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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

Au bout du voyage

2 Juillet 2016, 17:52pm

Publié par LaSourisJOne

Au bout du voyage

... Bon, ce livre est bizarre. Lorsque j'étais tentée de me couler dans une histoire qui pouvait avoir son petit piment, son suspense, il y avait de loin en loin des petites choses qui me gênaient. D'abord, l'incohérence de l'âge, quand même, selon moi : l'héroïne, Mila, a 12 ans. Pourquoi lui avoir donné 12 ans ?? Ah oui, parce que le sujet du livre était : l'apprentissage, parfois rude (ça c'est intéressant) du monde adulte par un enfant. En cela, c'est plutôt bien fichu, puisque le livre nous donne à voir qu'il n'est pas si simple de juger, et que donc, dans la posture d'un enfant on peut se retrouver face à des adultes qu'on pourrait vouloir juger très sévèrement, alors qu'ils ont pu, par faiblesse, par lâcheté, par maladresse, se laisser embarquer dans des situations d'erreurs... Ca a le mérite de dire : eh oui, les vies ne sont pas parfaites, on se goure, on fait du mal, et parfois on est encore plus empêtré pour s'en sortir parce qu'on a alors à gérer le cortège de culpabilité, de perte de confiance en soi, etc... Ca c'est plutôt pas mal, surtout qu'on découvre cela au fil de l'histoire au rythme de l'héroïne, Mila, 12 ans, donc. Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est la maturité psychologique de l'enfant, et le décalage entre le père et Mila, justement : on a un père ici très agaçant, très faible d'ailleurs dans sa caratérisation, et j'avoue qu'il m'a beaucoup saoulé, ce père qui va à Etats-Unis avec sa fille donc, parce que c'était prévu comme ça pour un petit voyage : dont le meilleur ami - qu'ils vont voir, là-bas - s'est fait la malle, qui met une mollesse absolue dans toute cette histoire, y compris semble t-il dans les échanges alors même que c'est son meilleur ami, et la femme de son meilleur ami. Et en plus on apprend au fil de l'histoire qu'il avait été prévenu par lui qu'il partait, il ne dit rien à Mila, alors qu'elle se pose énormément de questions quant à cette disparition et qu'elle la prend très à coeur. Je ne comprends pas dans le parti-pris narratif pourquoi il n'a pas été décidé que cette aventure, ils la vivent, mais qu'au moins, il ne la prenne pas pour une conne, avec ce jeu de dupe, où elle cherche, espère, alors que lui, le père, a déjà des éléments de réponse ?

M'ont agacé encore de petites choses ponctuelles, moins gênantes : pourquoi Mila appelle t-elle son père et sa mère, dans la narration par leur prénom ? J'ai eu du mal à m'y faire.

Je trouve en outre qu'en lui donnant 15 ans, le roman aurait tout autant fonctionné, et aurait même été plus crédible.

Je précise encore qu'on reste quand même un peu sur sa faim au niveau de l'histoire, tout cela s'effiloche un peu finalement...

Hormis ces réserves, eh bien on est dans la peau d'une adolescente (euh, d'un âge indéterminé), plutôt observatrice et psychologue, et on traverse des contrées américaines enneigées (on retient surtout la neige, pas de caractérisation de l'Amérique particulière dans ce récit je trouve que ça pourrait finalement se passer n'importe où).

Médiathèque de Saint-Malo.

. Au bout du voyage, Meg Rosoff, éd. Albin Michel, Wiz, septembre 2014.

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La joie de vivre :)

22 Juillet 2022, 10:26am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Bon, bon, bon. Une pensée pour toi, Luocine, car j'ai ressenti à la lecture de ce livre, les bémols qui tu mets à la lecture d'un Zola ! Oh combien dans celui-ci, et c'est ce qui explique "le" sourire solitaire, pour ce livre-là. Alors que j'avais beaucoup aimé et pas ressenti cela avec Le Ventre de Paris, ni à ce point dans Au Bonheur des dames

Là, le trait est noir, trop noir, excessivement noir dans la peinture de la nature humaine et de la société des abords d'Arromanches : ce petit village de Bonneville, bien qu'au bord de la mer, est peint comme une abomination sociétale : nombreuses sont les familles où l'on se tape dessus, s'abuse sexuellement, boit... On le voit à travers les enfants malheureux, sans le sou, pauvres dont Zola ne nous épargne pas la noirceur du quotidien qui viennent quémander des sous ou des soins chez Pauline chaque samedi.

