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Le blog de la souris jaune

chemin de vie

Eldorado :))

27 Mars 2020, 15:35pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

C'est un roman fort, puissant. Qui marque, et laisse ses résonnances bien après que vous l'ayez refermé.

Je ne sais pas si je l'aurais lu, et en tout cas forcément pas en ce moment, si mon fils ne me l'avait mis entre les mains. Alors... 

J'ai failli l'abandonner au bout d'une trentaine de pages, tant il était douloureux, puissamment douloureux : une femme au regard volontaire intercepte le Commandant d'un navire sur le marché, dans une petite ville de Sicile, Catane... Son regard lui parle étrangement, il la ramène chez lui, et elle lui fait une déroutante demande, après lui avoir livré une partie de son histoire : la mort de son fils d'un an sur le bateau d'une traversée vers l'Eldorado, vers l'Europe... Ce à quoi elle s'est accrochée pour survivre au cours de ces deux ans qui ont suivi : l'idée de vengeance : elle veut tuer l'armateur du navire et lui demande une arme... Et puis il y a aussi l'histoire des deux frères, dont Soleyman, le jeune, qui eux aussi veulent passer, laisser leur pays derrière eux avec tout ce que cela implique de souffrance... Un "deux" touchant dont je ne peux vous en dire plus... Bien sûr, on va perdre la trace de cette femme, on le sait vite, mais on va suivre ces autres hommes... Et la prise de conscience du commandant, et ce qu'il en fait...

C'est puissant, à la hauteur de Laurent Gaudé (j'avais adoré La Mort du roi Tsongor).

Ce livre ne peut pas laisser indifférent...

Il parle aussi de la force qu'il faut pour aller vers ce qu'on veut à tout prix... C'est parfois tout ce qui compte, plus que le résultat, la force qu'on y a mise... Il parle aussi de solidarité, sans qui nous serions des bêtes...

Puissant, une claque.

Merci à mon fils pour cette découverte.

. Eldorado, Laurent Gaudé, J'ai Lu, 2006.

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L'américaine :)))

22 Février 2020, 10:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'attendais ce livre avec une grande impatience, depuis que j'avais eu connaissance de son existence ! La suite des Déracinés... Quelle impatience, quel bonheur ! Je dois avouer que mon rapport aux romans est toujours difficile, comme plus radical, plus exigeant, moins patient... aussi, ceux qui passent à travers les mailles du filet sont rares ! Et donc, ce livre, un bonheur.

Evidemment, joie de retrouver tous ces personnages, comme vivants, laissés derrière la dernière page des Déracinés... J'ai trouvé mon addiction et mon plaisir du même ordre que ceux que m'avaient procuré L'Amie prodigieuse, d'Elena Ferrante... Grande fresque familiale, donc, suite, entre République dominicaine, New-York, Jérusalem... L'Américaine, donc, ou la suite du point de vue de Ruth, la fille cadette d'Almah et Willhem... Sur un temps relativement court, finalement, cinq à six ans, si bien qu'on se prend à souhaiter qu'ici encore, il pourrait y avoir une suite ? 

Je ne trahis rien en disant qu'elle part vivre aux Etats-Unis, dans le cocon de Myriam, la soeur de Willhem... Enfin, entre autres. Elle est touchante, cette Ruth, balottée entre plusieurs désirs, ceux des autres, pour beaucoup, elle mettra du temps à trouver les siens... 

Je n'en dis pas plus... A part que j'ai beaucoup aimé !

Je note ici quelque chose qui n'a rien à voir, mais qui n'est pas anodin : c'est la première fois que je voyais sur un bandeau matérialisée le changement des moeurs, et la féminisation de la langue, avec le "e" à auteure... Les temps ont changé, ça y est ! 

. L'Américaine, Catherine Bardon, éd. Les Escales, Domaine français ; novembre 2019.

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Les déracinés :))

14 Décembre 2019, 12:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ah, le bonheur, de se plonger dans un roman-fleuve, dans une grande fresque historico-familiale qui nous tient accrochée au destin de ses personnages tout au long de ses 600 pages... 

Prendre le temps de le lire à petites goulées, délicieusement le retrouver chaque jour...

