Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Brèves rencontres avec ma mère :)

24 Avril 2012, 16:02pm

Publié par la souris jaune

9782844207227.jpgRoman ado.

Dégoté par hasard, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre. C'est l'histoire d'une jeune fille, Simone, qui vit une vie harmonieuse au sein d'une famille ouverte d'esprit. Un jour, ses parents lui annoncent que... sa mère veut la voir. Elle savait qu'elle était une enfant adoptée, mais elle avait relégué sa mère biologique dans un coin de son cerveau... Comme tout le monde insiste, l'existence de l'autre se fraie un passage dans son esprit ; elle accepte alors petit à petit cette idée qui vient tout chambouler, avant d'apprendre que cette mère est gravement malade. Et l'adolescente, qui milite dans une association anti-religieuse, va se retrouver fille de mère juive. Un pan de son arbre généalogique se lève alors, et elle découvre son passé, celui d'ancêtres inconnus : "Je repense aux arbres généalogiques. il y a l'arbre de ma famille. Je songe à l'erreur profonde que j'ai commise durant toutes ces années en l'imaginant comme un arbre solitaire, au tronc nu et dépouillé". Intéressant ce questionnement autour de : "l'acte de la mère biologique en forçant la porte de la fille abandonnée 17 ans plus tôt est-il égoïste, ou altruiste ?" Sans doute un peu des deux, en tout cas il pose la grande nécessité de savoir pour avancer. Cette mère, sachant qu'elle va mourir, lui donne la possibilité d'apporter des réponses à ses questions futures, et d'éclairer une partie de son être par ses racines.

Cette histoire est traitée avec une grande sensibilité, avec beaucoup de tact, d'humour, du point de vue de l'adolescente, jeune fille sensée de notre époque. Ce livre est tout à la fois une réflexion sur l'identité, son ancrage dans le passé, sur les religions, mais aussi sur l'amour, l'attachement, ou encore la mort. Et le tout est abordé avec finesse, et intelligence. 

 

• Brèves rencontres avec ma mère, Dana Reinhardt, éd. Thierry Magnier, 2009. (Traduit de l'anglais, Etats-Unis, 2006).

 

Voir les commentaires

La vie sexuelle des cannibales

2 Juin 2012, 21:45pm

Publié par la souris jaune

9782842304287-1-.jpgJ'ai d'abord été très enthousiaste à la lecture de ce livre. Je n'en attendais pas forcément beaucoup, ce qui fait peut-être que j'ai été très emballée pendant toute la première moitié du livre. L'auteur y raconte une échappée de deux ans dans un atoll du Pacifique Sud, Tarawa, dans l'archipel des Tiribati. Où il développe d'ailleurs une allergie à une certaine chanson, la Macarena, l'air musical unique que tout le monde écoute en boucle, compte tenu de la pauvreté culturelle du lieu.

C'est drôle, bien senti ; l'auteur a le sens de la formule, la parabole fait mouche, et l'on rit beaucoup. Ainsi, il nous livre une vision cauchemardesque de ces petits confettis d'îles qui ont pourtant tout, vus de loin, pour être paradisiaques. Il nous rend compréhensibles un certain nombre de traits qui pourraient paraître saugrenus ou bizarres, en les vivant et en nous les expliquant... Ainsi, il nous demande d'imaginer New-York plongé dans un perpétuel mois d'août, par 38 degrés permanents, il conclut avec pragmatisme que la vie y serait nettement moins speed, nettement moins productive, car comment se mouvoir comme un ressort toute la journée quand le corps souffre tant de la chaleur qui alanguit ? Les cours de la bourse seraient sans doute beaucoup moins prolifiques...

