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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “Le mur invisible”

Le mur invisible :)

9 Août 2012, 21:52pm

Publié par la souris jaune

le-mur-invisible--50754-250-400-1-.jpgOuh la ! La claque !! Etonnant roman que celui-ci, écrit par l'Autrichienne Marlen Haushofer, et paru en 1963. Je peux tout à fait imaginer qu'il habite longtemps, longtemps son lecteur...

C'est le récit d'une femme, d'âge mûr, qui a élevé deux filles, veuve, qui se rend de temps à autres chez des amis en montagne. Nous la découvrons au cours de l'un de ces séjours. Un après-midi, le couple qui la reçoit s'absente pour aller au village d'à côté. Habitués à fonctionner en autonomie, chacun vaque à ses occupations... Elle  se couche, et ferme la porte à clé... Oubliant de se réveiller pour leur ouvrir au cas où ils reviennent en pleine nuit. Au matin, elle découvre qu'ils ne sont pas rentrés et part à leur recherche, à pied, quand elle se heurte violemment la tête contre un obstacle transparent... Il s'avère que cet obstacle est un mur invisible, qui semble avoir été érigé pendant la nuit, et qui se présente à elle dans quelque direction qu'elle tente d'emprunter... Elle finit par planter des branches d'arbres le long de celui-ci, pour ne plus avoir à s'y cogner...

Elle est alors prisonnière de la vallée, avec quelques animaux domestiques, sans compagnie humaine : règne une ambiance de fin du monde... D'autant que de l'autre côté du mur, les rares humains qu'elle aperçoit sont figés, comme de pierre...

Cela m'a rappelé la nouvelle de Simak, le "voisin"...

C'est le quotidien de cette femme qu'on lit ici, pendant un peu plus de deux ans (puisqu'elle a un réveil, et qu'elle note le passage du temps)., la façon dont elle va devoir s'organiser, ce qu'elle va devoir apprendre, réapprendre ou désapprendre... Son récit s'arrête lorsqu'elle n'a plus de papier pour écrire...

C'est étrange parce qu'il se passe évidemment peu de choses dans ce récit, mais chaque petit événement a une énorme résonnance ; on les vit avec une réelle intensité, comprenant , ressentant même presque ce qu'ils peuvent représenter pour elle dans sa situation. Il se passe peu de choses, et souvent des choses répétitives, et pourtant on se passionne pour cette histoire, on suit ses pensées, ses cheminements, et surtout on attend de savoir quelle issue aura cette histoire... Evidemment le récit tend à faire relativiser beaucoup de choses, le superflu par rapport au strict nécessaire, au coeur de ce texte... Avec pour moi deux pages marquantes d'ailleurs, où elle fustige le rythme quotidien et normal en ville, qui ruine les nerfs, alors qu'on devrait toujours tendre à se rapprocher de la nature, et à ne pas se mentir...

Un texte très fort, que je remercie Jérôme de m'avoir fait découvrir...

 

. Le mur invisible, Marlen Haushofer, éd. Babel. Paru en 1968, Actes Sud en 1985. 

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L'histoire de Pi :(

20 Mars 2014, 12:24pm

Publié par LaSourisJOne

L'histoire de Pi :(

Quel avis peut-on avoir d'un livre que l'on a dévoré avec appétit pendant les 180 premières pages, puis qui nous a plongé dans un profond ennui pendant les 220 pages suivantes ? J'avoue que l'histoire de Pi m'a vraiment fait pétiller, à la lecture de la 4ème de couverture, et pendant toute cette première partie du récit. Pour ceux qui n'en auraient jamais entendu parler (il a aussi donné lieu à une adaptation cinématographique, semble t-il), Piscine Molitor Patel, 15 ans, vit à Pondichéry où son père est directeur de zoo. Jusqu'au jour où la famille décide de tout plaquer pour partir au Canada, par bateau, avec une partie des animaux, vendus sur le continent américain. Au bout de quatre jours... Le bateau fait naufrage, et Pi est le seul survivant... humain. Bientôt il découvre qu'il a survécu au même titre qu'une hyène, un zèbre, un orang-outang, et un tigre du Bengale de 200 kg... Sur son canot de fortune, Pi va passer 227 jours en mer, avec bientôt pour seul compagnon Richard Parker, le tigre du Bengale...

En fait, j'ai été très excitée par ce livre jusqu'à à peu près les cinq premiers jours de Pi en mer avec son tigre. Après... Eh bien c'est très très long, très répétitif, l'auteur ne nous épargne aucun des détails techniques, aquatiques de la faune et la flore qui environnent le personnage principal, le récit se répète, revient sur ses pas, est maladroit... Bref, ça lasse. Pour ma défense, jamais dans Le mur invisible, d'un autre genre mais qui raconte aussi l'histoire d'un personnage solitaire au milieu de la nature avec forcément des gestes et des actions répétitifs, jamais la lecture de ce livre ne m'avait lassée, bien au contraire...

J'ai trouvé que le propos était délayé... Pourtant, j'ai aimé le personnage ; sa philosophie de la vie ; son rapport naïf à la religion (lui qui trouve son compte auprès de trois religions différentes) m'a fait rire ; de même que ce récit soit enchassé dans quelque chose qui fait appel à la mémoire, m'a plu, autrement dit de savoir que c'est un Pi adulte, marié, qui raconte son histoire (qui pourtant tant d'années après paraît si précise) à un journaliste... J'en garderai sans doute un souvenir mitigé, noirci par ces longueurs...

. L'Histoire de Pi, Yann Martel. 2001. Ed. 2003 pour l'édition française, chez Denoël. Paru en 2005 chez Folio.

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... 661 : j'en rêve !!

