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Le blog de la souris jaune

histoire

Le dernier bain :)

7 Juillet 2019, 10:31am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Le dernier bain, c'est celui de Marat, assassiné en 1793 par Charlotte Corday dans sa baignoire.

Gwenaële Robert nous fait vivre la grande Histoire en nous la racontant par le prisme de la vie quotidienne, rien de mieux pour la ressentir... Aussi elle nous livre ici une galerie de portraits de premier ou second plan, réels ou inventés, tout en faisant avancer son récit jour après jour dans ceux qui ont précédé cette mort.

Elle donne corps, chair à ces personnages de l'Histoire, et sa vision, sa retransposition nous permet de les aimer, ou pas. De les comprendre ou pas, quand ils sont restés trop souvent figés dans un livre d'Histoire. 

Elle crée un bal d'amantes, de groupies autour de ce corps malade qu'est celui de MArat, qu'elle nous donne à voir en permanence dans sa baignoire, et élaborant en permanence une liste de têtes à couper, sur la délation qu'il a encouragée. Et puis ces femmes, qui veillent ; et aussi celles qui souhaitent sa mort, parce qu'il n'y a pas que Charlotte, c'est en tout cas ce que l'auteure imagine. J'aime bien ces "coulisses" d'un homme qui nous sont offertes et que l'Histoire a oubliées pour en faire un mythe. 

Ainsi, elle se sert de son passé de médecin douteux pour imaginer qu'il avait profité de sa position pour mettre enceinte une jeune fille...

Et puis il y a la reine aussi, cloîtrée dans une tour, prisonnière avec sa famille ; elle nous amène à compatir, à ressentir la souffrance infligée d'un côté ou de l'autre, même si la cause est juste...

. Le dernier bain, Gwenaële Robert, éd. Robert Laffont, 2018.

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Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants :(

23 Février 2019, 17:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2010.

Je me suis profondément ennuyée avec Mathias Enard et Michel-Ange. Je n'ai pas aimé l'écriture, ni l'atmosphère, que j'ai trouvée froide, ampoulée, certes tenue, rigide, non-sensorielle. 

Alors qu'il s'agit pourtant d'une plongée dans l'Orient. l'auteur s'est beaucoup documenté semble-t-il pour nous livrer cette partie de la vie de Michel-Ange, en 1506, où il quitte Florence et Rome pour construire un pont à Constantinople. Là où Léonard de Vinci s'y est essayé avant lui. Avant le tremblement de terre de 1509... 

Je n'ai ressenti malheureusement aucune proximité avec les personnages, Michel-Ange et ses listes, ses sonnets, sa chasteté, son amour de la beauté, ou le poète Mesihi, amoureux de lui, qui avait pourtant tout pour être attachant.

J'attendrai un peu avant de m'attaquer à un autre Mathias Enard.

. Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard, Actes Sud, 2010.

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Sous les pavés :))

13 Octobre 2018, 20:49pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Découverte que je dois au hasard et aux stands de Quai des Bulles.

J'ai découvert cet opus acheté ce jour "Sous les pavés", sur mai 1968.

Et la bonne nouvelle, c'est qu'il semble qu'il y ait toute une série, d'exemplaires rattachés ainsi à des événements historiques. 

Là, vraiment conquise. Tant par le dessin que par l'histoire, très habilement enchassée. On s'attache à Jay, cet américain ténébreux blond qui fait de la photo, son coup de coeur, la jeune blonde Françoise, la décomplexée et libérée Sarah... Plusieurs personnages principaux, six, auxquels on s'attache tout autant, parce que leur personnalité est réussie, à tous. Et puis l'histoire de mars à juin 1968, qu'on revit par les planches de cette BD. 

Une sacrée réussite.

Hâte de découvrir les autres livres du même genre, notamment Les jours heureux, je crois ?

. Sous les pavés, Warnauts, Raives, éd. le Lombard. Avril 2018.

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L'Alouette :)

23 Août 2018, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Ah, retrouver le théâtre d'Anouilh. Quel plaisir ! 

Retrouver des traits de caractère, des répliques approchantes...

