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Le blog de la souris jaune

chemin de vie

L'aube sera grandiose :))

9 Mai 2019, 20:58pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voici un moment que je rêvais de la lire, ce roman.

Déjà très fan D'Anne-Laure Bondoux (L'autre moitié de moi-même, Et je danse aussi), celui-ci me faisait de l'oeil depuis longtemps. Enfin. Et je ne fus pas déçue, au contraire ! Le suspense est haletant, et pourtant on est dans un roman intime, qui nous raconte la vie d'une famille, entre aujourd'hui et les années 70, par le biais d'un récit de mère à fille et de flash-backs... Non, dit comme ça, ça ne rend pas compte du livre d'A-L Bondoux. Une mère embarque sa fille un soir, destination inconnue. Sa fille de16 ans, le soir du bal du lycée, fulmine, c'est rien de le dire... Elle la mène à une cabane, isolée de tout, familiale, et pendant la nuit qui va s'écouler, lui révèle son histoire familiale... C'est passionnant, haletant, on a envie autant d'être dans le présent que dans le passé, pour tout comprendre, et on aime chaque personnage de cette famille... 

Evidemment, c'est parfois rude, et surprenant, dans le choix de destinée que le narrateur nous trace... Mais en même temps, c'est lumineux d'espoir, de force de vie, de courage, pour chacun de ces quatre personnages de cette famille !

On ne peut s'empêcher cependant de se demander si, au vu de cette fin, une suite ne se prépare pas... Ca surprend... Je ne peux rien dire, mais ça surprend ! :)

Bon, j'ai de toute façon beaucoup aimé ce livre. Ses personnages, ses retours dans un passé qui nous est très familier...

Très agréable balade ou road-movie... Merci à Delphine, qui, me connaissant bien, m'en avait fait cadeau il y a quelques mois.

. L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux, éd. Gallimard Jeunesse, sept. 2017 

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La mort du roi Tsongor :)))

19 Février 2019, 21:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2002.

Splendide. Vraiment, je suis heureuse de l'avoir acheté, parce que je pense que je le relirai.

Il est fort, il est beau ce livre-là ; il a la force d'une tragédie, où le destin tire inéluctablement les êtres vers ce qu'ils ont cherché... Ou ne sont pas parvenus à éviter.

Ici, les hommes se font la guerre sans se rendre compte que l'orgueil les perd, stupidement, et que c'est leur vie, qu'ils perdent, à ne point vouloir céder ni réfléchir. 

Alors il y a Tsongor, le roi, qui quitta la terre de son père pour construire un royaume plus grand que le sien ; pendant vingt ans il combattit, jusqu'au jour où il en eut assez. Il fit son serviteur un de ses derniers hommes conquis, et ces deux-là échangent un pacte, un pacte de mort... Les années passent, le serviteur prendra la vie de son maître un jour, tel était le pacte. Et le jour arrive ; seulement, les deux hommes sont devenus amis... 

Et puis il y a sa fille, Samilia, que Tsongor promet à un riche époux. Tout va bien, nous sommes à la veille du mariage et tous sont heureux, y compris Samilia, à l'idée de cette union. Mais un voyageur solitaire surgit, sorti du passé, et il rapporte un serment d'enfance que lui et Samilia s'étaient échangés : ils se marieraient, et c'est pour acquérir de la valeur qu'il est parti sur les routes, pour mieux revenir et la mériter... 

Quel dilemne ! Que faire ? Tsongor, refusant de trancher ou pressentant la guerre, décide que le jour de sa mort est arrivé. Il laisse alors derrière lui, des hommes qui vont s'entretuer pendant des années, sans réfléchir, par orgueil, et dont le combat est absurde...

Et il y a le jeune fils de Tsongor, que celui-ci a chargé de construire sept tombeaux pour lui, et que mine de rien, en le condamnant à l'exil, il sauve de ces pêchés d'orgueil, de destruction, de haine, de guerre... 

Entre légendes et mythologies, force des paroles données, force des serments et des attachements, c'est beau, c'est très très beau...

J'ai adoré.

. La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud 2002 ; Le Livre de Poche 2018

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Au pied de la falaise :))

5 Décembre 2018, 16:23pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Quelle tranquille et sereine balade au gré des pages de cette BD ! 

