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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Le Livre de Perle :)

28 Février 2015, 10:03am

Publié par LaSourisJOne

Le Livre de Perle :)

Etonnant, ce livre. Je sèche, pour en parler. Un conte ? Une féérie ? Un transfuge entre la vie réelle et l'irréel, plus sûrement. Où on navigue comme sur un tapis volant, ou comme avec un courant d'air de l'un à un autre. Ou comme si l'on était tombés sans s'en rendre compte dans des chausse-trappes qui font changer de monde. Car c'est bien de ça dont il s'agit ici. C'est l'amour qui sous-tend toute l'histoire, même si finalement la, les vies prennent plus de place que lui. Car l'amour est ce qui sous-tend l'aventure, qui explique tout ce qui se passe, mais c'est un amour dans l'absence, dans la quête... Le personnage principal, le jeune Ilian, si l'on n'a pas rêvé, est un fils de roi, un peu maudit, exilé par son frère qui prend le pouvoir dans le royaume. Le petit coin d'eau où il vit lui fait rencontrer une fée et ses sortilèges, et il tombe, comme elle, alors que ce n'est pas dans la condition de fée que d'aimer, amoureux. Ils ne se le disent pas. Et ils vont passer leur(s) vie(s) à fuir, se chercher, s'aimer dans la douleur et la distance... Transfugé sans qu'on s'en rende compte, le personnage principal change de monde, et devient Perle. Prend l'identité d'un jeune Joshua Perle, fils de commerçants de guimauve, avant la seconde guerre mondiale... Quelques souvenirs reviennent au jeune garçon de son ancienne vie. Et en grandissant, en vieillissant, il n'aura de cesse de traquer les signes de la magie, dans de grandes malles, car 'ils leur faut des preuves'... Partagé entre deux mondes, deux attachements, éternellement acquis à sa fée, le parcours initatique croise celui d'un jeune homme, l'écrivain, qui nous le rapporte. On aime ce 'Perle' aux yeux gris, retiré avec ses trois gros chiens noirs au fin fond d'un coin reculé, au milieu de ses malles... Une fééerie qui peut se lire et se relire sans fin...

Médiathèque de Pleurtuit.

. Le Livre de Perle, Thimothée de Fombelle. éd. Gallimard Jeunesse, 2014

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Le Caveau de famille

15 Avril 2011, 14:45pm

Publié par la souris jaune

Evidemment, j'ai abordé ce livre-là avec une pointe d’appréhension : c’est quand même la suite du Mec de la Tombe d’à côté !9782847201925-le-caveau-de-famille-1-.jpg Et le suspense est là : on a laissé Désirée et Benny aux prises avec leurs différences…

Ca commence par un petit arrangement avec l’amour. Ces deux-là, elle bibliothécaire et urbaine, lui paysan et rural, qui ont tellement peur de leurs discordances, tellement peur qu’elles soient plus fortes que tout, trouvent un alibi pour se rapprocher, un alibi qui dérange un peu. Mais on s’en accommode, quand on comprend qu’ils ont juste peur de croire que l’amour peut être plus fort, et qu’ils ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre. Même principe que le premier récit : les chapitres se succèdent, tantôt racontés par Désirée, tantôt par Benny. Au cours de sept années. Ca commence bien, on respire, les propos sont toujours sensibles, et l’histoire avance. Parfois on a peur que ça ne dure pas, que certains épisodes préfigurent une fin, déchirante ou mesquine… L’auteur a-t-elle repris ses personnages, qu’on a chéri, pour les sacrifier sous nos yeux ? Un peu plus loin, on a peur encore, qu’elle nous livre un fait-divers horrible, comme une pirouette détestable pour faire se dénouer son histoire… On va suivre ce couple, et leur famille… Le fait est qu’avec Katarina Mazetti, on ne sait jamais comment ça va finir. Le caveau de famille : le titre est évidemment un clin d’œil, sur le même champ lexical, au premier livre… Mais il veut dire beaucoup ! On a aimé, même si c’est rude. Rude et sans concession pour la vie de famille ; en creux, elle nous livre les décalages entre les réalités de l’homme et de la femme…

Heureusement, l’amour, malgré tout, coûte que coûte, reste sauf, presque intact ; c’est lui qui transcende le quotidien, et il en faut une sacrée dose, se dit-on. L’amour, comme une percée de soleil dans un jour de pluie…

 

. Le Caveau de famille, Katarina MAZETTI, éd. Gaïa, mars 2011.

