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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Antigone :))

14 Avril 2019, 21:03pm

Publié par LaSourisJOne

Théâtre.

Bonheur que de se replonger dans l'histoire d'Antigone, en grande fan que je suis de l'Antigone d'Anouilh. Celle, originelle, de Sophocle.

Elle est évidemment plus complexe, sans doute "chargée" par les strophes et antistrophes antiques poétiques et lyriques, des chants entre les scènes. Digeste, cependant, en tout cas, là, à cette période de ma vie, c'est ce que je me suis dit.

Alors : la version de Sophocle commence par une entrevue entre les deux frangines. Pas de nourrice ici. Ismène a plus de "solidité" que celle d'Anouilh.

Créon est très rude, "un", indivisible, peu nuancé, tranché, buté ; y compris avec son fils Hémon qui pourtant vient habilement lui parler et précher la raison. Y compris en tentant d'infléchir le père parce que le peuple donne raison à Antigone. Mais Créon ne veut rien entendre.

Chez Sophocle, c'est Tirésias (qui n'existe pas dans la version d'Anouilh), le devin, qui vient parler à Créon, pour lui dire de cesser tout cela, de donner sa sépulture au mort et de sauver Antigone, ou il lui arrivera malheur. Créon s'obstine encore, mais, à l'annonce du malheur, il finit par accepter de plier. Il va sur le corps de Polynice, lui donne un tombeau, va jusqu'à Antigone qu'il a condamnée à mourir sous terre, mais là il est trop tard : Antigone est déjà morte, Hémon est là, tente de l'atteindre, lui, son père, et se retourne alors son épée contre lui-même... Eurydice l'apprenant, se donne la mort à son tour. Et Créon se repend, comprenant ses erreurs ! Pas de repentance chez Anouilh, son Créon a juste le sentiment du devoir accompli...

Cette pièce, émanant des siècles passés, est décidément fascinante : qu'une femme ait pu avoir cette importance-là, il y a 25 siècles, chez Sophocle, et dans ce peuple, m'émeut... 

Parce que c'était il y a 25 siècles......

. Antigone, Sophocle, (440 av JC).

 

 

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La chaise numéro 14 :))

12 Septembre 2016, 21:59pm

Publié par LaSourisJOne

La chaise numéro 14 :))

Roman.

Un roman sur une période de l'histoire terrible, la libération qui suivit l'occupation par les Allemands, et celle des règlements de compte, des basses et iniques vengeances. La libération de toutes les mauvaises pulsions, et des mauvais instincts. Le sujet de ce livre c'est ça, une femme, tondue. Des moments qui précèdent ce douloureux événement, aux semaines qui suivent, et ce qu'elle en fait. C'est très beau, très fort. J'ai aimé suivre ce personnage et sa détermination, la voie qu'elle emprunte pour laver cet affront qu'on lui a fait. Ce courage qu'elle a d'affirmer qu'elle n'est coupable de rien (elle a aimé un officier allemand, passionément, ils se sont aimés), que l'amour n'est pas une raison suffisante pour induire cette honte qu'on inflige à un être d'être tondue en public et de perdre le symbole de sa féminité. Alors, avec une sourde détermination, elle va établir une liste des personnes qu'elle va vouloir voir 'plier', abdiquer devant elle pour ce qu'ils ont fait. Une liste, un nombre, cinq ; cinq, et l'on retrouve cette fascination du personnage pour les chiffres, dont elle se dit dépendante ; ainsi, le numéro de la chaise, correspond au numéro qu'on donne aux chaises de bistrot alors, chaise numéro 14, parce qu'il faut six pièces de bois et huit vis pour la faire tenir. La chaise de l'auberge tenue par son père, qu'on est allée chercher pour la tondre, en public. Une chaise, qui fait partie d'un rituel, d'une cérémonie qui l'accompagnent pour aller au bout de ce qu'elle s'est fixée ; cette chaise, qui se décolore avec le temps mais qu'elle emporte avec elle, cette robe, blanche, immaculée, celle que sa mère porta avant sa mort, d'un autre temps, qu'elle portait pour être tondue et qu'elle remet chaque fois qu'elle va à la rencontre de l'un des cinq.

Elle ira voir le coiffeur, celui qu'on impulse d'agir, et par la force de son regard, fier, impulse sa demande de pardon ; le maire, les religieuses pétries de mauvaises croyances qui l'ont accablée toute son enfance, les deux GI qui l'ont vue tondre sans rien dire, et Antoine, l'auteur de l'acte... Pour de si mauvaises raisons. L'amoureux éconduit, jaloux, qui se venge par cette blessure qu'il lui inflige. Antoine et son jeune frère. Les personnages sont vraiment joliment campés, on se laisse emporter par ce beau roman, cette voix, cette détermination ; et il y a ce très beau personnage, ce Louis, qui devient son ami bienveillant, qui veille sur elle comme un grand frère ou un père, la soutient. C'est très très beau, bien plus même que ce que j'avais imaginé ; la narration est lumineuse.

