Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

choix de vie

A la lumière du petit matin :))

19 Septembre 2019, 21:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Décidemment, je suis toujours aussi fan des romans d'Agnès Martin-Lugand. Cela faisait un moment que je n'en avais pas lu un, je constate que le charme opère toujours, j'ai aimé celui-ci autant que son second, Entre mes doigts le bonheur se faufile.

En fait, il n'y a que ses titres, que je n'aime pas ! Et certains tics de langue, m'enfin, vraiment, sinon, je suis très fan. 

J'ai aimé, là, suivre le personnage d'Hortense, bien en apparence dans sa vie de prof de danse à Paris, à priori attachée à Aymeric, homme marié... Qu'on ne manque pas de trouver très vite odieux. L'auteure parvient très bien à nous le faire ressentir, et cette distorsion avec le ressenti, dupe, d'Hortense... Et puis sa maison familiale, en Provence... Qu'elle a gardée, après le décès traumatisant de ses parents... Une entorse va faire basculer sa vie, au sens premier du terme. Une entorse qui va l'obliger à repenser toute sa vie, et...

Vraiment, vraiment bien.

. A la lumière du petit matin, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon, 2018.

Voir les commentaires

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil :))

31 Juillet 2019, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'ai jamais été attirée par la littérature japonaise.

Une fois n'est pas coutume, on m'a donné envie de lire celui-ci.

D'abord, j'aime quand les titres se découvrent petit à petit, au fil de la lecture.

Celui-ci, bien sûr, j'ai apprécié : on découvre la première partie du titre "Au Sud de la frontière", au début du roman. Quand le protagoniste écoute à 12 ans un disque qui se traduit ainsi, avec la fameuse Mashimoto-San, et que le narrateur nous dit qu'il s'est toujours demandé ce qu'il y avait, justement, au sud de la frontière. Et puis la deuxième partie et la phrase entière, à la fin du roman, quand le narrateur et la mystérieuse Mashimoto-San se sont retrouvés, et qu'elle raconte sa vision du monde, en quelque sorte, et on comprend qu'à l'ouest du soleil (pour un paysan sibérien sur le point de devenir fou), il n'y a sans doute rien, rien que le désert.

J'ai aimé lire ce livre, ça oui, mais je n'en aime pas le fond, ni la plupart des personnages. Etrange, j'imagine ? Ainsi, il nous entraine, nous emporte, incontestablement, mais je ne supporte pas cette femme, celle qu'il retrouve et qui ne dit rien. Elle l'entraîne dans ses délires, ne donne rien, disparaît, prend... Je ne l'aime pas du tout, et j'avoue que par moments, j'ai tout imaginé, le pire ! Je l'ai imaginé manipulatrice, et pourquoi pas nuisant à la vie du narrateur en lien avec le beau-père... (Mais ça, ça aurait été dans un Douglas Kennedy !!) ; là, c'est plus l'implacable mécanique de la vie, du temps qui passe, contre laquelle on ne peut pas grand chose qui me glace, je l'avoue.

Cependant, j'ai dévoré ce livre.

Merci à Thomas pour la découverte !

. Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, 1992, éd. Belfond (2002 pour la traduction française).

Voir les commentaires

J'aimais mieux quand c'était toi

1 Juillet 2019, 21:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Toujours pas d'enthousiasme...

Bof... 

Je comprends mieux le titre, incompréhensible à la lecture du livre, ou alors juste au dernier paragraphe seulement : c'est le titre d'une chanson de Souchon, sur l'amour-passion, écrite en 2005... 

Ici, déception. Quant à l'écriture, quant à l'histoire, quant aux personnages...

Je pense que je vais me tenir à distance de Véronique Olmi, que du reste, je ne me souviens pas d'avoir déjà lu, ce n'est pas bon signe...

L'histoire : elle est comédienne professionnelle. Elle joue une pièce de Pirandello. A deux enfants. Un amoureux, bof. Et puis un soir qu'elle joue, il est là. Paul. Un amour-coup de foudre qu'elle a dû quitter parce qu'ils ne pouvaient pas vivre ensemble ; abdication, mais non-oubli, le coeur n'oublie pas, malgré... Bref, ce soir-là, il est là. Elle est tétanisée.

