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Le blog de la souris jaune

adolescence

Prête à tout

24 Octobre 2020, 13:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon. La bonne nouvelle, c'est que j'ai pu lire jusqu'au bout un roman contemporain, et que ces temps-ci, ça n'arrive pas si souvent. Celui-ci ne m'est donc pas tombé des mains, faute de tenue, c'est déjà ça. La moins bonne, c'est... Alors, commençons par le début : Joyce Maynard. Des coups de coeur ou presque, lorsqu'il m'est arrivé d'en lire. Surtout Long week-end, mais j'avais aussi beaucoup aimé L'homme de la montagne et Les règles d'usage. Souvent, un fait-divers, donc, comme point de départ de l'intrigue, moi qui aime si peu les faits-divers. Cependant, ce qu'elle en fait, la tentative de compréhension psychologique est évidemment intéressante, et elle sait mener une histoire. 

Cependant, celui-ci était "trop" pour moi. Trop cruel, trop insoutenable, trop injuste, trop douloureux parfois. Pour l'auteure aussi, d'ailleurs, sans doute, puisqu'elle l'explique dans sa postface qui est intéressante à lire : c'est un fait-divers réel, le même scénario qui l'a poussée à écrire ce livre. Pour tenter de comprendre. Il y a quelque chose qui se grippe en moi à cette perspective, et je crois que je refuse de comprendre ce personnage féminin insupportable qu'elle a fait naître, odieux, inhumain. Une jeune femme de 25 ans qui ne cherche qu'à passer à la télé et est donc prête à tout pour cela... Le roman est cependant intéressant en terme de narration (même si, à mon goût, stylistiquement, les prises de paroles sont trop "unies"/homogènes pour un si grand nombre de locuteurs) : les voix se succèdent, et ce sont elles, qui racontent l'histoire. Y compris celle de la protagoniste. Encore un mérite pour l'auteure : malgré le grand nombre de locuteurs, on ne s'y perd pas. On comprend tout de suite "qui parle". Mais j'ai trouvé les caractères qu'elle a fait naître trop "linéaires" trop marqués par une détermination sociale et finalement trop caricaturaux. J'ai envie d'oublier ce livre... Sans doute parce que je refuse d'imaginer qu'il pourrait être réel !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Prête à tout, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, 1992 (édition originale, US), 1995 Fr (Pocket).

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L'étrange bibliothèque :)

1 Octobre 2020, 12:13pm

Publié par LaSourisJOne

Nouvelle.

J'ai du mal avec la lecture, en ce moment. A mon grand dépit, la magie n'opère plus comme avant, vous l'aurez sans doute remarqué... Alors, puisque tout est chamboulé, eh bien contre toute attente, j'ai plutôt aimé, même si j'ai frissonné et que je n'aime pas ça, ce livre de Murakami. Contre toute attente, puisque, normalement, je ne suis pas une grande fan de la littérature japonaise, ni de Murakami. Mais, je me suis laissé prendre à cette histoire, et je bénis toute histoire capable de me captiver encore...

Murakami s'amuse de nos peurs, joue avec l'inconscient et l'absurde. Evidemment. Alors là : comment ne plus jamais mettre les pieds dans une bibliothèque !! (m'enfin !? pardon, Delph !! :))

Bon, voila l'histoire : un jeune ado, lorsqu'il se pose des questions, aime bien chercher la réponse (bon réflexe !) ; alors qu'il s'interroge sur la fiscalité au sein de l'empire ottoman (bien-sûr...), il se rend à la bibliothèque municipale. Il a affaire à un vieillard plus que strict, je ne vous en dis pas plus... Et descendant de plus en plus bas dans cette bibliothèque, il se pourrait bien qu'il ne puisse jamais plus en sortir... Il va y croiser en tout cas un homme-mouton un peu malmené, et une fillette dont il tombe sous le charme... Je suis vraiment entrée dans cette histoire ! Les illustrations ajoutent au charme de celle-ci...

. L'étrange bibliothèque, Haruki Murakami, 1983.

