les trucs et astuces pour agrémenter un plat lorsque tout manque et tout est rationné, et puis surtout les conseils, les encouragements, le soutien, l'amour que ces deux-là finissent par se porter, et qui les aide à affronter leur quotidien. Sur fond de conquête des droits des femmes. On voit où on en est, en 1943, alors les femmes n'ont pas par évidence le droit au travail, elles sont en pleine conquête, et j'ai trouvé passionnant de les voir, l'une en particulier, Glory, la plus jeune, issue d'un milieu aisé, découvrir que les discours peuvent faire avancer et changer les mentalités. Et puis, l'attente, de l'être aimé. La craine, de le perdre. Les mots qu'on choisit, qui ont tellement de sens, de poids, alors qu'il est en guerre ; tout prend de la force, et du sens. Il y a celle qui attend son époux, élevant ses deux tout petits, aux côtés du meilleur ami, qu'elle a toujours aimé presque autant que son mari ; alors, évidemment, l'attente, les rapprochements, la dignité malgré tout, la culpabilité ; et puis Rita, la plus âgée, dont le mari et le fils sont mobilisés. Rita qui va découvrir que son fils était amoureux, et avancer sur ce chemin de l'acceptation d'une autre, évoluer, grandir... J'ai vraiment passé un très beau moment, et la rencontre de ces deux-là m'a bouleversée.

Petite anecdote qui ajoute à l'attachement à ce livre-là : les deux auteures qui ont écrit ce livre se sont rencontrées sur un blog, ont pris la décision d'écrire ce livre, et se sont fait l'engagement ne se rencontrer qu'une fois le livre écrit. C'est ce qu'elles ont fait...

. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan, 2013 (US), éd. Belfond, Pocket 2014.

Voir les commentaires

Et je danse aussi :)))

14 Août 2016, 11:22am

Publié par LaSourisJOne

Et je danse aussi :)))

Roman par lettres (mails).

Evidemment comme c'est un genre de roman dont je raffole, j'avais hâte de le lire celui-ci, écrit par ce duo d'écrivains attachants. D'autant que j'avais lu un Anne-Laure Bondoux et aimé sa sensibilité. Et c'est surtout que tous ceux (celles !) qui m'en parlaient étaient très enthousiastes ! Lorsque j'ai enfin pu l'acheter, trouvé par hasard sur le stand d'une braderie cet été, j'étais aux anges :)

Et le plaisir que j'y ai pris est au delà de mes espérances.

Car il y a tous les bons ingrédients d'un roman par lettres. Evidemment, et en tout premier lieu, il y a, et on le sent dès le départ, l'absence de vacuité, autrement dit la nécessité de cette correspondance. Car rien de pire que ces romans par lettres où il ne se passe rien, et où l'auteur a imaginé des protagonistes qui s'écrivent pour passer le temps, sans que le propos n'ait aucun style, aucune saveur, aucune 'urgence'. Bref. Là, eh bien, les styles (de Pierre-Marie et d'Adeline, qui s'écrivent sans se connaître) se dessinent très vite, et assez vite encore, on sent ces deux-là liés et accrochés l'un à l'autre, trouvant dans leurs confessions un bienfait, affrontant leur solitude respective et différente à leur manière.

Evidemment, sincérité, auto-dérision, humour, absence de concessions ou de complaisance face à soi-même font partie des éléments constitutifs et qui fonctionnent. On sent naître l'attachement progressif, et se transformer petit à petit, on voit évoluer cet attachement et intérêt pour l'autre, et ça c'est très bien fait.

Ce serait déjà pas si mal, mais évidemment, ce n'est pas tout. Une intrigue, va en plus nous tenir en haleine. Pierre-Marie confie le traumatisme qui l'a marqué, la disparition de sa dernière épouse, qu'il aimait follement, et qui a disparu du jour au lendemain sans laisser de traces. Depuis, il vit avec ça. Il nous décrit, et on imagine, ce que cela représente à l'échelle d'un quotidien, mais aussi pour les enfants qui restent, etc. Et puis on vit, au rythme de leurs confidences, la connaissance qu'ils font de l'autre... On découvre en même temps que Pierre-Marie qu'Adeline a menti sur quelques détails, on doute, on s'interroge, et on se prend à imaginer... Le récit, toujours par lettres, nous retourne comme un gant, et vraiment, j'ai adhéré à 150%. J'ai adoré, et franchement, j'ai eu du mal à m'arrêter. Quel plaisir de retrouver des lectures addictives !

. Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, éd. Fleuve, mars 2015 ; sorti en Poche (Pocket) en février 2016

Voir les commentaires

24 heures d'une femme sensible

9 Juillet 2014, 09:43am

Publié par LaSourisJOne

24 heures d'une femme sensible

Constance de Salm : je n'avais jamais entendu parler de cet auteur du XVIIIème, ni de ce livre, sur lequel je suis tombée par hasard chez un bouquiniste. Evidemment, c'est le titre qui m'a interpellée, en cela qu'il évoquait clairement celui de Zweig, 24 heures de la vie d'une femme. Un critique du Point repris sur la 4ème de couverture annonçait que Stephan Zweig s'en était visiblement inspiré, et qu'il était temps de retourner vers l'original... A la lecture de cet opus, donc, je me suis dit que pas du tout ! Ou bien il faudra que je relise 24 heures de la vie d'une femme....