En outre, tout le petit monde qui gravite autour de Pauline est un poids effrayant de l'existence...

Mais revenons au départ, et à ce qui fait que j'ai aimé tout de même -hormis cette lourdeur, ces bémols qui auraient mérité d'être allégés ! - : 

nous suivons le personnage de Pauline. Alors ce qui fut particulier et attachant dès le départ pour moi, ce fut de découvrir que cette Pauline est la fille des bouchers des Halles, de Lisa la charcutière, qu'on suit dans Le Ventre de Paris. Ses parents (donc Lisa !) sont morts, elle va être adoptée par une famille - parents éloignés - de Bonneville, à côté de Bayeux en Normandie. En même temps, le portrait de cette famille aurait pu être plus caricatural, puisqu'on est chez Zola ! Mais non, en tout cas pas là où on aurait pu le craindre.

Ainsi : on début tout paraît rose. On est contents de l'accueillir, cette petite de 9 ans ; Mme Chanteaux, M, le fils ; un peu moins la bonne, un peu accarîatre. C'est une sorte de huis-clos qui va se vivre, ou plutôt une vie en vase clos, au sein de cette famille, et c'est tout le personnage de Pauline qui sous-tend le roman, très très intéressant, et très très riche psychologiquement. 

Ainsi, c'est à sa force de vie que le roman doit son titre. Et c'est puissamment bien dessiné : pas à pas, on va se rendre compte avec elle que ce qui va compter de plus en plus pour elle c'est le bonheur de son petit monde, alors elle mettra ce qu'elle est en sommeil, et donnera tout pour eux. Son argent d'abord, et c'est d'abord les sentiments complexes que le fait de le donner ou de le prendre fera naître chez Mme Chanteaux notamment qu'il est intéressant de découvrir ; et puis son temps, son sourire, son énergie, ses soins... Ce n'est pas un sacrifice idiot, c'est plus que ça, c'est un don de soi très touchant, qui ne passe pas sans lutte contre soi-même. J'ai trouvé ce personnage extrêmement intéressant à découvrir, et c'est ce qui a valu "le sourire". 

Les autres personnages sont des vrais boulets, disons le ! Ils font rarement preuve de mâturité, souvent égoïstes, ils prennent, même si tout n'est pas si simple, encore une fois ; 

je souligne ici la grande capacité de Zola à dépeindre des caractères, qui, eux, ne sont pas caricaturaux.

. La Joie de vivre, Emile Zola, 1884.

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La cantatrice :)

5 Mai 2019, 22:33pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Je suis entrée un peu réfractaire dans ce roman, un peu rebutée par le style, l'écriture, au début ; je le trouvais peu habile, pour le moins. Et puis je me suis laissée happer. Je ne sais pas si j'ai pu oublier le style, ou si l'auteur est parvenu à se couler de plus en plus dans l'ambiance de son roman, en tout cas, j'ai fini par me laisser prendre par la galerie de personnages.

Et ça m'a plu.

Donc, roman de moeurs, rurales. Dans le Bourbonnais. Il nous asseoit quelques portraits, qu'il cisèle de plus en plus ; on rencontre d'abord un couple, Paule et Hanry, leurs petits sadismes l'un envers l'autre, leur coexistence ; ils s'installent parce qu'ils le décident chez la soeur de Paule, à son grand déplaisir à elle, et sa mesquinerie s'accentuera, il s'éloignera d'elle via l'élément central du livre : la cantatrice ! Elle a grandi là, et elle revient sur ses vieux jours, s'installer au chateau du village. Rapports de la grande dame (qui est pourtant simple) avec ce petit village, on voit de près l'économie sociale de tous ces habitants, c'est plutôt très bien senti, perçu, et rendu...

Il a dû s'amuser à prendre chacun de ses personnages et à les faire bouger, sortir de leurs rails... jusqu'au dérèglement final ! J'ai vraiment aimé, finalement. Je regrette juste "la chute" : puisqu'il nous distille un "nous" au fil du récit qui laisse imaginer que celui qui raconte a pris part à cette petite communauté, ça aurait été vraiment renversant de nous révéler à la dernière ligne qu'il était l'un d'entre eux, pourquoi pas ?

