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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Au bonheur des dames :))

6 Juin 2022, 19:47pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

J'ai éprouvé l'envie de relire ce roman ; ou de lire : je croyais l'avoir lu il y a longtemps et finalement j'ai un doute. C'est en entendant un extrait lu sur l'excellente France Culture dont je suis si fan que j'ai eu envie de ce livre. J'ai beaucoup aimé, même si c'est évidemment très copieux, et qu'on peut parfois friser l'indigestion ! Cependant, ce livre se laisse déguster, et surtout il est inenvisageable de le lire en transversale car l'action est lardée dans les descriptions, bien souvent. 

J'ai admiré son écriture, et je redis à quel point cet auteur est brillant, alors qu'il est bien souvent critiqué ou mis de côté. Vraiment brillant, chaque page est un morceau de bravoure !

Je l'ai trouvé aussi très moderne. Publié en 1883, il retrace la vie d'un grand magasin parisien appelé Au Bonheur des dames. Nous suivons une jeune fille, Denise, arrivée de sa Normandie natale (Valognes) avec ses 2 frères dont elle a la charge, et qui débarque chez son oncle, petit commerçant au "Vieil Elbeuf". Il ne la prend pas, alors elle va bien devoir se débrouiller par elle-même et trouver un emploi... Elle trouvera au "Bonheur des Dames", et elle en rêvait... 

Nous allons suivre son quotidien de travail au milieu des employés, des rivalités, des petites mesquineries, des amours des uns et des autres... les galeries de portraits sont savoureuses. Il est tout un tas de personnages que nous suivons d'un bout à l'autre du roman, entre lutte quotidienne des classes à un moment de l'histoire où cette "frontière" était plus marquée... 

et puis bien sûr Zola nous donne à voir l'agonie des petits commerces, dont on voit la profusion au coeur de Paris face à l'écrasant mastodonte qui naît... Cela dessine ce que le XXe siècle vivra très évidemment jusqu'à il n'y a encore pas si longtemps, et c'est évidemment passionnant de suivre ces commerces, leurs résistances, leurs moyens d'exister... 

Et puis bien sûr, il y a Denise. Un portrait de femme digne, coûte que coûte... Qui lutte même jusque dans l'amour, pour ne pas se perdre, jamais... dont on voit la personnalité se dessiner, évoluer... 

Les personnages sont savoureux. Je m'en suis délectée. Tout juste ai-je été surprise par la toute fin, qui paraît bien abrupte ! On y attendrait une suite... Mais ce fut tout à fait passionnant.

. Au bonheur des dames, Emile Zola, 1883.

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Le grand marin :)

3 Avril 2016, 11:00am

Publié par LaSourisJOne

Le grand marin :)

Roman.

J'avais beaucoup entendu parler de ce roman, de ce premier roman de cette femme Catherine Poulain, Le Grand marin ; j'ai fini par avoir envie de le lire et d'entrer dans son histoire de mer au bout de la terre.

Incontestablement, il y a une certaine force, un style, une écriture. Une atmosphère.

C'est l'histoire de Lili, dont on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'elle quitte sa bourgade de Manosque-les-Couteaux pour aller pêcher la morue en Alaska. Son départ ressemble à une fuite, ça on le comprend très vite entre les lignes, derrière les mots, une fuite pour oublier. Ou pour s'oublier. Ce petit bout de femme qui rêve de s'abîmer dans un milieu d'homme, il y a quelque chose de l'expiation, d'une volonté de se faire payer, d'une volonté de se faire mal pour remplacer un mal plus violent ; c'est l'impression que ça m'a donné.

En tout cas, bienvenue dans un monde où les marins sont des hommes qui braillent ou parlent peu, boivent. Mais pour être juste avec son tableau, elle nous donne en effet le versant 'intérieur' (très très loin de la psychologie) de ce profil, étant donné qu'elle est comme eux. Et qu'elle veut être comme eux. On dirait qu'elle veut punir sa condition de femme. Evidemment la question que je me suis posée tout au long du livre c'est, si c'est à cause de ce traumatisme de Manosque-les-Couteaux, ou si c'est la nature du personnage qui ne s'estime guère, c'est peu de le dire. Dans le livre, attention à ne pas le sauter, quelques bribes de réponses, ou ce qu'on peut voir comme tel, par le biais d'un paragraphe.

