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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Fermer l'oeil de la nuit

10 Octobre 2012, 15:10pm

Publié par la souris jaune

Fermer L oeil de la nuit Klein[1]D'abord j'avoue sans honte avoir acheté ce petit livre pour son aspect extérieur : sa couverture et son "oeil de boeuf" qui pousse à la curiosité, son titre, la sobriété de sa 4ème de couverture qui réside en une seule phrase ("grâce à vous, il va peut-être m'arriver autre chose"), et la douceur extrême du papier de ce petit objet...

C'est un livre étrange que celui-ci... Tournant autour de l'idée de l'imbrication du dedans et du dehors, symbolisé sans doute pour le mieux par le motif de l'oeil de boeuf, lien parfait, trait d'union entre l'extérieur et l'intérieur : l'oeil de boeuf nous donne ce qu'on ne devrait pas voir, dérobe ce qui se cache de l'autre côté...

La prison (en tant que lieu emblématique fermé sur l'extérieur) est une des thématiques clé du livre. Même si on pourrait se dire que finalement, ce sont les lettres (lien entre le dedans de la prison et le dehors) qui s'échangent entre un détenu et sa correspondante qui sont plus là au coeur du livre : la narratrice va se mettre à écrire des lettres à celui qu'elle imagine être son frère, et ces courriers (ceux qu'elle envoie et ceux qu'elle reçoit) vont jalonner le récit.

Les entre-deux encore, avec la rue, le couloir : les lieux (l'un extérieur, l'autre intérieur) où l'on rencontre, les lieux où la vie peut se densifier et se transformer. Où la narratrice rencontre son voisin. Qu'elle aperçoit par l'oeil de boeuf. Et bien sûr, finalement, puisque c'est ce sujet qu'elle décline, elle explore aussi cette question : "que se passe t-il de l'autre côté de la cloison ?" : l'autre côté de la cloison c'est à la fois l'extérieur et l'intérieur, avec l'idée que par les bruits, les deux univers s'interpénètrent. Au coeur de ce livre encore, donc, ses voisins (ils habitent au dessus), à qui la narratrice vole des bribes d'intimité... Un couple étrange, d'artistes.

Le livre est fondé comme un objet cérébral sur ce triptique : elle (la narratrice), lui (le frère ou assimilé), et le couple de voisins. Pour faire aussi voler en éclat les évidences : elle malgré sa liberté, vit comme une recluse volontaire (sortant très peu de chez elle) ; lui, qui par ses lettres a "de l'effet sur l'extérieur", ayant "le sentiment d'être ici et là-bas" et le couple, prisonniers de faux semblants mine de rien, et de leur incapacité à communiquer...

Un livre que j'ai trouvé intéressant finalement, mais véritablement mental, cérébral, voire conceptuel.... Je crois que ce qui m'a plu cela dit, c'est que l'auteur nous épargne une psychologie sans finesse trop souvent caractéristique de nombreux romans "trop" classiques de ce point de vue-là.

 

. Fermer l'oeil de la nuit, Pauline Klein, éd. Allia. Septembre 2012

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Notre petite vie cernée de rêves :)

7 Mai 2015, 13:17pm

Publié par LaSourisJOne

Notre petite vie cernée de rêves :)

J'ai dû emprunter ce livre pour son titre que j'ai adoré, et sa couverture. Pas de regrêt. On est plongé dans la vie du jeune Albert Scully, 17 ans, qui entreprend de nous raconter son histoire. Non sans humour, et sensibilité. C'est un Albert différent des autres, et dieu sait que la différence, adolescent, n'est pas facile à vivre. Alors voila, lui, bien que très intelligent, il est nul à l'école, solitaire, et ne s'intéresse qu'à des sujets 'qui ne sont pas dans le manuel' : il aime jardiner, il aime la Nouvelle Zélande, Shakespeare et les remorqueurs.