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La centrale :)

30 Juillet 2011, 20:42pm

Publié par la souris jaune

9782846823425-1-.jpgVoici un petit moment que j'avais envie de lire ce livre. Les avis étaient partagés, mais il semble qu'il valait le détour. Je confirme. On m'avait dit qu'il n'était pas facile à lire, qu'il fallait s'y reprendre à plusieurs fois parfois pour assimiler certaines phrases : c'est vrai, et je comprends mieux pourquoi. Si le vocabulaire n'est pas forcément trop technique, il faut cependant prendre le temps de visualiser ce que la phrase décrit, et qui est inconnu pour nous. Et comme il s'agit d'un monde géométrique, avec des cylindres, des demi-bols, etc., la visualisation n'est en effet pas instantanée. En outre, ses phrases semblent... radioactives : déstructurées, désincarnées, constituées d'enchâssements de propositions de coordination (beaucoup de "et"), ou très courtes, nominales. Finalement, le livre est très "géométrique" : il y a l'univers de la centrale, et puis il y a celui entre deux centrales pour le travailleur intériméraire, considéré comme des lignes dans l'espace bien plus que comme des changements identitaires de régions, ou comme des paysages...

J'ai beaucoup aimé ce livre ; il nous donne à voir Yann, originaire de Lorient, qui, pour vivre, parce que c'est là que ça embauche, enchaîne les contrats d'une centrale à l'autre. Sans pathos, de façon technique, presque chirurgicale, on touche du doigt les risques, quotidien des hommes ; on découvre les contraintes, la réalité du travail dans une centrale nucléaire, les précautions, les visites médicales, les reconstitutions d'incidents, les différentes classifications de zones au sein d'une même centrale, les sas, les vestiaires, les tenues de protections. Ceux qui y arrivent, et ceux qui craquent. Le seuil de radiation, qui se mesure en millisieverts, scruté de près grâce à un appareil qui enregistre les "doses". Et qui peut aussi faire exclure pour un an un salarié, paradoxale expulsion, lorsque le salarié a été trop exposé et que sa charge a dépassé le seuil annuel. Et puis aussi ce qui se passe quand ça déconne, comme à Tchernobyl, dont l'auteur passe au crible ce fameux 23 avril 1986...

Assez fort aussi, la façon dont l'auteur incarne un "je", narrateur masculin. Sachant que l'idée du livre est partie du suicide de trois employés de la centrale nucléaire de Chinon, et de son envie de comprendre...

Un livre très intéressant, vraiment.

 

. La centrale, Elisabeth Filhol, éd. POL, janvier 2010.

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Le cuisinier

4 Septembre 2011, 20:44pm

Publié par la souris jaune

cuisinier-le-10-1-.jpgJe ne suis pas tombée sous le charme de ce livre-là comme j'aurais pu m'y attendre. Même s'il m'a séduite au départ... Je n'ai pas véritablement goûté ou ressenti les plats du jeune Tamoul Maravan ; je crois qu'ils étaient trop "chimiques" pour moi, pas assez charnels... Trop "moléculaires" à mon goût. J'avais beau tenter de m'imaginer chaque ingrédient (sachant que beaucoup me restaient obscurs le ghee par exemple, constitutif de certains de ses plats), et visualiser l'aspect final, je ne m'en suis guère délectée... "Minis chappatis à l'essence de feuilles de curry", ça vous parle, vous ?). Pourtant, on voit bien que ce garçon (le cuisinier) est très, très doué, très talentueux, et très créatif, ça oui, lorsqu'il élabore des formes et des fumets alambiqués... Surtout qu'ils sont souvent des réminiscences "remastorisées" des plats que sa grand-tante lui apprenait. Mais trop formels pour moi, donc.