En plus, j'ai aimé l'entrée en matière dans chaque chapitre, à la manière des récits de voyages historiques, des siècles passés, et même de Rabelais, si mes souvenirs sont bons... On finit par bien connaître les moeurs et les paysages de cette petite île, c'est très vivant. Le hic, c'est que c'est sans doute trop long, et que je confesse avoir un peu peiné sur la dernière moitié. Et c'est plus décousu, si bien qu'on se demande s'il n'y avait pas des contraintes de longueur imposées par l'éditeur ou la collection, pour que l'auteur ne se soit pas arrêté avant. Quant au titre, j'ai entendu l'auteur (ce qui ne contribuera pas forcément à le rendre sympathique, ou alors juste très franc) expliquer qu'il était plutôt une accroche, ce qu'on avait tout à fait imaginé d'ailleurs. Cela dit, j'ai trouvé dans le livre un passage qui peut défendre le titre : hommes et femmes de l'île passent pour être plutôt jaloux, et d'après l'auteur, ils ont tous "le nez bouffé", au sens propre ! Parce qu'il semble que c'est la sanction qu'ils se font subir entre eux ! Si ça ne ressemble pas à "la vie sexuelle des cannibales", ça...

 

. La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost, éd. Hoëbeke, mai 2012.

Voir les commentaires

Deux soeurs en décembre :)

4 Juin 2012, 21:17pm

Publié par la souris jaune

9782844204882-1-.jpgRoman ado.

"J'adore me pelotonner dans des rêves éveillés. Pour cela j'accorde une attention particulière aux détails". Suit alors le rituel de Romy, au début du livre, qui s'enrubanne dans des plaids très colorés, plaids qui emprisonnent petit à petit son baume au coeur. La couleur est comme une seconde peau pour la jeune fille, celle notamment de ses nombreux vêtements framboise, jaune citron ou mûre écrasée : elle fait fuir la grisaille.

A côté de ça, c'est l'histoire de deux frangines, à l'amour vache mais nouées commes les doigts de la main. Qui pallient par leur proximité à la souffrance que leur procure une mère en exil au fond d'elle-même, depuis que le père de ses deux filles a claqué la porte pour ne plus jamais revenir.

Romy et Ava (18 et 20 ans ?) font avec cette mère en détresse, qu'elles nourrissent par plateaux-repas en attendant, avec espoir, qu'elle sorte de sa léthargie et guérisse de son long chagrin d'amour dévastateur... Et nous suivons Romy et son meilleur ami Ferdinand. Et puis il y a Athanaël, le vice-proviseur du lycée où elle est en hypocâgnes, duquel elle est éprise ! Nous la suivons, touchante, dans ses élans de vie. Ses sursauts pour conquérir son bonheur. Avec cette leçon que la plus jeune donnera à l'aînée : on n'obtient rien si l'on ne part pas à l'assaut, et si l'on reste à se morfondre... Le bonheur n'est pas la chance des conquérants, il est juste la récompense de ceux qui se sont donné du mal pour aller le chercher. Et j'aime assez cette idée-là...

C'est bien écrit, c'est beau. On aime, de temps en temps retrouver la pureté et la profondeur des sentiments, des premiers émois amoureux...

 

. Deux soeurs en décembre, Shaïne Cassim, éd. Thierry Magnier, paru en 2006.

Voir les commentaires

Mal de pierres :((

26 Février 2012, 10:58am

Publié par la souris jaune

9782867464331-1-.jpgBeurk ! Je m'attendais au meilleur avec ce livre, au vu des critiques dithyrambiques, extraits des plus grands journaux nationaux qui le jalonnent... Beurk, beurk, beurk ! En ce qui me concerne, je n'ai vraiment pas aimé.

Ce "Mal de pierres" m'a fait penser (évidemment, en pire) à "Elles vivaient d'espoir" de Claudie Hunzinger (que j'avais aimé, donc). Même période (1943), histoire d'amour impossible, et la vie qui continue, malgré tout. Sauf que là... grrrr.

J'ai trouvé le livre trop court, trop ramassé. Du coup, j'ai trouvé difficile de s'y retrouver avec toutes les strates de personnages. Sachant que c'est la petite-fille qui raconte l'histoire de sa grand-mère. Elle nous parlera donc en 121 pages de sa grand-mère bien sûr, de son grand-père, du Rescapé peut-être son vrai grand-père, de ses autres grand-parents, de sa mère, de son père, etc... Dur de s'y retrouver. Le principe de l'histoire d'une mère ou d'une grand-mère racontée par l'enfant ou le petit-enfant est connu et plutôt usité en littérature, souvent touchant ; je pense par exemple à l'excellent "Jardin sur le ventre" de Fabienne Berthaud  ; là ce n'est pas le cas...