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Long week-end :)))

14 Juin 2020, 17:44pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Force est de constater que je dévore les romans de Joyce Maynard lorsque j'en commence un. Tel Les règles d'usage, déjà (2016) ou L'homme de la montagne (2014). Elle a un vrai talent pour nouer une intrigue, fouiller les personnalités et nous raconter une histoire qui nous prend et nous passionne.

Celui-ci, donc, encore. Trouvé par hasard à Bécherel il y a quelques mois... Que j'ai adoré.

C'est l'histoire d'une mère et de son fils, Henry, racontée par le fils. Lorsque nous suivons l'essentiel et les prémisses de ce roman, il a 13 ans... Ils vivent tous les deux, donc, avec le hamster... Elle a très peu de vie sociale, depuis le divorce d'avec son ancien mari le père du garçon... Un jour ils font des courses au supermarché, et... une rencontre va changer leur vie : un homme demande au garçon de l'aider... Il a besoin d'aide, il a des blessures... Ils quittent tous les trois le supermarché, et il leur apprend qu'il s'est enfui de prison, et comment... Commence un roman palpitant narré par un ado sensible, touchant... Qui voit les événements de son point de vue d'adolescent. Ce qui se passe entre ce trio et passionnant. Les trois personnages sont très réussis, de même que les personnages secondaires qui gravitent autour... Le suspense ne manque pas, véritablement, on n'a pas envie de lâcher le roman...

. Long week-end, Joyce Maynard, éd. 10-18 ; 2009 éd originale ; 2010 éd Philippe Rey. 

 

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La girafe

12 Juin 2020, 16:43pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

"Je n'ai aimé qu'un seul être au monde, et je l'ai tué. Elle s'appelait Hedwige". 

Il suffit de vous indiquer qu'Hedwige est une girafe, et vous avez la trame de l'histoire ; une trame qui fut suffisante, en ce qui me concerne, pour me mettre l'eau à la bouche.

Malheureusement, le livre est le récit d'un détraqué sexuel, enfin, c'est la conclusion que j'en tire... et ce n'est pas forcément ce qu'on avait envie de lire ! Alors même si les déviances du narrateur s'expliquent sans doute par une explication psychanalytique (perte de la mère, abandon du père, culpabilité, volonté d'expiation...), pffff, comment dire... j'ai regretté cet aspect du livre ! Donc, beaucoup des actes de Joseph sont souvent reliés à une sexualité comment dire, une sexualité traumatique ? De son enfance à ses 35 ans, l'âge qu'il a à la fin de cette histoire... J'aurais aimé l'histoire d'une girafe dans son zoo de Vincennes et ce soigneur bien autrement, enfin, c'est le jeu, n'est ce pas ?! Car finalement ce qui lie Joseph à la girafe est une étrange pulsion sexuelle, marquée par une certaine volonté de posséder quitte à faire mal, sans aimer...

Le récit est intercalé de passages qui relatent l'arrivée d'une girafe qui semble être le double de celle-ci, ou son aïeule, en France, une espèce d'épopée qui m'a insuffisamment passionnée.

. La girafe, Marie Nimier, éd. Gallimard, Le Livre de Poche, 1987.

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L'amour a le goût des fraises :)

25 Mars 2020, 17:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une fois n'est pas coutume, c'est le hasard qui m'a fait emprunter le livre-là, sans doute parce qu'il était, dans le rayon de la bibliothèque, à côté de celui que je cherchais qui lui, n'était pas là ! En tout cas : on peut dire qu'en cette période, il correspondait parfaitement à mes attentes et mes besoins. Et oui, un livre c'est aussi ça, n'est-ce-pas ? Donc : lent, qui se lit à petites doses, léger en apparence, dans un cadre autre... Ce livre avance vraiment à petites touches, comme les cercles concentriques qui se dessinent dans l'eau au jeté d'un caillou... Revenant parfois sur ses pas, pour explorer autrement, différemment l'histoire ou même les histoires...