Je n'ai pas particulièrement aimé non plus l'imbrication de l'Histoire dans la petite histoire, même si on retrouve l'idée "qu'un battement d'aile de papillon" à un endroit peut entrainer un cataclysme ailleurs, par le phénomène des réactions en chaîne, ; un questionnement sur les conséquences de ses actes que je trouve intéressant. Donc, les épisodes où l'on retrouve les "pontifes" suisses qui manipulent le monde, au restaurant par exemple, m'ont ennuyée. J'ai aimé par contre la différence de culture jouant sur les points de vue et sur la façon de considérer les choses ; comment on est victime, prisonnier de sa culture... jusqu'au moment ultime (rare ?) où on transgresse et où on secoue le joug... Le personnage de Maravan est attachant, même s'il peut sembler tout à la fois agaçant (mais tellement empreint de sa culture, même vivant en Suisse)... Intéressante aussi, la réflexion pragmatique, selon laquelle... finalement, il faut bien vivre, loin de chez soi, et donc plier aux règles que celle-ci imposerait, si l'on veut survivre, dans un autre milieu, monde...

 

. Le cuisinier, Martin Suter, Christian Bourgois éditeur, mai 2010.

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Un été sans les hommes

11 Avril 2012, 22:28pm

Publié par la souris jaune

9782742797226-1-.jpgJe voulais lire ce livre-là depuis un petit moment déjà : jamais je n'étais parvenue à mettre la main dessus. C'est fait ! (merci Delphine). Toutefois, je ne peux pas dire qu'il m'ait emportée, passionnée. Il est étrange, ce livre-là, comme une grosse vague qui charrie un peu de tout... Voila l'histoire : Mia, 51 ans, est quittée par son mari, Boris, après 30 ans de mariage, qui revendique une Pause, qui plus est en heureuse compagnie. Le choc de la révélation envoie notre héroïne à l'asile, et j'aime assez lorsqu'elle évoque cet épisode où elle a embrassé la folie, avant de remonter en selle, et de refaire face au réel. Elle part alors se mettre au vert, là où le hasard veut qu'elle ne sera entourée que de femmes. Elle part le temps d'un été à côté de chez sa mère, celle-ci ainsi que ses amies constituant ainsi son univers. Univers non exclusif, puisqu'il y a aussi un groupe de jeunes adolescentes, à qui elle donne des cours de poésie, et sa jeune voisine, mariée, et mère de deux enfants. Paradoxalement, les trois espaces sont plutôt assez bien rendus : ces vieilles femmes touchées par la vieillesse sont touchantes ; les jeunes filles et l'épisode qui les noue, autour de l'exclusion de l'une d'elle aussi ; de même pour cette jeune femme, aux prises avec un mari buvant, et de qui Mia va devenir la confidente. Et il y a ces apostrophes assez déroutantes au lecteur, où la narratrice nous parle, nous flatte, nous encourage : c'est étonnant et pas forcément agréable ! Mais l'ensemble est décousu, et surtout entrecoupé de nombreuses, très nombreuses digressions en tous genres, principalement sur la femme, la féminité, l'étude des rats, des comportements, etc., bref, des cours magistraux qui bien qu'émaillés de la pate relativement lyrique de la narratrice ne m'ont pas convaincue... Je crois que c'est cela, finalement, qui aura contribué pour moi à un relâchement régulier de mon attention. On sort trop souvent de l'intrigue pour des commentaires, qui, bien que documentés, alourdissent selon moi le récit qui aurait pu être alerte et lumineux...

 

. Un été sans les hommes, Siri Hustvedt, éd. Actes Sud, 2011.