J'aime décidément son théâtre. Sa manière de nous donner l'histoire, en densifiant tellement les dialogues bien au delà du simple instant présent.

J'ai aimé sa mise en scène des personnages dans l'histoire, qu'ils soient en scène pendant que l'histoire se joue, se jouant des temporalités par ce biais qui crée de la dramaturgie.

J'ai souvent souri, j'ai trouvé ça interéressant, drôle, intelligent, cette fresque qui donne à voir l'histoire de Jeanne d'Arc, ces réflexions sur la foi, le pouvoir, le courage, la peur, le rôle des hommes et des femmes sans se départir d'une époque.

Les dialogues ne sont jamais vains.

C'est un théâtre profond et sensé que le théâtre d'Anouilh. A lire et à relire.

. L'Alouette, Jean Anouilh, Folio Livre de Poche. 1953.

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Chère brigande, lettre à Marion du Faouët :)

5 Août 2018, 11:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ou Lettre romanesque ?

Balade avec l'auteure sur les traces de la jeune femme Marion du Faouët, aujourd'hui... J'aime être avec l'auteure, dans sa vie de tous les jours, et frappée par cette femme, rousse, SDF à Paris, qui l'intrigue, qu'elle veut aider celle-ci ne se laissant pas faire, et un jour, elle disparaît. Et à sa place, il reste un prénom, Marion... Alors elle partira sur les traces de Marion du Faouët, jeune voleuse dans une Bretagne où tout manque pour les gens pauvres, ayant décidé de ne pas tuer mais de rééquilibrer un peu les richesses, au XVIIIe siècle. 

Elle lui écrit cette lettre, où elle s'emploie à la faire revivre, par ce qu'elle sait d'elle, mais aussi en se rendant sur les lieux qui l'ont vue passer. 

Agréable, et je me découvre vraiment attachée à l'écriture de l'auteure, même si peut-être je suis restée un tout petit peu sur ma faim. Cependant, cela n'a pas la prétention d'être un roman historique, bien une lettre et donc un texte incantatoire destiné à cette femme oubliée de l'Histoire.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Chère brigande, Lettre à Marion du Faouët, Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser, 2017.

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Une dernière danse :))

7 Juillet 2018, 09:34am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais déjà lu avec un grand bonheur L'île des oubliés, de cette auteure. 

Deuxième coup de coeur pour Victoria Hislop avec ce livre-là, qui est rudement efficace pour faire naître sous nos yeux les personnages d'une famille, les liens d'attachement qui les unissent, et l'absolue injustice d'un sort induit par le contexte, pour les séparer. (La peste, avec l'île des oubliés, la guerre civile ici).

En outre, j'avais déjà lu plusieurs livres autour de la guerre civile en Espagne, lu un certain nombre de choses, apprécié le Guernica de Picasso... Et pourtant, jamais je n'ai compris aussi bien ce qui s'était passé dans ces années-là, avant 1936 et pendant ces trois ans d'horreur où sous l'impulsion de Franco une partie des Espagnols se sont retournés contre les intellectuels de gauche, les ouvriers, les communistes, la danse... Mon Dieu, je n'imaginais pas que cela avait pu être à ce point. Saga d'une famille pendant cette période, dont le père tient un café ; la saga arrive par le biais de photos dans ce bar que la narratrice découvre par hasard lors d'un voyage à Grenade.. Bien sûr, certains "coïncidences" peuvent faire tiquer, bien sûr ; mais ça ne gâche rien au plaisir que j'ai eu d'entrer dans les deux époques, les deux vies celle de Sonia la narratrice, et son gougeat de mari, et la magnifique famille de Mercedes, la jeune danseuse de flamenco... J'adore cette idée que c'est la danse qui sauve, le fait d'exprimer par son corps ses sentiments, et de s'oublier par ce biais, qui préserve de la rudesse de la vie. Et les frères, le torrerro, et puis les deux autres... Et Javier, le beau Javier...

J'ai aussi découvert la force du flamenco. 