Là, flou (pourquoi est-il question de 6 mois de coma qui nous perdent ? Alors que vraisemblablement non, il se passe une nuit de flottement pour elle ?) ; ils se retrouvent et parlent, et.

C'est tout, je dirais. 

Restée sur ma faim...

. J'aimais mieux quand c'était toi, Véronique Olmi, 2015.

Voir les commentaires

Un barrage contre le Pacifique :))

4 Juin 2019, 20:39pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je ne me souvenais pas de l'avoir lu. Je ne savais pas si j'aimais Marguerite Duras... J'ai pris beaucoup de plaisir, un plaisir inattendu, à la lecture de ce livre.

Je n'aurais pas su dire ce dont il était question dans ce livre, très très connu, qui a d'ailleurs donné lieu à adaptation cinématographique ; 

c'est rugueux ; c'est du David Vann avant la lettre, et en mode nouveau roman !

L'histoire d'un trio familial. Imbriqué. Interdépendant. Indissociable. Très brillante architecture de leurs imbrications. Donc, la mère (et qui n'a pas d'autre nom que celui-ci), Joseph le fils et Suzanne, la fille. Elle s'est endettée pour changer de vie et construire des barrages contre le Pacifique, dans l'espoir d'avoir son domaine cultivé, et qui rapporte... Or, ce que l'administration lui a vendu est pourri, et s'autodétruit régulièrement. Les rapports avec l'administration, rude, est extrême et noir, mais tellement intéressant, puissant...

On voit la place du garçon, de Joseph, son rôle de pivot, et la place des deux autres mère et fille autour ; et Suzanne qui attend, attend que sa vie change, espère, vie misérable, écrite... Suzanne qui subit un peu l'un et l'autre ; avant de s'émanciper un peu, très peu, et avant même de décider que son salut, pour que l'amour sera la fuite hors de ce lieu, coûte que coûte...

Une très belle découverte.

. Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras, 1950.

Voir les commentaires

Antigone :))

14 Avril 2019, 21:03pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bonheur que de se replonger dans l'histoire d'Antigone, en grande fan que je suis de l'Antigone d'Anouilh. Celle, originelle, de Sophocle.

Elle est évidemment plus complexe, sans doute "chargée" par les strophes et antistrophes antiques poétiques et lyriques, des chants entre les scènes. Digeste, cependant, en tout cas, là, à cette période de ma vie, c'est ce que je me suis dit.

Alors : la version de Sophocle commence par une entrevue entre les deux frangines. Pas de nourrice ici. Ismène a plus de "solidité" que celle d'Anouilh.

Créon est très rude, "un", indivisible, peu nuancé, tranché, buté ; y compris avec son fils Hémon qui pourtant vient habilement lui parler et précher la raison. Y compris en tentant d'infléchir le père parce que le peuple donne raison à Antigone. Mais Créon ne veut rien entendre.

Chez Sophocle, c'est Tirésias (qui n'existe pas dans la version d'Anouilh), le devin, qui vient parler à Créon, pour lui dire de cesser tout cela, de donner sa sépulture au mort et de sauver Antigone, ou il lui arrivera malheur. Créon s'obstine encore, mais, à l'annonce du malheur, il finit par accepter de plier. Il va sur le corps de Polynice, lui donne un tombeau, va jusqu'à Antigone qu'il a condamnée à mourir sous terre, mais là il est trop tard : Antigone est déjà morte, Hémon est là, tente de l'atteindre, lui, son père, et se retourne alors son épée contre lui-même... Eurydice l'apprenant, se donne la mort à son tour. Et Créon se repend, comprenant ses erreurs ! Pas de repentance chez Anouilh, son Créon a juste le sentiment du devoir accompli...

Cette pièce, émanant des siècles passés, est décidément fascinante : qu'une femme ait pu avoir cette importance-là, il y a 25 siècles, chez Sophocle, et dans ce peuple, m'émeut... 

Parce que c'était il y a 25 siècles......

. Antigone, Sophocle, (440 av JC).