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Numéros masqués

7 Juin 2012, 22:29pm

Publié par la souris jaune

9782363710321-1-.jpgIl y a les livres qu'on va chercher, qu'on a le temps de désirer, et ceux qui vous tombent entre les mains. Celui-là appartient à la deuxième catégorie pour moi, et je ne pense pas que je l'aurais lu si l'auteur ne me l'avait pas gentiment confié. J'avais beaucoup aimé White Noise, de l'auteur, un récit très vif et joliment structuré sur un jeune homme au coeur d'une histoire sombre, un jeune homme ayant la particularité d'être autiste. J'ai retrouvé ici le talent de Yolaine Destremau pour la structuration des récits, son talent à ménager le suspense, à le travailler, et à révéler l'histoire habilement, au goutte à goutte ou presque. Je n'ai pu m'empêcher de penser avec ce livre-là qu'il était structuré comme un tableau de Picasso (ce qui est plutôt brillant, puisque l'histoire porte sur un tableau de Picasso), un assemblage habile de parties d'un tout. Et là où c'est réussi, c'est que la lecture n'en est pas alourdie, elle coule.

Cela dit, je ne peux pas dire, malheureusement que j'ai aimé. Les personnages sont très peu attachants, et même assez antipathiques ; leur histoire personnelle et leur passé ne suffisent guère à les racheter. Leurs trajectoires sont jalonnés d'abandons, de renoncements et de trahisons. Il y a une espèce de facilité à abdiquer, et à passer "de l'autre côté", sans état d'âmes, soudain. Souvent au nom de l'argent, même si ça peut être un tout petit peu plus complexe que ça. Le récit prend ancrage dans le milieu parallèle du trafic des oeuvres d'art, autour d'un mystérieux tableau de Picasso, Femme à la mandoline, et dont l'héroïne découvre que la poseuse, nue, devait être sa grand-mère : d'où découle son obsession de le retrouver. Et avec cette idée récurrente dans le récit selon laquelle 5 secondes suffisent dans la vie de chacun pour faire basculer son existence. Certes, possible oui... Il manque sans doute des rouages pour qu'on accepte que ça bascule ; et si c'était aussi simple que ça, me direz-vous ? Peut-être.... Alors je dirai juste ça : moi je n'ai pas véritablement accroché...

 

. Numéros masqués, Yolaine Destremau, éd. Pierre Guillaume de Roux. Mai 2012.

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Homo Erectus :)

15 Juin 2012, 21:32pm

Publié par la souris jaune

9782070132928[1]C'était ma rencontre avec cet auteur, par le biais d'un livre dont j'avais beaucoup entendu parler, sans savoir si j'avais envie de le lire ou pas. Chose faite avec plaisir : j'ai finalement beaucoup aimé ce roman de Tonino Benacquista. D'autant que tout ce qu'on peut en dire ne rend pas forcément compte de ce que l'on y trouve, je trouve. Essayons : chaque jeudi, se retrouvent dans un lieu secret, des hommes (la réunion n'est pas mixte) pour évoquer leur vie sentimentale, sexuelle, amoureuse... "Pour certains, il s'agissait d'un rendez-vous réservé aux hommes, où il était question de femmes. D'autres, en mal de solidarité, y voyaient le dernier refuge des grands blessés d'une guerre éternelle". Pour tous, il s'agit d'un lieu, donc, où raconter son histoire.

Le roman nous amène à rencontrer trois personnages masculins, et leur compagne ou ex-compagne, donc. Il s'agira de Denis, Yves et Philippe Saint-Jean. Chacun livrera son histoire devant l'auditoire, et le petit noyau se liera d'amitié de circonstances ; de même, on les suit, sans jamais qu'ils ne nous lassent, sans que jamais on peine à savoir de qui l'on parle, tout au long du roman. J'ai aimé chaque histoire, ainsi que les réflexions jamais lourdes qui les accompagnent. Les relations humaines sont données à voir dans leur complexité, avec une assez rare perspicacité. Et sans schématisme. Le sexe n'est jamais graveleux, jamais sali par le fait de le raconter ; les personnages ne sont pas monolitiques, ils se retrouvent souvent confrontés à leurs limites, issues du réel. J'ai aussi beaucoup aimé la surprise de fin, le dernier chapitre, et "l'autre regard"... Très intéressant, et très plaisant.