Il vit au sein d'un couple qui subit son existence d'adulte : elle, jusqu'à la caricature vivant par procuration gavée de séries américaines à l'eau de rose, emplie de clichés, mais touchante, lui, l'assureur raté, qui passe son temps et éreinte sa vie à trimer pour acheter des robots-ménagers à n'en plus finir à madame... Et qui boit, sans doute pour oublier tout ça.

Ca se passe probablement dans les années 60 ou quelque chose comme ça...

Un jour, le jeune homme fait la connaissance de sa voisine, une vieille femme de 80 ans qui brûle ses déchets dans son jardin, vit comme une clocharde, et qu'il commence par juger 'foldingue', avant de tomber sous le charme d'une véritable rencontre. Lui aura-t-elle menti sur elle ? Est-ce l'important ? Ou ce qui compte n'est-il pas qu'il ait pu grandir, changer, s'accepter, aimer la vie grâce à la rencontre de l'autre et l'échange ?

C'est un joli livre, plutôt aérien, pas plombé, pas dans le pathos. Un livre sur la différence, bien sûr, mais aussi sur l'amour au sens large, le partage, les rencontres humaines qui changent une vie, et évidemment sur les concessions qu'on doit faire ou pas, pour être bien avec soi et dans sa peau.

Médiathèque de Saint-Malo.

Notre petite vie cernée de rêves, Barbara Wersba, éd. Thierry Magnier, 2008.

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La beauté des jours :)

4 Février 2018, 15:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Voila. Je referme enfin ce livre que j'ai lu lentement. Enfin, referme, pas tout à fait, je le laisse un peu ouvert pour en respirer encore les dernières pages. 

J'ai réappris à lire lentement, avec ce livre. Et j'ai fini par en goûter l'atmosphère, moi qui me cabrais au début de sa lecture, par son style dont je ne suis pas vraiment fan. Phrases simples et courtes. Restitution d'une ambiance rurale, qui n'est pas sans évoquer pour moi des souvenirs enfantins. Rythme lent, d'un temps qui coule sans que ne se passe grand chose.

Mais c'est ça qu'elle donne à voir, et plutôt brillamment, si tant est qu'on ne bloque pas sur sa façon d'écrire : de petits vies qui s'écoulent, la beauté de ces vies-là, pour faire en sorte que les choses durent. Pour ne pas déconstruire ce qu'on a construit.

C'est joli, ce cheminement de Jeanne avec elle-même. Ce qu'elle est, ce qu'elle était, et comment elles se retrouvent, ces deux Jeanne, sans s'être jamais complètement perdues. Avec ce lien, ce trait d'union entre cette Jeanne du présent et du passé, Abramovitc. L'artiste, qui la fascine depuis toujours. Qui se livre à des performances extrêmes. Dans son quotidien de cela, elle suit, toujours, l'artualité de son idole. Et cela la maintient connectée avec elle-même. L'autre part d'elle-même, c'est ce qu'elle a créé, Rémy, son mari, si ancré dans son quotidien, l'amour qui en ressort, de ces attachements de leurs vies, et leurs deux filles, grandes, qui commencent à vivre leur propre vie.

Et Martin. Celui dont on ne saura pas vraiment s'il aurait pu être l'autre homme de sa vie, ou qui restera l'autre homme de sa vie, sans que Jeanne ne veuille en tout cas casser ce qu'elle a construit. Alors s'efforcer d'enfouir en soi les espérances, les doutes quand ils arrivent, pour se raccrocher fort, fort, à ce qu'on a construit. 

Martin qui part au Japon sur lîle de Teshima, pour entendre les battements de coeur au sein d'une petite cabane... Il aurait voulu l'y emmener, mais ce n'est pas sa vie.

C'est beau.

Je ne peux que lui rendre hommage, après avoir tant douté, et décrié son écriture.

Delph, nous pourrons enfin en parler, comme je sais que tu l'as lu !

. La beauté des jours, Claudie Gallay, éd. Actes Sud, 2017.