Juste, le titre français ne me paraît pas du tout approprié, je trouve que ce roman n'a rien à voir avec "Une dernière danse", bien au contraire, ce serait plutôt "une première danse", en tout cas quelque chose qui ouvre... Le titre anglais The Return était beaucoup plus approprié.

En tout cas vraiment un roman dans lequel se plonger cet été !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Une dernière danse, Victoria Hislop, 2008 ; France, éd. Les Escales mai 2014. 

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Rêves oubliés :))

1 Avril 2018, 13:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voila donc plusieurs mois que j'entendais, en bien, parler de cette auteure sans la connaître.

Je serai donc entrée dans son oeuvre par le biais de ce beau roman, Rêves oubliés.

C'est délicat, l'écriture est douce pour raconter la vie, la dureté de vies et le quotidien. 

L'histoire commence en 1936, dans une petite ville espagnole. Sur fond de lutte intestine, de guerre civile, d'installation d'un dictateur. Avec le danger qui jaillit dans la vie d'une famille. Alors il faut fuir, parce que pour des idées, on veut s'en prendre à eux. La famille est séparée, puis se retrouve, dans le pays basque français, d'abord ; le père, la mère, les trois enfants, les grand-parents, et puis les oncles, puis il y aura les cousins...

Il faut continuer à vivre, recommencer, sans savoir, combien de temps, en espérant retourner là-bas, dans son pays ; le temps passe... 

C'est beau ; ce couple, Aïta et Ama sont un beau couple aimant, d'un amour pur et fort. D'un amour touchant. Les enfants, leur royaume mental, chacun d'une personnalité différente, sans excès de mots elle trouve ceux qu'il faut pour dire, et donner à voir.

Les mots d'un carnet d'Ama émaillent aussi le roman, donnent un point de vue plus intérieur à ce qui nous a parfois été donné à voir à travers la narration.

C'est vraiment une belle découverte.

Merci aux lectrices fan de Leonor de Recondo qui me l'ont fait découvrir, notamment Patricia.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Rêves oubliés, Leonor de Recondo, éd. Sabine Wespieser, 2012.

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Le dernier des nôtres :))

30 Mars 2018, 22:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Mon intérêt pour ce roman est allé croissant.

J'ai commencé par être moyennement accrochée par ce couple un peu trop cliché, un peu trop attendu, d'êtres qui s'attirent parce qu'ils sont beaux et indépendants. Mais le roman est plus que ça, et autant vous le dire tout de suite, c'est à partir du moment où ça dysfonctionne que ça devient intéressant.

Parallèlement vous est racontée l'histoire du personnage principal depuis sa naissance, en pleine seconde guerre mondiale. 

Personnage, Werner, qui a tout pour déplaire, en tout cas, qui moi, m'a horripilé du début jusqu'à la fin. 

Cependant, le récit avançant, son histoire familiale se dessinant, certes, on le comprend un peu plus...

En tout cas : c'est une histoire qui nous rend attachante une bonne brochette de personnages (Rebeccas, Marcus, Lauren, le chien Shakespeare...), les personnages prennent de plus en plus de densité au fur et à mesure des récits croisés, des retours dans le passé ; les fils se nouent et se dénouent habilement, et les rebondissements sont là jusqu'au bout, au risque même de rendre l'histoire un peu emberlificotée, mais peu importe ; ça fonctionne. pourquoi Rebecca a t-elle la maladie du sommeil ? Pourquoi fuit-elle régulièrement ? Pourquoi sa mère richissime montre-t-elle ses cicatrices à Werner ? Qu'est devenu Johann, le père naturel de Werner ? 

Les questions maintiennent notre intérêt très vivace, et on sombre dans les heures les plus sombres des années 44 et 45, en Allemagne... 

Comment se reconstruit-on après ? 

C'est à la fois léger et absolument pas léger, Adélaïde de Clermont-Tonnerre sait décidement raconter les histoires.

Merci, Sandrine, pour la découverte et le partage !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, éd. Grasset, août 2016.

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Le déjeuner des barricades :)

23 Février 2018, 19:50pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est drôle, je m'attendais à être plus emballée que ça.

