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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Un garçon singulier :)

28 Septembre 2014, 15:24pm

Publié par LaSourisJOne

Un garçon singulier :)

Entrer dans un Grimbert me demande, je ne sais pourquoi, un effort particulier. C'est une impression que j'avais déjà ressentie en lisant 'Un secret' (dont je ne garde d'ailleurs aucun souvenir), et force est de constater qu'une fois encore, entrer dans celui-ci m'a demandé le même effort. Je ne sais pas pourquoi, au fil de la lecture, surtout au début, les mots ne s'impregnent pas en moi, ne font pas sens, si bien que je suis obligée de relire plusieurs fois les phrases pour les incorporer, et que 'ça fasse histoire'. Je ne me l'explique pas. Peut-être les descriptions 'extérieures' y sont pour quelque chose ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne regrette pas ma persévérance, car j'ai beaucoup aimé celui-ci. Peut-être mes trois heures de train n'y sont pas étrangères, le fait est que j'ai lu ce petit livre dans son intégralité ou presque pendant ce trajet... Qu'en garderai-je ? J'espère plus quelque chose, et en tout cas plus qu'Un secret ! Mais de cela nous n'avons pas le pouvoir de décider...

Bref. Ici se tissent le portrait, en plein ou en creux, de plusieurs 'garçons singuliers', dont les visages, la réalité se superposent... Et nous mènent à plusieurs histoires d'attachements, pour au final, sortir le narrateur de sa 'singularité' douloureuse... C'est donc l'histoire d'un étudiant, qui, confronté à la nécessité de gagner sa vie, et ne sachant qu'en faire, répond à une annonce, où il est demandé d'officier comme garde d'un enfant singulier... Il se trouve que cette mission a lieu exactement sur les lieux où il passa tous les étés de son enfance, et où il connut une amitié masculine, forte, enfouie en lui, intranquille, et un peu nostalgique. Une incroyable relation va se tisser entre ce jeune homme, et le jeune garçon qu'il est chargé de garder ; un garçon sensible, et qui perçoit bien plus qu'il n'y paraît. Sans parler du couple, qui se débat comme ils peuvent avec cet enfant difficile ; très juste et belle peinture, des choix parentaux, tels qu'ils se sont matérialisés là : le père, loin, qui gagne sa vie en haut d'une tour de la Défense, la mère, qui vit difficilement, sombre dans la dépression, puis reprend son activité d'écrivain ; elle aussi aura une personnalité marquante, et non négligeable, absolument pas dans la bienveillance, mais constitutive, pour le narrateur... Une agréable lecture.

Merci à Clotilde pour cette transmission !

Un garçon singulier, Philippe Grimbert, Poche. Paru en mars 2011;

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Le rendez-vous de Venise :))

29 Octobre 2014, 23:11pm

Publié par LaSourisJOne

Le rendez-vous de Venise  :))

Ce livre est une petite pépite. Je l'ai découvert par hasard, ainsi que son auteur. Quel régal, quelle belle promenade avec cette poignée de personnages en miroir, et surtout au gré de la peinture, que ce livre nous amène à regarder différemment, avec tant d'humanité ! J'ai adoré. Dans la peau d'un homme, d'une trentaine d'année, qui vit dans l'aura de son oncle, érudit, savant connaisseur, extrêmement pointu, et reconnu de la peinture et des peintres italiens et flamands... Déjà celui-ci, l'oncle, nous offre des voyages savoureux au gré de ces peintures qu'il nous invite à revisiter et à regarder à nouveau comme il les voit, et ce, par le prisme du neveu, qui trace sa route dans les pas de son oncle, sans douter, sans ciller, pétri d'admiration. Lui donc, aussi, va devenir connaisseur de peinture. Vivant, accompagnant l'oncle au gré de ses déplacements, qui à Venise, qui à Rome... Et à son décès, il trouve un carnet. Carnet qu'il se met à lire, et dont il nous livre la lecture, entremélée de ses commentaires, carnet qui lui révéle... une femme dans la vie de son oncle. Quoi ? Mais il ne le savait pas. C'est savoureusement jaloux ; on s'amuse de son énervement à découvrir un autre (une en l'occurrence !) privilégié, dans les secrets de cet oncle... Il résiste, refuse, réfute, non ce n'est pas son oncle, et puis il va bien devoir se rendre à l'évidence, son oncle a aimé, à son insu, et n'était-ce pas son droit ? Le neveu va rencontrer cette femme, par hasard, leur entrevue est vraiment savoureuse ; quelle vision, croisement des regards, autour de cet oncle, absent, mais pourtant tellement là, ayant marqué leurs deux vies ! Et puis il y a cette histoire en miroir, que vivre le neveu, avec la fille de Judith, l'aimée de son oncle. C'est drôle, touchant, vraiment vraiment bien. Brillant.