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Un temps égaré :)

15 Septembre 2017, 20:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai commencé par être agacée par les personnages de ce livre, les personnages masculins répondant à l'archétype du type riche, irrespectueux et trompant sa femme allégrement sans aucune considération pour quiconque. Cela aurait été très limité, comme intérêt de suivre un personnage comme celui-ci. Et puis les choses changent. Parce que coup sur coup, l'une de ses maîtresses avec qui il se montre odieux fait une tentative de suicide, et que dans la foulée, sa femme, qui a reçu les échanges de ces deux-là, le quitte (enfin). Ce que raconte la narratrice de la psychologie de cette femme-là, qui ferme les yeux jusqu'à la goutte d'eau de trop, est intéressant. En tout cas, l'odieux personnage, Eric Meyer, qui se drogue et a adopté une vie où il ne s'autorise que la performance' va "péter les plombs", un soir, aller trop loin, et se retrouver interné.

A partir de là, les choses sont réellement intéressantes. Par ses rencontres, contraintes, avec un autre monde que celui des finances, où il s'est bati une vie sans respect de l'autre. Parce qu'il va être confronté à cet autre dans sa différence, et dans sa fragilité, de pleine face, et qu'il sera crédible qu'il doute de ce qu'il est, un peu, petit à petit... L'échange avec ce psychiatre, trop vite abandonné à mon sens par contre dans l'approfondissement d'un personnage, est lui aussi très intéressant ; Eric Meyer va accepter enfin d'ouvrir le livre enterré de son passé, être amené à l'accepter, lui qui s'en était coupé, tellement amoureux de sa mère, pour ne pas en souffrir. C'est ainsi qu'il s'était construit ; finalement, il découvre qu'il peut, qu'il doit peut-être même, se construire autrement. 

Il y a cette meilleure amie, attachante, fidèle des fidèles, qui malgré un froid de 10 ans, revient pour le faire avancer. Sa fille, aussi, lucide, et forte. Et son imaginaire, qu'il avait mobilisé pour sa fille. Comme une faille dans le paysage aride et inhumain dont il avait constitué sa personnalité. 

Je reste un peu sur ma faim, quant à la fin... Mais, j'aurais pris plaisir à voir l'évolution de ce personnage, l'histoire est racontée efficacement.

Le titre est efficace aussi, il intrigue, il revet plusieurs sens. Quel est ce "temps égaré" pour Eric Meyer ? L'essentiel de sa vie active, où il s'est aveuglé pour avancer, ou ce moment de la prise de conscience soudaine, nécessaire, douloureuse ? Chacun sa réponse. :)

Médiathèque de Saint-Malo.

. Un temps égaré, Marie-Laure de Cazotte, éd. Albin Michel, 2014.

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Le baron perché :))

10 Novembre 2017, 13:07pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Aaahhhh, le retour aux classiques fait du bien !

Quel bonheur de lecture que ce livre-là. Je sais qu'il est parfois étudié en classes de collège, je me suis dit que c'est sans doute dommage, parce que c'est forcément trop tôt. Même si on prend toujours d'une oeuvre ce qu'on est prêt à en prendre !:)

En tout cas, j'ai vraiment savouré chaque page, chaque épisode ; ça a tout d'un conte philosophique, évidemment ! Donc, l'histoire se passe dans les années 1700 et quelque : bienvenue au sein d'une famille où chacun a ses petits travers, mais surtout, famille de nobles, de barons. Bon, le père, la mère, et les trois enfants, dont la fille aînée qui fait des plats atroces sans doute pour dégouter ses frères, des innovations avec des ingrédients très improbables, mais qu'il faut manger.

Alors un jour, Côme, alors qu'on lui propose de manger un plat d'escargots bizarrement mis en scène (tiens, tiens, ça me rappelle quelqu'un, ou plutôt quelqu'une...) refuse, et décrète qu'il ne mettra plus les pieds à cette table. Et même : qu'il se réfugiera dans un arbre, et n'en descendra plus. Il a douze ans. 