J'ai à peu près le même ressenti qu'après la lecture de l'Ordre du Jour, d'Eric Vuillard. La volonté d'aimer ce livre, un goût pour le thème, l'idée, et quelque chose qui me retient d'être complètement enthousiaste. Pour les mêmes raisons, d'ailleurs, sans doute pour l'aspect "picoré" du livre auquel je ne m'attendais pas. Alors pourtant, c'est léger, c'est chouette, c'est fin, l'intrigue se déroule habilement, l'humour est fin, mais, il y a ce mais...

Peut-être que je reste sur ma faim. Peut-être que j'aurais aimé de la profondeur, avec tous ces personnages et cette valse qu'ils mènent efficacement. C'est pas mal aussi, pourtant, la suggestion ? Mais, je reste sur ma faim, un peu.

Alors, c'est le jour où tout bascule. Le 22 mai 1968. Les barricades à Paris, événements vus de loin, et de l'intérieur d'un Palace parisien, Le Meurice. Autour d'un déjeuner rituel, littéraire, l'attribtution du prix Roger-Nimier. 

Avec l'inversion des valeurs, ce jour-là. Comme au Moyen-Age, lorsque les abbés le temps d'un jour prennent la place du pape ou vice-versa. Bon. Très bien, admettons. Je trouve que le livre ne va pas assez loin... Malgré la réminiscence de cet autre jour où tout aurait pu basculer pour Paris, en 1940, le temps d'une nuit où Von Choltitz justement au Meurice a désobéi, et sauvé Paris. 

C'est intéressant, ces mises en perspectives, je les vois, mais... elles n'ont pas eu le souffle pour m'emballer comme emballe un grand roman, et je le regrette bien.

C'est Sandrine, et Luocine, qui m'ont donné grande envie de lire ce livre. Merci à vous ! :)

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le déjeuner des barricades, Pauline Dreyfus, éd. Grasset, 2017.

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L'Ordre du jour :)

25 Janvier 2018, 19:08pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, il est impossible d'être sceptique quant au contenu, au propos de ce livre. Evidemment, il ne peut que susciter l'adhésion, et l'adhésion profonde pour ce qu'il donne à voir, dénonce, dévoile. Evidemment, c'est sans doute un livre qu'il faut lire, avoir lu.

Mais je dirais sans doute avant tout : d'un point de vue historique. Parce qu'il donne à voir une période très trouble de l'histoire, et dénonce ceux qui ont servi le Reich et en ont tiré leur épingle du jeu. Ce sont les vingt-quatre industriels autour d'une table, et ne voyant que leurs affaires, ferment les yeux sur tout le reste et financent le parti nazi en 1932. De grands noms toujours grands aujourd'hui. Alors oui, ce livre vaut pour ce qu'il dit de l'Histoire, ce qu'elle retient et ce qu'elle gomme... 

Evidemment, avec un cynisme froid, un style propre, il nous fait détester ces hommes bien 'propres' qui ont entraîné le mal ; il nous entraine dans les coulisses de l'histoire, et tente de la re-dessiner, avec de petits faits, auxquelles il redonne une couleur sombre. 

J'ai beaucoup aimé cette idée selon laquelle, parfois, les faits tiennent à peu de chose : parfois c'est un coup de bluff qui oriente les événements. Ce qu'il décrit de l'armée allemande, de ce petit homme brutal... ils n'auraient pas dû aller si loin, et pourtant : le bluff, renforcé par la crédulité, la peur, le besoin d'admirer. Intéressante analyse.

J'ai aimé, mais je confesse que je suis restée un peu sur ma faim. J'ai eu l'impression d'un livre "morceaux choisis", et j'aurais aimé sans doute que ce soit plus lié, plus épais, moins inégal. Cependant, je reconnais le gros travail de documentation historique de l'auteur, et sa capacité à saisir une scène et à la donner à voir brillamment. Et je déteste avoir quelques griefs à l'égard de ce livre. 

Prix Goncourt 2017.

. L'Ordre du jour, Eric Vuillard, Actes Sud, 2017. 

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