Je n'aime pas la façon dont c'est écrit (mais il est vrai que c'est traduit de l'italien), je n'aime pas le propos... je trouve qu'elle nous dit tout et son contraire, on a l'impression de ne rien avoir lu, ou de lire des pages qui sont des grains de sable et qui s'effritent entre les doigts, principalement à cause de la lettre finale, qui tend à annuler tout ce qu'on a lu... Alors : était-on dans les méandres de l'esprit de la grand-mère de cette narration et tout est invité ? Non, vraiment, je ne comprends pas ce livre, et vraiment, vraiment, il me met en colère, alors je m'arrête là !

 

. Mal de pierres, Milena Agus, éd. Liana Levi, 2006 (Italie et France).

 

.

Voir les commentaires

Fermer l'oeil de la nuit

10 Octobre 2012, 15:10pm

Publié par la souris jaune

Fermer L oeil de la nuit Klein[1]D'abord j'avoue sans honte avoir acheté ce petit livre pour son aspect extérieur : sa couverture et son "oeil de boeuf" qui pousse à la curiosité, son titre, la sobriété de sa 4ème de couverture qui réside en une seule phrase ("grâce à vous, il va peut-être m'arriver autre chose"), et la douceur extrême du papier de ce petit objet...

C'est un livre étrange que celui-ci... Tournant autour de l'idée de l'imbrication du dedans et du dehors, symbolisé sans doute pour le mieux par le motif de l'oeil de boeuf, lien parfait, trait d'union entre l'extérieur et l'intérieur : l'oeil de boeuf nous donne ce qu'on ne devrait pas voir, dérobe ce qui se cache de l'autre côté...

La prison (en tant que lieu emblématique fermé sur l'extérieur) est une des thématiques clé du livre. Même si on pourrait se dire que finalement, ce sont les lettres (lien entre le dedans de la prison et le dehors) qui s'échangent entre un détenu et sa correspondante qui sont plus là au coeur du livre : la narratrice va se mettre à écrire des lettres à celui qu'elle imagine être son frère, et ces courriers (ceux qu'elle envoie et ceux qu'elle reçoit) vont jalonner le récit.

Les entre-deux encore, avec la rue, le couloir : les lieux (l'un extérieur, l'autre intérieur) où l'on rencontre, les lieux où la vie peut se densifier et se transformer. Où la narratrice rencontre son voisin. Qu'elle aperçoit par l'oeil de boeuf. Et bien sûr, finalement, puisque c'est ce sujet qu'elle décline, elle explore aussi cette question : "que se passe t-il de l'autre côté de la cloison ?" : l'autre côté de la cloison c'est à la fois l'extérieur et l'intérieur, avec l'idée que par les bruits, les deux univers s'interpénètrent. Au coeur de ce livre encore, donc, ses voisins (ils habitent au dessus), à qui la narratrice vole des bribes d'intimité... Un couple étrange, d'artistes.

Le livre est fondé comme un objet cérébral sur ce triptique : elle (la narratrice), lui (le frère ou assimilé), et le couple de voisins. Pour faire aussi voler en éclat les évidences : elle malgré sa liberté, vit comme une recluse volontaire (sortant très peu de chez elle) ; lui, qui par ses lettres a "de l'effet sur l'extérieur", ayant "le sentiment d'être ici et là-bas" et le couple, prisonniers de faux semblants mine de rien, et de leur incapacité à communiquer...

Un livre que j'ai trouvé intéressant finalement, mais véritablement mental, cérébral, voire conceptuel.... Je crois que ce qui m'a plu cela dit, c'est que l'auteur nous épargne une psychologie sans finesse trop souvent caractéristique de nombreux romans "trop" classiques de ce point de vue-là.