J'ai donc beaucoup aimé cette trentaine d'années passées aux côtés de Wilhem et d'Almah. Des années 30 à Vienne, aux années 60 en République dominicaine... De la douleur des années 30 pour ces jeunes gens qui voient soudain la désignation se pointer sur eux, découvrant soudain leur judéité à travers l'intolérance des autres... Alors il y a ceux qu'on aime, ceux qu'on laisse, les choix déchirants qu'on doit faire... Rester, quand tout crie de partir ? Partir et laisser derrière soi ses racines, ses parents ? 

On s'attache beaucoup à ces personnages, à leur humanité. Leur force de vie...

Un profond plaisir de lecture.

Un merci chaleureux à Nicole pour sa recommandation.

. Les déracinés, Catherine Bardon, éd. Les Escales Domaine français, janvier 2017

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Le Maître des paons :)))

29 Octobre 2019, 09:45am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 1997.

Ce livre est splendide.

On pourrait presque imaginer ce livre autobiographique, livré par un narrateur, Sacha Malinoff, d'un certain âge atteint par une cécité précoce, et qui confie l'écriture de ce roman sous la dictée à une personne qu'il salue au début du livre ; le temps de la narration correspond à 1996-97. 

J'aime les circonvolutions du récit, habiles et élégantes telles celles qui entourent l'ocelle de la plume de paon.

Le récit débute alors que le narrateur était étudiant, à Montpellier, et qu'il rencontre en même temps qu'il est en cours avec un professeur très marquant et non insignifiant dans le récit (le professeur Pontécordo), Cynthia. Autour de Cynthia... il y aura son père, son frère, et cette propriété, le Mas des Paons. Dont le narrateur va nous livrer l'histoire, au fil de sa fascination, de ses recherches et de la logique de son histoire. Ah, que j'ai aimé ces entrelacs ! Rencontrer Salem, Nino, etc. J'ai aimé tout autant l'écriture, les réflexions qui l'accompagnent, le recul sur la vie, une vie qui s'est écoulée... Un amour, une trajectoire.

Le Maître des paons est donc cet homme qui ne quitte plus son domaine et peint des paons, encore, toujours... Mais pourquoi ? Quelle superbe histoire que celle-ci...

Je pense que j'achèterai un jour ce livre que j'ai emprunté, pour pouvoir le relire et le déguster une seconde fois.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le Maître des paons, Jean-Pierre Milovanoff, éd. Juliard, 1997.

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La vie secrète de Violet Grant :)

21 Octobre 2019, 10:16am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Il faut sans doute imaginer un "mix" entre un roman de Maria Duenas, de Victoria Hislop et un roman de chick litt. 

Deux histoires s'entrecroisent, celle de Vivian en 1964 et celle de Violet en 1910. Je pense qu'il y a de l'incrédulité possible quant à ces deux personnages et leur époque ; l'humour de Violet est par ailleurs très piquant, très anticonformiste... Attachant, très attachant, même si cela n'aide pas à rendre crédible le personnage, et c'est, j'imagine, ce qui m'a fait penser à la chick litt. 

Cependant, on plonge quand même, et on décide de ne pas être trop tatillon sur les détails, les rouages, ce qui fait qu'on pourrait y croire...

Bon, cette Vivian fait ses armes dans un gros journal américain, Metropolitan, et reçoit un jour une valise à son domicile qui s'avère être celle.. d'une grand-tante, disparue dans la nature, depuis quelques décennies. C'est un homme magnifique, médecin, qui attend à la poste en même temps qu'elle, qui l'aide à ramener sa valise chez elle... Aussi beau que Paul Newman...

Bon, on découvre petit à petit l'histoire de Violet, cette jeune scientifique timorée, et de son Dr Grant, dans le sillage d'un certain Albert Einstein... 

Je n'en dis pas plus. 

C'est très romanesque, pas forcément très crédible, mais on prend !

. La vie secrète de Violet Grant, Beatriz Williams, 2014 (Etats-Unis) ; 2016 chez Belfond pour la traduction française.

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Le clou :)

10 Septembre 2019, 11:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire.

Prenez votre souffle vous partez pour 577 pages. D'une littérature dense, extrêmement fouillée psychologiquement ; 

cela m'a fait penser à une version maléfique de l'Amie prodigieuse, d'Elena Ferrante, tant par son propos que par sa densité. Ce n'est pas la même culture, bien entendu, mais je trouve qu'il y a de cela, dans la façon d'écrire au plus près et même au-dedans des protagonistes. Diffile d'en dire beaucoup, je pense que l'écriture, ce flot de mots pour dire deux enfants et leur destinée en Chine contemporaine compte beaucoup. Même si je dois avouer que si j'ai abordé et lu ce livre tranquillement et avec gourmandise pendant les 200 premières pages, j'ai été saisie, mortifiée, presque violentée par ce qui fait que le roman porte ce titre... Il me suffit juste de vous dire que cela ne peut être en rien ce que l'on pense, et que c'est bien pire que tout... Donc, l'histoire c'est ça, l'histoire de deux enfants qui furent proches et qui se retrouvent à 30 ans, autour d'un traumatisme et même de multiples traumatismes familiaux, en cascade, entremêlés, et quelque part, c'est c'est entrelac complexe qui est intéressant.