 

 

Voir les commentaires

Danser au bord de l'abîme :))

2 Octobre 2018, 18:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

D'abord il y eut Luc, pour me recommander de lire ce livre, et déjà je m'étais dit qu'il en avait sûrement la peine ; la dernière salve est venue de l'auteur lui-même, racontant l'attachement profond qu'avait 'la première dame' pour ce livre en le dévorant en une nuit... Et il est tombé entre mes mains merveilleusement samedi dernier, dans l'une de mes bibliothèques préférées. 

J'avais aimé, mais sans l'adorer la Liste de mes envies ; c'est sans doute ce qui ne m'avait pas donné envie de m'y précipiter encore. Je sais maintenant que je chercherai rapidement à lire les autres livres de Grégoire Delacourt. 

Celui-là est fabuleux.

Parce qu'il explore sans freins une, des thématiques et ses conséquences... C'est fort. Emma est mariée, pas malheureuse, trois enfants. Un jour, alors qu'elle ne cherche rien, un midi dans une brasserie, elle tombe éperdue d'amour. Une passion naît, nourrie de ce désir, de ses pensées. Ils ne feront que se regarder, et pourtant ce sont tous les possibles qui sont forts... Jusqu'au jour où ils décident, l'un et l'autre, conquis l'un et l'autre, de tout quitter l'un pour l'autre. Sauf que, la tragédie. Elle quitte son époux et ses enfants. Va le retrouver, mais... Puis, vient la maladie de son mari, à nouveau. Il y a quelque chose d'incroyablement puissant dans le fait de choisir de vivre, ce qu'on avait voulu vivre, là, sans limites. Un accomplissement de soi ultime, troublant, même quand... Plus fort que la mort. Plus fort que la maladie. 

C'est véritablement juste, c'est sans concession, c'est beau parce que c'est humain, tellement humain, avec tous les grains de sable, ou les murs qu'on se prend d'une vie.

J'ai adoré.

Et avec cela, la résonnance d'un texte qu'on a oublié depuis si longtemps, venu de l'enfance, et qui prend soudain tout son sens, toute sa dimension : quand enfin, on découvre pour la première fois, grâce à Grégoire Delacourt, La Petite chèvre de Monsieur Seguin. Et qu'on l'aime éperdument.

Bibliothèque de Lanvallay.

. Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt, éd. JC Lattès, 2017.

Voir les commentaires

Manon Lescaut :)))

11 Septembre 2018, 17:16pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quel bonheur que cette découverte, et cette plongée dans la littérature du XVIIIe siècle !

Voici sans doute un livre que j'avais négligé de lire, au nom de fausses idées, parce que c'était l'oeuvre d'un abbé, et que je l'avais imaginé austère... Alors que c'est tout le contraire !

Eh bien, cela me donne le bonheur de le découvrir aujourd'hui.

Histoire du jeune homme Des Grieux, donc, et de son affection éperdue pour la jeune Manon. Rencontrée par hasard à Paris dans la rue, et qu'il ne lâchera pas, jusqu'au bout... Malgré les infidélités de la belle... Ils vont vivre ensemble, sans être mariés pourtant ; et nous verrons tous les efforts du jeune homme pour la garder, la reprendre quand elle part, et surtout l'entretenir, par tous les moyens, et surtout l'argent facile, le jeu notamment.

Ce sont des pages et un récit narratif splendide que celui-là. Ici on a encore un récit rapporté, à postériori, ce qui renforce la dramaturgie. Les arguments avancés, régulièrement, par les personnages pour convaincre et rallier à leur cause sont efficaces et jamais ennuyeux ; ainsi le portrait de Manon est fabuleusement bien rendu : ses actes donnent à voir une jeune écervelée qui profite et qui n'aime que l'argent, ses mots, ses explications font douter efficacement celui qui les écoute... Là dessus un récit et des péripéties qui nous tiennent en haleine et jusqu'en Amérique, une Amérique de 1730... Le tout écrit par un Abbé qui a lui-même connu des revirements, et de nombreux doutes, probablement, au vu de sa biographie, dans son rapport à la foi. Ce n'en est que plus intéressant encore.

La fin par contre, surprend beaucoup... : c'est comme s'il n'y en avait pas ! 

Ceci dit, une fabuleuse découverte.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Manon Lescaut, Abbé Prévost, éd. Le Livre de Poche. Première édition : 1731

Voir les commentaires

This is not a love song :)

10 Juin 2018, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Retrouver Jean-Philippe Blondel. Se couler avec toujours autant de plaisir dans son écriture, dans ses récits sensibles, qui nous font ressentir ce qu'ils veulent nous faire ressentir. 