Du coup, j'ai trouvé la dernière page abrupte, je trouve que cela aurait été plus approprié, un peu à la manière de La Planète des Singes.... :)

M'enfin, belle découverte !

. La cantatrice, Christophe Mercier, éd. Joëlle Losfeld, 2006.

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Par les routes :))

22 Janvier 2020, 11:41am

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Rencontre avec l'autostoppeur, sa femme Marie et son fils. Raconté par Sacha, ami de l'autostoppeur. Que la vie aura fait se retrouver et vivre dans la même ville de V. un jour, alors justement que l'autostoppeur a fait sa vie avec Marie. Seulement... Petit à petit, celui-ci a besoin de repartir. De plus en plus, de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps... Besoin de ce sel de la vie tel qu'il se l'ait dessinée. De cette adrénaline, de ces rencontres des routes... Tout cela, c'est Sacha qui nous le raconte. Du coup, c'est un regard extérieur et un narrateur externe qui nous le raconte, ce que j'ai beaucoup aimé parce que cela renforce la part de mystère quant à l'autostoppeur. Ou plutôt sa part intime, qui nous est inacessible, car après tout, c'est à chacun d'entre nous et à nous seul qu'appartient notre façon de voir les choses, personne ne peut en parler à notre place... Bref... On cherche à comprendre cet autostoppeur, bien sûr... On vit avec bonheur avec Sacha, dans son petit appartement, au plus près de ses toiles pour lesquelles il cherche le jaune lumière, on vit avec tous ceux qui restent... 

Je n'ai pu m'empêcher de trouver égoïste cet homme, qui choisissait de partir ainsi sans autres mots que ceux de son envie et de son besoin de partir... En laissant ses proches... Surprenant aussi le choix de Sacha... J'ai aimé ce voyage par procuration au plus près d'une communauté improbable d'automobilistes, à travers une France très intéressante et sans doute proche de ce qu'on en voit quand on la traverse... Et oui, j'ai aussi beaucoup aimé la fin (je m'étais tellement interrogée sur ce que serait cette fin, quand ma "passeuse" l'avait raconté ainsi : la fin, extraordinaire, zut, ce ne sont pas ses mots, mais cela voulait dire ça...).

Bref, très très belle lecture, très belle découverte.

Un grand merci à Delphine pour son partage, son coup de coeur partagé...

. Par les routes, Sylvain Prudhomme, éd. L'Arbalète Gallimard. 2019

 

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La drôle de vie de Zelda Zonk :))

13 Août 2017, 19:24pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Agréable gourmandise, dégotée par hasard... Le titre, le nom du titre me disait vaguement quelque chose... Comment avais-je pu oublier !

Alors, deux histoires en une, finalement. 

Tout commence au sein d'un couple heureux, tranquille, où tout va bien. En allant au travail (elle ne s'y rend qu'une fois par semaine), son destin, cependant, un jour, bascule. Je ne vous dis pas comment... (C'est agaçant, à la fin, de ne pas dire comment !!). Mais bref. Durant son séjour à l'hôpital, elle rencontre une vieille femme, qui partage sa chambre, qui s'appelle Zelda. Les séparations se précipitent, mais elle a le temps d'apercevoir son nom, sur la feuille médicale : Zonc. Et sa soeur, la fooooooormidable Gail qui passe son temps à voyager (euh, elle est hôtesse de l'air) en lui laissant sa fille à élever, lui dit un jour, de façon anodine : tiens, c'est le pseudonyme qu'utilisait Marilyn Monroe lorsqu'elle voulait échapper à sa condition de star, se grimant d'une perruque brune...

Alors, en même temps que se créée cette amitié entre elles deux, les questionnements naissent, petit à petit. Et si... Marilyn n'était pas morte ?? Evidemment, c'est un questionnement de génie, et qui, ma foi, nous tient en haleine tout au long du roman, un très bon point pour cela. J'ai regretté cependant - mais l'énigme s'écroulait, sans cela ! - que, puisqu'elles devenaient amies, elle ne s'ouvre pas auprès de Zelda de ses questionnements...