Un roman à plusieurs voix. Celles que rassemble un même cours de dessin. Rien de ce qu'on attend, rien de ce qu'on imagine réellement là, avec ce livre qui change, sans doute déjà parce que son auteure est d'Afrique du Sud, et que ce n'est pas si fréquent. Alors, en arrière-plan, les conséquences de la séparation des peuples Tutsi et Hutu. Deux jeunes femmes, noires, Françoise et Doudou, soeur. Inextricablement liées. Inséparables. A tel point que vivre pour l'une surtout, sera même compliqué parce qu'il est inenvisageable pour l'autre qu'elle crée sa vie... Et puis Stella, la fillette de 13 ans en vacances en Grèce avec sa mère devenue grande, Ivor, le fameux Ivor, Luke, Thymothy l'amoureux... 

Ca avance lentement vers un dénouement loin de ce qu'on attend. 

Vraiment, c'était une lecture très plaisante, tellement rafraîchissante...

. L'amour a le goût des fraises, Rosamund Haden, éd. Sabine Wespieser, 2014 (éd originale, en langue anglaise) ; 2016 pour la traduction chez Sabine Wespieser.

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Le Diable au corps

27 Décembre 2019, 13:38pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis obligée de contextualiser un peu ce roman, avant d'en parler. Rappeler que ce livre a été écrit par un tout jeune homme, qui avait moins de 20 ans, puisqu'il est mort à 20 ans ; son Diable au corps est paru d'ailleurs l'année de sa mort en 1923. 

J'imagine que c'est ce qui fait les limites que j'y ai vues, de mon vieil âge... J'imagine que les phrases à l'emporte-pièce sur la vie prononcées par un tout jeune homme m'ont parfois un peu agacée, et en même temps me fustigeant de m'agacer... 

Je n'ai pas vu d'amour dans cette histoire qui est sensée être une histoire d'amour, et là encore je me fustige... 

Mais aujourd'hui je peux dire : est-ce l'amour, que de souhaiter tout et son contraire juste pour posséder l'autre ? Quitte à engendrer son malheur ? Aujourd'hui je réponds non... Aussi, c'est une passion, certes... Donc, les personnages m'ont agacée, et là encore, je m'en veux de dire cela ! Car évidemment, ce récit interroge...

Donc, c'est l'histoire de la relation (je n'ose dire histoire d'amour) entre le narrateur, 16 ans, et une jeune fille, 18 ans, qu'il rencontre un dimanche familial... Il ne s'en éprend pas ; il trouve un objet qui tombe à propos pour accaparer ses sens et son esprit, à son âge si jeune, me semble-t-il... Elle se laisse prendre, ou se laisse emporter par l'histoire. Tout cela cause bien des dégats, pour deux personnes qui n'en sont guère heureux... 

Je n'ai pas retrouvé, je ne crois pas, tout ce que j'ai tant aimé dans Manon Lescaut ou l'Adolphe de Benjamin Constant, dont les sujets sont pourtant approchants...

Je ne regrette pas cette découverte, ou re-découverte je ne me souviens plus, cependant, bien évidemment, car Radiguet fait partie de l'histoire de la littérature !

. Le diable au corps, Raymond Radiguet, 1923.

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La petite conformiste

7 Novembre 2019, 10:18am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rentrée littéraire 2019.

Bon. Je prendrai quelques pincettes pour ce livre-là. Parce que, s'il est autobiographique, il prendrait des aspects touchants. Il en deviendrait par certains aspects, touchant. Maintenant, puisque c'est une fiction, que j'ai entre les mains, je vais vous donner mon point de vue de lectrice de fiction : je suis passée par plusieurs phases, avec celui-ci.

Au début le livre m'a plu. Il y avait dans la narration nous donnant à voir une fillette cherchant la normalité en dépit de parents complexes et différents quelque chose de frais, qui me faisait presque penser à l'Anglais Alan Bennett dans la fausse retenue de l'écriture. Plaisant. Et puis, je me suis ennuyée. Car cette trouvaille était bien sympa, mais elle ronronnait, et je me suis dit alors dans le corps du livre que je ne savais pas où ça allait m'amener, mais que les histoires de famille de celle-ci, pittoresque à souhait cependant, eh bien je m'en fichais. J'ai retrouvé un haussement de sourcil intéressé à dix pages de la fin, quand on en apprend un peu plus sur le père, ce qui tend à nous faire comprendre sa personnalité... et détesté la fin, à mon sens trop hâtive, et culpabilisante pour la fille, autour de la mère...