Et c'est ce qui va se produire ! Alors on va suivre, narrés par le petit frère, les épisodes de la vie de ce 'baron', perché. Une décision qui ne l'empêche en rien de vivre, bien au contraire : il vit tout en l'air, mais il a des engagements, il lit beaucoup, il réfléchit... Il fait des rencontres... C'est épatant. Et j'ai adoré la narration par le prisme du frère cadet.

Même l'amour n'échappe pas aux réflexions de l'auteur : alors l'histoire d'amour avec Violette, extraordinaire ! Ils se rencontrent à 12 ans, et ne se connaissent pas longtemps. Se chamaillent mais s'attirent. Violette part vite, mais des années plus tard, elle revient ! Et c'est un feu d'artifice de rencontres physiques, charnelles, dont seules les images que nous pouvons nous en faire peuvent nous faire nous dire : eh bien, pas piqué des hânnetons ! 

Génial !

Médiathèque de Saint-Malo.

. Le baron perché, Italo Calvino, Folio Poche. Paru en 1957 en Italie, 1960 en France.

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L'Ordre du jour :)

25 Janvier 2018, 19:08pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, il est impossible d'être sceptique quant au contenu, au propos de ce livre. Evidemment, il ne peut que susciter l'adhésion, et l'adhésion profonde pour ce qu'il donne à voir, dénonce, dévoile. Evidemment, c'est sans doute un livre qu'il faut lire, avoir lu.

Mais je dirais sans doute avant tout : d'un point de vue historique. Parce qu'il donne à voir une période très trouble de l'histoire, et dénonce ceux qui ont servi le Reich et en ont tiré leur épingle du jeu. Ce sont les vingt-quatre industriels autour d'une table, et ne voyant que leurs affaires, ferment les yeux sur tout le reste et financent le parti nazi en 1932. De grands noms toujours grands aujourd'hui. Alors oui, ce livre vaut pour ce qu'il dit de l'Histoire, ce qu'elle retient et ce qu'elle gomme... 

Evidemment, avec un cynisme froid, un style propre, il nous fait détester ces hommes bien 'propres' qui ont entraîné le mal ; il nous entraine dans les coulisses de l'histoire, et tente de la re-dessiner, avec de petits faits, auxquelles il redonne une couleur sombre. 

J'ai beaucoup aimé cette idée selon laquelle, parfois, les faits tiennent à peu de chose : parfois c'est un coup de bluff qui oriente les événements. Ce qu'il décrit de l'armée allemande, de ce petit homme brutal... ils n'auraient pas dû aller si loin, et pourtant : le bluff, renforcé par la crédulité, la peur, le besoin d'admirer. Intéressante analyse.

J'ai aimé, mais je confesse que je suis restée un peu sur ma faim. J'ai eu l'impression d'un livre "morceaux choisis", et j'aurais aimé sans doute que ce soit plus lié, plus épais, moins inégal. Cependant, je reconnais le gros travail de documentation historique de l'auteur, et sa capacité à saisir une scène et à la donner à voir brillamment. Et je déteste avoir quelques griefs à l'égard de ce livre. 

Prix Goncourt 2017.

. L'Ordre du jour, Eric Vuillard, Actes Sud, 2017. 

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L'Amie prodigieuse, 2 :))

7 Mars 2018, 19:09pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai hésité à mettre trois, ou deux sourires. J'ai finalement opté pour deux, tout en me disant pourtant que je m'étais jetée dedans avec tout autant de passion que dans le premier ; je reconnais simplement tout petits patinements, dans la vie de Lila, mais qui à aucun moment ne m'ont donné envie de lâcher le livre bien au contraire. 

On lui reconnaîtra encore une fois ce talent de nous laisser en "suspens", comme à la fin d'un épisode ou saison d'une série : avec la volonté rageuse de savoir, tous les détails de ce qu'elle a amorcé.