J'ai aimé l'univers, le dessin, la poésie qui ne cède rien au réel ; en Afrique, un petit village pétri des rituels, traditions, séculaires du peuple ; on va suivre Akou, l'enfant Akou, le fils du chef du village. Le temps d'histoires représentatives d'un événement estimé comme fort. Le temps passe sans qu'on s'en aperçoive, et le temps passe aussi dans la BD, pour Akou. Akou devient grand, prend femme, a des enfants, travaille la terre pour faire vivre sa famille... La sagesse qui se dégage de ces pages fait du bien. De petites phrases très justes se glanent, au fil des "leçons de vie" que le quotidien nous donne, le quotidien auquel se frotte Akou, Akou qui ne manque pas de bonté, d'authenticité et de sagesse...

C'est très beau, à tous points de vue.

Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains pour le meilleur...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au pied de la falaise, ByMöko, éd. Noctambule, mai 2017.

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Ma dévotion :))

4 Novembre 2018, 11:53am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Helen et Frank se retrouvent tous les deux par hasard, dans une rue de Londres, et l'on découvre par la voix d'Helen qu'ils se connaissent bien, et qu'ils se sont perdus de vue depuis 23 ans. L'un et l'autre ont environ 80 ans. Elle va alors, comme si elle s'adressait à lui (en utilisant le "tu") dans une longue missive qui est ce livre, raconter leur histoire, depuis le début. Depuis leur adolescence partagée, à Rome, puisque grandissant l'un et l'autre (à grade de père différent) dans un entourage d'ambassade. L'un et l'autre s'accroche à l'autre comme à une évidente bouée fraternelle ; il est dilettante, elle travaille, elle a son bac il ne l'a pas. Mais elle va convaincre leurs pères de les laisser partir ensemble vivre à Amsterdam, pour poursuivre leurs chemins respectifs. Le père accepte pour ne plus avoir ce sujet de honte sous ses yeux, c'est tout ce que ce duo demande... Ils ont l'aisance d'un appartement de famille. Elle bosse, elle bosse, il se cherche, avec une apparente nonchalance. Et va finir par se trouver, et se révéler : peintre. 

Avec un succès grandissant, au fil de sa vie. Ils sortent ensemble, sont amant parfois, mais la chose prend plus de place et de sens pour elle que pour lui : il noue des relations fugitives et nombreuses avec d'autres filles... Elle souffre en silence. Ira jusqu'à se marier, en choisissant un autre homme si différent de lui, partir vivre aux Etats-Unis, et bientôt se rendre compte qu'il est tellement dans sa tête qu'elle reviendra vers lui, et vivre ensemble, avec un fils qu'il a eu d'une autre, en Normandie. Parenthèse presque enchantée...

Jamais, les sentiments ne seront exprimés. Là, elle vide son sac enfin, et elle lache le diagnostic qu'on pressent depuis le début : elle l'aimait. Ne lui a jamais dit. Cela aurait-il changé quelque chose ? 

Le récit est beau, profond, fouillé, singulier.

Ces vies qui s'accrochent l'une à l'autre et cheminent, je les ai aimées.

Comme j'avais déjà beaucoup aimé Le dernier amour d'Attila Kiss, de cette auteure que je trouve véritablement singulière et brillante.

. Ma dévotion, Julia Kerninon, éd. La Brune au rouergue, 2018.

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La tresse :)

7 Août 2018, 14:03pm

Publié par LaSourisJOne

Roman choral.

Voici l'inconvénient d'avoir tant et tant entendu de bien à propos d'un livre, et c'est le paradoxe : on n'est plus complètement vierge en l'abordant, ou l'horizon d'attente est trop grand, alors j'imagine qu'il part avec un handicap... Je concède que je m'étais attendue à autre chose, quelque chose de plus "soutenu", de plus dense. Mais on se fait aussi, parfois, de fausses idées sur des livres, et ça fait aussi partie de la magie de la lecture. 

Bien sûr, impossible ou difficile de ne pas aimer ce livre. Il me fait penser au Prophète, de Khalil Gibran... Un peu un roman à "message" bienheureux, optimiste, chaleureux, universel... 

