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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “La petite pièce hexagonale”

L'oeil du prince :)

27 Avril 2015, 21:19pm

Publié par LaSourisJOne

L'oeil du prince :)

Il ne faudra pas juger à l'aune du temps de lecture mon intérêt pour ce livre : je lis plus lentement qu'un élève de CP, en ce moment. Cela dit, Frédérique Deghelt. Et c'est avec un grand plaisir que je l'ai retrouvée. Rien de poussif, dans ce livre-là, enlevé, et des questions, toujours heureusement, puisque c'est la pate de l'auteur mais qui se coulent encore plus dans le fil du récit.

L'oeil du prince, comme avec un spectacle, le lieu d'où le souverain peut dominer et voir tout l'ensemble ; comme ici, vision à l'issue du roman, de plusieurs vies, qui se succèdent, ont engendré les autres, sans que l'on en sache rien au départ, en lisant chaque tranche de vie.

Une jeune femme impatiente qui subit sa famille à Cannes, un jeune homme qui construit sa vie et perd femme et fils dans un accident de voiture que l'on rencontre après, alors que sa vie continue, dans une tentative de survie, jeune femme qui écrit à un résistant pendant la guerre et d'où naîtra une idylle , jeune femme mariée, qui tombe amoureuse d'un autre homme, différent de son mari 'dans les hauteurs' et qui la délaisse, l'occulte pour sa musique... C'est un bien joli et attachant puzzle humain que celui-ci, qui s'imbrique petit à petit, et dessine un tableau où le passage du temps joue son rôle fulgurant à la fin...

Car la lectrice/raconteuse a alors 70 ans, et elle découvre les prémisses de sa venue au monde, ce qui l'a précédée, en même temps que nous comprenons les liens qui lient tous ces protagonistes...

Un très attachant Frédérique Deghelt, une fois encore.

L'oeil du prince, Frédérique Deghelt, éd. J'ai Lu, 2014.

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J'ai eu des nuits ridicules

13 Septembre 2015, 12:52pm

Publié par LaSourisJOne

J'ai eu des nuits ridicules

Histoire moderne, histoire de femme moderne. Ayant choisi, en tout cas vivant hors couple. Expérience des histoires qui meublent, et du détachement.

Intéressant en cela.

Tout est marqué là par l'ère moderne : les échanges de SMS, la connexion permanente des êtres, les êtres qui se croisent et ne se 'nourrissent pas' ; et puis des discussions, échanges plutôt 'beauf' finalement, mais finalement ça aussi c'est l'air du temps, on ne satisfait de la surface des choses.

Et il y a ce jeune garçon, ado, de presque 15 ans, que l'héroïne trouve dans la rue. Désemparé, et un peu muet. Pourquoi va-t-elle lui ouvrir sa porte, dans une ère où on n'ouvre plus sa porte aux gens ? Ca... En tout cas, le livre prend là une autre tournure. Peu à peu, naît l'attachement, qui ne se nomme pas, qu'elle ne connaît pas... L'inquiétude pour ce garçon qu'elle ne connaît pas, les questions qu'elle se pose quand il n'est pas là, mêlés à l'ambivalence liée à ses habitudes, à sa façon de vivre solitaire. On apprend petit à petit que c'est un gamin du XVIème, fugueur pour échapper à un frère et probablement à des violences sexuelles, mais des violences qui dans ce milieu ne peuvent pas être entendues.

Le jeune garçon vient en tout cas, par sa présence, ses besoins, interroger l'héroïne sur ses choix de vie. Sur ses besoins de coucher un être à ses côtés quand vient la nuit, peu importe lequel, sur l'individualisme de notre ère. Pas déplaisant, mais pas non plus complètement conquise...

Médiathèque de Saint-Malo.

J'ai eu des nuits ridicules, Anna Rozen, éd. Le Dilettante, 2014.