Elle semble vouloir à tout prix se prouver qu'elle peut faire aussi bien que les hommes en la matière : avec son petit corps fluet, mais ses grandes mains de marin, on est avec elle dans la cale, au corps à corps avec les poissons qu'elle éviscère, quand elle mange les coeurs encore chauds des poissons crus, dans la houle, les lois de la mer et des hommes de la mer.

Et puis dans les bars. Très souvent dans les bars. Avec ce bout de femme qui lutte durement contre sa fragilité de femme, naïve, innocente souvent, mais dont on sent une détermination hors du commun.

Tous ces hommes qui rôdent surtout dans la deuxième partie autour d'elle, des hommes paumés, épris d'un extrême noir, comme des mouches autour d'une charogne, c'est encore comme une part d'elle même qu'on sent en tension avec un danger imminent encore ; et puis il y a le Grand marin, dont elle semble tomber amoureuse, sans pour autant être prête à concéder sa liberté.

La finitude de ces personnages, ce rapport au monde 'brut', cette façon de se positionner dans la souffrance, dans la dureté, leur côté désabusé, le monceau d'écorchure qu'ils trainent dans la vie m'a fait penser aux personnages d'Olivier Adam, je l'avoue.

Mais j'ai mangé des embrums, j'ai baigné sur le pont, dans la cale, avec les poissons qu'on éviscère. J'y serais restée un tout petit peu moins longtemps que les 400 pages, j'avoue que j'ai peiné sur les 100 dernières, toutefois, il y a évidemment quelque chose de fort dans ce texte qu'il est difficile d'égratigner.

. Le grand marin, Catherine Poulain, éd. de l'Olivier. Février 2016.

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La petite communiste qui ne souriait jamais :))

4 Mars 2015, 20:49pm

Publié par LaSourisJOne

La petite communiste qui ne souriait jamais :))

D'abord il faut peut-être vous dire que 'la petite communiste qui ne souriait jamais', c'est Nadia Comaneci. La championne olympique de gymnastique, roumaine, aux JO de 1976. Aucune raison pour qu'à priori cette histoire m'intéresse... Et pourtant... J'ai adoré.

Je sais gré à Lola Lafon de nous donner à voir que toute biographie est toujours une fiction ; tant il est vrai que toute vie garde toujours en elle sa part de mystère, de secrets. Il n'en reste pas moins que ce livre est une touchante ôde à la complexité de la nature humaine, qui tisse ses fils de faits historiques, des archives du pays, de témoignages (à priori, mais ils peuvent aussi être de la fiction), des pleins et les creux racontés (à priori) par l'héroïne elle-même... Tout en laissant toujours la part de doutes, d'un doute délicat, respectueux quant aux hypothèses... C'est une touchante réflexion sur l'identité, la confection d'un héros, mais aussi la complexité de la condition féminine, de notre rapport au corps, tant à travers la perception intime que médiatique... En nous donnant à voir cette fillette adulée en tant que telle puis rejetée, salie, parce qu'elle grandit, parce qu'elle change, parce qu'elle devient femme, c'est un récit très fort sur le passage du temps et notre acceptation de celui-ci, qui ici s'est cristallisé dans son rejet le plus extrême... Les passages où elle parle de 'sa maladie', parce qu'elle devient femme (elle a ses règles, prend des formes, et tout cela est un frein à l'exercice pur de la gymnastique dans son excellence) sont très très forts. En nous donnant à voir l'aridité d'un régime, l'inflexibilité de celui-ci, elle nous le donne à voir à travers les commentaires de Nadia par opposition à celui auquel on le compare, qui a, lui aussi, ses déviances qu'on ne voit plus... Il est si facile de juger l'autre, beaucoup moins soi... Le régime de Ceaucescu est donné à voir de façon factuelle, sans jugement, une fois encore, malgré le fait que l'auteur- la narratrice se pose en biographe, occidentale, et qu'elle a forcément son avis. J'adore les réflexions de Nadia qui défend le régime qui l'a façonnée, par opposition à une abondance insensée, et cette conception qu'elle acceptait son destin parce que bien que très dur, il lui donnait la possibilité d'exister dans 'l'extraordinaire', par opposition au destin des femmes, au destin tout tracé, mariage, puis mère, ménagère... Rien ne se pose comme meilleur, tout est à relativiser, elle nous ote le droit de juger, elle donne à voir. Bien écrit, vraiment une très belle réussite.