J'ai mis un peu de temps à entrer dans l'histoire de ces trois personnages, même si (ou justement parce que) le style est très simple. Certains passages m'ont un peu gênée, enfin, j'aurais pu me dire que c'était trop "démonstratif". Cependant, j'y ai trouvé des ingrédients précieux quand même, des personnages féminins qui font face, qui n'abdiquent pas, coûte que coûte, et qui affrontent le poids de leur destinée. Et puis il y a cette structure tressée, sans trop en dire, qui évidemment est chouette et attachante... Les trois histoires sont finalement soutenues par les autres, et c'est un message assez encourageant, une vision du monde qu'on a envie de ne pas occulter.

Médiathèque de Saint-Malo.

. La tresse, Laeticia Colombani, éd. Grasset, mai 2017.

 

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Le canapé rouge :))

4 Août 2018, 15:56pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Oh, c'est magnifique. 

Une magnifique balade, toute douce et puissante en même temps. Un chant intérieur qui vaut pour baume et tentative de guérison, entre vie et mort, mais toujours plus proche de la vie.

Entre quête d'une page qu'on tourne, et nostalgie d'une autre qui se referme, lié par un voyage, ainsi que de belles figures féminines, des mots d'écrivains, et un canapé rouge...

C'est superbe.

Et évidemment, il aura résonné pour moi de façon toute partculière, faisant étonnamment écho pour moi en ce moment...

La narratrice entreprend donc un voyage en train, qui a vocation à retrouver la trace d'un ancien amour perdu, Gil, dont elle sait qu'il est dans une ville de Russie. Il y a ce temps du voyage, des rencontres fugitives et des introspections, jusqu'au point de chute, et l'entreprise de guérison... Et puis il y a son présent, ou son tout juste passé, sa vie partagée avec sa voisine, une femme âgée de qui elle s'est rapprochée et avec qui elle partage de si beaux moments, à papoter, sur un canapé rouge... Voisine qu'elle a quittée pour son voyage, et qu'elle s'empresse de chercher à retrouver, après celui-ci, mais...

Roman-hymne à la vie, quoi qu'il arrive, et coûte que coûte quels que soient les cailloux qui s'en mêlent...

Une très très belle découverte, que je dois à Luocine, qui m'a donné envie de le lire. Mille mercis, Luocine, mille mercis !!

. Le canapé rouge, Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser, 2007.

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Fiona Range :)

18 Juillet 2018, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Fiona Range : c'est le nom d'une femme.

Une jeune femme qui avance dans la vie comme elle peut, avec son envie de vivre et ses casseroles ; son manque de racines familiales, ou ses racines aimées fantasmées, enfouies dans les silences de ceux qui l'ont élevée...

Sa mère, soeur de sa tante, dont personne ne lui parle, et dont elle sait juste qu'à priori, un jour elle est partie ; son père, revenu de la guerre du Vietnam, marqué à vie, torturé, agressif, parano... Mais auquel elle va s'accrocher parce que c'est ce qu'elle croit être ses racines.

Et puis sa famille d'adoption, les cousines, l'oncle, la tante, entre affection et déceptions, et les chéris, les hommes qu'elle fait entrer dans sa vie perpétuellement sans construire.

Jusqu'à ce drame (même si ça finit bien !), ce huis-clos presque insoutenable, cette atmosphère presque étouffante entre les divers personnages...

Un livre du détail. Ou le temps du quotidien est celui qu'on nous livre.

Avec des drames de l'appréciation quotidienne, et des distorsions qui arrivent à la souffrance...

J'ai aimé.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Fiona Range, Mary Mc Garry Morris, éd. Belfond, 2000 (traduit de l'américain).

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Une dernière danse :))

7 Juillet 2018, 09:34am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'avais déjà lu avec un grand bonheur L'île des oubliés, de cette auteure. 

Deuxième coup de coeur pour Victoria Hislop avec ce livre-là, qui est rudement efficace pour faire naître sous nos yeux les personnages d'une famille, les liens d'attachement qui les unissent, et l'absolue injustice d'un sort induit par le contexte, pour les séparer. (La peste, avec l'île des oubliés, la guerre civile ici).