Merci à Samuel de l'avoir mis entre mes mains.

. La chaise numéro 14, Fabienne Juhel, éd. du Rouergue, mars 2015.

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Profanes :))

29 Mars 2013, 15:16pm

Publié par la souris jaune

9782330014285.jpgOctave a 90 ans et c'est dans sa vie et ses pensées que nous voila entraînés.

Petite pensée inévitable pour Mon Couronnement, de Véronique Bizot, qui a le même point de départ, mais la ressemblance s'arrête là. Beaucoup d'humour dans le second, et une belle vision de "ce qui se perd" en vieillissant, qui n'est pas du tout le sujet du premier.

Octave, donc, a 90 ans, et est un ancien chirurgien du coeur. Ancien chasseur également. Qui donne la vie d'un côté (sans jamais se prendre pour Dieu !) et l'ôte de l'autre. Une forme d'équilibre. C'est pourquoi il cessera de chasser quand il cessera d'opérer... Bref.

A l'orée de sa vie, celui-ci décide de façon touchante de reprendre les rênes de sa vie, et de l'humaniser à nouveau : car petit à petit, en vieillissant, une certaine solitude inévitable l'éloigne de ses frères humains. Ca c'est touchant. Il souhaite que des personnes familières, qu'il aura choisis, s'occupent de lui lorsqu'il ne le pourra plus. Il recrute quatre personnes pour se relayer auprès de lui, en divisant chaque journée en quatre "plages" horaires.

Du coup, il y a ces inconnus, qu'il a triés sur le volet, qui l'ont touché, et dans la vie desquels nous pénétrons. Entre ces cinq-là, entre cet Octave et chacun individuellement, se tisse une histoire. Une belle histoire d'attachement, loin du pathos et des sentiments qui dégoulinent à la Et puis Paulette (Constantine, que j'aime pourtant assez par ailleurs). Ici, c'est rugueux. Aucun n'a été épargné par les cabosses de la vie. Chacun se rebricole, se reconstruit comme il peut. Et puis au coeur du récit, il y a le drame d'Octave. La perte de sa fille unique, qu'il n'a pas sauvée après un accident de voiture. Sa femme, partie après cette mort. Les stigmates de ces pertes, qui réapparaissent et rejaillissent petit à petit, expurgés dans la douleur, autour d'une cabane où l'enfant avait trouvé refuge, où il entre comme en un sarcophage, petit à petit ; et l'écho des portraits du Fayoum, qui habite ce livre, puisqu'Octave, passionné par ceux-ci, va souhaiter qu'un tel portrait puisse être réalisé pour sa fille décédée... Et tous ces profanes, ce sont tous ceux qui se coltinent à la vie, comme ils peuvent, sans le soutien de la foi (comme son épouse)... C'est humain, c'est profond, beau, mais ce n'est pas toujours léger... A lire, toutefois.

 

Profanes, Jeanne Benameur, éd. Actes Sud, 2013

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:(( Petits suicides entre amis

11 Octobre 2008, 13:26pm

Publié par la souris jaune

J'aurais pas dû. J'avais lu Le Lièvre de Vatanen, ça aurait pu me suffire d'Arto Paasilina. Eh ben non. Alors, je l'ai lu, laborieusement. L'idée de départ pousse sans doute à la curiosité : deux types au bout du rouleau, qui décident chacun de leurs côtés de mettre fin à leurs jours... Oui, mais au même endroit ! Alors ils s'en dissuadent, et passent ensemble, rapprochés par leur idée funeste, une sacrée tranche de vie. Et ils songent très vite que beaucoup doivent être dans leur cas... Alors ils passent une petite annonce dans un journal, à l'attention des futurs suicidés. Suivent alors beaucoup de réponses, un colloque, et une longue, très longue épopée en car à la recherche du lieu pour mettre fin à leurs jours ensemble... C'est long, très long, poussif, démonstratif et ça se veut très souvent édifiant. C'est écrit comme un rapport de police et je dois dire que je me suis souvent ennuyée.

. Petits suicides entre amis, Arto Paasilina.

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... 631, irrémédiable

30 Juillet 2019, 17:03pm

Publié par LaSourisJOne

"Certaines choses ne peuvent pas aller à reculons. Une fois qu'on est allé de l'avant, on a beau faire tous les efforts possibles, on ne peut plus retourner en arrière. S'il y a ne serait-ce qu'un petit rouage qui se dérègle, ensuite tout se fige et reste comme ça, de travers".

Haruki MURAKAMI

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La petite fille de Monsieur Linh :))

2 Juin 2018, 21:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Qu'il est beau, simple, pur, ce roman ! Un petit bonheur.

Empreint d'une mélancolie lumineuse, d'une candeur forte. Profondément humain. 