C'est toi, Luocine, qui m'a donné envie de le lire, alors que j'avais dû le voir quelques dizaines de fois avant sans qu'il me tente. Merci !

Médiathèque de Pleurtuit.

. La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon. Ed. Actes Sud, 2014.

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A propos d'amour :)

14 Janvier 2016, 08:05am

Publié par LaSourisJOne

A propos d'amour :)

Chick litt.

Le titre est commun et ne dit rien du livre.

Mais c'est un bon livre de 'chick litt' ! Avec des personnages certes (un peu) caricaturaux au départ, mais dont la psychologie nous est vraiment livrée, qui ne sont pas monoblocs, et qui vont surtout évoluer, et même changer. Je n'ai donc pas lâché ce livre de 500 pages, pour suivre et retrouver à chaque moment du jour, dès que possible, la vie quotidienne de Sylvie (55 ans ?), Diana et Lizzie, ses deux filles, adultes toutes les deux ; l'une, Diana, femme 'parfaite' aux yeux de tous, médecin, mais dont on découvre le cheminement et ce qu'elle s'impose sans être heureuse pour en arriver là, et Lizzie, étiquetée depuis toujours (mais surtout dans sa propre tête) comme la fille 'ratée', et donc qui galère, ex-junkie, et qui est si attachante et si belle lorsqu'elle se fait confiance.

Ah : Sylvie est la femme (sacrifiée, euh, autosacrifiée !) d'un homme politique en vue, Richard ; aussi sa vie tourne autour de lui, et de ce qu'elle fait, sans aucun doute, par amour et parce qu'elle aime vraiment son mari, pour son mari. Seulement voila : un jour, le scandale éclate à la télé (américaine, m'enfin, en France, est-ce que cela maintenant n'aurait pas été pareil !?) : il a trompé son épouse, il a eu une liaison avec son assistante, et lui a trouvé un boulot. Le scandale s'étale sur tous les écrans. Comment les trois femmes vont-elles vivre l'événement ? On va donc être dans la tête et la peau de celles-ci après tout ça. Et c'est super. Colère, reconstruction, découverte de soi : véritablement, j'ai adoré toutes ces étapes. Et puis ces certitudes qui s'ébranlent ; Diana qui croyait tout maîtriser et devient folle éprise d'un jeune médecin prête à faire chanceler sa mécanique familiale bien huilée, Lizzie qui pense ne pas avoir droit au bonheur, comment va t-elle faire ? Alors qu'elle rencontre enfin un type bien ? La nouvelle vie de Sylvie, qui part dans une maison d'enfance au Connecticut et sa nouvelle personnalité qui se reconstruit petit à petit est un pur bonheur. J'aurais fait arrêter ce livre au grand repas de Thanksgiving, par contre (ceux qui liront comprendront) autrement dit supprimant les 50 dernières pages ; je crois que j'aurais laissé en suspens, tout ce petit monde en pleine reconstruction sans nous donner de certitudes, ou de choix définitifs. J'ai aimé ce repas de Thanksgiving, où chacun vient avec ce qu'il est... J'ai regretté la suite, j'aurais préféré m'énerver contre l'auteure et ne pas savoir...

Merci à Nolwenn pour ce grand plaisir de lecture !

A propos d'amour, Jennyfer Weiner, US, 2010 ; éd. Belfond Livre de Poche février 2012.

