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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “fourrure”

... 596, le luxe, c'est aimer

9 Décembre 2018, 16:56pm

Publié par LaSourisJOne

"Quand j'étais enfant, le luxe c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de la mer. Plus tard, j'ai cru que c'était de mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme".

Annie ERNAUX

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Fourrure :))

2 Septembre 2011, 21:04pm

Publié par la souris jaune

book_cover_fourrure_47509_250_400-1-.jpgOn ne sait rien de cette femme qu'on découvre alors qu'elle meurt, dans les premières lignes de ce roman. Zita, écrivain à la vie sulfureuse, habituée des gros titres de journaux, retrouvée morte dans sa voiture, enrubannée dans son manteau de fourrure de vison blanc. Avec un portable sur elle, et quelques numéros mémorisés, "connasse 1", "connasse 2"... Tout est jeté. Et ça donne déjà cruellement envie de comprendre, et d'en savoir plus...

Petit à petit, on entrera dans la vie palpitante de cette Zita Chalitzine, livrée par elle-même, par le biais d'un texte (posthume) donc, que découvre, et lit, son mari, de 20 ans son cadet. Et plus le récit avance, plus cette femme qui au départ nous paraît rêche et superficielle, nous touche, nous émeut, tant on découvre une femme courageuse, meurtrie, obstinée, secrète, solitaire... Car c'est bien ça, la tragédie de sa vie. La femme fière tend rarement la main...

Pourtant, elle débordera d'amour... Pour cet homme, le formidable ami de toujours, qu'elle aimera trop tard, alors qu'il meurt... Pour sa fille, elle qui se sent pourtant si maladroite d'avoir une fille, et qui pourtant fera tous ses choix de vie pour elle... Elle, l'ex prostituée de Madame Claude, marquée par l'opprobe, les cancans, les jalousies des sociétés conformistes. Là où la mondanité prend tant de place, qu'elle peut détruire ou façonner un destin.

C'est un très très beau livre, qui trace le destin d'une femme forte et digne, évoquant celui des grandes dames, incomprises de ce siècle.

Je trouve que malgré ses... 571 pages, le livre est très fluide, il se lit avec avidité. Habilement structuré, puisqu'il imbrique les récits, dialogues sans jamais lasser.

"Ecrire, c'est se prostituer. Les métaphores : la lingerie fine. Les descriptions : le lubrifiant. Les aphorismes : les gâteries. Le tout pour 18 euros, avouez que ce n'est pas cher payé si la passe était bonne. L'écrivain est une prostituée, un objet de curiosité dont on se moque et que l'on craint. A la différence près que l'auteur, c'est dans les allées des salons du livre qu'il fait le tapin".

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Entre mes mains le bonheur se faufile :))

27 Juin 2015, 08:31am

Publié par LaSourisJOne

Entre mes mains le bonheur se faufile :))

L'embellie est venue de ce livre, finalement, que j'avais dans ma bibliothèque depuis un certain temps sans avoir eu envie plus tôt de le lire. Finalement, ce que j'aime le moins dans celui-ci, c'est son titre : certes, le rapport avec le tissu qui passe dans la machine à coudre, mais je ne le trouve absolument pas en adéquation avec le propos ! Peu importe.

Voici un roman que j'ai dévoré ; il n'a pas été sans me rappeler par certains aspects 'Fourrure', d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre, même si tous deux sont très différents. Sans doute l'univers (du luxe), et aussi le mystère d'une femme distinguée crucifiée par sa terrible solitude ; il y a de cela dans le personnage de Marthe, cette femme puissante, adulée, propriétaire des Ateliers de couture où débarque l'héroïne. Cette Marthe est loin d'être le personnage principal, bien sûr, il reste donc en second plan, et il y aurait eu matière à le développer davantage, évidemment ; ce personnage trouble, qui se perd dans le besoin de possession, qui n'est décrit que par les autres, son majordome, et puis par les deux personnages principaux. Peu importe. C'est donc l'histoire d'une jeune femme, Iris, la trentaine ; mariée à un fieffé égoïste, un médecin, qui lui ment et la trompe, on le sent longtemps avant de le savoir. Et puis il y a ce deuil mal cicatrisé pour elle qui tente pourtant de vivre malgré tout une vie qui ne lui convient que moyennement, mais qu'elle accepte, parce qu'elle pense que c'est la vie. Ce deuil d'une carrière de couturière, qu'elle n'a pas pu faire, pensant avoir été recalée à une école de couture ; on apprend alors en même temps qu'elle, en plein dîner de famille, qu'en réalité ses parents, bourgeois, voulant la modeler à leur image, bien peu compréhensifs du bonheur de leur enfant finalement, ne lui ont jamais dit, qu'en réalité elle avait été retenue à cette école. Le drame, si longtemps après, et qu'on comprend. Malheureuse dans son métier (elle travaille dans une banque), elle retente, et est reçue. Il faut aller à Paris pour six mois. Sous la coupe de son mari, cela est particulièrement bien décrit : le drame 'individuel' des femmes qui se sacrifient au nom des convenances, de ce qui se fait, pour un supposé bonheur familial, de couple, alors qu'en réalité il s'agit du confort de l'homme... Tant, tant de situations comme celles-là, encore, toujours et même aujourd'hui... Mais bref, jamais de bourreaux sans victimes. Bref : elle, Iris, bien qu'en douceur secoue son joug, et finit par raffler le deal d'aller vivre ces six mois. Six mois qui vont changer sa vie évidemment. Entre Marthe, le 'mentor', celle qui la modèle à son image, son talent révélé, ses doigts de fée, l'univers luxueux qu'elle découvre, et ce magnifique Raphaël, séducteur, sous l'emprise de Marthe, également. Un jeu mortel va se jouer entre ces trois-là, sans que ce soit jamais pesant ; entière jusqu'au bout, naïve mais pas idiote Iris ne va pas se trahir, et c'est ça qu'on aime : même si elle cède une fois, et rentre, brisant son rêve une nouvelle fois et sa carrière sous l'impulsion d'un mari soudain jaloux, elle découvre enfin son adultère, qui dure depuis un an ; alors elle refait ses valises et remonte là où sa vie, celle qui lui ressemble finalement, celle où il y a moins de confort, plus de risques, mais plus vraie, l'attend. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre !

Entre mes mains le bonheur se faufile, Agnès Martin-Lugand, éd. Michel Lafon. Juin 2014.

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