 

. Fermer l'oeil de la nuit, Pauline Klein, éd. Allia. Septembre 2012

Voir les commentaires

Les hommes en général me plaisent beaucoup :)

21 Octobre 2012, 21:47pm

Publié par la souris jaune

Les-hommes-en-general-me-plaisent-beaucoup_2-1-.jpgC'est le troisième livre de Véronique Ovaldé que je lis, après Et mon coeur transparent (2008), et Ce que je sais de Véra Candida (2009), que j'avais adoré. Ce qui frappe, c'est la force de cet auteur, à travers trois livres très, très différents. Et qui ne laissent pas indifférents.

Etrange titre que celui-ci, au regard de cette histoire. A moins qu'on y voie toute l'innocence, la perméabilité, la dépendance aux hommes de Lili tel que son destin l'a ourdie. On la découvre alors qu'elle a 23 ans ; elle vit avec un homme maternant, Samuel, qui l'a prise sous son aile après l'avoir sortie de prison. Elle vit, comme en équilibre. Elle vit en lisière d'un zoo dont les bruits nimbent et accompagnent le récit. Et soudain une silhouette, comme un fantôme la replonge dans son passé, alors qu'elle n'avait que 14 ans ; elle va nous livrer les bribes de son passé en même temps que celles de son présent. Petit à petit, on réalise et on comprend la fragilité cassée de cette jeune femme ; fille d'un père autoritaire, qu'elle méprise et craint, appartenant au "parti", nazillon ; tragédie du couple parental, la mère en souffrance, subissant ce que l'homme qu'elle s'est choisie allait devenir, jusqu'à sa mort brutale. Alors le père "abandonne" tout en les enfermant, ses deux enfants... Et l'homme, l'autre homme, Yoim arrive tel le messie et profitera de l'innocence de la toute jeune fille à sa merci, qui se rue dans cette histoire pensant que c'est l'amour... Un amour auquel elle restera engluée, incapable de s'en séparer, ourdissant une dépendance au sexe, et à cet autre qui fascine par sa monstruosité tranquille... On aime la description que le personnage fait d'elle-même, traversée par le membre de l'autre, devenant liquide et perméable... Dans un style très particulier, ce roman marque par sa force et sa voix unique dont les mots résonnent longtemps en nous. Par son côté chtonien, je crois que ce livre m'a rappelé quelques auteurs haïtiens et cette littérature si particulière (Trouillot notamment)...

 

. Les hommes en général me plaisent beaucoup, Véronique Ovaldé, Babel Actes Sud, 2003.

Voir les commentaires

Comment (bien) gérer sa love story :)

4 Février 2013, 21:37pm

Publié par la souris jaune

Roman ado.

comment-gerer-sans-bandeau.jpgComment (bien) gérer sa love story est la suite de Comment (bien) rater ses vacances, lu il y a quelques temps avec plaisir. Souvent, j'ai du mal avec les suites, mais je dois dire que j'y ai pris là autant de plaisir que la première fois. Bien sûr, le trait est parfois forcé, mais c'est le propre du bouquin, et ça fonctionne plutôt bien ! On retrouve donc Maxime, 18 ans, qui nous raconte ses aventures sur un mode très humoristique, avec force notes de bas de pages à l'attention du lecteur, souvent gentiment malmené, ou congratulé.

"J'ai compris tout de suite que je faisais tache dans le décor. Mais ça je m'y attendais un peu. D'ailleurs, je me vois assez bien comme ça : une tache dans le décor. Et ça ne me déplaît pas, comme vous pouvez vous en douter. (Note de bas de page : c'est fou ce que vous me connaissez bien, quand même. Dire que moi, je ne vous connais même pas.)"

On en redemande. Et d'ailleurs, on devrait être exhaussés, car ce tome-là appelle clairement une suite, étant donné qu'il nous laisse en pleine incertitude, et au beau milieu d'une intrigue...