C'est d'autant plus époustouflant, qu'on voit bien que ce récit prend toute son architecture comme vie de la narratrice (on ne se hasardera pas à dire vie de l'auteure, mais évidemment, c'est plausible, vu les circonstances), et qu'une fois encore chaque épisode, chaque anecdote nous sont livrés de la même manière : une phrase d'appel nous donne immédiatement envie de savoir ce qu'elle va nous raconter, et même s'il s'agit d'un petit événement, elle nous aspire dans les entrelacs de sa vie, et nous en voulons toujours plus.

C'est en tout cas ce que je ressens à l'issue de ce tome 2, donc, et donc environ 1200 pages plus tard : je suis soulagée parce que la vie de Lila et d'Elena m'attend encore, elle n'est pas terminée, et tout ces personnages que j'ai vu vivre dans ce quartier peu aisé de Naples, je vais les retrouver, sans doute pour le pire, mais aussi tout simplement à l'échelle d'une vie, de vies et de péripéties de vies.

L'amitié s'est évidemment transformée, la dépendance demeure, mais dans ces quelques années de vie, la concurrence, une concurrence souterraine, habite sans doute les deux protagonistes. 

Alors : je leur ai donné 18 ans à la fin du premier tome, elles étaient en réalité plus jeunes, elles avaient 16 ans, on dira que ce tome aborde donc les cinq années suivantes, pas plus.

Ce qui fait encore une fois son charme incomparable, c'est que la narration n'a rien de linéaire, la narratrice (dont on oublie pas qu'elle a 60 ans), nous livre ces deux histoires selon sa logique, sa mise en perspective, son souhait de raconter ces deux vies enchevêtrées par périodes, et à leur manière.

Je suis encore conquise par cette Amie prodigieuse n°2, la dimension sociale prend encore une fois tout son sens, là par rapport au mariage, aux études supérieures, et elle nous donne à voir comment on chemine, à Naples, sur ces problématiques-là, dans les années 60, et dans un quartier pauvre...

Je vais encore une fois me précipiter sur le tome 3...

. L'Amie prodigieuse 2, Le Nouveau nom, Elena Ferrante, Folio ; 2012 en Italie, 2016 pour la traduction française.

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La cosmologie du futur :)

7 Avril 2019, 17:02pm

Publié par LaSourisJOne

BD.

Quelle bande dessinée surprenante que celle-ci !

Je regrette que le dessin de couverture soit si pastel, je trouve qu'il freine, ne donne pas envie d'y entrer, et surtout, ne reflète pas du tout son contenu. 

Car on est loin du pastel, là.

J'adore ce jeu avec les codes ; 

jeu avec les codes de la BD, d'abord : des planches entières de dessins similaires se succèdent, seules les bulles changent pour une séquence : on a l'impression de voir le dessin bouger, il prend tout son sens justement, il se densifie ; 

et bien sûr jeu avec les univers, souvent mélangés, souvent inversés, et c'est drôle (même si c'est évidemment un "drôle" grinçant : ici, les mésanges, paisibles sur leurs branches, sont par leurs dialogues des combattantes, des révolutionnaires qui fument du shit et déplace une rame de RER ; et commentent l'actualité politique, aussi ; 

Sur les plateaux télé, personne n'a envie d'être, ni le journaliste/présentateur, ni les invités ; 

les élections présidentielles sont à mourir de rire, où ne restent que Mélenchon et Hamon parce que les autres ont tous eu des accidents ou se sont retirés ; mais même ces deux-là n'ont surtout pas envie de présider - ou alors à mi-temps, et c'est la solution qui sera retenue - parce qu'ils préfèrent aller cultiver leur jardin (au sens propre !)...

Les parties de pêche au trident entre Emmanuel Macron et Trump...

Un petit bonheur, destiné à faire réfléchir sur une certaine conception de la nature.

Qui se lit avec gourmandise en tout cas.

L'auteur est aussi un ancien chercheur en sciences cognitives et en philosophie.

Merci à Sandrine pour la découverte, et ma bibliothécaire préférée d'en avoir fait l'acquisition à Evran.

