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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “Ne tirez pas sur l'oiseau ”

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur :))

9 Mai 2012, 15:00pm

Publié par la souris jaune

9782253115847-1-.jpgQue voila un livre qui m'a inspiré un profond plaisir de lecture, mais avant tout, un profond respect. Ecrit à la fin des années 50, il raconte l'histoire d'une famille sans mère, dans un petit village de l'Alabama en 1930. Le père est un digne, très digne et admirable avocat empli de sagesse et d'humanité. Il élève seul ses deux jeunes enfants, Jem, l'aîné, âgé d'une dixaine d'années, et Scout, la fillette de 7 ans. C'est par le regard de la fillette que l'histoire nous est livrée. Mais nous avons là, par le prisme enfantin et naïf d'une enfant vive et intelligente, un regard sur le petit microcosme, et la société de l'époque. Autour d'un événement central, amené lentement, habilement : la condamnation à mort d'un noir, pour le viol et l'agression d'une jeune fille blanche... Affaire pour laquelle le brillant avocat est commis d'office... surtout parce que le juge, lui aussi un homme intelligent, semble vouloir donner une chance à cet homme d'une autre couleur de peau, et qu'il ne croit pas coupable... Miroir d'une époque où les droits et l'égalité sont affaires de couleur de peau, où les noirs sont avant tout des domestiques qui n'ont pas voie au chapitre ni à la considération qu'ils méritent comme tout être humain. Et Atticus, le père, l'avocat, va défendre cet homme et prouver qu'il ne peut être coupable... Seulement, la société sera plus forte. Un petit pas toutefois : on aura pour la première fois consacré une audience longue et mûre réflexion à propos d'un noir... En plus de cette affaire, qui marque profondément le village et les deux enfants, il y a l'univers de ceux-ci ; leurs incompréhensions, leurs questionnements face aux fonctionnements des adultes. Et puis cette histoire toute simple de voisinage, avec ce Boo Radley invisible de tous, que les enfants fantasment, et qui pénètrera héroïquement leur univers jusqu'à leur sauver la vie...

C'est drôle, j'étais persuadée pendant toute la lecture de ce livre qu'il était l'oeuvre d'un homme ; et j'ai découvert que c'était une femme, qui avait gommé une partie de son nom, Nell Harper Lee qui en était à l'origine ! Quant au titre, il évoque un des sages crédos du père, Atticus, qui soutient que les oiseaux moqueurs sont des oiseaux qui par leurs chants apportent de toute façon la joie, et qu'ils devraient toujours être épargnés.

C'est un très très beau récit plein de leçons de vie. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'en cette période actuelle de montée de l'intolérance à l'égard de la différence aujourd'hui en France, cette montée de la xénophobie, il devrait être mis entre toutes les mains de ceux qui ont osé penser que les thèses du front national pouvait apporter une solution à leurs maux... Sans se dire que ce n'est pas en détestant son prochain que son histoire ira mieux. Sa lecture devrait être obligatoire : un peu de pédagogie, et de retour sur l'Histoire, ne serait pas de trop, et une bien légère "punition", ou contribution à l'esprit d'Etat dans lequel nous sommes tous contraints de vivre...

 

. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee, 1960.

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Sublimes créatures :)

1 Septembre 2013, 19:32pm

Publié par LaSourisJOne

Sublimes créatures :)

Roman, fantastique.

C'est l'histoire de Léna, jolie "enchanteresse", sorcière de 15 ans, aux pouvoirs incertains jusqu'à ses 16 ans, racontée par le jeune Ethan, 15 ans aussi. Qui tombe éperduement amoureux d'elle. Elle pourtant maudite, au lycée, car nièce de Ravenwood, oncle mystérieux, caché pour la population de la ville, et incarnant du coup une espèce de mythe négatif et redouté, à l'image du Boo Radley de Ne tirez par sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee. Le seul allié qu'Ethan ne perd pas, c'est Link, son meilleur ami. J'avoue que j'ai aimé me plonger dans les aventures de ces deux adolescents, marqués par les réminiscences surnaturelles de leurs deux aïeux, Ethan et Geneviève, amoureux transis déjà, des siècles auparavant ; rencontrer la famille de Léna, son oncle l'élégant, le chien-loup Boo Radley (justement !) et puis la machiavélique cousine. Visiter la chambre de Léna, épisodiquement couverte d'écritures, déclenchées par ses pensées... Malgré les 630 pages, et malgré la lenteur de l'attente de cet anniversaire destiné à tout changer ; on tourne un peu en rond, sur la longueur, mais l'intrigue et les personnages m'ont vraiment plu... Alors, je pense succomber à la tentation de m'atteler au prochain tome, tout aussi épais, 16 lunes !

