Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

Articles avec #litterature suedoise

Hors service :))

5 Mars 2017, 18:29pm

Publié par LaSourisJOne

Roman. 

Petit bonheur de lecture que ce livre-là. Un week-end dans un local de photocopieuse, ça vous tente ? :) Eva-Lena non plus, à priori... Le personnage principal. Une femme, d'environ quarante ans, trois enfants, un mari. Pivot de cette vie de famille agencée autour de l'énergie qu'elle déploie pour faire tourner tout cela... Energie encore, à n'en plus compter, pour son métier, elle est enseignante de suédois (le livre est suédois). Dans un collège. Un soir, donc, elle se retrouve enfermée, sans pouvoir sortir, à l'intérieur du local de photocopies de son collège... Tout y passe, pendant que les minutes défilent, ses tentatives pour passer le temps, d'abord raisonnées, de rangement, de mesures, en espérant que le temps sera court... Et puis le temps dure. Alors elle passe en revue son quotidien, sa vie. Ses élèves. Sa nouvelle amie, ses rencontres... S'interroge. Et finalement, ce week-end où elle est 'hors service' pour les autres et pour elle, va se retrouver être pour elle révélateur, une bulle de temps pour elle, malgré la faim, la soif, etc. Elle réalise qu'elle doit changer sa vie. Elle prend conscience. Un récit bien agencé où on prend autant plaisir à être avec elle au sein du local à se demander quand elle pourra sortir, que dans la narration de ce qui constitue son quotidien. 

Mille mercis à Delphine pour m'avoir mis ce livre réjouissant entre les mains :).

Bibliothèque d'Evran.

. Hors service, Solja Krapu, éd. Gaïa, juillet 2013.

Voir les commentaires

Toujours avec toi :))

26 Décembre 2015, 08:12am

Publié par LaSourisJOne

Toujours avec toi :))

C'est un roman qui se goutte lentement, qui distille petit à petit la flamme qu'il inspire. Si j'ai pu être sceptique au début, et par moments un peu plus tard, c'est sans doute par manque de patience et avec l'habitude des liens plus vite. Maudite impatience. Ici, on ne comprend que plus tard, en son temps, la réelle utilité de la démarche de la jeune femme, Inga, éprouvée par un deuil mal refermé, la mort de son mari deux ans auparavant. Et l'histoire se forme, emplie petit à petit par les récits désolidarisés, de la grand-mère, et d'Inga, donc, à travers ses recherches sur les traces de son passé. L'ensemble finit par former un édifice attachant, et à nous montrer à quel point comprendre, ou tout du moins savoir, ce que notre passé n'a pas apporté jusqu'à nous, est parfois précieux. L'histoire de cette grand-mère, Rakel, va donc nous être révélée via plusieurs sources: les souvenirs des rares personnes qu'Inga peut interroger, un oncle auquel elle est très attachée, une femme qu'elle rencontre suite à ses recherches, le mot de son père, et le don d'une bague, lui qui s'est réfugié, trop marqué par son passé justement, dans son mutisme et sa fin de vie. Avec une lettre comme point de départ, trouvée dans un carton dans la maison de famille où Inga est allée tenter de se ressourcer. Une lettre qui n'a pas été mise là par hasard, mais qui, pourtant, aurait pu ne jamais être trouvée...

Et puis il y a cette Léa, ce double blond pour Rackel qui sans doute donne son nom au roman, 'Toujours avec toi' ; une rencontre fortuite pour la jeune Rackel, mais qui marquera son existence. J'ai aimé l'ambivalance qu'on imagine autour de cette lettre qui nous tient en haleine une grande partie du récit, puisque, cette lettre écrite par Léa évoque une nuit qui a tout changé... Evidemment on imagine quelque chose qui n'est pas, et c'est encore plus fort.

Il y a un fond de guerre, indissociable de l'histoire de sa grand-mère, en 1916 ; la bataille de Jutland, en mer, elle aussi indissociable de son histoire et d'un drame, d'une tragédie qui marqua sa grand-mère. Les femmes sont des personnages qui vont de l'avant, des personnages forts, centraux, et les hommes gravitent autour de ces atomes. Même s'il est difficile de les passer sous silence, notamment Anton, et Jakob, coup de foudre de Rackel (Anton, au destin tragique), et l'homme avec qui elle passera sa vie (Jakob), finalement.

Trois temporalités s'emmèlent pour servir ce récit : 1916, 2007 (celle d'Inga), et 1959, voix de Rackel sur la fin de sa vie, à l'hôpital à 61 ans, malade et mourante, revisitant ses souvenirs. Les deux récits se faisant écho. Avec cette tranche de temps inéliénable, infranchissable de toute façon pour ces deux qui sont de la même famille, dont le destin de l'une a marqué celui de l'autre, quand même, mais qui ne se connaîtront jamais.

Et puis Inga, flageolante dans sa vie professionnelle, talentueuse mais fragile, que les doutes peuvent balayer, apprend grâce à la 'sérénité' que lui apporte de découvrir et comprendre son passé à avoir confiance en elle. Renforce et affime cette photographe talentueuse, qui peut maintenant faire ses choix assumés et plus matures.

Une très belle et profonde balade au gré d'histoires intimes et de la grande histoire ; j'avais lu cette auteure sans avoir fait le lien, Le peigne de Cléopâtre ; j'avoue que sa singularité me donnera envie de retrouver une autre de ses fictions.

Toujours avec toi, Maria Ernestam, éd. Actes Sud, avril 2010.

Voir les commentaires