. Le rendez-vous de Venise, Philippe Beaussant, éd. Fayard, 2003. Paru en Poche en 2005.

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L'homme de la montagne :))

7 Novembre 2014, 11:37am

Publié par LaSourisJOne

L'homme de la montagne :))

Je n'avais pas particulièrement été emballée par ’Les Filles de l’Ouragan’ , que du coup je reprendrai peut-être. Car le dernier livre de la romancière américaine Joyce Maynard,’L’homme de la montagne’ qui vient de paraître en France m’a véritablement emballée ! J'ai été emportée comme par une spirale haletante, persistante. On ne lâche pas ce livre qui oscille entre le policier et le roman initiatique avant d’en avoir fini et espéré que la romancière ne nous laisserait pas sans nous dire qui est cet effroyable ’Etrangleur du Crépuscule’ !
Le récit nous est livré par Rachel (Farrah pour son père, inspecteur de police). Une Rachel qu’on rencontre enfant, mais aussi à 45 ans, alors qu’elle aura cheminé, vécu une partie de sa vie et sera véritablement devenue romancière. Comme par une astucieuse et très réussie mise en abyme, on aura l’impression de lire le livre de Rachel sur ’L’homme de la montagne’….
On est donc plongé dans le monde vu par une ado, dont l’univers est constitué par son inséparable et précieuse sœur, leurs jeux à la lisière de l’enfance et de l’âge adulte, son père, qu’elle adule et qu’elle adulera jusqu’à la fin de sa vie ; la mère, plus en arrière-plan, est à sa manière attachante, aimante à sa façon, même si elle laisse ses filles un peu désœuvrées, tourmentée par sa dépression, et se réfugiant dans ses livres.
Survient alors un meurtre horrible d’une femme, au pied de chez elles, dans la montagne, premier d’une série de meurtres infinis. La romancière manie à la perfection les rouages du suspense, sans en abuser. La narration par le prisme de cette adolescente qui se construit est extrêmement attachante ; l’angoisse qui sourd dans la petite communauté, l’ascension puis la chute du père, héros déchu parce qu’il échoue à trouver le coupable est elle aussi passionnante. Et puis quarante ans plus tard, la romancière qui n’a pas oublié, marquée par cette affaire comme au fer rouge, l’empêchant même de construire sa vie, y reviendra…
Palpitant !


L’homme de la montagne, Joyce Maynard, éd. Philippe Rey, Août 2014.

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Un été outremer :)

22 Novembre 2014, 16:17pm

Publié par LaSourisJOne

Un été outremer :)

Roman ado.

