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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “G 229”

G 229 :)

15 Avril 2012, 16:44pm

Publié par la souris jaune

9782283024782-1-.jpgC'est le titre de ce livre sur sa tranche qui m'a d'abord attiré. Qu'est-ce que ça pouvait être ? Un roman de science fiction ? Et puis j'ai vu que G 229 était le numéro d'une salle de classe ; et il y a eu cette phrase de la 4ème de couverture, prononcée par le proviseur, qui m'a intriguée : "C'est une institution l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit. Le "on et le je. Réfléchissez-y". J'ai eu envie de voir ce que l'auteur ferait de ce questionnement autour de l'identité dans un univers professionnel, et au sein d'une grande machine telle que l'Education nationale.

Et je ne regrette pas cette balade au gré des années, dans la salle G 229 ; la narration est légère, bien enlevée ; le ton choisi avec l'utilisation du pronom "on", ajouté à l'ancienneté de l'enseignant transmet l'idée des événements qui se répètent sans être pourtant jamais les mêmes. Il décline dans le temps des rituels scolaires qui nous sont tous plus ou moins familiers, parce que nous avons aussi été lycéens, et ça nous fait sourire...

Le récit ne manque pas d'humour, tel celui du voyage pédagogique en Angleterre qui m'a bien fait rire ! En outre, le regard est bienveillant, le ton plein d'humilité : j'aurais détesté un ton professoral, condescendant ou donneur de leçon, et on est très loin de ça !

Le personnage principal, professeur d'anglais dans le même lycée pendant trente ans, regarde le temps passer... Il rappelle les bons moments, comme ceux plus douloureux qui marquent des vies... Il se regarde avec suffisamment d'indulgence pour pouvoir continuer, mais sans complaisance.

Un joli moment !

 

. G 229, Jean-Philippe Blondel, éd. Buchet-Chastel, 2011.

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...229

8 Septembre 2013, 22:29pm

Publié par LaSourisJOne

"Si vous décidez de ne croire à rien d'autre que ce que l'on voit ici-bas, croyez au moins ceci : votre corps n'a pas d'âme. Votre âme a un corps, et les âmes ne meurent jamais, au grand jamais".

Bernice L. Mc FADDEN

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Au rebond :)

11 Mai 2014, 16:43pm

Publié par LaSourisJOne

Au rebond :)

Roman ado. (Garçons).

Ah, le bonheur, de retrouver Blondel, quand les livres me tombent les uns après les autres des mains. Ca marche souvent, et ça a encore marché. Blondel me réchauffe et m'offre un vrai bonheur de lecture, une vraie encore d'humains qui se débattent et qu'on aime. C'est son deuxième récit jeunesse, que j'ai aimé tout autant que Brise-glâce, s'il est possible, mais aussi que G 229, 6h41... (J'avoue avoir un peu moins aimé Juke-Box). Bref. Ici il est question d'un jeune homme de 16 ans, dont on connaît assez tard le prénom (Alex), et pour cause, c'est lui le narrateur. ;) Donc. Alex joue au basket. On sent qu'il se laisse vivre, mais qu'il a une marge d'action, un levier qu'il est capable d'activer si besoin. Il vit seul avec sa mère, son père s'est barré alors qu'il était petit, et avec rouardise et malice, se joue de la crédulité des adultes en leur jouant le couplet du pauvre garçon et de sa série famililale, ça lui évite de travailler un trimestre ou deux. :) Sa mère est aide-soignante, et ils vivent comme ils peuvent, chichement, dans un petit appartement. Son pote, c'est Christian. Un jour il disparaît. Quinze jours... Inquiet, mais ne sachant que faire, Alex finit par s'en ouvrir à sa mère, bien que ce ne soit pas dans ses habitudes. Elle lui répond : qu'est ce que tu dois faire ? Forcer le destin ! Forcer le destin ? Oui, le chercher, s'assurer qu'il va bien. Il en sera peut-être énervé sur le moment, mais il le prendra ensuite comme un cadeau. Ce qu'il fait. Pour le trouver dans sa grande baraque de riche en train de prendre soin de sa mère qui menace de se suicider, le mari s'étant barré avec son assistante. Le copain aide le fils quelques heures, et soudain, la mère débarque. Et s'installe, bien décidée à soutenir coûte que coûte la mère du copain...

Les familles qui se disloquent et qui tiennent debout comme elles peuvent ça m'a un peu pensé à Mazetti ; et puis finalement le mieux qu'on construit grâce au collectif, aux thèmes chers à Gavalda. Sauf que là, j'ai vraiment plongé, et aimé. Un très bon moment.

. Au rebond, Jean-Philippe Blondel, Actes Sud Junior. 2009.

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06h41 :)

21 Octobre 2013, 20:45pm

Publié par LaSourisJOne

06h41 :)

J'aime bien Blondel. Encore une fois, il ne m'a pas déçu. Après G 229 et Brise-glace, je viens de prendre un grand plaisir à lire 06h41, qui se lit très rapidement. Ici on est dans un train de 06h41, un lundi matin, en direction de Paris. Elle et lui sont assis à côté, et comble du comble, ils ne sont pas inconnus l'un à l'autre. Ils ont 47 ans, mais il y a 27 ans de cela, ils ont été amants, ont passé quatre mois ensemble. Tous deux se reconnaissent. Mais le temps les a changés. Le tour de force de Blondel, c'est de maintenir le suspense, et de dérouler l'histoire, sans que les protagonistes ne se parlent. Pendant les 95 minutes du trajet, l'un et l'autre pourtant revisitent des souvenirs communs, retissent l'histoire, replongent dans la vie qui vient de s'écouler... Le temps qui passe modèle les êtres, et les événements, certains événements, marquent à jamais. Comme ce dernier voyage à Londres, partagé, qui s'est si mal fini, et qui a marqué les deux protagonistes de façon si différente. Que sont devenues les certitudes d'antan ? Quels accomodements fait-on avec son présent ? Les introspections sont riches et pourraient tout changer. Pourtant, le récit est pragmatique, et l'on s'accomode bien souvent de la facilité, pour ne rien faire bouger. Alors ces deux-là ne se parlent qu'à peine, qu'à la fin du trajet... Mais elle, sur le quai, va se détourner enfin, comme si elle acceptait une nouvelle fois à 47 ans, que l'inconnu vienne jusqu'à elle, via cet homme surgi du passé, à l'égard duquel pourtant elle a tant de rancoeur... Et le récit nous laisse là. C'est une belle balade au fil du temps qui s'avale aussi vite que le train avale l'espace.

. 06h41, Jean-Philippe Blondel, éd. Buchet-Chastel, 2013.

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