Sinon, la nature des individus tels que décrits par l'auteure a de quoi heurter, ou rebuter : en tout cas, ils sont avec toute leur noirceur, toutes leurs pulsions, toute leur simplicité aussi, on ne cherche à rien nous cacher, à ne rien enrober. Vision de l'humain désabusée, ou extrêmement marquée par la désespérance. Vision sans concession.

Je pense que c'est une oeuvre riche, une oeuvre littéraire.

Merci à Franck pour son cadeau et pour sa découverte audacieuse.

. Le clou, Zhang YUERAN, éditions Zulma, 2016 ; traduit du chinois en 2019.

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L'or du bout du monde :))

29 Août 2019, 19:25pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre. Certes, parfois, je me suis laissé perdre dans les entrelacs familiaux du passé, mais cela n'a pas gêné ma lecture.

Ainsi, l'auteur nous entraîne dans la première moitié du XIXe siècle, en Australie. En lien avec la Cornouailles, et la quête de l'or, aux alentours de 1850, qui tourna la tête de beaucoup... Plusieurs histoires se croisent, et on s'attache à toutes. Sur fond d'attachement à une grand-mère du passé, que l'on rencontre et qu'on aime au début du roman...

Il y a Jessie, la jeune fille qui décide d'aller enseigner en plein bush, et dont le chemin se forge, forte de cette décision ; entre le pasteur austère et la gouvernante prévenante... La famille, les deux frères, l'un en Cornouailles, l'autre à Sydney, leurs retrouvailles, et ce qui en naît ; le couple qui part créer leur foyer, leur ferme, et qui rencontre une jeune aborigène, qu'elle décide de prendre sous son aile... Aborigène marquée par la vie, et l'époque : le racisme, le mépris pour ces peuples sont largement donnés à voir aussi, le destin de Kumali à laquelle on s'est attachée tellement poignant... (pour ne pas vous en dire plus)...

Avec l'histoire d'une montre, d'une belle montre en or, qui relie le passé au présent, Tahiti et l'Australie...

Vraiment une très agréable lecture, un roman dans lequel on a plaisir à se plonger, plaisir que je dois à Delph, mille mercis, grande réussite !!

. L'or du bout du monde, Tamara Mc Kinley, 2015.

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Demain à Santa Cécilia :))

8 Août 2019, 10:02am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je gardais un très très bon souvenir du premier roman de cette auteure, L'Espionne de Tanger. Je m'étais dit qu'un jour j'en tenterais un autre (je crois qu'elle n'en n'a pas écrit tant que cela). Chose faite, et plaisir renouvelé, valeur sûre pour moi, donc, sans doute du même ordre que Victoria Hislop que cette Maria Duenas. 

Ici, une femme de 45 ans, Blanca. Bon, début pour lequel on ravale ses critiques tant il paraît cliché, mais tant pis : Son mari vient de la quitter pour une jeunette de 20 ans. Ses deux fils sont grands. Cette universitaire de très bon niveau ne s'en remet pas. Aussi, quand elle apprend d'un de ses fils insouciant que leur père va avoir un bébé, ce bébé qu'elle aurait elle-même voulu, ni une ni deux, elle ne réfléchit pas et sollicite une mission ailleurs, en lien avec l'université. En une semaine on lui trouve une tâche pour laquelle elle est acceptée puisque sur-qualifiée : elle quitte Madrid et part en Californie, sans trop bien savoir ce qui l'attend là-bas, pour une mission de trois mois.

Commence alors une reconstruction, et à ce titre passionnante, qui fait un peu penser à ce qu'on aime chez Douglas Kennedy. Appartement spartiate, travail qu'elle découvre, relations sociales à recréer, blues à maîtriser... Son travail consiste à faire du tri dans des documents ayant appartenu à un universitaire qui en fit legs il y a trentre ans à l'université en question... Elle va finir par se passionner par la tache, après avoir appris à connaître l'homme (décédé) un peu, à travers ce qu'elle en lit, et ce qu'on lui en raconte.

