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Le blog de la souris jaune

Résultat pour “Brise-glace”

... 334

24 Février 2015, 21:36pm

Publié par LaSourisJOne

"Les grands secrets qu'on ne partage pas finissent par s'effacer un peu. On ne reconnaît plus les formes sur le papier glacé. Ces secrets se mélangent aux rêves. Et quand on les réveille, ils nous rappellent seulement notre solitude".

Timothée de FOMBELLE

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... 644, résister contre la barbarie

7 Octobre 2019, 21:30pm

Publié par LaSourisJOne

"Etre résistant aujourd'hui c'est tenter de lutter contre deux formes de barbarie : d'abord cette forme de barbarie qu'on croyait éliminée, le meurtre, l'assassinat, les tortures, un peu partout y compris en Europe ; l'autre, qui est venue de notre civilisation, la barbarie glacée, croyant être un facteur d'amélioration alors que c'est une barbarie aveugle".

Edgar MORIN, octobre 2019

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... 587, la timidité

14 Octobre 2018, 17:29pm

Publié par LaSourisJOne

"La timidité : cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l'âge le plus avancé, qui refoule sur notre coeur nos impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître".

Benjamin CONSTANT (1816)

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Adolphe :))

15 Octobre 2018, 22:28pm

Publié par LaSourisJOne

Roman.

Quel bonheur de redécouvrir un pan de la littérature française qu'on avait occulté, et que l'on dévore. J'avais donc fait l'impasse sur certains auteurs (un grand nombre, en fait !) du romantisme ; et j'ai beaucoup aimé cet Adolphe, de Benjamin Constant.

Sans doute parce qu'une fois encore (comme Manon Lescaut, et bien que pas du tout contemporains, j'y vois des rapprochements possibles), il y est question de passion, d'amour, de sentiments. Et que c'est même là, le seul sujet du livre.

Il s'agit donc d'un jeune homme, Adolphe, qui fréquente un couple un peu illégétime, recomposé ; par jeu, par désoeuvrement sans doute au début, il s'entiche de la femme, Ellénore. Il la traque, en se leurrant lui-même parfois à demi, parfois complètement, en tout cas, il finit pas la séduire, elle par céder, eux par se croire heureux, puis amoureux, et... ne plus savoir se quitter. Car comment vivre l'un sans l'autre ? Sans cette passion qui les anime, les occupe, les habite ? De sacrifices en pertes, de croyances en incapacités de mettre un terme à cette histoire, l'un n'en réchappera pas. 

"Les circonstances sont bien peu de choses, le caractère est tout ; c'est en vain qu'on brise avec les objets et les êtres extérieurs, on ne saurait briser avec soi-même".

Profondeur des sentiments, justesse et profondeur de la narration, ah quel bonheur de lire cet auteur romantique !

Benjamin Constant aurait écrit ce livre en 1806 en réalité (publié en 1816), alors que sa relation avec Mme de Stael s'étiolait...

. Adolphe, Benjamin Constant, 1816.

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...91

15 Décembre 2011, 21:37pm

Publié par la souris jaune

"Ce qui fait plaisir (bis) : un automne précoce ressemblant à la lumière de midi qui traverse des vitraux poussiéreux ; un avant-goût de crème dans une glace à la crème ; rouler dans la bouche des caramels de mots avant de les coucher sur le papier ; savoir que dans sa profession on peut tout. Ou presque. Que pour soi rien n'a de secret ; porter un anneau en or à l'auriculaire gauche. Savoir que cela intrigue ; écouter des gens parler de personnes qui leur sont proches ou chères. Aimer les personnes qu'ils aiment en même temps qu'eux. Par contumace ; l'auto-ironie à bon escient ; la symétrie née du hasard ; recevoir un grand nombre de mails et les supprimer en bloc sans état d'âme".

Dmitri BAVILSKI

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Alabama Song :)

25 Juin 2012, 21:07pm

Publié par la souris jaune

9782715226456FS-1-.gifCe bouquin me disait quelque chose... Il m'était très familier, mais de là à dire que je l'avais déjà lu... Et pourtant si !! Recherches effectuées, c'était il y a trois ans et demi... Damned ! C'est dingue... J'ai donc RELU Alabama Song, mais on peut considérer que c'est une première lecture !

Pourtant, je l'ai aimé ce livre ! Au tout début j'ai pensé à un autre très beau livre sur une femme (imaginée) d'un grand écrivain, le livre d'Anca Visdéi, Madame Shakespeare ou la dame de Stratford, mais au début seulement.