. Sublimes créatures, Kami Garcia et Margaret Stohl, oct. 2011. 630 pages.

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... 680, de circonstance ?

17 Mars 2020, 16:49pm

Publié par LaSourisJOne

"Jamais elle ne s'ennuie - il y a les ciels. Il y a les ciels, la mer, les oiseaux et le vent, cela lui suffit".

Sylvie GERMAIN

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... 435

10 Mai 2016, 13:20pm

Publié par LaSourisJOne

"Le wagon vole et la ville, château de cartes, dominos de sucre, vient à elle comme les lueurs des étoiles sur la peau de l'oiseau qui sommeille".

Dominique PASCAUD

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... 499

1 Septembre 2017, 18:59pm

Publié par LaSourisJOne

"As-tu jamais vu un oiseau posséder plusieurs nids ? Ou un renard repu surveiller une carcasse qu'il ne mangera pas ? Il n'y a pas de riches, chez les animaux, aucun n'entasse des biens surnuméraires, des fortunes dont il ne profite pas".

Eric-Emmanuel SCHMITT

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...158

26 Août 2012, 10:22am

Publié par la souris jaune

"Il peut y avoir de ces fausses annonciations, de ces grâces d'un jour, véritables casse-cou de l'âme, abîme, abîme où s'est rejeté l'oiseau splendidement triste de la divination".

André BRETON

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Un oiseau blanc dans le blizzard

27 Janvier 2014, 12:41pm

Publié par LaSourisJOne

Un oiseau blanc dans le blizzard

Une couleur : le blanc. Mais ce n'est pas ici le blanc de la pureté qui prévaut, mais le blanc froid, dur, qui coupe, qui heurte. La glace. Le blanc qui étouffe (le coton). L'univers de Laura Kasischke n'est pas un univers de confort, il est comme une lumière crue en plein visage... C'est un univers d'images, et de symboles avec lequel il faut se familiariser. Si tant est qu'on s'y familiarise. En tout cas, on évolue ici sur plusieurs années dans l'univers d'une adolescente, lycéenne, qui voit soudainement sa famille se disloquer : du jour au lendemain, sa mère disparaît. Une mère qu'au fil du récit il nous est donné de découvrir, à travers les souvenirs expurgés de l'héroïne, une mère au foyer qui s'ennuie, tranchante et sans concession avec sa fille.

La jeune fille vit donc avec cette disparition. Cette situation est donnée à voir comme une nouvelle inquiétude structurelle plus que comme un traumatisme. Même si elle va voir, un peu comme un rituel, une psychologue, qui l'aide pourtant, le récit n'est surtout pas donné à voir dans son aspect psychologique. Les personnages font avec. Avancent. Se cotoient plus qu'ils n'échangent. Finalement, assez remarquablement à l'image d'un univers d'adolescent(e). Et c'est sans doute en cela que c'est fort : la puissance de Laura Kasischke à retraduire par son récit le malaise, le "en cours de construction", le "à l'état brut" de l'adolescence ; toute tentative de glose est superflue, l'adolescent se débat comme il peut. Point. Exit la psychologisation. Et c'est ce qu'il en ressort de ce livre. Sur fond quand même de traumatisme familial, et d'intrigue qui se noue l'air de ne pas y toucher, mais sûrement, autour de quelque chose de glauque, de profondément symbolique, sans doute, mais de glauque... Puisqu'on finira par savoir où est la mère... Et bien sûr, sur fond de construction d'une personnalité dans l'âge de l'entre-deux, qui se bricole, contraint de se bricoler, car ado, dans un univers d'adultes, quel autre choix ? L'habileté de Laura Kasischke est incontestable ; cela dit, je confesse que ce n'est pas du tout ma tasse de thé...

. Un oiseau blanc dans le blizzard, Laura Kasischke, Christian Bourgois éditeur. Parution : août 2012.

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Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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Pactum salis :(

5 Mai 2018, 22:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, bon, le deuxième opus d'Olivier Bourdeault ne m'aura pas convaincu. 