Et je mettrais un petit bémol à la fin du livre, qui m'a un peu laissée sur ma faim, surprise, mais pas dans le bon sens... Le choix de l'héroïne, compte tenu de tout ce qu'elle vit, traverse, et pense, surprend... Le dénouement, aussi, quand à cette énigme autour de Zelda, m'a également un peu déçue...

Cependant : le livre m'a tenue en haleine ! Et évidemment, vous plongerez dans une histoire d'amour, enfin, pas qu'une... Amour, passion, durée d'un couple, choix de vie... Non sans romantisme, je vous l'avoue.

La relation d'amitié avec Marsha, sa collègue de boulot, m'a aussi beaucoup plu, et j'avoue que j'ai aussi beaucoup aimé ce personnage secondaire de l'histoire.

Bref, un très très bon moment de lecture !

. La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin, éd. Livre de Poche, 2015.

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La femme au miroir :)

7 Septembre 2017, 22:06pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Trois femmes. L'une à la Renaissance, l'autre au début du XXe siècle entre 1904 et 1920, et une autre aujourd'hui. 

La première fois que j'avais tenté de lire ce livre il y a quelques années, j'avais été rebutée par le style, l'écriture de cet auteur, et le livre m'était tombé des mains rapidement. Particulièrement gênant au début, parce que maladroit, peu habile, commun... Et puis, l'auteur se rôde, ou on l'oublie, cette fois en tout cas, je suis allée assez loin pour avoir envie de poursuivre l'histoire de ces trois destinées de femmes. Et finalement, je n'ai pas regretté. Je l'ai trouvé assez intéressant... Il y a cette Anne de Bruges, si différente des autres femmes et de ce qu'on attend d'elle, auréolée de son innocence tragique ; la seconde particulièrement attachante, avec sa collection de sulfures, mariée, désespérément (pour les autres) stérile, dont la vie va être éclairée par la psychanalyse naissante : particulièrement intéressant cette découverte de la psychanalyse au moment de sa genèse, car les réactions hostiles qu'elle a provoqué ont dû être celles-là ; et puis, cette pauvre star de cinéma, si belle, un peu à la Marilyn, forte et fragile à la fois, engluée dans les attentes des autres, et qui, petit à petit, difficilement, va s'extirper de cela, par défaut, en rejetant ce qu'elle ne veut plus et cherchant à tendre vers ce qui pourrait avoir un peu de sens...

Que ces trois destins se rejoignent n'était pas nécessaire, mais pourquoi pas ? Le bouquet est bien ficelé, et touchant, au bout du compte ; et cette fulgurante association d'époques autour d'un tilleul est finalement assez troublante, en soi. 

Pourquoi La femme au miroir ? Probablement parce que l'image de soi fausse la donne... Le reflet trouble la vue... A l'époque d'Anne de Bruges, le miroir était rare, la réalité était donc appréhendée différemment : on ne connaissait normalement pas son apparence physique ! On ne s'était peut-être jamais vu(e)s soi-même, troublant à imaginer... L'image, d'ailleurs, va être au coeur du drame de sa cousine, la mauvaise Ida, celle par qui tant de mal arrive... Histoire inversée pour la jeune femme contemporaine, l'actrice célèbre, l'excès d'images rend malade celle qui se mire dans les yeux des autres... Quant à la seconde, celle du milieu, elle collectionne faute de se comprendre, de petites bulles de verres qui contiennent la réalité ; la société est trompeuse, et c'est finalement la psychanalyse et la compréhension de soi qui lui permettra de s'épanouir et de vivre son chemin indépendamment des codes et des injonctions... 

. La femme au miroir, Eric-Emmanuel Schmitt, éd. Albin Michel, août 2011.

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Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour :)))

8 Octobre 2017, 09:01am

Publié par LaSourisJOne

Grosses nouvelles, ou petits romans. 

A la manière de Zweig, exactement, d'ailleurs j'ai trouvé que ces deux auteurs ne manquaient pas de points communs dans l'extraordinaire maîtrise de la narration d'un récit.

Donc, Doris Lessing. Une découverte ! Quel bonheur, de se dire que de telles pépites restent encore inexplorées pour soi. 

J'ai donc pris un profond plaisir à la lecture de ces trois textes.