Ici on est dans la peau de Zelda Scott Fitgérald, forte femme, belle, tête brulée, garçon manqué, se jouant des moeurs de son époque... à ses dépens. Dans ce récit narrant la jeunesse dorée de la jeune femme qui semble invicible, s'intercale l'autre récit, toujours de la narratrice, vingt ans plus tard ; une femme rompue, vaincue par un mari médiocre, qui lui pique ses idées, qui l'aura condamnée, par fierté et jalousie, à l'asile psychiatrique. La luminosité de la première période de vie ne fait que rendre plus cruelle encore la seconde partie de sa vie ; et on comprend pourquoi une espèce de rage, de rancoeur se mèle à sa narration lorsqu'elle évoque son mari alcoolique... Ce jusqu'à la mort de celui-ci, où elle ne peut s'empêcher de ressentir de la tendresse pour celui qui l'a pourtant brisée... J'ai été touchée par ce beau personnage, privé de sa passion pour un aviateur, et du fils qu'elle aurait pu avoir avec lui...

Et il y a encore dans ce roman, ce qui me touche toujours énormément : l'incapacité de l'héroïne à convaincre ses médecins, psychiatres de sa bonne foi, quoi qu'elle dise, et qui la condamnent toujours à la folie. Combien de destins de femmes ont été brisés par des familles, des maris qui se sont arrogés la toute-puissance sur un autre être, parce que de sexe féminin !

Et c'est joliment écrit, ce qui ne gâche rien...

 

. Alabama Song, Gilles Leroy, Mercure de France, 2007.

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L'étrange disparition d'Esme Lennox :))

14 Avril 2012, 14:30pm

Publié par la souris jaune

9782714443342-1-.jpgSi vous aimez les histoires de femmes et de destins brisés, vous aimerez ce livre car il traite de ce sujet jusqu'à son paroxysme !

C'est l'histoire d'Euphémia, Esme, enfermée à 16 ans dans un asile psychiatrique... Et dont elle ne ressortira que 60 ans plus tard, alors que l'établissement ferme ses portes et doit se débarrasser de ses pensionnaires... C'est l'histoire encore d'Iris, aux amours difficiles, femme moderne et accomplie, dans la vie de laquelle le passé fait une intrusion inattendue : les deux destins de ces deux femmes vont se rencontrer, ô combien liés... L'enchâssement des récits est très habile, tant dans les changements de perspective, que d'époque, de regard ...

Et évidemment au coeur de ce livre, cette réflexion clé sur la folie, et sa relativité... Le livre est riche de scènes belles, douloureuses et poignantes. Parfois certains événements font basculer des vies entières... Et si l'on y prend garde, les effets de ce basculement se font sentir tels des ricochets dans les vies à venir. L'engluement dans des histoires familiale opère alors, et emprisonne. C'est le cas d'Iris qui malgré elle s'englue dans une histoire d'amour perdue d'avance, et qui accueille presque avec un sixième sens l'irruption de cette Esme dans sa vie, qui va faire exploser un secret familial. Et puis il y a le frère, ou le presque frère, Alex, celui qui protège et qui aime, coûte que coûte, et la question fuie par l'héroïne : et si c'était lui, l'élu ?

Difficile pour moi de ne pas penser à ce magistral "Domaine des Murmures", où il est encore question de déchirure suprême, de la séparation ultime entre la mère et son fils ; l'individu injustement broyé par les rouages d'une société destructrice : celle qui n'est pas dans la norme dérange, alors on l'enferme. C'est extrêmement touchant et boulerversant, car ça interpelle forcément sur la notion de limites, de codes, et d'époque...

 

. L'étrange disparition d'Esme Lennox, Maggie O'Farrel, éd. Belfond, mars 2008. Traduit de l'irlandais.

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Boy

28 Juillet 2012, 20:46pm

Publié par la souris jaune

Boy-Takeshi-Kitano-1-.jpgTrois textes courts : "Tête creuse", "nid d'étoiles", et "Okamé-san". Qui nous entrainent au coeur de la culture japonaise, aux côtés de garçons jeunes ou très jeunes. Dans le premier texte, la fête des sports, chère aux écoliers est au coeur du récit ; avec tout ce qu'elle véhicule, la pression que se mettent les élèves pour remporter le certificat signe de victoire. Pression entretenue par les parents, et les enseignants... Entre rivalités enfantines et sentiments de ne pas être à la hauteur...

Dans le deuxième récit, le personnage principal est un jeune garçon qui suit aveuglément son grand-frère... Tous deux passionnés d'astronomie, héritage du père décédé, alors qu'ils viennent de déménager, et que leur mère, qui travaille avec acharnement vient de rencontrer quelqu'un d'autre. Autonomie, errance des enfants responsabilisés très jeunes par les adultes, tout simplement, comme une évidence.

Dans le troisième texte, on suit Ichiko, jeune garçon habitant Tokyo qui décide après une altercation avec son père, de partir explorer Kyoto et découvrir les Temples là-bas, lui qui veut devenir historien... L'aventure au bout du chemin, pour ce gosse qui ne connaît rien de la vie.

Ici, l'enfance est un monde à part, auréolé de naïveté, d'innoncence, parfois brisé par les adultes. Un monde fragile, à la merci des mauvaises rencontres, qui marqueront leur sceau définitivement sur l'être en devenir. Petite plongée dans un univers japonais.