 

. Homo Erectus, Tonino Benacquista, éd. Gallimard. 2011.

 

A lire aussi chez : Luocine, inconditionnelle de Benacquista

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La liste de mes envies :)

8 Juillet 2012, 13:42pm

Publié par la souris jaune

la-liste-de-mes-envies-1-.jpgJ'ai pris plaisir à lire ce livre.

C'est l'histoire de Jocelyne, qui tient une mercerie à Arras. Elle est heureuse. Mariée à un homme qui porte le même prénom qu'elle au masculin, Jocelyn, et mère de deux grands enfants. Un jour, elle gagne 18 millions d'euros à l'euro-million. Commence alors une discussion intime entre elle et elle-même, sur ce qu'elle doit faire, consciente que cette somme d'argent qu'elle vient de gagner, peut tout changer, et va bousculer sa vie. Or, puisqu'elle est heureuse... que faire ? Elle commence à rédiger quelques listes de ses envies, liste dont elle découvre vite la futilité, et la gratuité... Quelques listes d'envies que pour la plupart elle n'accomplira pas !

Il y a aussi cette idée très intéressante sur le fait que "nous avons besoin de nos besoins" pour être en vie ; ils nous rassurent, jalonnent notre quotidien, même s'il parle de manque, en tissant un lien entre notre présent et notre futur... Besoins qui souvent, à notre insu, nous asservissent...

Ah, si j'étais riche... ah, si j'avais ceci, je ferais cela... Grégoire Delacourt prend donc le contre-pied de cette idée convenue, et avec intelligence nous démontre (s'il en était besoin) que posséder ne fait pas le bonheur... Et cela appuyé par la trahison cruelle, également au coeur du livre, qui donne encore du poids à ce que l'on perd... Alors même qu'on n'a pas le pouvoir de maîtriser cette idée affolante : l'autre peut, lui, décider de trahir, de zapper, et nous plonger dans un gouffre de souffrances, nous n'y pouvons rien...

J'ai aimé cette jolie réflexion sur la valeur, le sens réel des choses ; l'idée qui semble nous être murmurée à l'oreille ou au coeur, selon laquelle le bonheur est bien souvent là, ou tout près, et on se le gâche par le biais d'une vaine projection... Ce livre m'en a rappelé quelques autres, même s'ils sont différents, mais que j'avais également beaucoup aimés : L'Elégance du hérisson, ou La petite cloche au son grèle... L'un des points communs étant que l'on a à faire à des personnages simples, ancrés dans une réalité où travailler (dur) pour vivre est nécessaire, mais des personnages qui font naître la poésie de ce qui les entoure, de même qu'ils voient, et sont, au delà des apparences. Et cela me touche toujours.

Merci à Olivier de m'avoir donné envie de lire ce livre, ainsi qu'à Delphine, qui a conforté cette envie.

 

. La liste de mes envies, Grégoire Delacourt, éd. JC Lattès, février 2012.

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Boy

28 Juillet 2012, 20:46pm

Publié par la souris jaune

Boy-Takeshi-Kitano-1-.jpgTrois textes courts : "Tête creuse", "nid d'étoiles", et "Okamé-san". Qui nous entrainent au coeur de la culture japonaise, aux côtés de garçons jeunes ou très jeunes. Dans le premier texte, la fête des sports, chère aux écoliers est au coeur du récit ; avec tout ce qu'elle véhicule, la pression que se mettent les élèves pour remporter le certificat signe de victoire. Pression entretenue par les parents, et les enseignants... Entre rivalités enfantines et sentiments de ne pas être à la hauteur...

Dans le deuxième récit, le personnage principal est un jeune garçon qui suit aveuglément son grand-frère... Tous deux passionnés d'astronomie, héritage du père décédé, alors qu'ils viennent de déménager, et que leur mère, qui travaille avec acharnement vient de rencontrer quelqu'un d'autre. Autonomie, errance des enfants responsabilisés très jeunes par les adultes, tout simplement, comme une évidence.

