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Le blog de la souris jaune

revolte

CRI

1 Novembre 2020, 20:30pm

Publié par LaSourisJOne

Je suis bloggueuse. Je partage mes lectures depuis 12 ans pour rien, enfin si, justement, pour l'essentiel : pour le lien, nécessaire, indispensable !

Alors ici, je vais l'écrire.

Il nous reste si peu d'espaces de liberté...

Je remercie ceux, et celles qui se démènent chaque jour pour la culture, pour que nous nous nourrissions l'âme chaque jour, j'ai une pensée émue pour ma bibliothécaire préférée ;

je trouve révoltant, scandaleux, inadmissible que dans cette société de merde on trouve normal que les ustensiles informatiques soient des biens de première nécessité - les lieux qui les délivrent restent ouverts - les livres non.

Les librairies fermées.

Les bibliothèques fermées.

Mais enfin, vous êtes-vous déjà approché à plus d'un mètre d'un lecteur occupé à choisir son livre dans un rayon de bibliothèque ? Moi jamais. Alors, c'est quoi ces conneries ?! Qu'on nous rende notre air. Il ne tuera personne, mais il nous sauvera, nous. Rendez-nous les bibliothèques, rendez-nous les librairies. Entre autres.

La Souris Jaune.

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Mille six cents ventres :)

5 Avril 2019, 11:15am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 1998.

Comme son titre en annonce la teneur, voici un roman qui nous parle du corps, et aussi largement du bas-ventre, avec les frasques sentimentalo-sexuelles du personnage principal Henri Blain, 60 ans. Chef de cuisines dans une prison, de laquelle il habite juste à côté. 

C'est un roman plein de dérision, d'humour, qui n'est pas sans faire penser à Céline par ses thématiques et la manière dont le corps est abordé. Toujours un détail pour devenir prosaïque... Un roman efficace, qui met en scène la société du spectacle qui est la nôtre, et la tourne en dérision...

La prison où Henri est chef-cuisto compte 1600 hommes, 1500 prisonniers environ... Il a donc tout pouvoir, comme il nous le raconte lui-même à travers un récit écrit à la première personne, sur leurs ventres, et leur système digestif ! Sur la tuyauterie du lieu et sur leurs tuyauteries ! Ces pages-là sont efficacement décrites, comme l'ensemble du roman d'ailleurs, mené avec vivacité et rythme.

On saisit le personnage principal alors qu'une mutinerie a vu jour à la prison ; il est en chomage technique, et sept mutins finissent par se retrancher sur les toits de la prison, héros pour certains, pour l'opinion publique, car très largement médiatisés. La cour des médias, en troupeau, qui s'engouffre et raconte à celui qui aura le premier des choses à dire est très bien rendu, très efficace, satirique... Les traits de la caricature sont à peine si gros ! En tout cas, le personnage principal qui est quand même souvent un anti-héros fait un commerce de sa situation privilégiée, où les journalistes finissent par défiler, mais il en fait payer le prix d'entrée... Pouvoir sur la vie des gens, machine qui broie, tout cela est très bien vu, et drôle...

Et puis notre Henri est régulièrement hanté par ses fantômes, qui sont nombreux...

C'est drôle, truculent et intelligent.

Merci à Delphine de me l'avoir mis entre les mains. :))

. Mille six cents ventres, Luc Lang, éd. Fayard 1998.

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