Bref, en plus de Max l'ado passionné de musique et de guitare, on retrouve ses meilleurs amis Kevin et Alex(andra), la petite soeur, la mamie (toujours savoureuse, même si beaucoup plus discrète dans ce livre-là), le père (et son histoire de liens familiaux avec son frère)... Sans oublier bien sûr la très très forte en réparties Natacha, étudiante en psycho, et petite-amie du dit-Maxime. Maxime enchaine encore les gags (malgré lui), plus ou moins catastrophiques, c'est drôle, on aime ! 

 

. Comment (bien) gérer sa love-story, Anne Percin, éd. du Rouergue, 2011.

Voir les commentaires

Si tout n'a pas péri avec mon innocence

12 Mai 2013, 15:07pm

Publié par la souris jaune

9782818017463-0-1511233.jpgOula. Que dire de ce livre-là ? C'est un livre loin du consensus, ou du politiquement correct.

Un livre autour d'une adolescence, qui parle du suicide d'un enfant mal-aimé (le petit frère, mis à mal par l'intransigeance du regard des autres), de désillusions et de désenchantement, d'abdications et de sexualité. Sur fond de famille tuyau-de-poëlle, assez ignoble en tant que famille, dont la description n'a pas été sans me rappeler l'univers d'un Albert Cohen et de ses Valeureux : personnages hauts en couleur, atypiques non dans l'héroïsme, mais souvent dans le grotesque ou le ridicule, "défauts" qui finissent parfois d'ailleurs par être transcendés...

La narratrice a 20 ans, et raconte. Sa famille, odieuse d'immaturité, d'irresponsabilité, d'égoïsme... Et avec laquelle il faut pourtant grandir. Ses humiliations constitutives. Son amour pour Charles Baudelaire. Son petit ami. Le suicide de son jeune frère. Et puis comment elle décide de reléguer le désir dans d'autres sphères, de vendre son corps pour s'extraire de sa cellule familiale. Etonnante et quelque peu dérangeante vision de la prostitution ; et en même temps validant l'idée selon laquelle notre corps n'est pas le dernier rempart de notre liberté, et que l'offrir en pâture n'est pas pire que d'être caissière dans un supermarché... C'est désabusé. Bien sûr, ça vient interroger les stigmates que la vie nous donne, et malgré lesquels il faut bien pourtant poursuivre, et avancer...

La vision du désir est intéressante ; plus inattendu ce plaidoyer final en faveur des femmes excisées...

Emmanuelle Bayamack-Tam écrit dans une langue très riche d'images et de vocabulaire, d'un niveau soutenu, et bien à elle. C'est évidemment ce qui donne sa densité et son unicité à ce livre... logo-ev 2013 320x240-5d2b8

 

. Si tout n'a pa s péri avec mon innocence, Emmanuelle Bayamack-Tam, éd. P.O.L, janvier 2013.

Voir les commentaires

Au rebond :)

11 Mai 2014, 16:43pm

Publié par LaSourisJOne

Au rebond :)

Roman ado. (Garçons).

Ah, le bonheur, de retrouver Blondel, quand les livres me tombent les uns après les autres des mains. Ca marche souvent, et ça a encore marché. Blondel me réchauffe et m'offre un vrai bonheur de lecture, une vraie encore d'humains qui se débattent et qu'on aime. C'est son deuxième récit jeunesse, que j'ai aimé tout autant que Brise-glâce, s'il est possible, mais aussi que G 229, 6h41... (J'avoue avoir un peu moins aimé Juke-Box). Bref. Ici il est question d'un jeune homme de 16 ans, dont on connaît assez tard le prénom (Alex), et pour cause, c'est lui le narrateur. ;) Donc. Alex joue au basket. On sent qu'il se laisse vivre, mais qu'il a une marge d'action, un levier qu'il est capable d'activer si besoin. Il vit seul avec sa mère, son père s'est barré alors qu'il était petit, et avec rouardise et malice, se joue de la crédulité des adultes en leur jouant le couplet du pauvre garçon et de sa série famililale, ça lui évite de travailler un trimestre ou deux. :) Sa mère est aide-soignante, et ils vivent comme ils peuvent, chichement, dans un petit appartement. Son pote, c'est Christian. Un jour il disparaît. Quinze jours... Inquiet, mais ne sachant que faire, Alex finit par s'en ouvrir à sa mère, bien que ce ne soit pas dans ses habitudes. Elle lui répond : qu'est ce que tu dois faire ? Forcer le destin ! Forcer le destin ? Oui, le chercher, s'assurer qu'il va bien. Il en sera peut-être énervé sur le moment, mais il le prendra ensuite comme un cadeau. Ce qu'il fait. Pour le trouver dans sa grande baraque de riche en train de prendre soin de sa mère qui menace de se suicider, le mari s'étant barré avec son assistante. Le copain aide le fils quelques heures, et soudain, la mère débarque. Et s'installe, bien décidée à soutenir coûte que coûte la mère du copain...