Quelle charmante balade avec ce jeune homme de 18 ans, qui rate son bac scientifique, et part sur les traces de ses racines à Alger, et en Haute Kabylie... En fait, Félicien vit une vie normale en région parisienne au sein d'une famille qu'on imagine plutôt aisée, sans problème particulier ; la famille est complètement en arrière-plan, ce n'est pas l'histoire de ce livre. Ici, Ce n'est pas non plus l'histoire d'une 'rupture', d'un passage à vide ; plutôt celle d'un cheminement. Donc, Félicien sait qu'il a été adopté. Il garde ça dans un coin de sa tête, jusqu'au moment où il a besoin d'en savoir plus, le jour de ses 18 ans. Il découvre qu'il est arabe, et que sa mère est Algérienne. Alors, le garçon qui devait passer un mois en Corse avec ses parents décide de se rendre sur les traces de sa mère. Il ne renie pas sa famille adoptive, bien au contraire, seulement il a besoin de compléter le puzzle. Alors il part, à l'aventure, et sans rien dire. Tout juste appelle-t-il une ou deux fois sa petite soeur... Et il arrive en Algérie. Ce qu'il en raconte est beau, touchant. A travers ses yeux d'adolescent aimant passionnément la photographie, avec lui cette terre algérienne... De belle rencontre en belle rencontre, humaine comme de paysages, il nous livre sa trajectoire, jusqu'à cette meilleure amie de sa mère, qui lui livre un bout d'elle...

Une belle recherche de son identité, une ouverture à soi et au monde, une jolie trajectoire, sans renier son histoire, au contraire, puisqu'il va garder les deux... Et puis il y a ces yeux verts, qui le caractérisent, lui l'arabe, comme sa mère, et comme son demi-frère...

Qu'est ce que c'est une jolie balade ! Je le recommande.

Un été outremer, Anne Vantal, éd. Actes Sud Junior, 2006.

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Sukkwan Island

3 Août 2013, 15:37pm

Publié par LaSourisJOne

Sukkwan Island

... Bon, par quoi commencer ? Que dire de ce livre ?

Allez, tout à trac : j'ai détesté ce livre. Détesté à chaque phrase, de page en page ; à peu près autant que si l'on me forçait à manger un énorme gâteau à la crème non stop pendant dix jours d'affilée, ou de faire entrer un clou rouillé dans ma carcasse... Si. Ce livre m'a profondément heurtée, dérangée. J'ai ressenti une profonde colère à l'égard de ce père...

Bon, explications : c'est l'histoire d'un père et de son fils (13 ans), qui partent vivre un an sur une toute petite île, en Alaska (l'auteur lui-même est originaire d'Alaska). C'est le choix du père, évidemment. Ils laissent donc femme et fille pour s'installer seuls, loin de tout. Avec la maestria qui le caractérise, David Vann nous montre avec brio la spirale qui entraîne les deux protagonistes, dans une solitude rude et aride. S'affairant à construire des conditions de survie (nourriture, abri...). Juste parce que c'est la lubie du père, et qu'il y entraine son fils, qui n'ose abdiquer, et pour ne pas abandonner son père. On souffre le martyre, et c'est plus qu'habilement tissé, de voir ainsi le duo fonctionner, ou plutôt dysfonctionner, d'ailleurs, en ce qui concerne le père... On s'offusque devant tant d'égoïsme de l'adulte, qui s'abandonne à l'adolescent, qu'il devrait protéger et que finalement il détruit...

Vision noire, plus que noire même de l'humanité, on n'en est pas étonnés. Pour avoir rencontré David Vann et l'avoir écouté parler de son oeuvre, je sais à quel point il est marqué par une lourde histoire familiale ; je sais aussi qu'il aime à explorer les liens d'attachement, qui emprisonnent et détruisent alors même que ce sont les personnes qui comptent le plus pour soi, et son travail et sa réflexion sur ce point sont fascinants.

Merci Barbara, malgré tout, de m'avoir prêté ce livre, que je voulais lire !

J'avais lu Désolations, qui exploraient les relations de façon tout aussi sombre au sein d'un couple, et je l'avais énormément aimé ; Impurs, son dernier livre, met au coeur du récit un fils, et sa mère. Il est décidément bien difficile de ressortir indemnes des livres de David Vann !

Curieux ? Allez voir l'article du Monde, David Vann, "J'ai grandi dans une famille de menteurs".

. Sukkwan Island, David Vann, éd. Galmeister, 2010.