Intéressant cependant, et subtil au delà des apparences quant à la construction d'un enfant dans son rapport à la famille...

Merci à Delphine pour son partage et cette découverte, j'ai hâte qu'on en discute !

Quelqu'un l'a t-il lu ? J'attends vos avis...

. La petite conformiste, Ingrid Seyman, éd. Philippe Rey, 2019.

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La mort du roi Tsongor :)))

19 Février 2019, 21:40pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt des lycéens 2002.

Splendide. Vraiment, je suis heureuse de l'avoir acheté, parce que je pense que je le relirai.

Il est fort, il est beau ce livre-là ; il a la force d'une tragédie, où le destin tire inéluctablement les êtres vers ce qu'ils ont cherché... Ou ne sont pas parvenus à éviter.

Ici, les hommes se font la guerre sans se rendre compte que l'orgueil les perd, stupidement, et que c'est leur vie, qu'ils perdent, à ne point vouloir céder ni réfléchir. 

Alors il y a Tsongor, le roi, qui quitta la terre de son père pour construire un royaume plus grand que le sien ; pendant vingt ans il combattit, jusqu'au jour où il en eut assez. Il fit son serviteur un de ses derniers hommes conquis, et ces deux-là échangent un pacte, un pacte de mort... Les années passent, le serviteur prendra la vie de son maître un jour, tel était le pacte. Et le jour arrive ; seulement, les deux hommes sont devenus amis... 

Et puis il y a sa fille, Samilia, que Tsongor promet à un riche époux. Tout va bien, nous sommes à la veille du mariage et tous sont heureux, y compris Samilia, à l'idée de cette union. Mais un voyageur solitaire surgit, sorti du passé, et il rapporte un serment d'enfance que lui et Samilia s'étaient échangés : ils se marieraient, et c'est pour acquérir de la valeur qu'il est parti sur les routes, pour mieux revenir et la mériter... 

Quel dilemne ! Que faire ? Tsongor, refusant de trancher ou pressentant la guerre, décide que le jour de sa mort est arrivé. Il laisse alors derrière lui, des hommes qui vont s'entretuer pendant des années, sans réfléchir, par orgueil, et dont le combat est absurde...

Et il y a le jeune fils de Tsongor, que celui-ci a chargé de construire sept tombeaux pour lui, et que mine de rien, en le condamnant à l'exil, il sauve de ces pêchés d'orgueil, de destruction, de haine, de guerre... 

Entre légendes et mythologies, force des paroles données, force des serments et des attachements, c'est beau, c'est très très beau...

J'ai adoré.

. La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud 2002 ; Le Livre de Poche 2018

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Au pied de la falaise :))

5 Décembre 2018, 16:23pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Quelle tranquille et sereine balade au gré des pages de cette BD ! 

J'ai aimé l'univers, le dessin, la poésie qui ne cède rien au réel ; en Afrique, un petit village pétri des rituels, traditions, séculaires du peuple ; on va suivre Akou, l'enfant Akou, le fils du chef du village. Le temps d'histoires représentatives d'un événement estimé comme fort. Le temps passe sans qu'on s'en aperçoive, et le temps passe aussi dans la BD, pour Akou. Akou devient grand, prend femme, a des enfants, travaille la terre pour faire vivre sa famille... La sagesse qui se dégage de ces pages fait du bien. De petites phrases très justes se glanent, au fil des "leçons de vie" que le quotidien nous donne, le quotidien auquel se frotte Akou, Akou qui ne manque pas de bonté, d'authenticité et de sagesse...

C'est très beau, à tous points de vue.

Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains pour le meilleur...

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au pied de la falaise, ByMöko, éd. Noctambule, mai 2017.

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... 555, les adolescents

22 Juillet 2018, 08:59am

Publié par LaSourisJOne

"Les adolescents sont toujours tellement prudes"

Margaret ATWOOD

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