Il est parvenu avec celui-ci à densifier de manière très inattendue et totale la phrase, dans une conversation mondaine et apparemment superficielle : "ah j'ai vu un reportage sur les SDS, c'est terrible". Evidemment, convenu. Et c'est ce qu'on se dit de celle qui la prononce. Et soudain, le récit se poursuit et les personnages sont éclairés d'un jour nouveau, vif et cru, brut très intéressant. Ces personnages qu'on croyait connaître et avoir rangé dans des cases, il faut bien les en sortir, et les redessiner, tous ou presque. Au moins le frère du narrateur, et la belle-soeur. Pas si simple, de ne pas les aimer. Finalement...

Histoire d'attaches familiales, de famille qu'on quitte pour survivre, et se reconstruire ailleurs. En l'occurence en Angleterre pour le narrateur. Histoire d'un passé qui nous rattrappe quand on retourne au plus près de son passé, parce que peut-être on ne peut rester installé dans le déni toujours. Alors savoir, souffrir. Souffrir, vivre avec et accepter, puis reprendre son chemin, en sachant, plus tout à fait le même. Mais en ayant aggloméré son passé recomposé.

. This is not a love song, Jean-PHilippe Blondel, Pocket. 2007.

Voir les commentaires

La fin de Mame Baby

2 Juin 2018, 16:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre-là, je l'ai découvert par hasard, en même temps que son auteure, lors d'une rencontre littéraire à Etonnants Voyageurs intitulée Le courage de la liberté, samedi 19 mai dernier. J'ai eu envie de l'acheter. 

Et je regrette qu'il ne m'ait pas davantage conquise : je n'exclus pas de tenter de le relire, à une autre période ?

Sur le papier, il avait tout pour me plaire. Et puis je suis restée relativement en dehors...

On rencontre donc Mariette, une dame âgée qui vit seule aidée d'une infirmière. Qui fut d'abord une jeune femme blanche, avant que n'arrive une autre infirmière, noire, la narratrice. On va plonger dans la vie de toutes ces femmes, vies entremêlées sans que l'on sache forcément avant : Mariette, la jeune femme blanche, l'infirmière noire, Mame Baby : Mame Baby, amie d'enfance de Mariette. Partie, ayant réussi, devenue une icône dans le quartier. Destins entrelacés, peut-être que ce sont les figures masculines, qui soustendent tout cela, qui sont trop peu dessinées, alors qu'elles sont des clés des liens entre toutes ces femmes...

Je ne sais.

En tout cas, nous savons assez vite qu'on ne saura rien de cette fin de Mame Baby, mais... on voit que c'est aussi une histoire de solitudes, de blessures, d'abandons, de choix de vie amicaux qui marquent définitivement des destins...

. La fin de Mame Baby, Gaël Octavia. Gallimard Continents noirs, 2017.

Voir les commentaires

Miss cyclone :))

15 Avril 2018, 17:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ayant vraiment pris beaucoup de plaisir à la lecture de La Drôle de vie de Zelda Zonk, j'ai eu envie de tenter ma chance à nouveau, et de m'essayer à un autre livre de cette auteure. Chance : il y en avait un à la médiathèque. 

Quelle réussite ! Conquise, encore une fois.

Ses personnages sont véritablement attachants.

Histoire de deux amies, qui vivent à une quarantaine de km de New-York, des amies qui ne se ressemblent guère, Angela et June. Mais indissociables. La belle force d'Angela, qui accepte son destin avec détermination et optimisme est attachante. 

De la même manière que l'importance qu'elle accorde aux liens, aux êtres.

Alors elle suit son destin, et Nick. Belle vie que la leur. Les coups de canifs du destin dans leur parcours n'entachera rien, et cette histoire demeurera lumineuse.

Malgré les trahisons. 

Et la perte. 

En arrière plan du roman, le parc d'attraction du père de Nick, et les événements tragiques du 11 septembre 2001. 

Un grand plaisir de lecture.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Miss cyclone, Laurence Peyrin. Ed Calmann-Lévy, 2017.

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>