Les familles qui se disloquent et qui tiennent debout comme elles peuvent ça m'a un peu pensé à Mazetti ; et puis finalement le mieux qu'on construit grâce au collectif, aux thèmes chers à Gavalda. Sauf que là, j'ai vraiment plongé, et aimé. Un très bon moment.

. Au rebond, Jean-Philippe Blondel, Actes Sud Junior. 2009.

Voir les commentaires

Le temps des vrais bonheurs :)

14 Décembre 2014, 10:41am

Publié par LaSourisJOne

Le temps des vrais bonheurs :)

C'est un récit qui prend son temps, avance comme les ricochets d'un galet sur l'eau : un récit antérieur en chasse un autre, celui du présent, avant de revenir au présent. Au présent de trois personnages, du point de vue duquel la narration se place successivement : Jazz, Aruna, et Hassan. Aruna et Jazz se connaissent depuis leur petite enfance, depuis qu'ils se sont choisis ou 'reconnus' dans la cour de l'école, et plus quittés. Jusqu'à peut-être se tromper en se choisissant aussi comme compagnons de vie... La vie, peut-être se charge de leur rappeler que ce choix est peut-être contre-nature... Il y a les fausse-couches, et... les interrogations d'Aruna.

Et puis Hassan, le père de Jazz. A l'hôpital de Kuala Lumpur, en fin de vie. Espérant la mort, que son fils Jazz, qu'il n'a pas vu depuis deux ans, lui refuse obstinément. Ce qu'il croit savoir de l'histoire de ses parents lui occulte toute la vue, et il condamne son père à priori. Les mots seuls permettent de guérir et de sortir de ses oeillères, là encore Jazz l'apprendra sur le fil, tardivement, regrettant amèrement ces deux ans perdus. Le poids des secrets, sur les épaules des enfants qui ne peuvent que se faire des idées, et qui laisse ses mauvaises traces dans les vies, est aussi au coeur de ce récit.

Aruna est partie précipitamment, sur un coup de tête, loin ; à Londres, elle refait sa vie, mais sans finalement 's'impliquer à fond'. Tout simplement parce qu'elle ne peut pas. Trop de choses pas réglées... Son identité (qui sont ses vrais parents ?), quelle histoire avec Jazz ? Alors, une phrase d'un livre, un jour, suffisament forte la fait monter dans un avion sur les traces de la compréhension, à l'assaut des questions, loin de la fuite : retour vers Jazz et Hassan, ses racines... J'aime assez comment les choses avancent dans ce livre là, par petites touches lentes et douces ; et cette phrase, qui déclenche les départs et les retours, et qui me touche beaucoup : "Il est temps de cesser le combat et de rentrer".

J'avoue par contre ne pas vraiment comprendre l'adéquation entre le titre et l'histoire puisque c'est véritablement tout le contraire ; à moins peut-être que 'Le temps des vrais bonheurs' se rapporte à la toute fin du livre, à ce qu'on ne lira pas, mais que le livre a préparé, c'est à dire un temps qui suit le travail que l'on a fait pour régler son passé, et pour être disponible pour un vrai bonheur... :)

Merci chaleureux à Delphine, qui a pris soin de débusquer ce livre pour moi. :))

Le temps des vrais bonheurs, Roopa Farooki, éd. Gaïa, juin 2014.

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>