Evidemment, pas le même siècle. La force prodigieuse de la mise en place d'une histoire, la dramatisation de l'installation de Zweig, rien à voir avec cela ! Ce critique ne s'était peut-être arrêté qu'au titre ? En tout cas, ce livre, ce livre-là : on retrouve avec étonnement, l'excès des sentiments. Comme dans un Laclos et ses 'Liaisons dangeureuses', autre récit par lettres. "Mon dieu je me meurs de vous aimer trop !". Dieu que cette époque paraît loin, loin, loin de l'époque contemporaine... Les lettres sont donc celles d'une jeune femme marquée par un excès d'amour pour le bien-aimé sur lequel elle a porté son dévolu ; elles font toutes suite à un épisode : elle le voit partir avec une autre femme dans une calèche. La jalousie est au coeur de ces lettres donc ; puis l'orgueil, les tourments de l'âme entretenus par la personne qui perd son temps en conjectures... Le déshonneur...

Ce qui trouble surtout c'est de se replonger dans une époque où les sentiments et les affaires de coeur ne sont pas reléguées au second plan, dans les trous de l'emploi du temps, quand il reste du temps ; elles sont au premier plan, pour les hommes comme pour les femmes. On écrivait alors de longues lettres pour exprimer ses sentiments et discourir sur ce lien, sur le désir, les sentiments, et l'amour... Aujourd'hui, on textote et on bazarde...

. 24 heures d'une femme sensible, Constance de Salm, éd. Libretto en 2007. Première édition : 1824.

Voir les commentaires

43 rue du vieux-cimetière

11 Novembre 2013, 18:31pm

Publié par LaSourisJOne

43 rue du vieux-cimetière

Roman ado.

Voir jeunesse.

C'est plaisant. Léger. ça se lit d'une traite, trop vite peut-être même. On aime les dessins qui égrènent le livre. C'est l'histoire d'un type, écrivain, ronchon, qui loue une maison d'été pour tenter d'écrire son treizième tome d'une série qui s'appelle le Dompteur de fantômes. Le hic, c'est que l'écrivain a perdu son inspiration, autant qu'il a perdu le goût d'une vie qui palpite. Dans la maison, un enfant de onze ans, laissé là par ses parents (euh, personne se se demande si c'est normal) s'accomode de sa vie dans la vieille bâtisse. Surtout qu'il y a une amie : un fantôme de 97 ans, la femme qui a fait construire la bâtisse. Amitié précieuse. Elle emprunte à l'envi des livres à la biliothèque, et ça fait pester le bibliothécaire qui n'y comprend rien. Elle joue du piano et claque les portes. Ce qui agace l'écrivain nouvellement arrivé, et lié à la location par un contrat précis va lui devenir précieux, voire indispensable, surtout pour son inspiration. Le récit se déroule agréablement par des lettres, que les protagonistes s'écrivent entre eux et qui permettent de dérouler l'histoire. Sympathique pour un intermède de lecture.

. 43, rue du Vieux-cimetière, Kate et M. Sarah Klise, éd. Albin Michel Jeunesse. 2009 aux Etats-Unis, France, 2012.

Voir les commentaires

:)) Madame Shakespeare ou la femme de Stratford

3 Décembre 2009, 20:58pm

Publié par la souris jaune

Roman par lettres.

Anca, merci Anca pour ta finesse, ton intelligence. Encore un roman (épistolaire) que je ne regrette pas d'avoir lu.  La correspondance (fictive) entre Shakespeare et sa femme, sa muse. Dont il est séparé parce qu'elle croit en ses talents littéraires, et qu'elle l'envoie à Londres pour qu'il écrive et aie du succès. A travers les lettres des deux protagonistes, on voit ce pauvre Shakespeare qui se meurt d'amour et de désir pour elle, au final assez "médiocre", et elle, magistrale, de don pour le destin de l'autre, sûre d'elle. Elle le motive, lui souffle des idées ; c'est drôle, enlevé, et superbement écrit...

 

. Madame Shakeaspare ou la femme de Stratford, Anca Visdéi, éd. La Femme pressée.

Voir les commentaires

:)) L'Exil d'Alexandra

20 Avril 2009, 22:08pm

Publié par la souris jaune

Roman par lettres.

Très chouette. Et comme j'ai eu le privilège de rencontrer l'auteure, je dois dire que celle-ci est aussi enthousiasmante que son livre. Il s'agit d'un roman épistolaire, qui se lit vraiment bien. La vie de deux roumaines, soeurs, l'une expatriée, l'autre restée au pays, qu'on suit par le biais de leurs lettres, sur une trentaine d'années. Et le roman par lettres a le don de rendre les personnages bien réels... (A tel point qu'on est bien surpris d'apprendre que l'auteur n'a pas de soeur...). Plongée dans les personnalités, marquées et bien distinctes des deux femmes ; l'héroïne est fière, sûre d'elle, courageuse, téméraire, frondeuse... L'autre tente de se tracer une histoire dans le sillage de sa grande soeur. Sur le plan de sa carrière, de femme de théâtre, et sur le plan amoureux, puisque le petit ami de la grande deviendra l'époux de la seconde... Ce qui vaudra un silence de sept ans, chez l'aînée. Plongée aussi au coeur du régime roumain, sous le régime dictatorial des années 70 ;  et découverte du monde libre et capitaliste en parallèle par l'oeil de l'expatriée. Deux belles tranches de vie, qu'on a vraiment pas envie d'oublier.

. L'Exil d'Alexandra, Anca Visdéi, Actes Sud.

Voir les commentaires