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Le club des incorrigibles optimistes :))

15 Décembre 2013, 12:45pm

Publié par LaSourisJOne

Le club des incorrigibles optimistes :))

On reste longtemps, très très longtemps avec les personnages de ce livre : de fait, "Le club des incorrigibles optimistes", c'est la bagatelle de 750 pages, alors forcément, ça ne s'avale pas en quelques jours. Et puis c'est pas plus mal. Car on finit par être vraiment bien avec tous ces personnages que l'on n'a plus envie de quitter. On les retrouve dans leur quotidien, on aime leurs petits défauts, leurs manies...

C'est un récit enchassé, qui mèle les époques. Même si finalement, on peut dire que l'histoire se déroule plutôt dans les années 1952 à 62, à Paris. Et qu'au terme de l'histoire, on est tentés de relire les premières pages, qui commence par un enterrement, en 1980. Juste pour voir comment les personnages ont vieilli, et ce qu'ils sont devenus, après qu'on les ais quittés.

Beaucoup d'histoires se mèlent ici. Par certains côtés, j'ai pensé à Jonathan Coe et à son "Bienvenue au Club" (en Irlande). Ici, on est dans la peau de Michel, un jeune lycéen. Que l'on voit évoluer et se débattre avec sa famille, ses amis(es)... Et puis surtout au café, où il rencontre une faune incroyable, trucculente, épique (qui évoque celle d'Albert Cohen, et ses Valeureux). Car le livre parle aussi et surtout de l'expatriation. Au Balto, et à l'arrière du Balto, tenu par un Auvergnat, il y a une arrière-salle où l'on joue aux Echecs... Où l'on blague, se fâche, mais avant tout se réjouit d'être en vie, car tous, savent de quoi ils ont réchappé... Leur(s) histoire(s) nous est (sont) livrée(s) habilement, et on se passionne pour celle de chacun ; et on s'attache à tous, excessifs, russes pour la plupart. Et puis il y a Sacha, et le mystère de Sacha... Qui compte tant pour Michel, autour de l'amour de la photographie entre autres, et qui est banni régulièrement du Club... pourquoi ? on ne le saura qu'à la fin, via une révélation troublante, et posthume... C'est très très touchant. Et évidemment, ça donne à voir l'Histoire, avec un grand H avec beaucoup de précautions, car ce sont les hommes, avec leurs failles et leurs forces, qui font l'Histoire... Une lecture très riche.

. Le club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guenassia. Ed. Albin Michel. 2009

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La douceur des hommes :)

4 Janvier 2014, 14:02pm

Publié par LaSourisJOne

La douceur des hommes :)

C'est le personnage de Fosca, à la fin de sa vie, qu'il nous est donné de voir dans ce récit court. Une Fosca qui a décidé de livrer ses tranches de vie passées à une jeune femme de 36 ans, qui s'en occupe comme de sa grand-mère. Toutes les deux partent à l'aventure, vers l'Italie, en voiture, comme une espèce de road movie où Fosca n'aura de cesse de se confier... L'autre est plutôt déprimée, mais l'écoute comme on s'abreuve à une source, assoiffé... Puis la transmission, interrompue par la mort de Fosca va se poursuivre par le biais de lettres qu'elle va lire. La rencontre d'un jardinier avec Fosca va aussi modifier le cours de sa vie, et lui faire découvrir l'attachement, ce qui semble la sauver... Ici il est donc question d'amour, d'amours même, tout au long d'une vie ; ici ce qui compte ce sont les événements au regard de ce paramètre, en fonction des rencontres amoureuses et sentimentales, et dont Fosca dessine un vaste paysage. Pas de regrets exprimés, pourtant, elle aurait toutes les raisons d'en avoir... Vision en tout cas d'une vie sur sa durée, et ça c'est intéressant.

Avec l'idée qu'il est stupide de ne pas exprimer son amour, quand alors qu'on a le nez sur l'événement, cela paraît si peu une évidence, pourtant... C'est après, dans la fulgurance des années, qu'on se dit que vraiment, on ne devrait pas hésiter.