Pas à pas, elle nous emmène dans les entrelacs d'une histoire intime insoupçonnée, insoupçonnable, et aiguise notre curiosité un peu comme savait le faire Zweig. Etonnant, très étonnant cette focalisation externe sur le héros d'abord, comme si on le découvrait - c'est si logique - d'abord de l'exérieur, comme une caméra verrait une scène sans comprendre, puis on se rapproche et on bascule au plus près d'un personnage. C'est brillant.

Et puis ce qui m'a beaucoup intéressée aussi, c'est sa vision des êtres, sous-tendue par un déterminisme familial, et social ; son idée que nature et culture s'opposent, et l'espèce de regret, de déchirement, de paradoxe qu'il y a entre le besoin de changer de classe en faisant des études, et l'impossibilité de revenir en arrière ensuite, coincé alors dans un entre-deux insoluble ; l'innocence s'oppose à la douleur de savoir. 

Les trois récits sont très, très attachants : autant ce récit autour d'un quatuor étonnament insécable, mères et fils (Les grand-mères) ; que l'histoire de ce soldat rendu éperdument amoureux en quatre jours, et qui ne tournera jamais la page de cet amour (Un enfant de l'amour) que l'histoire de cette jeune fille noire qui a un enfant avec un jeune homme riche ; très intéressante vision des choses d'abord Victoria fuit, se terre, elle a honte, puis elle comprend petit à petit la chance que cela pourrait être pour sa fille ; elle se rapproche alors de cette famille qui ne la rejette pas, au contraire, mais... les choses ne sont pas si simples (Victoria et les Staveney). 

J'ai adoré.

L'auteure a obtenu le Nobel de littérature en 2007.

Merci à Yann S. pour ce cadeau, son goût sûr et cette magnifique découverte.

. Novellas, Les grand-mères, Victoria et les Staveney, Un enfant de l'amour, Doris Lessing, J'ai Lu, 2016.

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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures... :))))

3 Juillet 2011, 21:25pm

Publié par la souris jaune

le-cercle-litteraire-des-eplucheurs-de-patates[1]Bon, je vous la fais en entier, même si vous en connaissez tous le titre, j'en suis sûre : "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Et si en réalité, le titre que n'a pas retenu l'auteur, mais le plus juste, cité dans l'ouvrage aurait dû être le suivant : "Le cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates" : avouez que ça a déjà plus de sens !

De ce livre, on a sans doute déjà dû vous dire qu'il était génial. Eh bien, je me joins sans hésiter à l'ensemble des fans : c'est GENIAL !! J'ai dévoré les 410 pages en trois jours, dont un de boulot... Bref. Ce que l'on ne vous a peut-être pas dit, par contre, c'est que ce livre risquait bien de vous transmettre l'envie pressante d'aller (re)découvrir Guernesey ! Car l'île anglo-normande est bel et bien au coeur de ce récit par lettres... Tout commence donc avec la lettre d'un homme, qui écrit à notre héroïne, écrivain de son état. On apprend qu'il a trouvé son nom et son adresse sur un livre qui lui avait appartenu, et que celui-ci s'est procuré par hasard, lu et aimé, sur l'île de Guernesey, où il vit. Petit à petit, on va rentrer dans la vie, présente et juste passée (pendant la seconde guerre mondiale et l'occupation allemande, les lettres commencent à être échangées en 1946), d'une petite communauté de lecteurs improvisée... qui va se mettre à écrire pour des raisons diverses, à notre héroïne.

On fera la connaissance, par l'absence, touchante, avec un très beau personnage, Elisabeth ; et puis il y aura sa fillette, l'éditeur, ses assistants, et surtout tous ces habitants de l'île. Et puis la vie sur l'île pendant l'occupation. Et une très jolie histoire d'amour, pleine de pudeur. Un vrai bonheur.

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No et moi :)

19 Juillet 2011, 13:13pm

Publié par la souris jaune

No-et-moi-Delphine-de-Vigan-1-.jpgNo, c'est Nolwen. Mais on ne l'apprend pas tout de suite. "Moi", c'est Lou, Lou Bertignac. 13 ans les bras levés, un corps d'enfant et un cerveau de grande... "T'es toute petite et t'es toute grande, Pépite, et t'as bien raison", lui assène d'ailleurs souvent son ami Lucas.