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Un Secret :)

10 Janvier 2012, 23:02pm

Publié par la souris jaune

9782253117186-1-.jpgC’est toujours gênant, d’apposer avant de le lire des visages connus sur les personnages qu’on va découvrir. Vous n'y couperez pas avec Un Secret, de Philippe Grimbert : les visages de Cécile de France et de Patrick Bruel marqueront forcément votre lecture, puisqu'ils sont sur la couverture du livre… Mais que cela ne trouble pas votre élan vers ce livre (élan que je dois personnellement à Jean-Luc, je l'en remercie !), car la découverte est belle ! Un joli roman, qui ne date pas d’hier (2004) pour se remettre tranquillement dans la lecture, en ce début d’année. Quels ravages peuvent créer le poids d’un secret, pour un enfant ? C’est sur ce thème qu’on va parcourir ce récit, qui s’ouvre avec la rencontre d’un enfant, au sommeil perturbé, qui s’invente un frère imaginaire. Imaginaire ? Pas tant que ça… De pages en pages, Patrick Grimbert effeuille les souvenirs d’une famille. Livrés par la voisine, l’amie, la confidente, Louise. C’est par elle qu’arrive enfin la liberté, par elle que la chappe de plomb qu’est le silence se fendille, et que l’enfant devient un adulte. On y croise de jolis personnages, avec en filigrane dans ce roman, l’image de cette femme, et de son enfant, sacrifiés aux Nazis, et dont on découvre quelle part de l’histoire du narrateur ils représentent.
jolies visions et histoires poignantes D'histoires poignantes en jolies visions (en ce qui me concerne, je reste hantée par la figure du plongeon, réccurrente dans le livre, et qui représente si bien et si joliment, trait noir et harmonieux, la mère du héros), le narrateur nous dévoile petites touches par petites touches, l'histoire d'une vie. Et l'on comprend le sens, l'importance de la parole, qui libère, et panse... 

Un Secret, Philippe Grimbert, Le Livre de poche (paru chez Grasset en 2004).

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Trois histoires à décrocher la lune

11 Avril 2013, 20:49pm

Publié par la souris jaune

--KGrHqZ--m-FBRz4Kje8BQ-FRlkHgg--60_35.JPGTrois petites histoires qui ont goût d'intermède.

Innocence, fraîcheur, féérie pour trois petits contes : "Le monde de Winnie Berlingot", "Mémoires d'un buisson", et "Mon Ange", que j'ai goûtés avec un plaisir décroissant. L'histoire que j'ai préférée donc, c'est la première, celle de cette fillette orpheline, Winnie Berlingot, celle qui trouve les exercices de math stupides et illogiques et n'hésite pas à le dire à sa professeure, intrépide, et de ses rêves d'Amazonie et de voyage sur la lune avec un amoureux suiveur qui pourtant, ne veut pas la suivre jusqu'à la lune. :)

La seconde histoire est assez drôle, avec ce buisson à l'humeur de chien, mais protecteur du pauvre palefrenier, évoquant une fable orientale ; la dernière histoire m'a beaucoup moins convaincue.

Toutefois, ces trois histoires évoquent les belles histoires de la tradition Africaine, ou orientale, et un temps où la féérie a encore sa place. La mort est un voyage, un souffle, et pas une fin triste ; les personnages ont des anges gardiens, ils goûtent à des saveurs et des plaisirs authentiques... 

Ca se butine sans grande exigence, mais sans déplaisir. En outre, et c'est une prouesse incroyable... jeune Mauricienne, l'auteur n'a que 16 ans ! 

 

. Trois histoires à décrocher la lune, Maéva Poupard, éd. Anne Carrière, 2002.

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En cas de forte chaleur :)

8 Avril 2014, 15:50pm

Publié par LaSourisJOne

En cas de forte chaleur :)

Je ne pensais pas trouver un peu de David Vann chez Maggie O'Farrel ! Et pourtant, il y a de ça. En moins trash, bien sûr. Mais regarder à la loupe une famille, en vase-clos, et regarder comment elle se comporte quand tout bouge, il y a un peu de ça.

Tout commence au sein d'un couple dont les habitudes façonnent le quotidien, Gretta et Robert, 30 ans de vie commune. Un jour, Robert sort acheter son journal, comme chaque jour, et... il ne revient pas. C'est ce "petit" grain de sable qui va tout chambouler, et nous amener à entrer dans la vie de leurs trois enfants adultes, aux personnalités bien différentes. Aux passés imbriqués. Aux fonctionnements liés à leur connaissance des autres. Tout cela est particulièrement réussi, dans ce livre. Je me suis particulièrement attachée à la "petite" dernière, Aoife, celle qui part vivre à New-York pour pouvoir respirer, loin de sa famille, touchante à travers ses failles... Notamment celle qu'elle ne parvient à avouer à personne (sauf enfin, une fois, par amour !) : elle ne sait pas lire, elle a un rapport particulier aux lettres qui vivent leur vie sous ses yeux et qu'elle ne parvient jamais à identifier comme des mots riches de sens... Tous ces personnages, avec leurs dysfonctionnement, leur pudeur, sont vraiment attachants, en fait. Et on les voit, Maggie O'Farrel les fait vraiment exister sous nos yeux. J'ai beaucoup aimé ce livre, beaucoup plus que Cette main qui a pris la mienne, dont j'avais été très peu fan.