Par ailleurs, autour d'elle se crée un petit réseau d'amis sûrs... Rebecca, simple mais là, le directeur de l'université Luis Zarate et un certain Daniel Carter... Des relations qui vont se densifier, surprendre, risquer de décevoir, mais donner à comprendre qu'on fait ce qu'on peut avec son passé, pour avancer...

J'ai beaucoup aimé, encore une fois. Un vrai plaisir de lecture.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Demain à Santa Cecilia, Maria Duenas, traduit de l'espagnol. Paru en 2012, "Mission Ovildo", paru en France en 2014, éd. Robert Laffont.

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Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil :))

31 Juillet 2019, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'ai jamais été attirée par la littérature japonaise.

Une fois n'est pas coutume, on m'a donné envie de lire celui-ci.

D'abord, j'aime quand les titres se découvrent petit à petit, au fil de la lecture.

Celui-ci, bien sûr, j'ai apprécié : on découvre la première partie du titre "Au Sud de la frontière", au début du roman. Quand le protagoniste écoute à 12 ans un disque qui se traduit ainsi, avec la fameuse Mashimoto-San, et que le narrateur nous dit qu'il s'est toujours demandé ce qu'il y avait, justement, au sud de la frontière. Et puis la deuxième partie et la phrase entière, à la fin du roman, quand le narrateur et la mystérieuse Mashimoto-San se sont retrouvés, et qu'elle raconte sa vision du monde, en quelque sorte, et on comprend qu'à l'ouest du soleil (pour un paysan sibérien sur le point de devenir fou), il n'y a sans doute rien, rien que le désert.

J'ai aimé lire ce livre, ça oui, mais je n'en aime pas le fond, ni la plupart des personnages. Etrange, j'imagine ? Ainsi, il nous entraine, nous emporte, incontestablement, mais je ne supporte pas cette femme, celle qu'il retrouve et qui ne dit rien. Elle l'entraîne dans ses délires, ne donne rien, disparaît, prend... Je ne l'aime pas du tout, et j'avoue que par moments, j'ai tout imaginé, le pire ! Je l'ai imaginé manipulatrice, et pourquoi pas nuisant à la vie du narrateur en lien avec le beau-père... (Mais ça, ça aurait été dans un Douglas Kennedy !!) ; là, c'est plus l'implacable mécanique de la vie, du temps qui passe, contre laquelle on ne peut pas grand chose qui me glace, je l'avoue.

Cependant, j'ai dévoré ce livre.

Merci à Thomas pour la découverte !

. Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, 1992, éd. Belfond (2002 pour la traduction française).

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Le rocher de Tanios :)

25 Juin 2019, 08:59am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 1993.

Bon, bon, bon. Un "sourire" seulement... Pourtant j'ai aimé le style, la façon dont l'histoire nous est racontée, le suspense des enchâssements... Mais je l'ai trouvé - c'est un point de vue très personnel - trop empêtré dans la politique. Ainsi, l'histoire de ce Tanios s'inscrit trop dans un contexte d'opposition entre les peuples et entre les religions ici, en tout cas c'est ce qui m'a freinée dans mon élan, parce que cela le rend parfois bien compliqué. D'autant qu'on peut s'y perdre un peu, parfois, avec les personnages, les différents peuples, j'avais parfois du mal à m'y retrouver.

L'organisation sociétale faisait penser à une organisation moyennageuse, autour d'un seigneur. L'histoire se passe dans les montagnes libanaises essentiellement.

L'histoire du petit Tanios, et de tout son environnement, un Tanios marqué par une histoire d'amour qu'il ne vivra pas, et les décisions des autres ! Son destin sera emprunt de cela finalement.

Le choix meurtrier de son père, leur exil, et puis la suite.

Il y a ce beau choix qu'il fait, lui, son amour pour l'éducation qu'il reçoit d'un couple Anglais, en dépit de tout.

Cependant, c'est un Tanios qui est marqué par le destin...

Ce livre mériterait sans doute d'être relu, pour être vraiment goûté, je suppose.

Pour lors, je garderai un bon souvenir de l'atmosphère...

. Le rocher de Tanios, Amin Maalouf, Grasset 1993 ; Le Livre de Poche 2014.

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