Dommage, j'avais véritablement raffolé de En attendant Bojangles.

Elle m'aura agacée, et ennuyée, cette histoire-là. Tout en déplorant le gâchis, parce que cet auteur sait fichtrement raconter une histoire, et en plus il a du style. 

Mais ce livre-là est vraiment trop bavard, oiseaux, verbeux, dieu ce qu'il m'a agacée !

L'histoire n'a ni queue ni tête. Seulement les personnages ne se tiennent pas, ils ont finalement tous le même fond de personnalité, ils ressemblent à un seul, alors que pourtant, on voit que l'auteur nous les dessine différents. On sent que l'auteur avait envie de nous balancer toutes ses réflexions à demi-abouties sur le monde, version café du commerce. Merde ! Ca m'a saoulée ! Moins de tartines, en s'écoutant moins raconter, une histoire qui se tenait, et ça donnait encore un très bon livre, mais là pour moi ça se disloque, ça s'effiloche, autour pourtant des marais salants de Batz-sur-Mer et du Croizic, et du métier de paludier.

Ca aurait pu être haut en couleurs, mais au lieu de cela c'est écoeurant.

Bibliothèque d'Evran.

. Pactum Salis, Olivier Bourdeault, éd. Finitude, 2018.

 

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Trois femmes puissantes :))

13 Février 2019, 12:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Prix Goncourt 2009.

Depuis que j'ai ouvert ce livre, et tout au long de sa lecture, je songe à ce titre... Ce titre qui résiste, et c'est très bien comme ça, il ajoute de la densité, même s'il n'en manquait pas. Alors parfait. Je réfléchirai encore longtemps, à ce titre, à ce choix... Car il n'est pas évident que les récits mettent au coeur un personnage féminin, déjà ; quant à les dire puissantes... C'est très très intéressant, d'autant plus, finalement. 

En première partie au coeur du livre le père, le père destructeur, dont la personnalité écrase fille, garçon, jusqu'à son paroxysme, mais toujours, pour qu'on puisse toujours possiblement en douter... Et puis sa fille, (la femme puissante ?), avocate, qui n'aura d'autre choix que de voler au secours de son frère pour le tirer de prison, elle qui aime tant son jeune frère, victime du père ; elle qui est à la merci de son trop gentil chéri... Le point de vue de la narration est extrêmement important, il change tout... 

Puis, après un simple mot "contrepoint", on bascule dans une autre histoire, celle de Fanta, femme soumise... ? Mais c'est son mari qui raconte... Un mari aux prises avec son métier de vendeur de cuisines chez Manille, la chaleur, ses hémorroïdes, sa paranoa quant à sa femme et l'amour de sa femme...

Et puis la troisième histoire, non moins choc, celle de Khady : son mari mort l'a laissée à la merci de la famille de celui-ci. Qui finit par se débarasser d'elle, mais : elle se sentira libre, vivante, jusqu'au bout, et jusque dans tous les recoins de son dur parcours souffrant, de femme migrant... 

A cela, ajouter que les trois tableaux sont tous aussi palpitants les uns que les autres ; on s'y plonge avec autant d'intérêt pour chacune des histoires ; les tableaux sont reliés par un fil ténu, éloigné, une même ville, une parente... Peu importe, mais cela ajoute du sel à l'ensemble, on se demande, on repasse en revue chacune des histoires pour vérifier qu'on n'y a pas croisé le nouveau personnage...

Et puis il y a le motif de l'oiseau. Qui lie aussi les trois histoires, en y introduisant la dimension non rationnelle de l'étrange, de ce qui ne s'étiquette pas facilement, de ce qui ne rentre pas dans une case... Car, comment ne pas songer à l'oiseau, quand elle nous parle du père dans la première histoire, lui qui passe toutes ses nuits dans le flamboyant (l'arbre) ? Et puis il y a la buse, l'obstinée, celle qui harcèle le second personnage, le vendeur de cuisines, et qu'il s'imagine être sa femme ; et puis enfin le corbeau, dans l'histoire de Khady, le corbeau c'est Lamine, l'ami qui trahit... 

Ce livre résiste aux étiquettes et on ne l'en aime que plus.

Il est fort, une vraie belle découverte littéraire.

. Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye, éd. Gallimard NRF, 2009.

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