En cas de forte chaleur, Maggie O'Farrel, éd. Belfond. Mars 2014.

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Juste avant le bonheur

24 Avril 2014, 22:00pm

Publié par LaSourisJOne

Juste avant le bonheur

Ce livre se lit bien, comme un léger intermède entre deux lectures nourrissantes. Mais il est quand même pétri de bons sentiments, pavé de clichés, de tournures faciles, aïe, je réalise que je suis sévère, mais c'est ce que je n'ai pas pu m'empêcher de me dire à sa lecture... Un peu à la Gavalda ou à la Constantine, même si je ne déteste pas Constantine... Cela dit, la mort de l'enfant dans cette histoire est quelque chose de fort et de touchant ; je crois que je n'ai pas été convaincue par le style.

Une caissière qui galère dans sa vie de mère célibataire, et qui n'a d'autre choix que de courber l'échine et d'endosser son destin de caissière, avec un chef abruti, et qui abuse de ses petits pouvoirs... Comme on en imagine... Et puis, le conte de fée, ou presque, un type passe à sa caisse, plein aux as, et s'ennuie dans sa vie ; il est touché par la jeune femme, ouf, ce n'est pas une histoire d'amour, la tarte à la crème aurait été trop indigeste... Donc, une histoire d'amitié. Avec les résistances de la jeune femme, qui finissent par céder, et tout un petit monde qui finit par s'allier au delà de la détresse, et reprendre goût à la vie. Trop évidemment, on a envie de dire, même si on ne nous épargne pas ses difficultés à elle... Car il y a le choc, le cauchemar, certes fort et inattendu... Le mort de l'enfant, suite à un accident de voiture...

. Juste avant le bonheur, Agnès Ledig, Albin Michel, éd. 2013.

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Nebraska song :)

4 Août 2014, 21:45pm

Publié par LaSourisJOne

Nebraska song :)

Voici un roman qui m'a donné beaucoup de plaisir de lecture. Accrochée jusqu'au bout. Nous lisons en parallèle la vie d'une jeune femme, et puis sa vie, 27 ans plus tard... Sans qu'on n'en sache rien au départ. Même si on sait qu'il s'est passé une cassure, un choix, qui nous est revélé petit à petit, chapitre après chapitre. La jeune fille, Judith, vit un amour de jeunesse avant de partir en fac avec Willy, beau jeune homme charpentier. Un bel amour. Lui ne se remet jamais d'elle. Elle, en fac, fait sa vie avec un type plus conventionnel. En a un enfant. Et lorsqu'un jour, elle se demande si son mari la trompe, son univers chancelle, les migraines arrivent, et elle recherche son ancien amour... Qui, loin de là, toujours au Nebraska, l'Etat où elle a grandi, ne l'a pas oubliée. Elle le rejoint dans un endroit qu'il a construit en pensant à elle, même s'il a épousé sa meilleure amie, et eu deux enfants d'elle... Leurs retrouvailles sont belles, saisissantes, touchantes. Il est malade. Les personnages sont dignes, vraiment touchants. Beaucoup de surprises, dans ce roman, qui ne se laisse pas deviner. Qu'est-ce qui fait que l'on fait un choix de vie, plutôt qu'un autre ? Alors même qu'une autre voie nous bouleverse ? C'est un très beau roman d'amour, et de chemin de vie, que celui-ci.

. Nebraska Song, Tom McNeal, éd. Pocket. 2011, et 2012 en France.

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En vieillissant les hommes pleurent :)

13 Octobre 2013, 22:23pm

Publié par LaSourisJOne

En vieillissant les hommes pleurent :)