Je ne peux cependant pas dire que j'ai rafolé : je reste souvent sur ma faim, avec la littérature japonaise. Et là... disons qu'il faut tricoter ses fins soi-même ! C'est au lecteur d'imaginer l'issue des histoires, ou de tirer les conclusions, car l'auteur ne les donne pas ; les fins sont des non-fins, juste la fin du récit, pas celle de l'histoire...

Merci à Cynthia pour la découverte.

 

. Boy, Takeshi Kitano, éd. Wombat. Février 2012

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Vida

21 Septembre 2012, 13:14pm

Publié par la souris jaune

9782843376627-1-.jpgEtrange comme ce livre nous échappe... Il s'en dégage en outre un sentiment de résignation, une espèce de renoncement, une certaine mélancolie. On se trompe si l'on croit comprendre assez vite ce qu'il est, dès le départ : ça semble assez simple, pourtant, on est dans la tête d'une jeune fille qui a d'abord 14 ans, d'origine colombienne, et les chapitres se succèdent, centrés sur un personnage différent à chaque fois. Le récit n'est pas linéaire : aussi, on ne suivra pas la jeune femme de 14 à 24 ans... Leur succession répondent à une géographie personnelle du personnage. Aussi, on croise des personnages qui ont sans doute marqué le destin de la jeune fille. Des destins brisés, comme celui de Lucho, ce jeune homme qu'elle aimait sans doute à 14 ans, et que la vie lui rafle, et on pressent que déjà, cet événement dans sa vie en est un premier qui laissera sa marque indélébile dans ce qu'elle est. Ce livre c'est ça. Vida ?

C'est une femme rencontrée par la narratrice, dont le destin de femme correspond à un certain paroxisme. Sans doute, il représente, caractérise, symbolise ce que peut être de pire le destin d'une colombienne aux US. Même si celle-ci se sauve... Elle ne fait que passer dans ce roman, loin d'être un personnage central, et ça surprend un peu...

Il y a de jolies choses dans ce roman, comme le personnage de la mère, esquissé mais touchant, notamment dans l'avion qui éloigne la famille de Bogota pour la ramener en des terres d'exil...

Un livre qui parle sans doute, si l'on tente de résumer, du destin de la communauté colombienne émigrée aux Etats-Unis. Il y a ceux qui parviennent à s'en sortir, et ceux qui périclitent... Et l'enfance, même si elle peut être rose, n'y change rien...

 

. Vida, Patricia Engel, éd. Anne Carrière, 2010.

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Le monde dans la main

25 Novembre 2012, 21:46pm

Publié par la souris jaune

Le_monde_dans_la_main-1-.jpgMais pourquoi ce livre ne s'appelle-t-il pas Le rayon vert ? Ca aurait été tellement plus joli, plus énigmatique - ce qui finalement lui aurait plus correspondu, - et tellement moins niais ! Pardon pour ce cri du coeur, mais vraiment je trouve vraiment ce titre idiot, il dessert ce livre je trouve. Alors que le rayon vert ! C'est drôle de découvrir au détour des pages d'un livre, alors qu'on ne s'y attend pas, un peu d'histoire, ou de légende, sur un coin qu'on adore !! C'est ainsi que j'ai appris que si l'on a de la chance, l'été, on peut apercevoir un rayon vert, au moment du coucher du soleil sur Port Riou à Dinard ! Et qui est sensé porter bonheur. Au regard de l'histoire, ça pouvait avoir beaucoup de sens...

Le héros est donc un jeune garçon (Pierre-Marie) de 15 ans et demi, Versaillais à l'année, dinardais l'été :). Pour son anniversaire, il accompagne ses parents chez Ikéa pour acheter des meubles, sortie qui vire à la grosse galère, et à l'issue de laquelle... sa mère disparaît. Pour ne plus réapparaître. Postulat de départ plutôt fort, et pas traité de manière anxiogène... Pourtant, il y aurait de quoi !

A partir de cette histoire peu banale (qui n'est pas sans évoquer les histoires d'Olivier Adam ! mais absolument pas dans le traitement ou le style), va se décliner la vie de cet ado qui s'organise pour vivre après... Avec un mystère, qu'on perçoit assez vite, autour de la soeur, Alix, et à qui il écrit régulièrement ; dont on se demande pourquoi elle ne vit plus à la maison, ce qui ne nous est révélé qu'à la fin ou presque : j'ai aimé cette partie de l'histoire. Est explorée aussi bien sûr la thématique de la méconnaissance des secrets que chacun porte en soi. Particulièrement au sein des familles ! On a bien souvent une image figée des personnes qui constituent notre sphère familiale, qui peut se révéler tout autre, si tant est que le secret se brise... A quel moment refait-on sa vie ? Comment être heureux après une disparition ? C'est un sujet grave, tellement troublant, traité sans pathos...

C'est assez joli. J'y ai passé un moment plutôt agréable...

 

. Le monde dans la main, Mikaël Ollivier, éd. Thierry Magnier, 2011.

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