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Chambre à part :)

3 Août 2015, 10:35am

Publié par LaSourisJOne

Chambre à part :)

Je suis entrée dans ce livre en toute innocence. Parce qu'il m'a fait de l'oeil dans un rayon de médiathèque et qu'en lisant la 4ème de couverture, cela m'a intrigué, séduit : c'était tout un programme, une gageure : comment faire pour que l'amour survive, vive toujours fort, né de/en 68 et toujours trente ans plus tard ? Comment un couple se construisait au quotidien avec succès ? Ca a suffi à me donner envie de lire ce livre. Etrangement, je n'avais pas identifié le nom de l'auteur, qui pour moi restait inconnu. Petit à petit... le dessinateur de presse brillant et génial dont la narratrice s'éprend en 1968 n'est-il pas... Wolinski ? Evidemment, la coïncidence serait trop grande... Le témoignage, beau en soi, prenait plus de force encore,compte tenu de ce destin injuste qui lui ôta la vie le 7 janvier dernier. Ce livre ayant été écrit bien avant, il y a au moins 13 ans par sa femme, journaliste et écrivain.

C'est une jolie voix, que celle de Maryse Wolinski. Une singulière trajectoire, qu'elle nous livre là, qui ne cherche pas à dissimuler. Une trajectoire habitée par une présence à ses côtés, celle de Georges Wolinski, qu'elle ne nomme pas dans son livre, comme en une dernière pudeur respectueuse. Il est 'Il', 'lui', on sait... Ce qui marque, ce qui frappe, c'est l'extraordinaire histoire de ce couple, demeuré amoureux malgré les tourments, malgré les rencontres, malgré les milieux, malgré l'époque, en une beauté très touchante. Une incroyable ode à l'amour, réel.

Enserrée par un incipit où elle raconte une soirée chez des amis, et la noble fragilité soudaine ressentie par son mari, qu'elle doit emmener à l'hôpital avant de lui dire : "toi tu ne vieilliras jamais ; je t'interdis de vieillir", et le retour narratif à l'hôpital à la toute fin du livre, l'écriture de ce livre résonne comme la mise en mots d'une peur, le défi à la mort, en faisant revivre par les mots la trajectoire touchante ; un livre qui résonne comme un acte d'amour.

On sait, pourtant, elle ne nous le cache pas, que cet amour commence par une admiration sans borne, une fascination éperdue pour cet homme ; qu'elle aurait pu se perdre, s'oublier, dans cet amour, face à cet homme... Mais le joli objet, "la petite jeune fille blonde" va devenir sujet, affirmer sa personnalité et l'un l'autre évoluer dans les méandres de l'amour, plus fort que tout. Elle s'affirmera féministe face à un personnage qui croquait les femmes comme des objets ; son attachement au communisme est passé au crible aussi, sans complaisance, objectivement, sous tous les angles ; leurs relations mondaines... L'un et l'autre deviennent touchants, parce qu'ils sont généreux, et qu'ils aiment, clé merveilleuse.

Médiathèque de Dinard.

. Chambre à part, Maryse Wolinski, éd. Albin Michel, 2002, Le Livre de Poche.

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur :))

9 Mai 2012, 15:00pm

Publié par la souris jaune

9782253115847-1-.jpgQue voila un livre qui m'a inspiré un profond plaisir de lecture, mais avant tout, un profond respect. Ecrit à la fin des années 50, il raconte l'histoire d'une famille sans mère, dans un petit village de l'Alabama en 1930. Le père est un digne, très digne et admirable avocat empli de sagesse et d'humanité. Il élève seul ses deux jeunes enfants, Jem, l'aîné, âgé d'une dixaine d'années, et Scout, la fillette de 7 ans. C'est par le regard de la fillette que l'histoire nous est livrée. Mais nous avons là, par le prisme enfantin et naïf d'une enfant vive et intelligente, un regard sur le petit microcosme, et la société de l'époque. Autour d'un événement central, amené lentement, habilement : la condamnation à mort d'un noir, pour le viol et l'agression d'une jeune fille blanche... Affaire pour laquelle le brillant avocat est commis d'office... surtout parce que le juge, lui aussi un homme intelligent, semble vouloir donner une chance à cet homme d'une autre couleur de peau, et qu'il ne croit pas coupable... Miroir d'une époque où les droits et l'égalité sont affaires de couleur de peau, où les noirs sont avant tout des domestiques qui n'ont pas voie au chapitre ni à la considération qu'ils méritent comme tout être humain. Et Atticus, le père, l'avocat, va défendre cet homme et prouver qu'il ne peut être coupable... Seulement, la société sera plus forte. Un petit pas toutefois : on aura pour la première fois consacré une audience longue et mûre réflexion à propos d'un noir... En plus de cette affaire, qui marque profondément le village et les deux enfants, il y a l'univers de ceux-ci ; leurs incompréhensions, leurs questionnements face aux fonctionnements des adultes. Et puis cette histoire toute simple de voisinage, avec ce Boo Radley invisible de tous, que les enfants fantasment, et qui pénètrera héroïquement leur univers jusqu'à leur sauver la vie...