En outre, j'avais déjà lu plusieurs livres autour de la guerre civile en Espagne, lu un certain nombre de choses, apprécié le Guernica de Picasso... Et pourtant, jamais je n'ai compris aussi bien ce qui s'était passé dans ces années-là, avant 1936 et pendant ces trois ans d'horreur où sous l'impulsion de Franco une partie des Espagnols se sont retournés contre les intellectuels de gauche, les ouvriers, les communistes, la danse... Mon Dieu, je n'imaginais pas que cela avait pu être à ce point. Saga d'une famille pendant cette période, dont le père tient un café ; la saga arrive par le biais de photos dans ce bar que la narratrice découvre par hasard lors d'un voyage à Grenade.. Bien sûr, certains "coïncidences" peuvent faire tiquer, bien sûr ; mais ça ne gâche rien au plaisir que j'ai eu d'entrer dans les deux époques, les deux vies celle de Sonia la narratrice, et son gougeat de mari, et la magnifique famille de Mercedes, la jeune danseuse de flamenco... J'adore cette idée que c'est la danse qui sauve, le fait d'exprimer par son corps ses sentiments, et de s'oublier par ce biais, qui préserve de la rudesse de la vie. Et les frères, le torrerro, et puis les deux autres... Et Javier, le beau Javier...

J'ai aussi découvert la force du flamenco. 

Juste, le titre français ne me paraît pas du tout approprié, je trouve que ce roman n'a rien à voir avec "Une dernière danse", bien au contraire, ce serait plutôt "une première danse", en tout cas quelque chose qui ouvre... Le titre anglais The Return était beaucoup plus approprié.

En tout cas vraiment un roman dans lequel se plonger cet été !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Une dernière danse, Victoria Hislop, 2008 ; France, éd. Les Escales mai 2014. 

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This is not a love song :)

10 Juin 2018, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Retrouver Jean-Philippe Blondel. Se couler avec toujours autant de plaisir dans son écriture, dans ses récits sensibles, qui nous font ressentir ce qu'ils veulent nous faire ressentir. 

Il est parvenu avec celui-ci à densifier de manière très inattendue et totale la phrase, dans une conversation mondaine et apparemment superficielle : "ah j'ai vu un reportage sur les SDS, c'est terrible". Evidemment, convenu. Et c'est ce qu'on se dit de celle qui la prononce. Et soudain, le récit se poursuit et les personnages sont éclairés d'un jour nouveau, vif et cru, brut très intéressant. Ces personnages qu'on croyait connaître et avoir rangé dans des cases, il faut bien les en sortir, et les redessiner, tous ou presque. Au moins le frère du narrateur, et la belle-soeur. Pas si simple, de ne pas les aimer. Finalement...

Histoire d'attaches familiales, de famille qu'on quitte pour survivre, et se reconstruire ailleurs. En l'occurence en Angleterre pour le narrateur. Histoire d'un passé qui nous rattrappe quand on retourne au plus près de son passé, parce que peut-être on ne peut rester installé dans le déni toujours. Alors savoir, souffrir. Souffrir, vivre avec et accepter, puis reprendre son chemin, en sachant, plus tout à fait le même. Mais en ayant aggloméré son passé recomposé.

. This is not a love song, Jean-PHilippe Blondel, Pocket. 2007.

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La fin de Mame Baby

2 Juin 2018, 16:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ce livre-là, je l'ai découvert par hasard, en même temps que son auteure, lors d'une rencontre littéraire à Etonnants Voyageurs intitulée Le courage de la liberté, samedi 19 mai dernier. J'ai eu envie de l'acheter. 

Et je regrette qu'il ne m'ait pas davantage conquise : je n'exclus pas de tenter de le relire, à une autre période ?

Sur le papier, il avait tout pour me plaire. Et puis je suis restée relativement en dehors...

On rencontre donc Mariette, une dame âgée qui vit seule aidée d'une infirmière. Qui fut d'abord une jeune femme blanche, avant que n'arrive une autre infirmière, noire, la narratrice. On va plonger dans la vie de toutes ces femmes, vies entremêlées sans que l'on sache forcément avant : Mariette, la jeune femme blanche, l'infirmière noire, Mame Baby : Mame Baby, amie d'enfance de Mariette. Partie, ayant réussi, devenue une icône dans le quartier. Destins entrelacés, peut-être que ce sont les figures masculines, qui soustendent tout cela, qui sont trop peu dessinées, alors qu'elles sont des clés des liens entre toutes ces femmes...

Je ne sais.

En tout cas, nous savons assez vite qu'on ne saura rien de cette fin de Mame Baby, mais... on voit que c'est aussi une histoire de solitudes, de blessures, d'abandons, de choix de vie amicaux qui marquent définitivement des destins...

. La fin de Mame Baby, Gaël Octavia. Gallimard Continents noirs, 2017.

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