Lou a un QI de 160. Une maman coincée dans sa dépression depuis 4 ans, depuis la mort de la petite soeur Thaïs, à quelques mois. Un papa qui gère, qu'assure pour deux. Et une sainte horreur des exposés. Allez savoir pourquoi, en plein cours avec le tyran Monsieur Marin, alors qu'il lui en exige un alors qu'elle préfererait "s'évanouir là, tout de suite, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Marin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette", elle improvise : elle fera un exposé sur les SDF, femmes, avec interview. Or, Lou traine dans les gares, parce qu'elle aime traquer l'émotion des gens. C'est à la gare Saint-Lazare qu'elle rencontre No, jeune SDF de 18 ans, paumée...

Elle l'interviewe, à plusieurs reprises, et elles créent toutes les deux, comme elles peuvent, avec les réticences d'une chatte blessée de l'une et le don de soi de l'autre, une petite bulle de partage et de confiance... Puis Lou fait son exposé, s'en tire brillamment, et réalise qu'elle n'a pas aidé No... Avec toute la conviction et la force de ses 13 ans qui en font bien plus, elle va alors bousculer ce monde, et ses conventions : proposer à ses parents d'accueillir No, chez eux, pour qu'elle puisse se reconstruire. Lui tenir la main, patiemment, sempiternellement, aidée de Lucas, le beau Lucas. Mais... est-ce que ça suffira ?

Ici encore, on a ce troublant constat, en filigrane, que les enfants et les ados détiennent une clé qu'ils perdent en grandissant... Des ados qui ont le sens du juste (comme Marcello, dans Le Monde de Marcelo, de Francisco X Stork), et qu'ils vivent au milieu d'adultes paumés, qui se débattent avec leurs difficultés sentimentales et leur vie compliquée...

 . Zabou Breitman en a fait un film, No et moi, en 2010.

 

. No et moi, Delphine de VIGAN, Livre de poche.

 

 

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La mise à nu des époux Ransome :)

5 Avril 2012, 18:30pm

Publié par la souris jaune

9782207108673-1-.jpgJ'avais lu d'Alan Bennett La Reine des lectrices (2009), que j'avais beaucoup aimé. Je pense donc maintenant, après avoir lu cet autre livre de lui qu'Alan Bennett, grande star de la littérature en Grande-Bretagne semble-t-il depuis 20 ans, est une valeur sûre ! La mise à nu des époux Ransome est antérieur de 10 ans à La Reine des Lectrices. Ici, il nous immerge dans la vie du couple bourgeois Ransome, suite à un cambriolage. L'humour n'est jamais loin avec Alan Bennett, un humour sur la retenue, émanant des réactions des personnages à des situations presque ubuesques : Rosemary et Maurice se sont faits cambrioler. Un soir au retour de l'opéra, ils découvrent un appartement vide, démuni de l'intégralité de ses éléments d'apparat. Tout a disparu ! Face à l'intrusion de cet événement brutal dans leur vie, les natures de chacun se révèlent, se dessinent ou se marquent. C'est intéressant de découvrir les réactions de ce couple jusqu'alors protégé du monde par l'écran que représentaient leurs objets et leurs moeurs bourgeoises, face à l'irruption de l'inattendu, du dénuement ; il y a le corps, contraint, contenu jusqu'alors par l'usage d'artifices cachés, qui refait irruption ; et toutes les basses fonctions du corps qu'il ne peut plus éviter de voir ! J'aime la façon dont l'auteur marque le sillon de ses deux personnages : lui, toujours enfermé dans son carcan, rigide, avec ses failles qu'il tente de camoufler ; elle, qui découvre un monde, petit à petit, et s'ouvre à ce qui l'entoure. Certains passages sont vraiment drôles, et certaines scènes plongées dans ce cadre extrêmement contraint et très bien décrit d'un monde figé et ultra-codifié petit bourgeois, certaines scènes deviennent presque érotiques, de par le décalage qu'elles impliquent ! Telle l'irruption du jeune homme en train de faire du sport, de son ventre où frisent quelques poils blonds, dans le champ visuel de Rosemary, "le plus beau jeune homme" qu'elle ait jamais vu...

J'aime le regard d'Alan Bennett sur ces personnages et son pastiche social plutôt réussi...

 

. La mise à nu des époux Ransome, Alan Bennett, éd. Denoël. 1999 pour l'édition française, réed. en 2010.

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