Difficile de s'attacher à ces personnages cela dit, tant le récit est court (efficacement mené) ; pourtant, le style fait vraiment mouche, c'est vraiment bien écrit et ça se lit très agréablement... Je trouve par ailleurs que le titre est assez peu approprié ; il n'y est pas question de "la douceur des hommes", c'est un raccourci, mais bien plutôt de la douceur que l'on peut trouver à aimer les hommes, ce qui n'est pas pareil... En autre, le sujet du livre est plus une épopée, un partage entre une femme et sa petite-fille, plus que "la douceur des hommes"..

. La douceur des hommes, Simonetta Greggio, éd. Stock 2005, Le Livre de Poche, 2007.

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:) :( Le lièvre de Vatanen

22 Août 2008, 14:16pm

Publié par la souris jaune

J'entre dans le livre en sachant que c'est LE livre qui a conquis les foules nordiques, et que c'est LE roman écologique par excellence. Franchement, je ne savais même pas qu'il pouvait y avoir des "romans écolo". Ca veut dire quoi ? Qu'après l'avoir lu, vous prenez votre carte au parti ? Vous écrivez une lettre d'amour à Cohn-Bendit ? Vous filez sur la plage la plus proche pour la passer au peigne fin et la nettoyer de ses immondices ? Eh bien, j'ai vu. C'est presque tout ça à la fois. Si. Enfin, si vous accrochez ! Donc, de quoi il retourne ? Le personnage principal, Vatanen donc, est un journaliste, parti en reportage avec un collègue. Revenu de tout, de sa vie sentimentale, et de sa vie en général. Soudain, un lièvre traverse la route. Coup de frein. Les deux hommes sortent de la voiture, et tandis que l'un reste dans les préoccupations de la vie réelle, pour l'autre la vie bascule : le lièvre, alibi du récit, va changer la vie du journaliste. C'est sans doute ça LE propos le plus intéressant du livre : tout d'un coup, parce qu'on est prêt, attentif au monde et réceptif aux événements, une chance s'offre à nous de changer notre vie. Qu'est-ce qui fait que c'est "ça", ce petit détail insignifiant (là, le lièvre), qui fait tout basculer ? Eternelle grande question. A laquelle chacun trouve ses réponses, même si ici, le personnage ne les cherche pas. Notre personnage principal va rythmer sa vie sur celle du lièvre, et transformer la sienne... Nous plongeant dans un monde rural qui nous ramène des décennies en arrière, dans un espace temps qui n'a plus les mêmes codes que ceux de notre monde qui va trop vite et laisse derrière lui sa traîne d'insatisfactions. Vatanen en tous cas tourne la page, pour se rapprocher des vraies valeurs de survivance, de chaleur et d'amitié... D'ailleurs, le cheminement de celui-ci va le mener à trouver l'amour : se trouver soi mène au chemin vers l'autre...
Très éloigné de l'appitoiement, on est ici dans le constat brut, et dans la narration des faits. Le livre est une parabole, en somme, qui nous raconte un parcours initiatique, sur fond de remise en question de la vie moderne. Et évidemment, ceux qui assistent à la transformation (ou la subissent) sont dépeints avec une relative finesse comme des êtres peu sensibles, enfermés dans leurs préjugés... Forcément. Histoire de rappeler qu'il est difficile de s'affirmer différent.
Ca n'est pas sans rappeler "L'Alchimiste" de Poelho Coelo, dans l'extrême simplicité du propos se voulant message universel... Mais en mieux.

. Le Lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna

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Une fièvre impossible à négocier :))

28 Juin 2017, 09:10am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'aime décidément énormément Lola Lafon.

J'avais littéralement adoré La petite communiste qui ne souriait jamais, j'avais trouvé très fort son Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce, puissant, qui bouscule, dérangeant ; j'ai encore aimé ce premier livre, et plus, parce qu'il est un véritable manifeste.

C'est évidemment plus qu'un roman. Un cri.

Elle est revenue sur ce sujet du viol dans 'Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce', et l'a poussé à son paroxisme, jusqu'à la folie. 