Dans le troisième texte, on suit Ichiko, jeune garçon habitant Tokyo qui décide après une altercation avec son père, de partir explorer Kyoto et découvrir les Temples là-bas, lui qui veut devenir historien... L'aventure au bout du chemin, pour ce gosse qui ne connaît rien de la vie.

Ici, l'enfance est un monde à part, auréolé de naïveté, d'innoncence, parfois brisé par les adultes. Un monde fragile, à la merci des mauvaises rencontres, qui marqueront leur sceau définitivement sur l'être en devenir. Petite plongée dans un univers japonais.

Je ne peux cependant pas dire que j'ai rafolé : je reste souvent sur ma faim, avec la littérature japonaise. Et là... disons qu'il faut tricoter ses fins soi-même ! C'est au lecteur d'imaginer l'issue des histoires, ou de tirer les conclusions, car l'auteur ne les donne pas ; les fins sont des non-fins, juste la fin du récit, pas celle de l'histoire...

Merci à Cynthia pour la découverte.

 

. Boy, Takeshi Kitano, éd. Wombat. Février 2012

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Nadja :)

26 Août 2012, 21:21pm

Publié par la souris jaune

9782070360734-1-.jpgJe viens de relire Nadja, un des livres qui m'ont beaucoup marqués, surtout quand on les lit comme ce fut mon cas jeune. Qui viennent râtisser toutes vos certitudes en matière de littérature, et vous faire comprendre à quel point rien ne sera plus comme avant ! Dans cet esprit, il y aura eu ce livre, et puis bien sûr Sarraute, la grande Nathalie Sarraute. Alors évidemment, écrire sur Nadja comme si j'écrivais sur n'importe quel autre livre ne va pas être un exercice facile mais je vais essayer.

Fidèle à son crédo du livre "ouvert et battant comme une porte", la première partie est arride... Tournant autour de ce qu'il dénonce, la vanité, la vacuité d'écrire un roman et de s'essayer à des tentatives de psycholosigation des personnages, comme à l'apogée du roman psychologique au XIXème siècle... Breton pervertit notre rapport au roman, il enchasse, pour tenter de faire naître l'improbable, le fugace, ce qui palpite... Et évidemment le personnage de Nadja palpite, qu'il nous livre au gré de leurs rencontres, et jusqu'à l'annonce de l'entrée de celle-ci dans un asile psychiatrique. Ce personnage qui porte le nom du "commencement du mot espérance, et parce que ce n'en est que le commencement".

La rencontre avec Nadja l'aura livré à la "fureur des symboles", lui qui la recherche, avec son groupe d'amis du surréalisme. Les photos, dessins égrènent ce livre pour mieux donner à voir ce que le couple aura vu. La fureur des symboles, à condition de s'arrêter en chemin, au nom de "l'instinct de conservation", ce qui n'était pas possible pour Nadja. J'ai aimé cette tentative de nous restituer le réel transfiguré, vu par leurs deux regards, au gré de leurs pérégrinations parisiennes ; la ville, la rue, prennent une autre dimension quand on regarde autrement et au delà des apparences... Sa vision de la folie, du confort des asiles psychiatriques pour ceux qui vivent au dehors, est évidemment une idée très intéressante : comment s'en sortir lorsqu'on y est, que les codes sont tout autres, et que l'on est livrés à la rationnalité imparable et sans faille de grands professeurs ? Evidemment ça interpelle.

Breton aura-t-il poussé Nadja jusqu'aux portes de la folie, qui lui tendait les bras ? Bien sûr il s'interroge, avant de sauver l'amour, et d'écrire quelques pages, en guise d'ôde à l'amour... Car pour Breton il y avait la poésie, bien sûr, la beauté (non conformiste) et l'amour... Tant de choses, et les idées chères au pape du surréalisme contenues dans ce petit livre !

 

. Nadja, André Breton, éd. Gallimard Folio, 1964. Ecrit en 1926.

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