. La cosmologie du futur, petit traité d'écologie sauvage, Alessandro Pignocchi, éd. Steinkis, 

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L'enfant du lac

30 Juin 2019, 11:40am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Evidemment, ce livre-là, j'avais très envie de l'aimer. Symboliquement. 

Mais... Il faut reconnaître que je n'ai guère eu la patience de le goûter. Beaucoup trop long et dilué pour moi. Véritablement agaçant, tant l'auteure tourne autour du pot, nous emmène incessamment sur de fausses pistes qui l'en finissent pas d'éclore puis de lentement s'éteindre... Franchement, j'ai fini par déclarer forfait au bout de la 484ème et d'aller lire les deux derniers chapitres. Eh ben franchement, j'ai bien fait ! Je crois que j'aurais pesté, si non, en apprenant où elle nous menait après nous avoir perdus dans toutes les directions plausibles avant...

Donc : ça a l'allure d'un roman policier, mais, peut-on dire que cela en soit un ? Après tout, il est bien question d'enquête ici. Même s'il s'agit d'une enquête 70 ans plus tard... justifiée un peu lourdement par l'éviction passagère de la police de la jeune femme qui mène cette enquête, Sadie Sparrow, et un pseudo-alibi personnel, on l'imagine bien, autour de la perte d'un enfant (Sadie semble avoir été contrainte d'abandonner un enfant à 16 ans, elle va se plonger dans le mystère de la disparition du petit Théo, en 1933, au sein d'une grande et belle maison, famille d'un certain milieu, et jamais élucidée...

Aucune piste ne nous sera épargnée et largement délayée, autour des trois soeurs notamment du petit Théo, Alice Clemmie et Deborah, et du couple parental Eleanor et Anthony... Franchement, je n'ai pas eu assez envie de m'accrocher à ces personnages pour rester avec eux 740 pages....

Merci cependant à Manolo qui a pris le temps de me le choisir et de me l'offrir, merci du fond du coeur...

. L'enfant du lac, Kate Morton, 2015. Edition Pocket. 

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Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil :))

31 Juillet 2019, 15:20pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je n'ai jamais été attirée par la littérature japonaise.

Une fois n'est pas coutume, on m'a donné envie de lire celui-ci.

D'abord, j'aime quand les titres se découvrent petit à petit, au fil de la lecture.

Celui-ci, bien sûr, j'ai apprécié : on découvre la première partie du titre "Au Sud de la frontière", au début du roman. Quand le protagoniste écoute à 12 ans un disque qui se traduit ainsi, avec la fameuse Mashimoto-San, et que le narrateur nous dit qu'il s'est toujours demandé ce qu'il y avait, justement, au sud de la frontière. Et puis la deuxième partie et la phrase entière, à la fin du roman, quand le narrateur et la mystérieuse Mashimoto-San se sont retrouvés, et qu'elle raconte sa vision du monde, en quelque sorte, et on comprend qu'à l'ouest du soleil (pour un paysan sibérien sur le point de devenir fou), il n'y a sans doute rien, rien que le désert.

J'ai aimé lire ce livre, ça oui, mais je n'en aime pas le fond, ni la plupart des personnages. Etrange, j'imagine ? Ainsi, il nous entraine, nous emporte, incontestablement, mais je ne supporte pas cette femme, celle qu'il retrouve et qui ne dit rien. Elle l'entraîne dans ses délires, ne donne rien, disparaît, prend... Je ne l'aime pas du tout, et j'avoue que par moments, j'ai tout imaginé, le pire ! Je l'ai imaginé manipulatrice, et pourquoi pas nuisant à la vie du narrateur en lien avec le beau-père... (Mais ça, ça aurait été dans un Douglas Kennedy !!) ; là, c'est plus l'implacable mécanique de la vie, du temps qui passe, contre laquelle on ne peut pas grand chose qui me glace, je l'avoue.

Cependant, j'ai dévoré ce livre.

Merci à Thomas pour la découverte !

. Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, 1992, éd. Belfond (2002 pour la traduction française).

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