25 Novembre 2019, 11:26am

Publié par LaSourisJOne

"J'ai acquis le privilège de pouvoir, dès que la pression sur moi est trop forte, m'absenter de la situation matérielle en sautant mentalement dans une cabine invisible qui m'emporte d'un bond au dessus des réalités et s'élève dans un ciel débarrassé des importuns".

Jean-Pierre MILOVANOFF

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...62

10 Août 2011, 15:42pm

Publié par la souris jaune

On peut s'étonner "parfois du manque de reconnaissance des gens pour les efforts invisibles : des efforts qui, vus à l'échelle du monde plus vaste, sont de peu d'importance, mais dont les résultats, en fin de compte, donnent tant de plaisir".

Angela HUGH

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... 506, perte du territoire de l'enfance

4 Novembre 2017, 10:47am

Publié par LaSourisJOne

"Je suis parti un matin d'hiver en chasse de l'enfance. J'avais décidé de la capturer entière et vivante. 'Regarde, elle est là, tu la vois ?' Je l'avais toujours sentie battre en moi, elle ne m'avait jamais quitté. Mais c'était le vol d'un papillon obscur à l'intérieur, le frôlement d'ailes invisibles dont je ne retrouverais qu'un peu de poudre sur mes bras au réveil".

Timothée de FOMBELLE

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...48

18 Juillet 2011, 20:52pm

Publié par la souris jaune

"On ne chasse pas les images, et encore moins les brèches invisibles qui se creusent au fond des ventres, on ne chasse pas les résonnances ni les souvenirs qui se réveillent quand la nuit tombe ou au petit matin, on ne chasse pas l'écho des cris et encore moins celui du silence."

Delphine DE VIGAN

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... 354

2 Mai 2015, 18:27pm

Publié par LaSourisJOne

"Je déteste l'open space. Je m'y sens comme dans une vaste prison, sans murs ni barreaux mais totalement transparente. Je m'y sens épiée, surveillée, contrôlée".

Irène COHEN-JANCA

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... 708, comme un écho prémonitoire...

25 Août 2020, 08:46am

Publié par LaSourisJOne

"L'intérieur des maisons, si agréable soit-il et si libre que vous soyez, est toujours un enfermement entre des murs". 

Pierre-Jakez HELIAS

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...179

18 Décembre 2012, 13:28pm

Publié par la souris jaune

"Parce que le système éternue, nous redevenons tremblants et veules, tout petits. Du silence ambiant se détachent des rumeurs, comme si le silence était un mur lépreux qui perdait de lui-même". 

Eric FAYE

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur :))

9 Mai 2012, 15:00pm

Publié par la souris jaune

9782253115847-1-.jpgQue voila un livre qui m'a inspiré un profond plaisir de lecture, mais avant tout, un profond respect. Ecrit à la fin des années 50, il raconte l'histoire d'une famille sans mère, dans un petit village de l'Alabama en 1930. Le père est un digne, très digne et admirable avocat empli de sagesse et d'humanité. Il élève seul ses deux jeunes enfants, Jem, l'aîné, âgé d'une dixaine d'années, et Scout, la fillette de 7 ans. C'est par le regard de la fillette que l'histoire nous est livrée. Mais nous avons là, par le prisme enfantin et naïf d'une enfant vive et intelligente, un regard sur le petit microcosme, et la société de l'époque. Autour d'un événement central, amené lentement, habilement : la condamnation à mort d'un noir, pour le viol et l'agression d'une jeune fille blanche... Affaire pour laquelle le brillant avocat est commis d'office... surtout parce que le juge, lui aussi un homme intelligent, semble vouloir donner une chance à cet homme d'une autre couleur de peau, et qu'il ne croit pas coupable... Miroir d'une époque où les droits et l'égalité sont affaires de couleur de peau, où les noirs sont avant tout des domestiques qui n'ont pas voie au chapitre ni à la considération qu'ils méritent comme tout être humain. Et Atticus, le père, l'avocat, va défendre cet homme et prouver qu'il ne peut être coupable... Seulement, la société sera plus forte. Un petit pas toutefois : on aura pour la première fois consacré une audience longue et mûre réflexion à propos d'un noir... En plus de cette affaire, qui marque profondément le village et les deux enfants, il y a l'univers de ceux-ci ; leurs incompréhensions, leurs questionnements face aux fonctionnements des adultes. Et puis cette histoire toute simple de voisinage, avec ce Boo Radley invisible de tous, que les enfants fantasment, et qui pénètrera héroïquement leur univers jusqu'à leur sauver la vie...

C'est drôle, j'étais persuadée pendant toute la lecture de ce livre qu'il était l'oeuvre d'un homme ; et j'ai découvert que c'était une femme, qui avait gommé une partie de son nom, Nell Harper Lee qui en était à l'origine ! Quant au titre, il évoque un des sages crédos du père, Atticus, qui soutient que les oiseaux moqueurs sont des oiseaux qui par leurs chants apportent de toute façon la joie, et qu'ils devraient toujours être épargnés.

C'est un très très beau récit plein de leçons de vie. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'en cette période actuelle de montée de l'intolérance à l'égard de la différence aujourd'hui en France, cette montée de la xénophobie, il devrait être mis entre toutes les mains de ceux qui ont osé penser que les thèses du front national pouvait apporter une solution à leurs maux... Sans se dire que ce n'est pas en détestant son prochain que son histoire ira mieux. Sa lecture devrait être obligatoire : un peu de pédagogie, et de retour sur l'Histoire, ne serait pas de trop, et une bien légère "punition", ou contribution à l'esprit d'Etat dans lequel nous sommes tous contraints de vivre...

 

. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee, 1960.

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