Là, problématiques centrales. Abordées sur fond de révolte, de rébellion, de contestation, d'incompréhension sociale ; tellement juste, souvent. Cet extrêmisme-là sonne tellement juste. Avec le questionnement des idéaux, et celui du sens, l'interrogation quant à notre projet de société, par l'expérience du personnage principal, qu'on sent brûlant de vérité, d'authenticité et impossible à séparer de celle qui l'a créée.

Donc, Loundra, un jour, un 14 septembre, est violée par un type, qu'elle connaît, et qui est connu. Sa vie, évidemment, bascule. La narratrice nous raconte un quotidien de hargne, pour tenter de rester debout, quand on nous a 'forcée' agenouillée. Comment on détruit, déconstruit, fait avec parce qu'on n'a pas le choix. 

C'est au coeur de mouvements d'extrême gauche, Etoile Noire Express, qu'elle va trouver sa place ; ce livre est plein de rencontres du quotidien, de phrases fortes, qui coulent, qui frappent ; il y a aussi le surf, la passion de Loundra, fascinée par la capacité des plus forts à tenir debout face à des vagues monstrueuses. Et puis, la justice en prend plein son grade, avec sa nullité crasse quand il s'agit de juger des affaires de viol, qui laisse le champ libre au coupable, et humilie s'il était possible encore plus, la victime déjà crucifiée. 

Ca parle de résistance, malgré soi. 

C'est très fort.

. Une fièvre impossible à négocier, Lola Lafon, 2003, Actes Sud.

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Marilyn, de l'autre côté du miroir :)

24 Décembre 2016, 07:03am

Publié par LaSourisJOne

Roman graphique.

Aperçue par hasard à la médiathèque, je ne pouvais qu'être intriguée, et curieuse : une bande dessinée sur Marilyn Monroe, qui s'appelle De l'autre côté du miroir ? Je prends !

Et j'ai beaucoup aimé. Beaucoup le dessin, et le fait qu'il y ait peu de texte, juste ce qu'il faut pour l'histoire, sans fioritures. Le dessin est assez troublant parfois, entre peinture et photographie. Ce qui est touchant aussi, et très réussi de la part de l'auteur, c'est qu'on a l'impression de voir tous les visages de Marilyn. Tous. D'une image à l'autre, le visage est changeant, on la reconnaît à peine, et puis l'image qui suit c'est l'image qu'on connaît d'elle... C'est particulièrement juste, et on voit que ça repose sur une vraie connaissance de la personnalité et de la vie de Marliyn. Le récit se situe donc en 1959, et l'auteur a choisi de le situer dans cette période de solitude, tout juste après Yves Montand. On voit ses fragilités, sa cassure, il nous la donne comme un personnage lucide et beau. J'aime l'entame de ce récit, déjà : la ville, en 1959, la rue, un bar. Et celui qui raconte ou qui voit est juste à côté d'un homme que notre narrateur reconnaît et qui n'est autre que Truman Capote. Déçu parce qu'une femme brune arrive à sa table et qu'il ne va pas pouvoir lui parler, une certaine Zelda Zonk... Ceux qui connaissent la vie comprennent : ce n'est autre que Marilyn Monroe, déguisée, pour sortir incognito, et prenant un pseudonyme, pour être tranquille. C'est drôle, la manière dont il apprend finalement que c'est Marilyn, ce personnage masculin/narrateur est un homme sensible, intelligent, naïf, authentique. On s'attache autant à ce personnage qu'à Marilyn et à toute cette intrigue dans laquelle il nous emmène, cette petite parenthèse improbable dans la vie de Marliyn, qui l'emmèneront dans un étrange manoir sous la neige... Et pourquoi pas ?!

Une très belle BD, bien documentée qui se lit comme un roman, surtout quand on s'intéresse à la personnalité de Marilyn, une jolie découverte.

Médiathèque de Saint-Malo.

. Marilyn, De l'autre côté du miroir, Christian de Metter, éd. Casterman, 2009

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