C'est l'histoire d'un vieil homme, tragiquement condamné à l'exil, ou plutôt qui choisit l'exil, parce qu'il a perdu son fils et sa belle-fille dans la guerre, et qu'il ne lui reste que le bébé de ceux-ci à sauver. Alors il prend le bateau, le bébé de quelques jours serrés contre lui, et l'amour qu'il lui porte est beau et touchant. C'est la bouée à laquelle il s'accroche, il trouve les forces pour continuer, pour elle. Elle, Sang Diu. Pour affronter ce monde nouveau, froid, inconnu d'un nouveau pays, dont il ne comprend pas les codes, la langue, les moeurs...

Le voir vivre, avancer simplement est touchant. Puis, il y a ce banc, où il va s'asseoir, toujours avec sa petite-fille. Et où il rencontre un autre homme, seul, lui aussi, gentil, qui lui cause, dans sa langue qu'il ne comprend pas. Pourtant, les deux hommes se comprennent si bien...

C'est beau, beau, beau... Puissant, sur ce qui compte vraiment, le sens des liens, qui peut suffire à continuer à vivre.

Sans jamais être mièvre, au contraire.

Une très belle découverte, que je dois à Eric L. Merci, Eric.

. La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel, Editions Stock, 2005.

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Agatha Raisin, La quiche fatale

12 Décembre 2017, 14:14pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Roman, ou roman ado ? Les deux, peut-être... Y a un peu de tout dans ce livre-là, mais je n'ai pas été convaincue, emportée. Le personnage pourrait pourtant être attachant, en nuances, avec son caractère bien trempé, mais aussi ses hésitations et ses doutes (euh, pas vraiment existentiels, quand même). Mais j'ai trouvé le récit foutraque, et trainant en longueur, se ressassant pas mal. 

Une quinquagénaire (Agatha Raisin) a eu une vie trépidante à Londres, dans le monde des affaires et de la communication, et choisit de se retirer dans un petit village. Pour s'intégrer à la petite communauté, elle participe à un concours culinaire de... quiches, et elle triche. Elle ne gagne pas, mais celui qui la mange passe l'arme à gauche, empoisonné.! Agatha Raisin est furieusement tentée de mener l'enquête, quand tous voudraient bien ne pas la mener. Circonvolutions, petites péripéties, galerie de personnages ne suffisent pas, à mon sens, à emporter le récit dans un scénario que j'ai trouvé assez faible. il y avait pourtant un petit potentiel, le côté 'trash' et non-politiquement correct d'Agatha avaient leur potentiel...

La couverture du livre me laisse elle-aussi très sceptique : elle tend à brouiller les lignes, le livre n'ayant rien d'enfantin. 

Médiathèque de Saint-Malo.

Agatha Raisin, la quiche fatale, M.C Beaton, éd. Albin Michel. Juin 2016.

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Le club de la petite librairie

8 Janvier 2018, 20:48pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aurais dû davantage me méfier.

C'était prometteur, mais peut-être un peu trop. L'idée de cette jeune femme qui découvre une nouvelle famille à travers les bénévoles d'une petite librairie d'occasion en plein New-York... Bon, en fait, elle m'a agacée, cette fille ! Ce qu'elle finit par accepter à la fin du livre, on le sait depuis le début (même s'il oscille, il oscille) : le type dont elle s'est entichée, le très beau Mitchell est un fieffé con ! Et ça m'a agacé de voir toutes les concessions qu'elle accepte de faire, juste pour le garder, alors que c'est un imbécile, et qui ne l'aime pas une seule seconde, qui veut juste sauver les apparences... Alors soit, ça arrive. Mais encore un livre où on nous montre une ravissante intello, sous la coupe d'un fieffé idiot, beau et plein d'argent, mais qui n'a pas l'once d'un sentiment... Pffff. 

on le sait depuis le début, que ses vraies valeurs, sur lesquelles elle ne doit pas concéder, elles se trouvent au sein de la petite librairie. Mais elle est agaçante, avec son gel hygiénique et sa trop grande candeur.

Et comme c'est pas mer-veil-leu-se-ment écrit, on s'embête un peu, quand même, souvent... 

Bref, j'ai pas été convaincue ! 

. Le club de la petite librairie, Déborah Meyler, février 2014, City Edition.

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...48

18 Juillet 2011, 20:52pm

Publié par la souris jaune

"On ne chasse pas les images, et encore moins les brèches invisibles qui se creusent au fond des ventres, on ne chasse pas les résonnances ni les souvenirs qui se réveillent quand la nuit tombe ou au petit matin, on ne chasse pas l'écho des cris et encore moins celui du silence."

Delphine DE VIGAN

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...168

19 Octobre 2012, 19:48pm

Publié par la souris jaune

"L'échec amoureux n'est ni plus ni moins qu'un calcul coincé dans les reins. De la taille d'un grain de sable, d'un petit pois, d'une bille ou d'une balle de golf, une cristallisation de substances chimiques susceptibles de provoquer une douleur forte, voire insoutenable. Qui finit toujours par s'éteindre".

Delphine de VIGAN

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