C'est drôle, j'étais persuadée pendant toute la lecture de ce livre qu'il était l'oeuvre d'un homme ; et j'ai découvert que c'était une femme, qui avait gommé une partie de son nom, Nell Harper Lee qui en était à l'origine ! Quant au titre, il évoque un des sages crédos du père, Atticus, qui soutient que les oiseaux moqueurs sont des oiseaux qui par leurs chants apportent de toute façon la joie, et qu'ils devraient toujours être épargnés.

C'est un très très beau récit plein de leçons de vie. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'en cette période actuelle de montée de l'intolérance à l'égard de la différence aujourd'hui en France, cette montée de la xénophobie, il devrait être mis entre toutes les mains de ceux qui ont osé penser que les thèses du front national pouvait apporter une solution à leurs maux... Sans se dire que ce n'est pas en détestant son prochain que son histoire ira mieux. Sa lecture devrait être obligatoire : un peu de pédagogie, et de retour sur l'Histoire, ne serait pas de trop, et une bien légère "punition", ou contribution à l'esprit d'Etat dans lequel nous sommes tous contraints de vivre...

 

. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee, 1960.

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Le journal secret d'Amy Wingate :)

28 Février 2013, 13:22pm

Publié par la souris jaune

9782746714496.jpgJ'adore les livres journaux ou carnets intimes, alors j'ai été comblée avec ce Journal secret d'Amy Wingate. On rencontre Amy via son journal, qui est pour elle nouveau, et en quelque sorte une posologie de son médecin. Commandité, l'acte devient réflexe pour Amy, qui devient de plus en plus accro à son journal. 

On entre donc de plein pied dans la vie de cette femme mûre, distinguée, d'à peu près 55 ans, vivant seule, et sans enfants. Femme forte et de caractère. Elle habite une belle et fière demeure au bord de la mer, dont la vue nous saisit souvent, tant on la voit, par ses yeux. Sa maison est un bonheur en soi. Très heureuse dans son quotidien, qu'elle partage entre ses précieux moments de solitude, et quelques concessions à la vie sociale, sa voisine la bourgeoise pseudo femme parfaite, mère de plusieurs enfants, à propos de laquelle elle ne ménage pas les commentaires... On aime : pas de duplicité, juste du silence, de l'acceptation et beaucoup d'abnégation pour cette femme qui fait la part des choses et accepte les petits défauts de son amie... Et de jouer le rôle qu'on attend d'elle, en toute lucidité. J'aime beaucoup.

Il y a aussi ses échappées chez une vieille amie, quelques fois l'an.

Et puis bien sûr, l'histoire. La rencontre. Dans la petite épicerie de son village. Le petit jeune, délinquant, qu'elle surprend en train de voler, et qui la nargue... Fabuleux, ce qui se passe après, entre ces deux-là. L'un est révélateur de l'autre, il réveille le passé enfoui, tandis que l'autre lui ouvre un futur. Il y a ce formidable échange, entre ces deux-là, les apports réciproques, troublants de justesse. Car c'est assez juste de ce que cela dit de nos rencontres : on ne sait pas, bien souvent, pourquoi une rencontre se produit, pourquoi on l'entretient, mais ça se passe ; et bien souvent cela nous dépasse, c'est bien au delà de notre volonté ; ça vient juste nous susurrer quelque chose de ce que nous sommes, nous rappeler ce que nous ne voulons pas voir... Ce que les autres nous révèlent de nous, souvent à notre insu.

Ce partage entre ces deux-là est très très beau. Et il nous donne à voir tout en finesse un aspect caché de la vie d'Amy, son passé et autour duquel elle s'est construite ; troublante vision de ce que le passé façonne de nous... On est loin de la thérapie, et pourtant... C'est fort, parce que ça parle du quotidien, et de ses catalyseurs... 