Je suis tombée sur ce livre par hasard ; le titre dit finalement assez peu de ce dont il parle, même s'il restitue assez la sensibilité juste, et touchante, de ce livre. C'est un très beau récit sur la France rurale des années 60. Plongée au coeur d'une famille dans ces années-là, très très bien donnée à voir. Il y a le père, Albert, la soixantaine, marqué par sa guerre en 1940, et la ligne Maginot, dont il a gardé les souvenirs pudiques, et secrets. L'épouse, Suzanne, élégante, belle, qui s'oublie dans sa course à la modernité. L'achat du premier téléviseur, et son intrusion dans le foyer pour la première soirée télé, partagée par tout le village est un très beau moment. Et puis il a la grand-mère, qui n'en finit pas de mourir, qui oscille entre réminiscences et oubli. Et le fils, le petit dernier tandis que l'aîné fait la guerre d'Algérie, le petit dernier qui lit Eugénie Grandet, le premier, le seul de la famille qui lit. Et la guerre. Trois guerres, trois générations d'hommes et leur guerre. C'est un portrait vraiment touchant de chacun des personnages, ainsi qu'une tentative de réhabilitation du souvenir, de ces hommes qui ont tant donné pour leur patrie, et qu'on oublie aujourd'hui. Et une reconquête de l'Histoire, qui marque et laisse ses traces parfois sales là où tant d'hommes ont souffert. C'est très très juste et sensible.

. En vieillissant les hommes pleurent, Jean-Luc Seigle, éd. Flammarion, puis J'ai Lu. Janvier 2012

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Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//2

29 Mai 2016, 21:39pm

Publié par LaSourisJOne

Etonnants Voyageurs, carnets d'une festivalière//2

Le récit de mon souvenir dans le sillage de Nancy Huston ce dimanche 15 mai 2016 lors d'Etonnants Voyageurs ne serait pas complet sans l'épisode qui suit.

Petit retour en arrière : Nancy Huston, en pénétrant dans la salle comble, reste debout, et nous dit : "je pense à tous ceux qui voulaient entrer et qui n'ont pas pu ; je propose une petite lecture à l'issue de cette rencontre, quelque part, là, dans le hall, par exemple".

Et c'est ce qui s'est passé. Un merveilleux moment de grâce et de générosité.

A l'issue de son intervention, déjà belle, nous avons tous quitté la salle ; une poignée a attendu, avec elle, à ses côtés, que la foule se disperse et pénètre dans la salle pour la conférence suivante. Et puis elle a ouvert son exemplaire du Club des miracles relatifs, et elle nous a emporté dans sa lecture. Elle était debout, nous étions assis, sur des fauteuils faisant cercle autour d'elle, une quinzaine de chanceux pour ce moment improvisé. C'était beau, poignant, parce qu'elle donnait sa voix aux personnages qu'elle avait créés. Elle a lu la rencontre de Varian avec une psychologue ; donnant à la voix de Varian les hésitations troublées que l'on avait pu imaginer dans ce qu'elle nous avait décrit de lui. Un très beau moment poignant.

. Le club des miracles relatifs, Nancy Huston, éd. Actes Sud, 2016.

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L'amour a le goût des fraises :)

25 Mars 2020, 17:21pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Une fois n'est pas coutume, c'est le hasard qui m'a fait emprunter le livre-là, sans doute parce qu'il était, dans le rayon de la bibliothèque, à côté de celui que je cherchais qui lui, n'était pas là ! En tout cas : on peut dire qu'en cette période, il correspondait parfaitement à mes attentes et mes besoins. Et oui, un livre c'est aussi ça, n'est-ce-pas ? Donc : lent, qui se lit à petites doses, léger en apparence, dans un cadre autre... Ce livre avance vraiment à petites touches, comme les cercles concentriques qui se dessinent dans l'eau au jeté d'un caillou... Revenant parfois sur ses pas, pour explorer autrement, différemment l'histoire ou même les histoires...

Un roman à plusieurs voix. Celles que rassemble un même cours de dessin. Rien de ce qu'on attend, rien de ce qu'on imagine réellement là, avec ce livre qui change, sans doute déjà parce que son auteure est d'Afrique du Sud, et que ce n'est pas si fréquent. Alors, en arrière-plan, les conséquences de la séparation des peuples Tutsi et Hutu. Deux jeunes femmes, noires, Françoise et Doudou, soeur. Inextricablement liées. Inséparables. A tel point que vivre pour l'une surtout, sera même compliqué parce qu'il est inenvisageable pour l'autre qu'elle crée sa vie... Et puis Stella, la fillette de 13 ans en vacances en Grèce avec sa mère devenue grande, Ivor, le fameux Ivor, Luke, Thymothy l'amoureux... 

Ca avance lentement vers un dénouement loin de ce qu'on attend. 

Vraiment, c'était une lecture très plaisante, tellement rafraîchissante...

. L'amour a le goût des fraises, Rosamund Haden, éd. Sabine Wespieser, 2014 (éd originale, en langue anglaise) ; 2016 pour la traduction chez Sabine Wespieser.

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