Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

litterature

La vie quand elle était à nous :)))

15 Février 2016, 12:39pm

Publié par LaSourisJOne

La vie quand elle était à nous :)))

Roman.

Encore une auteure espagnole que je découvre, et qui m'a procuré un vif plaisir de lecture. On est à Madrid, dans les années 40. Une femme de 51 ans, vivant seule, suit un jour un homme transportant un paquet de livres et découvre une librairie planquée dans une ruelle... Le libraire, Matias, a décidé de mettre en vitrine un livre qu'il a trouvé et aimé, ouvert, et l'offre à la lecture aux passants, décidant que le premier qui le lirait en entier se le verrait offert... Une idée séduisante, mais qui ne marche pas du tout. Il faut replacer ça dans un contexte difficile, où l'argent manque, la culture compliquée à porter, les éditions d'ouvrages compliqués... On vit la rage et la résistance de ce couple de libraires face à un régime. Ce couple est beau, attachant ; et surtout cette femme de 51 ans va se mettre à lire le livre de la vitrine, 'La femme aux cheveux de lin', avec Lola, la libraire. Naît leur complicité, fait tout à la fois de retenue, de partage, de compréhension... Et l'on se passionne autant pour les deux histoires qu'on lit simultanément : celle du livre lu par les deux femmes, et la vie du couple de libraires et de la femme de 51 ans... Nimbe ce texte une atmosphère charmante, très réussie, merveilleusement désuète, que l'on soit en Angleterre, en Normandie, à Paris ou à Madrid. J'ai adoré le mélange de ces récits... dont je suis bien obligée de vous cacher l'essentiel !

Il y a de superbes personnages dans ce livre, auxquels on s'attache vraiment.

Il y est question d'amour, bien sûr aussi, d'amour en miroir, belles mises en abymes habiles, très fines : l'histoire de Rose Tomlin, la femme aux cheveux de lin, son amour, la perte de son amour et... la prise de conscience pour les jeunes Lola et Matias, au moment où leur histoire aurait pu chanceler, de l'importance et du prix de cette histoire. Comment pourrais-je vivre après, sans lui, si je le perdais ? C'est merveilleusement illustré et on le ressent au coeur via l'histoire de Rose Tomlin... Histoires d'amour et remariages, aussi, ou plutôt nouvelle union après un premier mariage, à une époque où cela ne se faisait pas, comment vit-on avec...

C'est aussi une histoire qui parle de ses racines, de leur prolongement, sur la durée, et de l'attachement.

C'est un très beau roman.

Médiathèque de Saint-Malo.

La vie quand elle était à nous, Marian Izaguirre. Publié en 2013 en Espagne ; éd. Albin Michel en 2015.

Voir les commentaires

L'amour et les forêts :))

26 Octobre 2014, 12:27pm

Publié par LaSourisJOne

L'amour et les forêts :))

Il ne faut pas s’attendre à de la demi-mesure avec Eric Reinhardt. Déjà son Système Victoria (août 2011) mettait en scène la perversité de rapports entre une femme, directrice des ressources humaines d’une grosse entreprise, et un homme, responsable de travaux. Ici, Eric Reinhard ne nous recrache pas avant de nous avoir détaillé par le menu les affres quotidiennes d’une certaine Bénédicte Ombredanne,’écrasée’par son mari. Et il va loin, Eric Reinhardt, très loin.

L’auteur lui-même commence par se mettre en scène et introduire cette lectrice, qui lui écrit, et qu’il va rencontrer à deux reprises. Et qui va lui raconter sa vie matrimoniale, l’objet même de ce livre. C’est majestueusement bien écrit. On s’attache à ce personnage, on s’offusque, on souffre avec elle de la voir tellement sous la coupe de son mari. Eric Reinhardt nous livre cette spirale machiavélique, vénéneuse qui se noue, s’enroule, avec toutes ses complexités, autour de Bénédicte Ombredanne, professeur de lettres agrégée. Prisonnière du harcèlement incessant de son mari, et alors même qu’elle aurait pu sauver sa peau, s’offrant une incroyable parenthèse magique, la jeune femme ne parvient pas à s’extraire de cette vie qui la détruit. Il y a une force, une puissance qui nous retient nous aussi captif, dans ce qu’il relate, notamment cette alchimie entre culpabilité et la part de ce qu’on s’autorise.

Le récit nous tient en haleine jusqu’au bout ; les frères et sœurs d’âmes rencontrés dans la maison de repos sont criants et touchants de justesse, d’autant qu’ils viennent renforcer par contraste l’extrême aridité de la vie affective de Bénédicte. Le témoignage de la sœur, dans la dernière partie du livre pousse le récit jusqu’aux limites de l’insoutenable, mais reste toujours d’une superbe sensibilité. Ce texte est beau, ciselé comme le bijou, la bague d’un autre temps que l’héroïne aime tant à porter dans les grandes occasions.

L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, éd. NRF Gallimard. Août 2014.

Voir les commentaires

Pierre et Jean

17 Juin 2014, 14:42pm

Publié par LaSourisJOne

Pierre et Jean

Depuis le temps que j'entendais parler de ce 'Pierre et Jean'. Même dans La dernière Grande Librairie avant l'été, c'était un des livres recommandé pour ses lectures d'été. Alors, ça y est, j'ai comblé ma lacune !

Alors il s'agit de deux frères, aussi différents qu'il est possible. Jusqu'à leur aspect physique, puisque Jean est aussi blond que Pierre est brun... Deux frères, dont j'avais toujours entendu dire qu'ils s'aimaient et qu'un héritage vient déchirer. Mais il n'en est rien ! Ces deux-là ne s'aiment pas, et n'ont aucune sympathie dès le départ l'un pour l'autre ! Puis l'héritage... Eh bien non, ce n'est pas l'héritage, qui fait tout chambouler ; c'est plutôt la faiblesse de la mère qui n'assume rien ! Elle est détestable de faiblesse, et on a bien du mal à la comprendre à et l'aimer. Oh, pauvre chérie qui n'a pas de chance et qui a épousé un sot ! Oh, elle ne put que tromper son mari. Et c'est elle, qui se confie à Jean, mais n'ose rien dire à Pierre (son fils et celui du mari), qui se ronge de douleur, et qu'elle laisse se ronger de douleur, et de doute... C'est lui qui finit par trouver par sa solution et partir.

Evidemment, c'est du Maupassant, alors forcément, l'écriture, les tableaux qu'il fait naître sous sa plume sont savoureux... Savoureux de vieillerie, de ruralité, d'un autre temps. Je n'ai pas aimé du tout ces personnages, les codes bourgeois qui constituent leur univers ; cela dit, j'imagine que cela constitue un témoignage historique et littéraire d'une certaine époque !

. Pierre et Jean, Guy de Maupassant, Le Livre de Poche. 1887.

Voir les commentaires