J'allais oublier de mentionner que j'ai lu ce livre grâce à mon indétronnable club de lecture passé, toujours dans mon coeur : voila longtemps que je cherchais à lire ce livre, j'ai fini par l'acheter, et je ne le regrette pas ! Merci Yveline !

 

. Le journal secret d'Amy Wingate, Willa Marsh, éd. Autrement, oct 2010.

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Les déracinés :))

14 Décembre 2019, 12:45pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Ah, le bonheur, de se plonger dans un roman-fleuve, dans une grande fresque historico-familiale qui nous tient accrochée au destin de ses personnages tout au long de ses 600 pages... 

Prendre le temps de le lire à petites goulées, délicieusement le retrouver chaque jour...

J'ai donc beaucoup aimé cette trentaine d'années passées aux côtés de Wilhem et d'Almah. Des années 30 à Vienne, aux années 60 en République dominicaine... De la douleur des années 30 pour ces jeunes gens qui voient soudain la désignation se pointer sur eux, découvrant soudain leur judéité à travers l'intolérance des autres... Alors il y a ceux qu'on aime, ceux qu'on laisse, les choix déchirants qu'on doit faire... Rester, quand tout crie de partir ? Partir et laisser derrière soi ses racines, ses parents ? 

On s'attache beaucoup à ces personnages, à leur humanité. Leur force de vie...

Un profond plaisir de lecture.

Un merci chaleureux à Nicole pour sa recommandation.

. Les déracinés, Catherine Bardon, éd. Les Escales Domaine français, janvier 2017

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Novecento : pianiste :))

5 Février 2018, 13:07pm

Publié par LaSourisJOne

Roman-monologue ?

C'est une superbe découverte sur les flots que ce livre-là :)

Une balade incantatoire, une histoire portée par la voix du trompettiste qui vous la raconte et que vous croyez entendre pour la raconter. Justement parce que l'oralité s'introduit dans la narration, ainsi que les 'apostrophes', à vous, lecteur. 

C'est très très joliment écrit, d'un style qui ne manque pas de poésie.

Et évidemment, l'histoire, qui ressemble à un petit conte. Il y a du Garcia Marquez dans la demesure de l'histoire et la vision des personnages, du Olivier Bourdeault aussi, dans la singularité des personnalités. 

Bienvenue à bord du Virginian, et rencontrez le pianiste, l'homme qui ne mit jamais un pied à terre...

On aime aussi la genèse et l'histoire de ce livre, la découverte de cet auteur qui fait sensation semble-t-il en Italie.

Le récit est court, et se lit avidemment.

Merci à Charles, à qui je dois cette découverte !

. Novecento : pianiste, Alessandro Baricco, éd. Folio. 1994, et 1997 pour la traduction française.

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Le mystère de la baleine blanche

26 Mai 2015, 12:37pm

Publié par LaSourisJOne

Le mystère de la baleine blanche

En période de désamour de lecture, autant varier les genres, pour multiplier les chances de le retrouver... Alors, la baleine blanche, et l'histoire de Moby Dick. Ce livre 'compil' de Dominique Le Brun m'a permis de me familiariser avec cette histoire, et les origines de cette histoire. Une compil, donc, qui a les inconvénients de la compil. Mais qui permet un petit tour d'horizon du sujet, jusqu'au fameux 'extrait' de Melville 'Moby Dick'. J'avoue que j'ai seul le premier récit, 'La Vengeance du cachalot' m'a plu et a retenu mon attention : le témoignage d'un survivant de l'Essex, ce baleinier coulé en 1820, par Owen Chase. Sa narration, jusqu'à la survie sur les baleinières, et le cannibalisme, dans un océan hostile, il y a plusieurs siècles m'a plu. Le reste, ma foi, pour moi, était bien superflu. Autant dire que pour finir le livre et lire l'annexe dédiée à un lexique et inventaire de tous les instruments nécessaires sur un baleinier, mieux vaut être spécialiste, ou sacrément passionné par la question !!

Le mystère de la baleine blanche, Aux origines de Moby Dick, présenté par Dominique Le Brun, Bibliomnibus Aventure.

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